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Guerre 1914 - 1918

ANNEE 2017

021

 

    Comme les années précédentes nous voici réunis pour évoquer ce qui s'est passé il y a juste cent ans. Nous sommes donc le 11 novembre 1917. Débutée le 2 août 1914 cette guerre dure depuis un peu plus de 3 ans. Trois ans que notre pays est en guerre et dans le deuil. Cette guerre paraît interminable pour ceux qui la vivent au quotidien sur le front, dans la tourmente , la souffrance et la peur, comme à l'arrière dans les familles dans l'appréhension d'une mauvaise nouvelle.

Afin de se replacer dans le cadre historique de ces mémorables moments nous allons faire un rapide survol des événements qui se sont déroulés depuis le début du conflit jusqu'à ce 11 novembre 1917 date choisie pour faire le point de l'actualité de l'époque.

(Le chapitre qui suit avait été exposé l'année dernière mais il demeure néanmoins incontournable pour faire le lien chronologique et historique des événements)

   En guerre depuis le 2 août 1914, notre pays a subi d'énormes pertes dès le début du conflit dans ce que l'on a appelé la bataille des frontières qui s'est déroulée du 2 au 24 août. (Cette diapo rappelle la position des différents fronts matérialisés ici par les lignes de couleurs différentes. En haut, en rose, la ligne de front au 22 août 14, en bleu au 30 août. La ligne violette marque l'avance allemande au 3 septembre et la ligne verte le front atteint à la veille de la fameuse bataille de la Marne.)

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Cette opération qui s'est étendue du 6 au 17 septembre marque un coup d'arrêt à l'avance allemande. Après la séquence course à la mer, le front s'est stabilisé vers la mi-novembre. L'année 1915 connaîtra deux expéditions, une aux Dardanelles et l'autre à Salonique . Sur le front les tentatives de percée en Artois et en Champagne  se sont soldées par des échecs coûteux en vies humaines. L'année 1916 fut sans nul doute la plus meurtrière avec les batailles de Verdun et de la Somme.

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Diapositive08 L'année 1917 se caractérise par l'entrée en guerre des Etats Unis, la Révolution Russe qui va libérer le front allemand à l'Est et la terrible bataille du chemin des dames qui affecte profondément le moral de l'armée française. Nous allons donc nous intéresser à ces trois événements majeurs dont les principaux protagonistes apparaissent sur l'écran de gauche à droite le Général Pershing commandant des troupes américaines, le Tsar Nicolas II dont la démission entraîne la Révolution Russe et le Général Nivelle généralissime dont le nom symbolise l'horrible bataille du Chemin des Dames.
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    Le début de l'année 1917 marque un tournant essentiel et plusieurs facteurs vont entraîner les Etats-Unis à changer de position et à entrer dans la guerre. Le président Wilson  a été réélu à la fin de l'année 1916 et la volonté de maintenir les Etats-Unis à l'écart du conflit ne constitue donc plus un enjeu électoral dans un pays où l'opinion reste profondément attachée au neutralisme. Les Etats-Unis ont maintenu une position de neutralité durant les trois premières années du conflit. Cette attitude de retrait vis-à-vis des affaires européennes était conforme à l'isolationnisme prôné par la Doctrine Monroe, énoncée en 1823, qui stipulait que nul (et les puissances européennes étaient surtout visées) ne devait s'immiscer dans les affaires touchant le continent américain et, réciproquement, le continent américain ne s'occuperait en aucune façon de ce qui concernait l'Europe. L'opinion publique américaine elle-même était résolument opposée à une intervention américaine et Wilson avait été élu pour un deuxième mandat en 1916 sur un programme de neutralité. En cela, Wilson cherchait avant tout à préserver l'unité de la nation.  Cette dernière rassemblait à la fois des individus originaires des pays de l'Entente et des citoyens issus des pays de l'Axe et de ce fait était divisée quant au camp à rallier en cas d'entrée dans la guerre. (La dipositive qui apparaît ici montre bien la diversité des origines du peuplement américain ) Ainsi, Wilson cherchait à jouer le rôle de médiateur entre les belligérants sans se prononcer en faveur des uns ou des autres.

Diapositive12 En relançant à partir du 1er février une guerre sous-marine intense les Allemands,malgré la promesse faite au président américain provoquent rapidement d'importants ravages parmi les navires neutres et menace les liens commerciaux américains avec l'Entente. En effet, les sous-marins allemands n'hésitaient pas à couler les navires circulant entre les continents américain et européen. Déjà en mai 1915, c'est le Lusitania, navire britannique, qui fut torpillé, entraînant la mort de cent vingt huit Américains. Cette attaque provoqua la stupeur parmi l'opinion publique américaine et suscita aussi une certaine reconsidération de leur neutralité.

    Enfin, les Allemands ont commis une véritable provocation aux yeux des Américains en proposant une alliance militaire avec le Mexique, avec la possibilité pour les Mexicains de recouvrer certains Etats (Texas, Nouveau-Mexique, Arizona). Cette affaire est révélée par les Anglais qui transmettent la correspondance entre le ministre allemand des Affaires étrangères Zimmermann à son ambassadeur à Mexico. Enfin, la révolution russe (février 1917) remet en cause l'équilibre en Europe.

Diapositive13 ll faut rajouter que le réseau d'espionnage de l'Empire allemanddirigé par Franz von Rintelen effectua plusieurs sabotages sur le territoire des États-Unis alors encore neutre pour empêcher la livraison de matériel américain aux puissances de l'Entente. Ce réseau fut également très actif en soutenant aussi bien la Révolution Russe que les Indépendantistes Irlandais

   Les Etats-Unis sont aussi et on pourrait rajouter et surtout entrés en guerre parce que leurs intérêts commerciaux et économiques étaient menacés, une défaite de l'Entente les aurait privé d'un marché très profitable et de leurs créances

Les États-Unis ont prêté 2 milliards de dollars à la France et au Royaume-Uni. Wilson sait que cette dette ne sera jamais remboursée si l'Allemagne gagne la guerre. De plus, le conflit européens à ramené la prospérité aux États-Unis.

Le 18 mars 1917, 3 navires marchands américains sont coulés dans l'Atlantique

Dès lors Wilson n'eut plus alors aucune difficulté à convaincre la grande majorité des Américains de la nécessité de s'engager, aux côtés des pays de l'Entente, contre les puissances de l'Axe. Le 6 avril 1917, le Congrès déclara la guerre à l'Allemagne. 

Les premières unités de "Sammies" ("petits soldats de l'oncle Sam") débarquent à Bordeaux en juin 1917. Le 4 juillet 1917, jour de la fête nationale américaine, elles effectuent même une parade dans Paris derrière leur commandant, le général Pershing.  Mais les unités américaines, mal préparées, ne sont pas immédiatement engagées sur les champs de bataille et subissent tout d'abord de longs mois d'entraînement dans des camps installés à Brest, Bordeaux, Saint-Nazaire, Le Havre. Leur nombre reste également dans un premier temps assez limité : 80 000 hommes à la fin 1917 (dont 50 000 combattants),

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    Dans un premier temps, le port de Saint-Nazaire est choisi comme base de débarquement des premières troupes américaines pour la qualité de ses équipements. Le 26 juin 1917, les premiers bâtiments d'un convoi parti de New York y amènent 14 750 hommes.

Dès le 9 août 1917 une seconde base est mise en place à Bassens près de Bordeaux], les Américains y créent un port artificiel composé de docks flottants capable de recevoir et de décharger vingt navires à la fois.

En septembre, des travaux d'aménagement commencent à Pontanézen, près de Brest, pour la construction d'une véritable ville qui va accueillir 70 000 militaires américains en transit avant de monter au front. Pour chaque homme qui débarque, une tonne de matériel arrive également en France. Brest va ainsi devenir le principal port de débarquement (et de réembarquement) des soldats américains et le quartier général de l'US Navy en Europe. Ainsi le SS Léviathan, alors plus grand bateau à vapeur au monde, desservait uniquement le port breton .Ainsi sur les 2 millions de membres que comptait in fine l'AEF, ( l'American Expeditionary Force)   plus de 700 000 arrivèrent par Brest. Aux abords des ports les plus importants furent établis d'immenses magasins et zones de stockage : Montoir de Bretagne à l'arrière de Saint-Nazaire, Saint-Sulpice-et-Cameyrac et Izon près de Bordeaux et Miramas près de Marseille.

Mais si les Américains fournissent hommes et matière première une grande partie de l'équipement provient des Européens. Pour sa part la France y participe. Elle leur fournit la totalité des chars de combat soit 260 véhicules (dont des Renault FT) (ici en haut à droite sur la photo où le futur général Patton est phographié devant un char Renault) Diapositive17

       - 2150 canons de 75 mm et 1684 d'autres calibres dont des 155 mm (comme les Schneider )

       - 81% des avions soit 4881 appareils (notamment des SPAD ici en bas à gauche et des Nieuport en haut sur la diapo))

       - 57% des canons à longue portée.

      - La quasi-totalité des munitions d'artillerie.

      - Des dizaines de milliers de mitrailleuses comme les Hotchkiss et des fusils-mitrailleurs Chauchat

      - Plus de 20 millions de cartouches

En juin 1917, les premiers éléments de l’AEF arrivent à Gondrecourt-le-Château situé dans le sud de la Meuse où ils recevront une instruction militaire qu'ils n'avaient pas et où ils seront également entraînés. La formation des militaires américains,d'un minimum de 5 mois, aux conditions de combats extrêmement intense en Europe est assurée par des unités françaises.

Diapositive18 Les américains relient chacun de leurs ports ou de leurs camps par des voies ferrées comme le montre cette diapositive.
Diapositive19 Une impressionnante infrastructure logistique (à l'américaine) est mise en place dans tout le sud-meusien, parfois avec l’armée française: baraquements préfabriqués, voies ferrées, dépôts de ravitaillement, parcs d’artillerie, garages, terrains d’aviation, hôpitaux, poussent comme des champignons.

On compte une vingtaine de camps d’entraînement qui s’étendent dans une zone allant au sud de la Meuse, au nord des Vosges et de la Haute-Marne, dont ceux de Gondrecourt-le-Château (Meuse), Vaucouleurs (Meuse), Neufchâteau (Vosges) et Bourmont (Haute-Marne).

Le 22 juin 1918, une étude de la Mission Militaire Française indique que le total des instructeurs français est de 320.

Diapositive20 La France et les Français découvrent les soldats américains.  Ces derniers sont des civils, ils ont amené avec eux toute une panoplie de ce qui fait la spécificité du Nouveau Monde. Pour tenter de résoudre le problème de la langue, l'armée américaine leur distribue un dictionnaire franco-anglais présentant l'armée française.
Diapositive21 Les Français confronté à un rationnement depuis le début de la guerre vont être mis en présence d'une société d'abondance. Les Américains donnent aux civils français  du savon, du chocolat, du chewing-gum (une découverte pour les Français), des cigarettes de tabac blond ou des boîtes de conserve.

    La solde des sammies est équivalente à celle des officiers français. Grâce à ce pouvoir d’achat, les habitants leur vendent des omelettes, des volailles, des pâtisseries ou des douilles d’obus ciselées par les poilus. Peu habitués à l'alcool, la prohibition est alors en vigueur dans 26 États des États-Unis, certains soldats américains abusent du vin, de la bière ou de la gnôle vendus par les aubergistes, même si la police militaire réprime les beuveries.

La ferveur religieuse et le patriotisme de ces hommes venus d'outre-Atlantique s’expriment lors de leurs fêtes nationales dont l’Independance Day, du Decoration Day ou de Thanksgiving. Les cérémonies militaires, les spectacles de cabaret, les bals et les concerts organisé par les forces américaines émerveillent les populations civiles. La présence américaine en Meuse marque ainsi profondément la population qui découvre la culture américaine tel le jazz, le blues, ou encore le baseball.

Le contraste apparaît ainsi important entre l'armée américaine (au sein de laquelle les noirs, très minoritaires, étaient cantonnés aux tâches de logistique et de main-d'oeuvre) et l'armée française où les contingents noirs (tirailleurs sénégalais) furent souvent en premières lignes sur le champ de bataille. Cette ségrégation raciale est mal ressentie en France.

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Cette année 1917 sera donc essentiellement consacrée ,comme nous venons de le voir , à la montée en puissance des américains. L'entrée effective dans le combat aura lieu les 2 et 3 novembre 1917 date du premier engagement de troupes américaines. Un bataillon combat à Bathelémont-lès-Bauzemont (région de Lunéville) où trois soldats sont tués ( ce sont les premiers de l’AEF).

En fait le renfort américain se concrétisera en 1918 (et nous aurons l'occasion d'y revenir l'année prochaine)

Diapositive23 Nous allons maintenant nous intéresser à ce qu'on appelle le front de l' Est qui désigne le théâtre d'opérations de la Première Guerre mondiale qui oppose la Triple-Entente à la Tripe Alliance ou Triplice.( La triple entente (en rouge sur la diapo) comprend la France, la Russie et la Grande Bretagne . Ses alliés ou états proches (qui apparaissent en orange) sont les royaumes de Roumanie, de Serbie et de Grèce ). la Triple-Alliance ou Triplice (ici en vert) est composée de l'Empire Allemand, l'Empire Austro-Hongrois et jusqu'en 1915 du Royaume d'Italie. On compte parmi ses alliés la Bulgarie et l'Empire Ottoman.)

    Que s'est-il passé depuis 1914 ?

Diapositive24 Dès le début de la guerre les Russes ont lancé une série d'opérations militaires en Prusse Orientale et en Pologne. Les Allemands stoppent l'offensive russe à Tannenberg (26-29 août 14) (ici en haut à droite sur la ligne de front xxx)
Diapositive25 En 1915, une vaste offensive austro-allemande permet aux Empires centraux de s'avancer profondément en territoire russe et d'occuper la Pologne, alors que la Bulgarie se joint à leur effort militaire. L'année 1916 voit l'évolution des alliances: l'Italie dès 1915 avait déclaré la guerre à l'Autriche Hongrie, alors que l'Empire Ottoman et la Bulgarie sont désormais alliés aux empires centraux. (Les nouvelles lignes de front, en rouge sur la diapo, marquent les limites atteintes par la Triplice à l'Ouest comme à l'Est).

 Malgré une série de succès russes en 1916 et l'entrée en guerre aux côtés de la Russie de la Roumanie la même année, une situation économique explosive et le mécontentement populaire débouchent en mars 1917 sur la chute de l'Empire russe. La Roumanie est parallèlement envahie, occupée et vaincue.

La chronologie des événements donne quelques explications à cette Révolution.

L'hiver 1916-1917 marque le sommet de la crise: le froid est intense et tout manque dans les villes. Les prix montent de 25% en trois mois. Les grèves, très suivies en octobre 1916 reprennent en janvier 17. Les désertions se multiplient au sein de l'armée.

Diapositive26 Le refus des troupes de réprimer les manifestations, dues entre autres à la forte dégradation de l'économie et à la lassitude vis-à-vis des classes dirigeantes, obligent le tsar Nicolas II à abdiquer: c'est la révolution de février1917 à l'issue de laquelle la Russie devient une république. Un gouvernement provisoire est alors constitué .
Diapositive27 Il est présidé par Alexandre Kerenski.Tout en esquissant des réformes, celui-ci tente malgré tout de respecter les engagements de la Russie vis-à-vis de ses alliés en poursuivant la guerre. L'offensive Kerensky du début juillet se révèle finalement un échec coûteux.

    En effet des unités refusent de monter au front. La contre-offensive germano-austro-hongroise lancée dès le 19 juillet, réoccupant la totalité de la Galicie,(Région au centre de la diapo où les flèches indiquent les axes de la contre attaque et la progression des unités en territoire russe).qui donne le coup de grâce à l'armée russe tandis que le front n'est plus tenu sur la totalité de sa longueur. L'offensive allemande dans les pays baltes, lancée le 1er septembre aboutit à la prise de Riga (ici tout en haut de la diapo derrière la ligne de front) et où les soldats russes refusèrent le combat et s’enfuirent à l’approche des troupes adverses.

Dans ce contexte, la révolution d'Octobre frappe une armée russe en pleine décomposition et donne le pouvoir aux soviets. Lénine limoge le général Dukhonine, commandant en chef de l'armée.

Diapositive28 Le 21 novembre, une demande d'armistice est ainsi adressée aux puissances centrales par le nouveau commandant en chef russe Krylenko, qui s'empresse d'annoncer un cessez-le-feu à l'annonce de l'acception de l'offre de négociation. L'armistice signé le 15 décembre n'est cependant valable que du 17 décembre au 4 janvier.
Diapositive29 Nous laissons de côté toutes les nombreuses conséquences générées par la Révolution. Dans l'immédiat l'abandon de la guerre par la Russie permet aux Allemands de transférer 700 000 hommes en France où ils espéraient percer le front avant l’arrivée des troupes américaines. L'impact de cette Révolution trouvera, comme nous le verrons, un écho sur les troupes russes en France. En cette fin d'année 1917 voici comment se présentent les fronts marqués par les lignes en rouge. A l'Est on voit nettement le recul du front russe. Au Sud les forces Austro hongroises ont atteint la frontière Grèque et sont contenues à la frontière Italienne.
Diapositive30 n France les territoires récupérés entre 1914 (ligne noire) et 1917 (ligne rouge) ne représentent pas une avancée décisive aussi la décision d'une offensive de grande ampleur avait été prise par le général Joffre quand il était encore à la tête de l'armée française. : ce sera une attaque conjointe avec les troupes anglaises sur le front entre Vimy et Reims
Diapositive31 Le front a la forme d'un angle droit. Tandis que les Anglais attaqueront sur la ligne entre Vimy et Soissons, les Français le feront entre Soissons et Reims afin d'affronter les Allemands selon deux directions différentes. Le nouveau commandant en chef de l’armée française, Robert Nivelle, qui remplace en décembre 1916, Joffre, promet aux dirigeants politiques d’obtenir une victoire décisive sur le front ouest, avant la fin du printemps 1917, en rompant le front « …d’un seul coup, en 24 ou 48 heures »...-paroles malheureuses comme nous allons le voir. Le secteur de front choisi pour l’affrontement est le Chemin des Dames, dans le département de l’Aisne.

    Le chemin des Dames doit son nom aux filles du roi Louis XV, Mesdames Adélaïde et Victoire qui empruntaient ce chemin pour se rendre au château de la Bôve résidence d'une dame d'honneur. Mais ce lieu est devenu célèbre par l'intensité des combats qui s'y sont déroulés et la tragique notoriété qu'il a alors acquise.
Le Chemin des Dames est situé sur un plateau qui s'étire sur une vingtaine de kilomètres d'ouest en est. Il constitue une barrière naturelle qui domine les vallées de l'Ailette au nord et de l'Aisne au sud. Ses versants festonnés et abrupts hauts d'une centaine de mètres sont percés par les vastes galeries des anciennes carrières de pierre.

Diapositive32 Véritable forteresse naturelle au cœur du dispositif défensif allemand, le plateau de Californie était traversé par des tunnels débouchant sur des cavernes fortifiées comme la Caverne du dragon  qui se situe à proximité de l'isthmede la ferme de l' Hurtebise, c'est-à-dire là où le plateau est le plus étroit. En outre, sa position offre un large panorama sur la vallée de l'Aisne. (Sur la diapo vue intérieure et plan de la caverne du Dragon qui donne l'ampleur du lieu)Craonne où toutes les caves ont été reliées par des galeries est comparé à un gruyére.Tel est le décor où va se jouer ce sanglant épisode. A fortiori on peut se demander pourquoi lancer une attaque en ce lieu.
Diapositive33 Du 15 au 19 mars 1917, le Grand Quartier Général allemand met en œuvre l’opération Alberich, conçue par le général Ludendorff :  il s’agit d’un retrait stratégique de la ligne de front entre Arras et Soissons, sur une profondeur atteignant 70 km dans certains secteurs. (On voit sur cette diapo la position du front en novembre 1916 matérialisée par la ligne en pointillé et celle en trait plein qui marque celle de mars 1917).

 La ligneHindenburg » ou« ligne Siegfried » préparée avec minutie et réalisée de façon impeccable, vise à raccourcir le front et à installer les défenses allemandes derrière des positions fortifiées considérées comme inexpugnables ; ces dernières sont constituées de plusieurs lignes, protégées d’immenses réseaux de barbelés, truffées d’abris bétonnés profonds et de nids de mitrailleuses. Le retrait des troupes est précédé d’une opération planifiée de « terre brûlée », déclenchée le 21 février : la population française habitant les zones devant être abandonnées est expulsée vers l’arrière, les villages systématiquement dynamités et minés, les voies de communications détruites, les arbres abattus. Il s’agit, pour Ludendorff, d’empêcher les Alliés de disposer du moindre abri pouvant permettre la préparation de cantonnements et d’abris avant un assaut.
L’état-major français ne prend pas conscience du piège mortel que constitue ce retrait, d’abord perçu comme un indice de faiblesse de l’ennemi : il lui faut d’abord, en quelques jours, réorganiser totalement les bases de départ de l’offensive ; par ailleurs, les services de renseignement n’ont pas mesuré à sa juste valeur la puissance du dispositif défensif allemand. En outre, les Allemands ont connaissance, dans les premiers jours d’avril, du lieu précis de l’opération française en préparation ; il n’y aura pas d’effet de surprise.

Diapositive34 L'offensive alliée prévoyait une attaque conjointe avec les troupes anglaises sur le front entre Vimy et Reims. (Les zones de cette attaque sont matérialisées sur cette vue par des encadrés: Arras au Nord et le chemin des Dames au Sud) Dès la fin 2016 les Britanniques ont préparé les plans d’attaque pour une opération qui doit être déclenchée au début d’avril 1917.
Diapositive35 L’état-major britannique élabore une méthode innovante :un vaste réseau souterrain (environ 20 km), dont l’aménagement est confié aux tunneliers néo-zélandais, doit permettre aux troupes de surgir devant les premières lignes ennemies sans avoir subi de lourdes pertes en traversant le no man’s land.

La fin du mois de mars voit l’achèvement de ces travaux souterrains. À la veille de la bataille d’Arras, les caves et carrières sous la ville peuvent héberger plus de 24 000 hommes. Au total le réseau souterrain compte 19 km de galeries.
Le 6 avril, le moral des assaillants est au beau fixe, avec l’annonce de l’entrée en guerre des États-Unis.

Diapositive36  Le lundi 9 avril 1917, à 5h30 du matin,  après un bombardement intensif de quatre jours, destiné à annihiler toute action des forces adverses,la 1ére armée britannique, constituée des quatre divisions canadiennes s'élance à l'assaut du plateau de Vimy. (ici matérialisé par la masse jaune-brun à cheval sur la ligne de front au nord d'Arras)Cette bataille est une victoire pour les Canadiens, qui réussissent à prendre la cote 145 (au nord du plateau de Vimy) et à réaliser tous leurs objectifs, au prix de 3598 morts. Cette victoire, donne aux troupes canadiennes le statut de troupes d'élite
Les deux premiers jours de la bataille d’Arras se traduisent par de nets succès tactiques des Britanniques qui, avancent sur les deux rives de la Scarpe.(Ici en bleu au centre de la diapo)

 Cette avance rapide oblige les Allemands à un repli stratégique sur leur 2e ligne de défense. L’arrivée d’importants renforts leur permet ensuite de lancer de vigoureuses contre-attaques, dès le 14 avril, et d’enrayer l’offensive britannique. Dès lors, la bataille d’Arras s’enlise dans des combats locaux mais néanmoins meurtriers, devant Arleux (28-29 avril), Fresnoy (3-4 mai), Rœux (13-14 mai). 
Mais ces résultats à caractère tactique ont été obtenus au prix de pertes très élevées. Un peu plus de 100 000 Britanniques ont été mis hors de combat durant les mois d’avril et mai 1917 devant Arras.

Diapositive37  Dans le même temps que se déroulent les attaques britannique et canadienne devant Arras, l'offensive Française est lancée au Chemin des Dames.

Entre le 6 et le 16 avril, l’artillerie française tire 5 millions d’obus sur les positions allemandes, dont 1 500 000 de gros calibre. L’armée française a prévu d’engager près d’un million d’hommes dans la bataille ; parmi eux,       10 000 tirailleurs sénégalais et 20 000 Russes. Mais nous allons revenir sur la présence de Russes dans cette offensive.

Diapositive38 L’attaque d’infanterie est lancée les 16 et 17 avril, par un temps glacial, sur un front de près de 40 km : c’est partout un échec sanglant, sur le Chemin des Dames comme dans la plaine champenoise voisine ; l’infanterie française est hachée par les mitrailleuses allemandes. Après une relance de l’offensive le 5 mai, le constat du fiasco est définitif le 8. Des opérations locales obtiennent quelques succès comme l'indique la diapo à l'écra . Craonne, le plateau de californie, la ferme d'Hurtebise et la majeure partie du chemin des Dames sont aux mains des Français mais les lignes allemandes ne sont pas rompues et la victoire se dérobe. Le 15 mai, Nivelle est remplacé par Pétain à la tête de l’armée française.

 

 

    Mais au printemps 1917, une véritable lame de fond ébranle les armées meurtries physiquement et moralement par l'offensive Nivelle du Chemin des Dames.Le 20 mai éclatent les premières mutineries au sein de régiments ayant combattu sur le Chemin des Dames et qui refusent de remonter en ligne . Près de 150 unités sont concernées, dans les zones de repos proches du front. C’est la déception consécutive à l’échec d’une offensive perçue comme décisive et l’ampleur des pertes subies qui sont à l’origine de ces mutineries, ou plus exactement de ces refus de participer à de nouvelles attaques inutiles, puisque les officiers d’encadrement ne sont pas pris à partie et que les soldats veulent continuer à tenir le front. Ils chantent la chanson de Craonne dont les paroles du refrain sont les suivantes:

« Adieu la vie, adieu l'amour, adieu toutes les femmes. C'est bien fini, c'est pour toujours, de cette guerre infâme, c'est à Craonnes qu'on doit laisser sa peau car nous sommes tous condamnés, cest nous les sacrifiés.»

Diapositive39 L'agitation touche également l'arrière. Des permissionnaires dans les gares, dans les trains, arborent des drapeaux rouges, cassent des vitres, détellent des locomotives, entonnent l'Internationale. La répression fut massive, mais pondérée : 450 hommes furent condamnés à mort, mais seuls 27 furent exécutés, le président de la République, Poincaré, ayant fait jouer son droit de grâce. L’accroissement des permissions et l’amélioration des conditions de vie des combattants permirent un retour à la normale dès le mois de septembre1917 dès lors, l’armée française combattit sans faillir, jusqu’au bout.

 

 

Diapositive40 L'arrivée du corps expéditionnaire Russe en Champagne, en 1916 , est un épisode peu connu dans l'histoire de la Première Guerre mondiale.Pourtant , plusieurs dizaines de milliers de soldats de la lointaine Russie ont combattu aux côtés des Alliés dans la boue des tranchées en France , mais aussi en Orient.

Après les accords de décembre 1915, le gouvernement impérial Russe met sur pied quatre brigades d'infanterie , fortes de 44 000 hommes , réparties en huit régiments . Les 2éme et 4éme brigades débarquent à Salonique pour se battre sur le front d'Orient aux côtés des Alliés commandés par le Général Sarrail . Les deux autres soit 20 000 soldats Russes rejoignent la France où ils sont rassemblés au camp de Mailly. (Voici sur la diapo,le périple accompli par les renforts russes)

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En avril 1917, les deux brigades sont réunies et rattachées à la 5ème armée du Général Mazel afin de participer à l'offensive de Nivelle. Le 16 avril les Russes attaquent au nord-ouest de Reims ; en deux jours ils prennent les ruines de Courcy , la cote 108 , le mont Spin , Sapigneul .

Ce qui reste du village de Sapigneul à gauche et l'inscription sur la plaque à droite) Ils font un millier de prisonniers , mais subissent de lourdes pertes . Le 20 avril ,ils sont relevés par des unités Françaises après avoir perdu 70 officiers et 4472 hommes , tués , blessés où disparus ; Pour ces faits d'armes , les 1ère et 3ème brigades sont citées à l'ordre de l'armée.

 

 

Par contre, les lourdes pertes, l'influence des événements révolutionnaires en Russie, l'incidence des mutineries dans l'armée française génère des séditions et une véritable mutinerie qui dut être matée par l'intervention de l'artillerie au camp de la Courtine où les troupes russes avaient été envoyées au repos.

Diapositive42 La bataille du Chemin des Dames se termine le 23 octobre par la prise du fort de la Malmaison, à l’issue d’une attaque limitée mais très bien préparée .c’est un succès tactique, avec des pertes très inférieures à celles infligées aux Allemands, qui valide la nouvelle conduite de la guerre prônée par Pétain. Entre le 31 octobre et le 1er novembre 1917, les Allemands abandonnent leurs positions sur le Chemin des Dames pour se replier derrière une nouvelle ligne de défense, au nord de l’Ailette.
Diapositive43 Si le temps fort de cette année 1917 est marqué par la bataille du chemin des Dames d'autres combats se sont déroulés sur l'ensemble du front. Cette diapo résume bien l'essentiel des confrontations et offensives sucessives Ainsi de haut en bas dans les encadrés bleus on trouve l'offensive du 7 novembre en direction d'Ypres dans les Flandres, l'offensive du 4 avril en Artois conjointe avec celle du chemin des Dames puis celle du mois d'août dans le secteur de Verdun Au passage on relève la ligne de repli allemande (en violet sur la carte) qui marque parfaitement l'alignement du front. Enfin en vert clair les zones des territoires reconquis en 1917.

   L’échec du Chemin des Dames met un terme au credo de l’offensive décisive. Dès lors, les états-majors alliés réfléchissent à une nouvelle manière de poursuivre la guerre et optent pour des attaques limitées et sur le renforcement de l’armement, pour tenter de limiter les pertes humaines et tenir jusqu’à ce que l’engagement américain devienne effectif sur le terrain.

Diapositive44 L'année 1917 est une année charnière marquée par les événements rappelés ici sur la diapositive. et évoqués au cours de cet exposé: l'entrée en guerre des Etats-Unis, la Révolution Russe, la bataille du chemin des Dames. Chacun de ces événements mériterait un développement plus approfondi mais tel n'est pas le but recherché qui est de se remémorer ce qui s'est passé dans notre pays il y a 100 ans et plus particulièrement ici à Reyniès où deux de ses enfants ont péri dans cette terrible bataille du chemin des Dames il s'agit :

 

 

    - Du caporal Marsal Auguste 23 ans tué le 22 juin à Laon ;

    - et du soldat Viatgé Ferdinand 35 ans tué le 21 juillet au chemin des Dames.

    La guerre n'est malheureusement pas finie et en ce 11 novembre 1917 notre commune pleure les 18 poilus qui depuis le début de la guerre ont donné leur vie pour que vive la France.

Colonel (er) Gilles LATTES

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Un adhérent à l'honneur

Général CHAZARAIN

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Le 26 septembre 2017, le Général de Corps d'armée François CANN, Grand croix de la légion d'honneur a remis la Grand croix de l'Ordre National du Mérite au Général de Corps d'armée Noël CHAZARAIN.

Quelques mots sur le Général Chazarain :
Le Général Chazarain est entré  en 1952 à Saint Cyr, promotion Union française.

Il a servi au 2ème REP de 1955 à 1961. Il a été le chef de corps du 1er RCP. Il a commandé la 11ème Division parachutiste de 1979 à 1981 puis, les forces françaises en Allemagne avant de quitter le service en 1992, après plus de 40 années au service de son pays.


Il a été président national de l'Union Nationale des Parachutistes de 1995 à 1999. Il est membre titulaire de l'Académie de Montauban. Il est Grand Officier de la légion d'honneur et titulaire de 8 citations dont 2 à l'ordre de l'armée.

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From: joseph castano

Sent: Tuesday, October 31, 2017 8:13 AM

Commissaire politique stalinien du Viêt Minh,

BOUDAREL, le monstre français du camp 113

« Les tortionnaires se ressemblent… Ils appartiennent à la sombre patrie des bourreaux et insultent d’abord à notre espèce avant de salir, au hasard des guerres, le drapeau de leurs victimes »(Pierre Moinot)

Dès le déclenchement de la deuxième guerre mondiale l’Indochine fut envahie par l'armée japonaise qui occupait déjà la Chine et qui avait proclamé en 1938 sa volonté d'éradiquer toute présence d'homme blanc en Extrême-Orient, allant jusqu’à introniser, à son départ, le 2 septembre 1945, le gouvernement communiste Hô Chi Minh.

Lors des hostilités avec la France, le Viêt Minh effectua de nombreuses prises d'otages, incluant des civils. Beaucoup de prisonniers militaires français passèrent dans des camps d'internement situés dans les régions sous contrôle indépendantiste et furent soumis à une tentative de « rééducation marxisante » par des commissaires politiques au nombre desquels des communistes étrangers et français faisaient montre d’un zèle excessif… Ainsi le PCF, par la voix de ses responsables, Maurice Thorez, Jacques Duclos, le couple Joliot-Curie… joua un rôle essentiel, non seulement dans la conception, mais aussi dans l'exécution du lavage de cerveau.

Le sort des prisonniers dans ces camps de rééducation fut longtemps méconnu du grand public. L’affaire Georges Boudarel contribua à le rappeler à l'opinion dans les années 1990.

Militant du parti communiste français, progressiste et marxiste, Georges Boudarel naquit en 1926. En avril 1948, il s’embarqua pour l’Indochine comme  professeur de philosophie et anima l'antenne indochinoise du PCF, le groupe culturel marxiste auquel Jean Chesneaux, l’historien communiste affilié au Viêt Minh, appartint.

Le 17 décembre 1950, refusant d’être incorporé dans l’armée française et considéré comme « insoumis » puis déserteur, il rejoignit le Viêt Minh et se rendit après une longue marche au Tonkin où, en 1953, il fut nommé commissaire politique dans un camp de rééducation de prisonniers, le camp 113.

Situé près du village de Nam Nahm, à 25 km à l'ouest du kilomètre 32 de la RC2 (60 kms au sud de la frontièrechinoise et 30 kms au sud-ouest de Bắc Giang) ce camp, insalubre, connut très vite une intense mortalité… Son cimetière débordait de cadavres que les grosses pluies d'automne déterraient. Les rats pullulaient et s'attaquaient aux mourants à l'infirmerie. Dès lors, la situation sanitaire devint telle qu’il fallut évacuer ce camp et le reconstruire 30 kilomètres plus à l'est, au nord de VINT-THUY, non loin de la RC2, près de LANG-KIEU.

Quelque 320 prisonniers, survivants d’un triste bétail pensant, abandonnés à leurs délires, à leurs rêves et à leur rancœur, tous d’origine européenne, officiers, sous-officiers et soldats, croupissaient dans ce camp dans des conditions  d’alimentation, d’hygiène et de prophylaxie infâmes. A l’infirmerie, véritable antichambre de la mort, des squelettes vivants agonisaient, vaincus par la faim, la maladie et rongés par la vermine, sous un essaim de grosses mouches vertes. Ils étaient, en effet, vidés par la dysenterie, minés par le paludisme, l’avitaminose, les ascaris, la peau rongée par les champignons de la dartre annamite, de la bourbouille et du hong-kong-foot. Parmi ceux qui n’avaient  plus aucune réaction et qui allaient mourir le soir même ou dans la nuit, certains avaient les lobes d’oreilles et la base des narines entamés par les rats.

Dans un endroit retiré, des latrines avaient été creusées où grouillaient des millions d’asticots qui donnaient naissance à des multitudes de mouches, vecteurs de toutes les maladies et véritable « pont aérien entre ce lieu et les cuisines » selon le mot même de Boudarel.Le taux de mortalité variait entre 25 et 40 décès par mois, et même plus, selon les saisons.

C’est en ce lieu sinistre que Boudarel, surnommé « Dai Dông », mit au point ses sévices chaque jour plus raffinés et excella dans le lavage de cerveau imprégné des doctrines du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien.

Dans ce « mouroir », sa spécialité : « La mise à mort sans toucher » consistait :

- à abreuver de cours de « rééducation politique » des hommes blessés, malades, éreintés, affamés

- à obliger les moribonds à se lever pour assister à ces séances, qui contribuaient à les achever

- à exploiter la pratique clé la « critique et de l’autocritique » pour créer un détestable climat de méfiance, de discorde et de délation

- à remettre au Vietminh des médicaments parachutés par la Croix Rouge Française et à les refuser aux malades abandonnés sans soins

- à réserver aux évadés repris un sort qui menait à une fin quasi certaine

- à établir lui-même la liste des « libérables », c’est-à-dire en s’attribuant le droit de vie et de mort

- à pousser la cruauté jusqu’à renvoyer au camp des prisonniers déjà sur le chemin de la libération : Certains en mourront de désespoir

- à détenir un record de mortalité, avec 1 à 8 décès par jour.

Boudarel étant devenu le « conseiller technique » pour l’action psychologique, les chefs des 130 camps Viêt Minh appliquaient avec zèle, sur ses indications, les séances de tribunal populaire destinées à juger ceux qui étaient considérés comme « fautifs ». Les prisonniers subissaient des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.

Par ailleurs, en dépit de leur extrême faiblesse, tous ceux qui pouvaient tenir debout participaient aux corvées et aux activités du camp.  « Si pas travailler, pas manger ! » Telle était la devise du surveillant général.

Ils furent, ainsi, victimes « d'agressions psychologiques découlant d'une doctrine monstrueuse, appliquée par un État pratiquant une politique d'hégémonie idéologique et d'intolérance active ». Tous les éléments du génocide constituant le crime contre l'humanité furent réunis, tel que le définit la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 : « Atteintes graves à l'intégrité physique et mentale du groupe ; soumission intentionnelle de celui-ci à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »… ce qui accrédite la théorie de Guglielme Ferrero : « Quand ils ne se servent pas des armées pour établir la tyrannie, les tyrans détruisent les armées afin de n’être pas détruits par elles ».

Parmi les punitions – identiques dans tous les camps- l’une des plus terribles était le séjour prolongé dans la sinistre « cage à buffles » sous une maison sur pilotis où le prisonnier, attaché à un poteau dans une eau putride sans pouvoir se protéger des piqûres d’insectes, était supplicié jusqu‘à la folie et la mort.

Durant l'année de son activité au camp 113, Boudarel reconnut lui-même un taux de mortalité atteignant les 70 %. Sur les 320 prisonniers Français, 278 moururent de mauvais traitements et de torture physique et psychologique. Dans ce cloaque pestilentiel, il avait fait sien « L’Enfer » de Dante, première partie de la « Divine Comédie » : « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »… (1)

Lorsqu’ils débarquèrent à Marseille, les survivants, squelettes ambulants ou morts-vivants portés sur civière, furent la cible des jets de boulons, de crachats et d’injures par des dockers communistes de la CGT rendant, de la sorte, vivants ces vers du Capitaine Borelli, Officier de Légion : « Quant à savoir si tout s’est passé de la sorte, et si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas, si vous n’êtes pas morts pour une chose morte, Ô mes pauvres amis, ne me le demandez pas ! »

Inculpé de trahison Georges Boudarel fut condamné à mort par contumace en juin 1953. En 1964, il quittera le Vietnam pour Moscou où il prendra le nom de « Boris », puis Prague où, jusqu'en 1967, il exercera ses talents d'apparatchik communiste dans une filiale du Kominform, la Fédération syndicale Mondiale (FSM).

Après les accords de Genève, ce tortionnaire, bénéficiant de la loi d'amnistie gaulliste du 18 juin 1966 qui stipulait : « sont amnistiés de plein droit tous crimes et délits commis en liaison avec les évènements consécutifs à l’insurrection vietnamienne, et antérieurement au 1er octobre 1957 », revint en France et fut aussitôt coopté au CNRS par ses amis communistes et syndicalistes de l’Education Nationale pour y préparer une thèse de troisième cycle d’histoire à l’université Paris VII Jussieu. Il devint maître de conférences à Jussieu et ces mêmes communistes et syndicalistes feront ensuite valider ses années « d’expérience » en Indochine pour favoriser sa carrière…

Durant ces années, il fréquenta assidûment les milieux trotskistes, en particulier la ligue d’Alain Krivine et comptera parmi ses amis et « protecteurs » Gisèle Halimi, Suzan Sontag, Marianne Schaub, Laurent Schwartz, Marcel Kahn, Madeleine Rebérioux… tout le gratin de la gauche intellectuelle qui sera à l’origine de la création de la « Ligue Contre-Révolutionnaire ».

Le 13 février 1991, lors d'un colloque au Sénat sur le Vietnam auquel Boudarel participait, il fut reconnu et apostrophé par Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d’État à la Défense et lieutenant en Indochine. Blessé sur la redoutable RC4, il fut fait prisonnier et interné de 1950 à 1954 dans le camp 113. Se plantant devant Boudarel, il l’apostropha en ces termes :

« Vous êtes un individu qui a trahi son pays pour se mettre volontairement, au service de l'ennemi et qui a spécialement maltraité ses compatriotes sur le plan matériel et sur le plan moral. Puisque vous bénéficiez sans doute d'une amnistie collective, nous ne pouvons pas vous poursuivre en justice mais nous tenons à vous dire publiquement, en mémoire des Morts pour la France en Indochine, que nous éprouvons à votre égard, le plus profond mépris, il faut que l'assistance sache à quel ignoble bonhomme elle a à faire. Vous êtes un criminel de guerre ! Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente ! ».

L’affaire fit grand bruit, d’autant plus que Boudarel adopta une attitude provocatrice, affirmant ne rien regretter et allant jusqu’à se moquer publiquement de ses anciennes victimes.

« Je consens que mon frère soit mort ; c’est la loi commune. Ce qui me révolte, c’est l’arrogance de ses assassins » écrivait Christopher Marlowe, dans « Edouard II »… Cette révolte, les anciens d’Indo la burent jusqu’à la lie…

D'autres témoignages furent déposés ensuite contre Boudarel qui fit l'objet en 1991 d'une plainte pour crimes contre l’humanité déposée par d'anciens prisonniers français du camp 113. Contre toute attente, articles et pétitions en faveur de Boudarel ne manquèrent pas dans le camp « progressiste » (Jean Lacouture, Pierre Vidal-Naquet qui soutiendra les tueurs du FLN en Algérie…) et la justice rejeta l‘accusation de crime contre l’humanité portée par une association d’anciens combattants, au motif que les faits étaient couverts par la loi d’amnistie de 1966.

Suprême dérision : Soutenu par l’ensemble de la gauche intellectuelle, il échappa également à toute sanction dans le cadre universitaire.

A 65 ans, l’ancien commissaire politique du camp 113 put en toute légalité faire valoir ses droits à la retraite. Il mourut paisiblement dans son lit le 26 décembre 2003 à l’âge de 77 ans.

« Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » - Britannicus » Jean Racine)

José CASTANO

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(1)  - Le nombre des militaires français capturés durant le conflit indochinois, répartis dans une centaine de lieux de détention, s'élèvera à 37.979 dont 28% seulement survivront, soit 10.754. Leur mortalité sera donc très supérieure à celle des camps d'extermination nazis considérés comme la honte de l'humanité.

- De 1945 à 1954, il y eut environ 37 000 prisonniers militaires aux mains du Vietminh. 71% moururent en captivité, soit environ 26 200 personnes.

- Sur les 2000 soldats français capturés en 1950 lors du désastre de la RC4, il ne restait plus en 1952, au camp n°1, que 32 survivants. Le taux de mortalité fut donc de plus de 90%.

- Sur les 11 721 prisonniers de Diên Biên Phu qui durent endurer une marche de la mort pour regagner les camps, 70 % périrent en moins de 4 mois. Seuls, 3 290 d’entre eux reviendront de captivité.

- Le Viêt Minh ne reconnut jamais la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et pendant toute la durée du conflit, la Croix Rouge ne reçut jamais l’autorisation de visiter les camps.

« L‘inhumanité des camps Viêt Minh rejoint et égale celle des camps nazis »  (Capitaine Pierre MONTAGNON – Officier putschiste du 2ème REP – « Les parachutistes de la Légion »)

Billet d’humeur suite à annonce dans le Quotidien du Médecin

            Une annonce dans le Quotidien du médecin en date du 19 juin dernier serait à pleurer de rage, ou de honte, pour qui ne serait pas encore endurci par le douloureux chemin de Croix que constitue désormais l’histoire du Corps de Santé des armées.

            Mais ici, pas de Résurrection en vue ! Quand on sait, mais le sait-on encore ?, que nous avons été pendant plus d’un siècle des milliers sur tous les continents, de la médecine de brousse aux hôpitaux des capitales, des Instituts de recherche aux Ecoles et Facultés, à jeter les bases des services de santé dont héritèrent nos anciennes colonies devenues indépendantes, peut-on réaliser sans amertume, que l’on doive de nos jours tenter de recruter par annonces pour ce qui reste de nos “ Hôpitaux d’instruction “ ?

            Après tout ce qui a été fermé ces dernières années, je ne donne pas cher de ce qui ne l’a pas encore été.

Yves Pirame (Ly Colo 48 )

Quotidien du médecin ( annonce )

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