01

REYNIES

Les faits majeurs de l'année 1915

19 Col Lattes

Le conférencier : Col Lattes

         

   L'année dernière a ouvert le cycle des commémorations de ce que l'on a appelé la «Grande Guerre». Pour notre part, nous avons évoqué, ici même, la mémoire des reyniésiens morts pour la France et rappelé les lieux où ils sont tombés.Pour rester dans le contexte et dans l'esprit des différentes évocations qui vont se poursuivre, en principe, jusqu'au 11 novembre 2018 nous avons pensé de faire revivre jusqu'à cette date ce qui s'est passé il y a juste 100 ans dans l'année écoulée. Nous voici donc au 11 novembre 1915. 02
03

Que s'est-il donc passé depuis l'année dernière après l'entrée en guerre de notre pays. Le 2 août 1914 rappelez-vous c'était la mobilisation générale, c'était un dimanche.

Tout le monde était persuadé que la guerre serait courte mais, il a fallu très vite déchanter après le désastre de la bataille aux frontières

04
En trois semaines la France à déjà perdu plus de 130 000 hommes tués, blessés ou prisonniers (et déjà Reynies pleure son premier mort Clamens Julien). Le 24 août le généralissime Joffre est contraint d'ordonner la retraite générale à ses armées. 05
Mais pour bien comprendre ce que signifient les mots employés, il est important de donner quelques explications. Au début de la guerre la France a déployé face à l'Allemagne 5 Armées. C'est quoi une armée? Une armée comprend entre 6 et 10 corps d'armée lesquels sont composés de 2 Divisions d'infanterie. Une Division compte à son tour 4 régiments d'infanterie ,un régiment de cavalerie et 12 batteries de canons de 75 mm. En gros retenons qu'un corps d'armée représente un effectif de 40 000 hommes et une armée entre 150 et 300.000 hommes. Voici d'ailleurs comment se présentait notre corps de bataille au début de la guerre : 06

-I ère Armée 258 864 hommes aux ordres du Général Dubail

-II° Armée 314 804 hommes aux ordres du Général de Castelnau

-III° Armée 230 471 hommes aux ordres du général Ruffey

-IV° Armée154 000 hommes aux ordres du général de Langle de Carry

-V° Armée 290 464 hommes aux ordres du Général Lanrezac

Alors comment expliquer cette délicate situation de l'armée française en cette fin du mois d'août? Sans revenir aux causes de cette guerre il est évident que de part et d'autre de la frontière allemande on se préparait à un éventuel conflit. La guerre de 1870 nous avait coûté la perte de l'Alsace et de la Lorraine et la reconquête de ces territoires paraissait évidente. Donc de chaque côté des plans d'engagement avaient été préparés.

Le plan allemand dit plan Schlieffen repose sur quelques principes simples:

  -Commencer par écraser la France en deux mois avant de s'en prendre à l'immensité russe

  -Pour ce bloquer l'aile droite française dans la région fortifiée Thionville-Metz-Strasbourg

  -Déborder l'aile gauche française avec la masse la plus importante en passant par la Belgique

  -Marcher sur Paris, couper les armées françaises de la capitale et se rabattre sur leurs arrières. Elles seront alors acculées au Jura.

Dans l'esprit de von Schliffen, la masse offensive débordante doit être forte de 35 corps d'armée (un corps d'armée c'est rappelons-le 40 000 hommes) il prévoit également d'employer d'entrée les réservistes pour gonfler ses forces. Son plan ne sera qu'en partie suivi par son successeur qui dégarnira son aile marchante, et laissera ses armées abandonner Paris et glisser à son sud-est.

07
Côté français, le plan d'actualité porte le nom de plan XVII élaboré par le général Joffre désigné dès le temps de paix comme généralissime qui est le titre officieux attribué au Commandant en Chef. Le plan offensif se contentait de prévoir deux attaques principales au Nord et au Sud de la ligne Verdun Metz. La confiance dans la puissance et la souplesse des chemins de fer lui permettrait de manier des masses, même au cours d'une bataille. 08

 

Ce plan est appliqué en août 1914. Il assure la mobilisation et la concentration de l'armée française. Il se heurte à des échecs dans les offensives prévues. Ayant sous-estimé la vitesse de déplacement allemande, il est vite remis en question par l'application du plan Schliffen et l'invasion de la Belgique qu'il avait écarté. Dans le cadre de l'esprit offensif du moment, il oublie la puissance du feu et néglige l'importance de l'artillerie lourde. 

Rappelons que ce plan mettait sur pied à la mobilisation 84 divisions d'infanterie dont 47 d'active, 25 de réserve, 12 territoriales et 10 divisions de cavalerie. Au total 1 865 000 combattants.

09
Il est évident que l'attaque de l'armée allemande qui n'a pas hésité à violer la neutralité belge a surpris l'état major français. Le généralissime avait écarté cette hypothèse. Il ne pensait pas non plus que l'adversaire utiliserait ses réservistes et il se retrouve en infériorité numérique. Pourtant en mars 1914 un certain général Gallieni, avant de partir à la retraite en avril 1914 avait remis un rapport qui préconisait la mise sur pied d'une artillerie lourde et dont les conclusions énonçaient: 10

     1- que les Allemands n'hésiteraient pas à envahir la Belgique en franchissant la Meuse – 2 qu'il fallait renforcer la V° Armée de cinq à neuf corps – 3 que les képis et les pantalons rouges trop visibles devaient être remplacés par une tenue kaki.

Mais chez Joffre et son entourage on ne saurait accepter de telles propositions. Pour la petite histoire le général Galliéni qui avait pris sa retraite en avril 1914 est rappelé au service le 31 juillet avec une lettre de commandement qui le désignait, à titre de successeur éventuel, au général de Division Joffre commandant en chef du groupe des armées de l'Est. Or 2 ans plus tôt il avait laissé la place ,à cause de son âge, à Joffre qu'il avait eu sous ses ordres à Madagascar.

L'armée française bousculée se replie. Joffre créé alors la VI° armée en prélevant des forces à l'Est du front et destinée à renforcer l'aile gauche française. Devant les revers, pour faire oublier ses propres erreurs il accable les troupes et sanctionne les chefs. 208 généraux sont remplacés dont 2 commandants d'armée - le général Ruffey commandant de la 3° armée et le Général Lanrezac commandant de la 5° armée. Pourtant ce dernier est un fin tacticien et la justesse de ses analyses souvent pessimistes a le don d'exaspérer Joffre. Le 29 août 1914 Lanzerac remporte la bataille de Guise,longue mêlée où il a fallu faire face de deux côtés. Il sera relevé de son commandement le 3 septembre ayant eu le tort, avec sa forte personnalité et sa brillante intelligence de ne pas partager toutes les vues de son supérieur hiérarchique. 11
 L'anecdote suivante éclaire le personnage. Quelques jours plus tôt ,le 17 août, le Maréchal French chef du corps expéditionnaire britannique, un esprit plutôt indépendant, était venu rendre visite au Commandant de la 5° armée, le général Lanzerac. Au cours de l'entretien, pour alimenter la conversation car le français se montrait glacial, sir John French avait posé un doigt sur la carte en un point où des forces allemandes étaient signalées: Vont-ils traverser la Meuse là? En anglais naturellement. Dès que le Maréchal disait un mot, le général Lanrezac demandait impatiemment «qu'est-ce qu'il dit? Qu'est-ce qu'il dit?» . Comme on lui traduisait la question. Il avait haussé les épaules: «Dites-lui que les Allemands sont venus là pour pêcher à la ligne!». 12

 

A propos des Anglais et depuis son arrivée sur le continent -conformément à ses instructions le maréchal avait décidé d'adopter une attitude de «wait and see» Attendre et voir . Il apparaît intéressant quand même de connaître les instructions secrètes qu'il avait reçues: «Tous les efforts devront être faits en vue d'assurer un minimum de pertes en hommes et en matériel. C'est pourquoi, tout en faisant votre possible pour collaborer en toute harmonie et sympathie, à l'exécution des plans de notre allié et à la réalisation de ses désirs, vous devrez considérer avec la plus grande circonspection toute participation à des avances dans lesquelles, n'étant pas appuyé par des corps importants de troupe françaises votre force se trouverait exposée à des attaques par trop dangereuses. Je vous prie de voir nettement que votre commandement est entièrement indépendant et que,dans aucun cas vous ne serez placé sous les ordres d'un général allié.» (C'est ce qu'on appelle, chez les Britanniques, l'Entente cordiale! (C'était le terme diplomatique employé par lequel la France et le Royaume Uni tentaient de régler leurs antagonismes)

Pour contenir l'avance allemande Joffre en quittant le PC de la V° Armée rend visite au Maréchal French à qui il demande de maintenir son armée à hauteur de notre front jusqu'à ce que la VI° Armée soit définitivement constituée. Le généralissime ne réalisait pas qu'il contrevenait aux conventions en donnant des instructions précises au chef du Corps expéditionnaire. Quand le général Joffre demanda s'il pouvait compter que les troupes anglaises marcheraient vers le nord le lendemain matin, sir John French répondit tout naturellement « je suis désolé. Mes troupes ont besoin d'au moins quarante huit heures de repos absolu. Ensuite je serai disposé à participer à votre action, mais pas avant.»

L'aile droite allemande a souffert et commence à infléchir sa marche sud plutôt que sud-ouest direction Paris.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre le gouvernement français se replie sur Bordeaux. Le ministre de la défense convoque Galliéni, gouverneur militaire de la place de Paris à qui il confie la mission de défendre Paris à outrance. Vous savez Monsieur le Ministre ce que signifient ces mots à outrance. Ils comportent des mesures excessivement graves, des destructions, des ruines. Millerand, Ministre de la défense, secoue sa tête et confirme: à outrance! 13
 Dès le 3 septembre au matin le Général Galliéni fait afficher sur les murs de Paris sa célèbre proclamation. (Photo 14 *) « Les membres du Gouvernement ont quitté Paris pour donner une impulsion nouvelle à la Défense Nationale.J'ai reçu mandat de défendre Paris contre l'envahisseur. Ce mandat je le remplirai jusqu'au bout.» 14
Ce même 3 septembre des renseignements de cavalerie et d'aviation confirment que les colonnes allemandes qui se dirigeaient sur Paris, obliquent sud-est en direction de Meaux. Galliéni voit de suite l'opportunité d'une attaque de flanc de l'ennemi. Le 4, dès 9 heures du matin il prescrit à Maunoury le chef de la VI° Armée de marcher vers l'est avant même d'avoir obtenu l'assentiment du généralissime. 15
 La bataille de l'Ourq s'engage, prélude à la bataille de la Marne. Sur le croquis où l'on voit apparaître les coupures que constituent les cours d'eau . L'Aisne au Nord, la Marne au centre avec ses affluents l'Ourq , le grand et le Petit Morin et au sud la Seine) Galliéni réussit à convaincre Joffre de faire face et de contre-attaquer à partir du sud de la Marne et non du sud de la Seine comme initialement prévu. Parallèlement s'étant rendu au P.C britannique il a persuadé l'équipe French de stopper sa retraite et de se joindre aux Français pour contre-attaquer. Ses initiatives sauvent Paris et, faisant référence à la bataille de la Marne, Clemenceau dira « Sans Galliéni la victoire eut été impossible». 16
Du 5 au 11 septembre les combats vont se succéder sur l'ensemble d'un arc de cercle allant de la Marne à Verdun, soit un front de 300 kilomètres. 17
Sans entrer dans le détail on retiendra seulement les noms des batailles, lieux d'affrontements la bataille de l'Ourq , la bataille des deux Morins, la bataille des marais de Saint Gond, la bataille de Vitry, la bataille de Revigny.  18
On ne peut passer sous silence l'épopée des taxis de la Marne qui entre le 5 et le 7 septembre ont transporté au total cinq bataillons d'infanterie, soit à peu près quatre mille hommes de Sevran-Ligny et de Gagny jusqu'à proximité de Nanteuil-le-Hauduin, une cinquantaine de kilomètres. Trajet modeste, et quatre mille hommes n'étaient pas un bien gros contingent au sein de la grande armée qui livrait la bataille dont dépendait le sort du pays. Mais cet épisode est entré dans la légende. 19
Le 6 septembre l'armée arrête de reculer et repart de l'avant.(Voici la position des forces le 5 septembre au soir (Cette carte résume bien l'historique et la chronologie des événements on y retrouve les 3 lignes de repli successifs . Au passage on peut y matérialiser la position géographique de la bataille de Guise et de la bataille de l'Ourq ainsi que la position des forces en présence ) 20

Pour ce départ en avant, l'ordre du jour à l'intention des troupes est très clair.

Le voici : « Au moment où s'engage une bataille dont dépend le sort du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière; tous les efforts doivent être employés à attaquer et à refouler l'ennemi. Une troupe qui ne pourra plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles aucune défaillance ne peut-être tolérée».

Cette bataille porte un coup d'arrêt à l'avance allemande et marque un tournant important dans le déroulement du conflit comme le montre ce document qui matérialise la reconquête territoriale 

21

           Une polémique est née pour savoir qui était le vainqueur de la bataille de la Marne. Galliéni qui a permis l'attaque de flanc et su convaincre les britanniques à se joindre à la contre-attaque? Franchet d'Esperey en soutenant Foch en le dégageant d'un mauvais pas et surtout en effectuant une trouée dans les lignes allemandes entre von Kluck et von Bulow obligeant ces derniers à la retraite? Pour l'histoire Joffre passe pour le vainqueur de la Marne ce qui lui fit déclarer «je ne sais pas si je suis le vainqueur mais si la bataille avait été perdue je sais bien qui aurait été déclaré responsable.» En fait le vrai vainqueur c'est le combattant dont le courage avait été reconnu non par un français mais par le général allemand Von Kluck qui dans ses mémoires leur rend hommage et écrit :

« Que des hommes ayant reculé pendant dix jours, que des hommes couchés par terre et à demi-morts de fatigue puissent reprendre le fusil et attaquer au son du clairon c'est là une chose avec laquelle nous n'avions jamais appris à compter; c'est là une possibilité dont il n'avait jamais été question dans nos écoles de guerre ».

Après la séquence baptisée bataille de la Marne, (où 2 Reyniésiens figurent parmi les victimes, Rodolosse Urbain et Bedel Auguste) les combats se poursuivent acharnés sur l'Aisne entre le 12 et le 17 septembre. Mais ces combats, aussi violents soient-ils, n'apportent pas la décision et, à partir du 17 septembre, se muent en mouvements vers l'ouest: la course à la mer s'ouvre.  Chaque camp essaye de déborder l'autre par l'ouest ou par l'est suivant l'axe de progression général, en remontant vers le nord. Entre le 18 septembre et le 13 novembre, ces tentatives mènent finalement à la mer, mettant un terme aux manœuvres réciproques. Durant cette période, les combats ont été incessants, meurtriers et vains, que ce soit dans la première bataille de l'Artois au Nord d'Arras ou dans la première bataille autour d'Ypres en Belgique où 4 Reyniésiens y ont laissé la vie.( Abeilhou Émile, Veziat Auguste, Roumagnac Pierre , Marty Joseph)La course à la mer s'achève en cette mi-novembre. 22
  Aucun camp n'a pu déborder l'autre. Un front continu de 750 kilomètres s'installe de la mer du Nord à la Suisse . Les combattants, leur progression stoppée, s'enterrent pour se protéger. Une nouvelle forme de guerre apparaît: la guerre des tranchées. Cette dernière se joue en continu sans pour cela prendre le nom d'une bataille. (Le dernier mort Reyniésien de l'année, Valette Pierre, tombe dans les Vosges) 23
                Nous sommes en 1915 et voici notre pays entraîné dans un conflit qui nous sort de l'hexagone: l'expédition des Dardanelles dans laquelle nous avons , par solidarité, suivi les Anglais. (encore l'entente cordiale) Alors pourquoi cette expédition?
24
L'entrée en guerre de la Turquie le 3 novembre 1914 impose aux Anglais de se garder sur le canal de Suez, indispensable pour les communications de l'empire britannique. Winston Churchill Lord de l'amirauté estime possible de neutraliser avec les gros calibres de la Navy la fortification des Dardanelles, ce qui permettrait de se porter directement sur Constantinople (Istanbul). D'autres hypothèses étaient prévues mais c'est celle de Churchill qui est retenue. Un corps expéditionnaire, sous commandement britannique partira pour les Dardanelles . Le 15 janvier 1915 décision est prise d'envoyer des troupes à terre à Gallipoli. 25
Ce corps de débarquement de 80 000 hommes sous le commandement du général Britannique Ian Hamilton comprend 4 divisions britanniques, 2 divisions françaises et un contingent composé d'Australiens et de Néo-Zélandais appelé l'ANZAC terme générique pour «Australian and New Zealand Army Corps». Soit 28 000 Anglais, 35 000 Australiens et Néo Zélandais et 17 000 Français (parmi lesquels rappelons le 4 Reyniésiens dont Janis Émile qui fut tué le 12 juillet à Gallipoli) Le corps français est commandé par le Général d'Amade.
26 27
Nous n'avons pas le temps de développer le déroulement des opérations on retiendra qu'elles furent un échec.«Le Bouvet » un des 4 cuirassés français engagé dans cette campagne heurte une mine et coule en 1 minute, 600 victimes. Le prix global de l'opération est lourd 214 000 tués, disparus ou blessés dont 50 000* pour la France (*Les chiffres communiqués pour les bilans sont souvent sujet à caution et diffèrent selon les sources). 28
En cette année 1915 l'expédition de Salonique (aujourd'hui Thessalonique) comprendra initialement une division française envoyée en Grèce pour soutenir les Serbes mis en déroute par les forces austro-hongroises. C'est insuffisant et l'arrivée du Général Sarrail* en octobre correspond à l'évacuation des Dardanelles. Les forces composées de Français, de Britanniques et de Serbes représentant quand même plus de 700 000 h s'installent à Salonique avec l'accord du premier ministre Grec sans l'aval du Roi de la Grèce qui était contre. 29 30

Sur ce théâtre d'opération outre le Général Sarrail nous y trouveront les généraux Guillaumat et Franchet d'Esperey.

Si nous faisons le rappel de ces deux expéditions c'est pour deux raisons. La première c'est qu'on ne pouvait pas ignorer dans la chronologie des événements de 1915 ce qui s'était passé cette année là. La deuxième c'est que si nous sommes ici ce 11 novembre 2015 c'est avant tout pour honorer la mémoire de nos anciens et que 4 Reyniésiens y ont participé dont Janis Émile qui y a laissé sa vie.

31

 Mais revenons en France où la situation sur le terrain n'a guère évoluée et cette année 1915   (photo 32*) va encore connaître deux épisodes tragiques: En Artois au printemps et en septembre en Champagne.

32

 Au printemps 1915 le rapport des forces à l'ouest penche nettement en faveur des alliés. 110 divisions contre 99 (les allemands ayant envoyé 9 DI sur le front oriental c'est à dire le front les opposant aux russes) Foch, devenu patron du GAN (groupe d'armée du Nord), croit une percée possible. Le 9 mai à 8 heures la X° Armée française (général d'Urbal) lance ses six corps d'armée à l'assaut de la ligne de crête de Vimy qui se situe à une dizaine de kilomètre au sud de Lens.  De faible altitude elle domine cependant la plaine d'environ 70 mètres et se prolonge au nord-ouest par le chaînon de Notre Dame de Lorette. Seul le 33° corps obtient un succès. Partout ailleurs les autres corps sont stoppés. Plus au nord, l'armée britannique n'occupe que quelques tranchées. Quant à l'armée Belge elle s'en tient à de la figuration. La bataille arrêtée à cause des intempéries reprend le 22 mai. Les combats sont sanglants. Le 16 juin un nouvel assaut général est donné. Le 18 juin au soir l'offensive est stoppée.

33

 Les Français ont perdu environ 100 000 hommes pour un gain de 4 à 5 km sur une quinzaine de kilomètres de front .Cette avance est concrétisée sur la carte à droite de l'écran.

Le Général Fayolle qui commande une division s'interroge: « 100 000 hommes par terre pour gagner quoi?».

Cent ans après, on se pose la même question.

34

 

L'origine de l'offensive de Champagne engagée le 25 septembre 1915 rejoint celle de la bataille d'Artois: aider l'allié russe et réaliser la fameuse percée. L'échec en Artois a malgré tout drainé des forces allemande pour repousser l'attaque et , Joffre espère en profiter. L'offensive en Champagne se programme en juillet 1915. Deux armées IV° et II° (de Langle de Cary et Pétain) fourniront l'effort principal à l'est de Reims sur un axe sud-nord. La III° armée (Sarrail) épaulera à l'ouest, la IV° (Franchet d'Esperey) à l'est.

Le front allemand sur 90 km s'appuie sur deux lignes de résistance avec des centres de résistance souvent à contre-pente à l'abri des tirs directs. Leurs réseaux de tranchées sont épais. La pluie se met à tomber dans la nuit du 24 au 25 septembre et va entraver l'attaque française fixée au 25 matin à 9 h 15. La glaise blanchâtre de Champagne colle aux pas. Sous les ordres de Castelnau patron du groupe d'armée centre, dix huit divisions se lancent à l'assaut. La préparation d'artillerie a été importante. L'aviation a repéré avec minutie les défenses adverses. La journée du 25 apporte quelques succès. Simultanément et comme prévu la troisième offensive est lancée en Artois. Français et britanniques progressent de quelques kilomètres mais très vite faute de moyens cette offensive tourne à la simple diversion.

35

Le 25 septembre, en Champagne,la seconde position allemande (Photo 36*) est abordée mais l'artillerie lourde allemande réagit avec force alors que la pluie ne cesse de tomber. Les jours suivants les Français s'épuisent contre des positions qui deviendront des hauts lieux: la ferme Navarin (où le légionnaire écrivain Blaise Cendrars perd sa main droite) le Trou de Bricot( 2 frères y sont tués à 3 ans d'intervalle:le Cdt Charlet en 15 et le colonel Charlet en 18) le hameau de Tahure, la butte de Souain, la main de Massiges où l'on meurt pour quelques mètres de tranchées en plus ou en moins.(Ici est mort le 26 septembre Gayral Gabriel un enfant de Reyniès). Le 29 au soir devant cette forte résistance rendant la percée impossible Castelnau ordonne l'arrêt des attaques. L'affaire est relancée le 6 octobre à 5 h 20 pour s'arrêter à nouveau le soir.

36

Cette bataille de Champagne du 22 septembre au 14 octobre coûte 143 000 combattants à l'armée française et 123 000 à l'armée allemande.

Dans cette évocation on ne peut passer sous silence la mort du plus jeune Reyniésien Delmas François blessé sur le front et qui décède à l'hôpital d'Albi le 1er juin 1915. Il avait 19 ans.

Nous voici au terme de cette plongée dans le passé qui nous a rappelé les temps forts de ces années 1914-1915 où nous avons évoqués: La bataille des frontières, la bataille de la Marne, la course à la mer, les expéditions des Dardanelles et de Salonique puis les batailles de l'Artois et de Champagne Chacun de ces événements mériteraient d'être développés plus longuement. Il y aurait tant à dire, mais nous restons dans ce survol de l'histoire pour nous remémorer les circonstances dans lesquelles sont partis ceux que nous sommes venus honorer aujourd'hui. Certes on reste confondu devant l'hécatombe et on oserai dire le carnage généré par les différents combats qui se sont déroulés au cours de ces deux années. Dans l'historique de cette période on relèvera le fort ego des chefs en particulier celui du généralissime Joffre et aussi la hantise pour ne pas dire l'obsession de la recherche d'une percée du front, entêtement cause de nombreuses pertes. Ce n'est pas un jugement mais un constat.

Ce 11 novembre 1915, Reyniès pleure déjà 11 morts, et la guerre n'est pas finie.

La suite vous sera relatée, si vous le voulez bien, le 11 novembre prochain.

37

 

 Cliquez-sur-adresse

11 novembre 2015 à Reyniès - Centenaire 1915-2015

bandeau-tarnetgaronne

 

Flash-01

derniereminute

02788335
Aujourd'hui
Hier
Semaine
Mois
1967
4632
21162
65841

Votre IP : 54.162.139.105
Date & Heure Serveur : 2017-11-18 06:17:04
18/11/2017
HORLOGE
Heure :
Free business joomla templates