Chazarain W

Verdun, février 1916,

le début de trois cents jours en enfer.

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« Le nom de Verdun est devenu comme un synonyme synthétique de patriotisme, de bravoure et de générosité » déclarait Raymond Poincaré, Président de la République, à la citadelle de Verdun le 14 septembre 1916.

Du 21 février au 15 décembre 1916, plus de 30 millions d’obus allemands et 23 millions d’obus français vont tomber sur quelques dizaines de kilomètres carrés. Le feu, le fer, la boue, les rats, la peur seront le quotidien des armées des deux camps.

Pour un gain de territoire nul, les pertes seront considérables. La bataille a fait plus de 700.000 victimes, 306.000 morts ou disparus (163.000 Français et 143.000 Allemands) et environ 406.000 blessés.

Ce sera une des batailles les plus longues et les plus dévastatrices de la Première Guerre mondiale. Plus que d’une bataille, compte tenu de sa durée, on pourrait presque parler de la « Guerre de Verdun ».

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Le nom de Verdun, pour tous les combattants de la Grande Guerre, claque comme un coup de fusil, une grande partie de l’Armée française y a été engagée à un moment ou à un autre car, devant la dureté des combats, il a fallu procéder à de multiples relèves.

Verdun, ces dix mois de combat ont été décrits comme trois cents jours en enfer par de nombreux auteurs. Je vais essayer d’évoquer ces jours terribles de la fin du mois de février 1916 où tout aurait pu basculer en faveur des Allemands. Je ne ferai pas une description exhaustive des combats mais je mettrai en lumière des faits significatifs et quelques unités. Auparavant, il est nécessaire de bien connaître la situation générale sur tout le front et dans la région de Verdun.

 

Il y a quelques mois, grâce à une brillante conférence nous avons vécu la bataille de la Marne et la contre-offensive française qui, malheureusement, s’est arrêtée à hauteur de l’Aisne essentiellement à cause de la fatigue de l’armée française, du manque de munitions d’artillerie et de l’absence d’un moyen de rupture et d’exploitation qui ne sera utilisé en masse que lors des batailles de 1918, je veux parler du char de combat. Depuis le front s’est plus ou moins stabilisé malgré les tentatives de percée de chacun des belligérants.

En 1914 à Verdun la situation est mauvaise, la place est virtuellement encerclée, mais les Allemands ne peuvent pas exploiter leur avantage car la contre-offensive de la Marne contraint, nous l’avons vu, leurs armées à un repli général.

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Les troupes du Kronprinz regagnent alors en bon ordre des positions préparées à l’avance. Là comme sur tout le front, le mauvais état physique des hommes et le manque de munitions empêchent Sarrail de tirer parti de ce retrait. Il essaye cependant de contre-attaquer au nord-est de Verdun en direction d’Etain. Les troupes impériales, quant à elles, vont faire porter leur effort vers le sud-est et Saint Mihiel.

Cette « bataille des ailes » durera jusqu’au 25 septembre 1914, la « hernie » de Saint Mihiel est occupée par les Allemands le 24. Sarrail échoue dans ses tentatives de contre-offensive et il est réduit à la défensive.

 

Diapositive4 Les opérations de 1915 vont se dérouler dans quelques secteurs bien précis, l’Argonne au nord-ouest de Verdun, les Eparges et la Woëvre au sud-est et Saint Mihiel un peu plus au sud. Les Eparges qui sont aussi connues par les mots célèbres de l’adjudant Péricard « Debout les Morts », cri prononcé pour rameuter les restes de sa compagnie alors que tous les officiers et beaucoup de sous-officiers sont hors de combat.

 En trois mois, l’armée allemande n’a progressé que de quelques centaines de mètres aux Eparges mais elle tient en avril la ligne de crête. Des milliers d’hommes sont tombés pour cette crête d’à peine un kilomètre et demi.

En Woëvre sud et autour de Saint Mihiel, offensives et contre-offensives se succèdent. Au total plusieurs dizaines de milliers d’hommes disparaîtront au cours des opérations de 1915 alors même que Verdun ne représente pas une zone stratégique réellement importante. Les troupes du Kaiser s’installent néanmoins solidement autour et dans la ville de Saint Mihiel dont elles ne seront chassées qu’avec la reprise de l’offensive après l’été 1918. L’occupation de ce secteur sera très importante, nous le verrons, lors des combats de 1916.

En Argonne et sur la frange nord-ouest de Verdun, les combats préfigurent par leur intensité les terribles engagements de 1916. Les Français doivent coûte que coûte protéger le chemin de fer Chalons-Verdun qui permet d’approvisionner le grand ensemble fortifié. Au sud de Varennes la butte de Vauquois, bien connue, constitue un observatoire privilégié que les deux armées cherchent tour à tour à conquérir et à tenir. Là encore le prix à payer est très élevé. Encore de nos jours, le sol de la butte apparaît bouleversé par les entonnoirs faits par la guerre des mines. Les attaques en Argonne coûteront environ 30.000 hommes à l’armée Sarrail.

Dès la mi-décembre 1915, le GQG de Joffre sait que l’armée allemande prépare un assaut majeur. En janvier 1916, toutes les informations concordent, il faut s’attendre à une prochaine attaque. L’incertitude demeure quant au point du front qui sera concerné : Belfort, région rémoise, Amiens, Verdun !

En multipliant pendant plus de deux mois les opérations de diversion le haut commandement allemand a réussi à dissimuler la montée en puissance des moyens sur ses arrières.

Les informations qui parviennent au GQG quant au prochain objectif sont contradictoires et selon lui « aucun des préparatifs militaires relevés jusqu’ici ne permet de préciser ce qu’il y a d’exact dans les rumeurs ».

Pourtant les observations aériennes révèlent une densification du réseau ferré militaire ainsi qu’une augmentation des mouvements dans les gares sur les arrières ennemis. L’annonce du rassemblement de 400.000 hommes dans la région de Verdun est toutefois considérée comme tendancieuse et cependant les informations concordantes se multiplient. Déserteurs et prisonniers signalent eux aussi l’arrivée de nouvelles unités.

Le Lieutenant-Colonel Driant, Saint-Cyrien de la promotion 1875-1877 qui a quitté le service actif en 1906 et a été élu député de Nancy en 1910, a repris du service et rejoint les armées en août 1914 ; il a pris le commandement du 59e bataillon de chasseurs tout en conservant son mandat de député. Il écrit au Président du Sénat : « Nous pensons ici que le coup de bélier sera donné sur la ligne Verdun- Nancy ».

C’est seulement le 10 février dans l’après-midi que parviennent au GQG des renseignements fiables, détaillés et complets. Dès lors le haut commandement français commence à prendre des mesures visant au renforcement de la région fortifiée de Verdun (RFV), renforcement qui s’accélère de jour en jour et les réserves sont rapprochées des premières lignes.

Falkenhayn, le commandant en chef allemand aura donc réussi à préserver jusqu’au bout l’essentiel du secret de ses préparatifs.

Le 14 février, les services de renseignement français transmettent une proclamation du Kronprinz commandant la cinquième armée allemande. « Après une longue période de défensive acharnée, l’ordre de sa Majesté l’Empereur et Roi nous appelle à l’attaque. Soyons pénétrés de la conviction que la patrie attend de nous de grandes choses. Il s’agit de montrer à nos ennemis que la volonté de vaincre est demeurée vivante chez les fils de l’Allemagne et que l’armée allemande brise toute résistance là où elle passe à l’offensive. Fermement confiant que chacun fera tous ses efforts dans ce but, je donne l’ordre d’attaquer. Que Dieu soit avec nous ! »

Cela se passait dans la nuit du 11 au 12 février 1916. L’assaut allemand, initialement prévu pour le dimanche 13 février, a été plusieurs fois repoussé en raison des mauvaises conditions atmosphériques.

La météo, en permettant « in extremis » l’arrivée de quelques renforts français pour étoffer les maigres défenses de la RFV, a contribué à sauver Verdun, d’autant plus que les troupes allemandes vont rester dans les tranchées de première ligne plusieurs jours dans des conditions difficiles avant de lancer l’offensive.

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L’offensive allemande va finalement se déclencher le 21 février. Avant de la décrire, il est nécessaire de bien connaître ce qu’est la région fortifiée de Verdun.

C’est une saillie dans la ligne de front, un « redent » entre l’Argonne, la Woëvre, les hauts de Meuse et la « hernie » de Saint Mihiel. Au centre se trouve Verdun et sa citadelle entourée d’une série de forts du système Séré de Rivière du nom de l’ingénieur qui, après 1870, a conçu ces fortifications. Un ensemble de tranchées a été créé mais il est très insuffisant, différentes sources signalent des défectuosités dans la défense ; le réseau de tranchées ne serait pas complet comme il l’est sur la majeure partie du front. Galliéni, ministre de la guerre a été informé de cette situation, il en a fait part à Joffre qui s’offusque mais finit pas envoyer Castelnau, chef d’état-major des armées en campagne. Son rapport ne se veut pas alarmant mais il prévoit cependant des améliorations.

 Le Général Chrétien, nommé commandant du 30e Corps, qui inspecte à son tour le 21 janvier est plus pessimiste, il conclut : « c’est un terrain à catastrophe ».

Diapositive6 Il faut également signaler une faiblesse importante pour la région fortifiée de Verdun, c’est la difficulté pour l’approvisionner. Du fait de l’occupation de Saint Mihiel, la voie ferrée de Nancy à Verdun est contrôlée par les Allemands. A l’ouest, la voie ferrée de Châlons à Verdun est soumise aux bombardements de l’artillerie ennemie. Il ne reste en réalité que deux possibilités, la ligne à voie étroite et à capacité limitée, le Meusien, de Bar-le-Duc à Verdun et la route qui relie ces deux villes qu’heureusement le Général Herr commandant la région fortifiée a fait aménager en l’élargissant à six mètres, ce qui permet à deux véhicules de se croiser. Elle recevra ultérieurement le nom de « voie sacrée ».
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Nous avons tous en mémoire l’image de cette file de camions, cette chenille, avec un camion toutes les quinze secondes et de ces bataillons de territoriaux terrassiers qui entretiennent sans cesse la route. Sous les ordres du Capitaine Doumenc, une organisation rigoureuse sera mise en place, les camions de trois tonnes sont affectés aux munitions, ceux de deux tonnes et les autobus aux troupes. La circulation obéit à des règles strictes, il est interdit de doubler et de stationner, tout véhicule en panne est poussé dans le fossé.

 A la veille de l’offensive et grâce au retard occasionné par la météo, les troupes chargées de la défense sont portées à l’effectif de deux corps d’armée et l’artillerie est renforcée. Plusieurs grandes unités sont placées en réserve en arrière du front.

Le 18 février, le deuxième bureau peut définir clairement l’axe d’attaque ennemi, d’autant plus que l’interprétation de photos aériennes révèle le creusement et l’aménagement d’un très grand nombre d’abris de première ligne (les stollen) réunis pour former un abri très long qui doit servir de place d’armes. Tout est donc prêt pour le début de cette grande bataille même si Joffre craint toujours qu’il s’agisse d’une diversion.

Le 20 février, la pluie et le vent qui depuis plusieurs jours faisaient rage sur Verdun s’apaisent peu à peu, mais la température chute et des flocons tombent au cours de la nuit.

Le jour n’est pas encore levé le 21 février lorsque les Allemands déclenchent un gigantesque bombardement dont l’ampleur et la puissance écrasent tous les moyens français. Plus de cinq cents pièces de tout calibre martèlent le bois d’Haumont, le bois des Caures et l’Herbebois. Les tranchées de première et deuxième ligne sont détruites entre Ornes et l’Herbebois. Le Général Passaga dit « avoir entendu un roulement de tambour ponctué par la grosse caisse » or il se trouve à cent cinquante kilomètres de là dans les Vosges.

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 Au cours de la journée, le tir de l’armée allemande s’allonge et se développe en profondeur avec des pièces de 280, 305, 380 et 420 mm. Des obus tombent sur Verdun et la rive gauche de la Meuse. La gare de Verdun est sérieusement endommagée.

Les bataillons que la 72e division d’infanterie déploie en première ligne sont loin de tous posséder la même expérience du feu. Si certains sont aguerris comme les 56e et 59e bataillons de chasseurs du Bois des Caures, les réservistes âgés et mal équipés du 44e territorial apparaissent bien mal préparés.

Diapositive7d lance-flammes Il est 16 heures, le Trommelfeuer redouble ; à 16h15 les fantassins allemands parviennent aux avant-postes de l’Herbebois et les premières tranchées sont prises dès 17h00. Il ne s’agit pas d’un assaut au sens strict du terme mais plutôt d’une progression méthodique derrière une première ligne armée de lance-flammes.

 Les effets du Trommelfeuer sont considérables ainsi qu’en témoigne le Capitaine Seguin du 59e bataillon de chasseurs en position à l’ouest du bois des Caures : « En sortant de nos abris nous ne reconnaissions plus le paysage auquel nous étions habitués depuis quatre mois, il n’y avait plus d’arbres debout, la circulation était très difficile à cause des trous d’obus qui avaient bouleversé le sol ».

Nous avons un autre témoignage, celui du Caporal Maurice Brassard du 56e bataillon de chasseurs : « Un coup d’œil aux tranchées et boyaux nous prouve qu’ils sont bien repérés ; ils ont l’air d’une chaîne reliant les grains d’un chapelet gigantesque, les grains étant figurés par les entonnoirs des obus. Sur cinq poilus, deux sont enterrés vivants sous leur abri, deux sont plus ou moins blessés et le cinquième attend ».

De son côté le Kronprinz rapportera dans ses mémoires : « A voir ce bombardement effrayant nul n’aurait pu penser que les tranchées françaises fussent encore tenues par un seul homme vivant ».

Et pourtant des groupes épars de poilus se reforment ici ou là, obligeant les troupes d’assaut allemandes à une lutte acharnée au corps à corps.

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Au bois des Caures, les combats sont particulièrement sanglants. Du millier de chasseurs du Lieutenant-Colonel Driant, il ne reste guère que 350 hommes plus ou moins valides. Face à eux une véritable marée de Sturm Truppen de la 21e division, mais loin de se résigner les chasseurs contre-attaquent furieusement. Dans le courant de la nuit, ils parviendront même à reprendre aux Allemands quelques positions secondaires.

 Le déluge de feu qui s’est abattu depuis plus de douze heures a totalement désorganisé le réseau de communications français. Les généraux Chrétien et Herr improvisent dans l’urgence sans même connaître l’état exact de la progression de l’ennemi, et si des renseignements leur parviennent c’est toujours avec un temps de retard. L’artillerie de ce fait est également pratiquement paralysée, elle interviendra très peu dans la journée du 21 février, car il lui était impossible de déterminer avec certitude des objectifs et, d’autre part, du fait des obus de gros calibre qui pleuvaient autour d’elle, dans certaines positions d’artillerie la survie était aussi incertaine que dans les tranchées de première ligne ; c’est ainsi que le personnel d’un groupe d’obusiers de 240 en batterie dans le ravin d’Haudremont fut entièrement anéanti, un seul conducteur échappant à la mort.

Les lignes téléphoniques étant partout hachées, la seule chose à faire pour tenter d’entrer en contact avec un PC était d’envoyer un agent de liaison, un « coureur ». Le « coureur » ne progressait pas comme un marathonien, il devait se faufiler de trou d’obus en trou d’obus, échapper à la mitraille, ramper, courir ; c’était une fonction très dangereuse et pourtant il y eut toujours des volontaires pour cette tâche.

Malgré toutes ces difficultés la défense tente de s’organiser. A la tombée du jour le dispositif français est remanié et les bataillons de réserve des 51e et 72e divisions sont portés vers la ferme Mormont et la Côte 344. Au bois des Caures le Lieutenant-Colonel Driant tient toujours avec le renfort de deux compagnies.

Pour clore ce chapitre de la journée du 21 février, il faut souligner les difficultés de l’aviation française pour ramener des renseignements alors que l’aviation allemande du Fokker type III aux Drachen et aux Zeppelin dispose d’une force importante.

Diapositive8Driant

Monument des Chasseurs

Le 22 février, luttant à un contre dix, les chasseurs du Lieutenant-Colonel Driant doivent abandonner le bois des Caures. Leur chef est tué au cours de la retraite. Cet épisode de la bataille de Verdun restera célèbre à juste titre. En 1928, un film « Visions d’histoire » fut réalisé par Léon Poirier et les survivants des combats du bois des Caures rendossèrent leur uniforme pour tourner les scènes évoquant le sacrifice des chasseurs de Driant. Certains jouèrent même leur propre rôle comme les lieutenants Simon et Robin.
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Cette journée continue à voir les pertes en première ligne, la 72e division d’infanterie est renforcée par la 107e brigade et par des éléments de la 67e division tandis que la 73e brigade se déploie au-delà de la Côte du Poivre. La pénurie d’artillerie empêche de respecter les directives antérieures qui disaient : « Les tirs de barrage doivent non seulement être frontaux, mais aussi d’enfilade…Tous ces tirs doivent être réglés par les commandants de batterie eux-mêmes… Il fallait en outre qu’ils soient raccourcissables pour écraser au besoin nos propres tranchées. Toujours selon ces directives la rapidité du déclenchement des barrages était essentielle… C’est de l’entrée en ligne instantanée et prévue des canons que dépend en premier lieu l’écrasement des attaques de l’ennemi ».

 Raisonnement imparable, mais l’artillerie de la 72e division, déjà faible à la veille de l’attaque allemande, se trouve réduite à 28 tubes le 22 février au soir, ce qui fait que la densité de feu se réduit à 400 mètres par tube.

Le 23 février l’offensive allemande continue à se développer, les bombardements d’artillerie redoublent. Les assauts de l’infanterie se portent entre Brabant-sur-Meuse et Ornes. Ils atteignent le bois de la Wavrille.

Les 51e et 72e divisions écrasées sur leur première position, n’offrent plus une résistance suffisante sur la deuxième, déjà partiellement abandonnée. Les grandes unités qui se trouvent en arrière du front ont été mises en alerte depuis la veille. L’ordre de mouvement parvient à la 31e brigade au repos près de Bar-le-Duc. Les deux régiments monteront en ligne dans des conditions épouvantables. Par une température glaciale, ils couvrent plus de trente kilomètres.

Une fois de plus la violence de l’attaque allemande contraint les Français au repli dans la soirée. Le 60e régiment d’infanterie est enfoncé et doit se replier sur la Côte du Poivre. Le commandant de la 73e brigade souligne qu’il se trouve privé de tout renseignement. Ce manque d’information entraine une dramatique confusion dans les rangs français.

Diapositive10 bombardements Diapositive10 Diapositive10b des morts

 J’ai beaucoup parlé des bombardements de l’artillerie et j’ai, par la bouche de deux témoins, évoqué un peu leurs effets, mais on peut donner encore plus de précisions. Des tranchées intactes et d’une profondeur normale furent en quelques minutes entrouvertes comme par une main immense, transformées en sillons très évasés parsemés de cadavres entiers ou en morceaux. Il y a lieu de savoir que les cadavres ou débris humains ne gisaient pas sur un sol propre ou simplement décent. Il faut se figurer qu’un gros bombardement remuait presque toujours non un espace disputé par des armées en mouvement mais une terre où des hommes avaient vécu pendant des mois une vie de chiffonniers et où se trouvaient, en faible profondeur et même en surface, des cadavres. En de nombreux endroits de l’aire pilonnée, le bombardement mêlait des hommes encore valides, des blessés, des morts et toute une « décharge publique » de vieilles boîtes de conserve, de casques crevés, d’équipements….

Il convient de souligner enfin que le bombardement du 21 février 1916 tuait, par compagnie, un homme toutes les cinq minutes. Les compagnies les plus exposées furent ainsi anéanties en quelques heures.

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Au soir du 23 février, le commandement français est donc totalement dépassé par les évènements. Aussi, les informations les plus contradictoires et les plus folles circulent. La troupe au bord de l’épuisement profite d’une accalmie des bombardements, due à une forte tempête de neige, pour aménager tranchées et abris.

Le 24 février, les combats acharnés reprennent sur la rive droite de la Meuse que le Général Langle de Cary commandant du groupe d’armées du centre songe un temps à abandonner ce que lui refuse Joffre, en complet accord avec Castelnau dépêché sur place. Samogneux est pris par les Allemands, mais l’artillerie française déployée sur la rive gauche leur interdit de pousser jusqu’à Vacherauville.

Sur le conseil de Castelnau, Joffre décide de confier la défense de la Région fortifiée de Verdun au Général Pétain dont la IIe Armée était tenue en réserve.

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En prenant l’exemple d’une unité, essayons de voir ce qui se déroule sur le terrain.

Dans la nuit du 23 au 24 février, le 95e régiment d’infanterie reçoit l’ordre de rejoindre la ligne de front dans le secteur de Douaumont. Il quitte Haudainville en formation de marche de guerre sur route, partant à un quart d’heure d’intervalle les bataillons sont suivis par les divers véhicules (voitures outils, voitures porte-sacs, voitures médicales) et enfin par les cuisines roulantes.

Là comme ailleurs la relève se déroule dans la plus grande confusion. Se frayant un chemin dans l’enchevêtrement des voitures et des soldats qui redescendent des lignes en plus ou moins bon ordre, les compagnies s’avancent sans rencontrer le moindre élément de l’unité qu’elles doivent relever et dans l’ignorance la plus totale des positions de l’ennemi.

Le rapport d’opérations du 95e RI, rédigé le 4 mars, indique : « Nous devenions la seule troupe capable d’arrêter la marche sur Verdun d’un ennemi victorieux et nous venions de faire 50 kilomètres ».

Le 25 février, alors que la neige tombe en abondance sur Verdun, Pétain rejoint le quartier général que le Général Herr a établi à Souilly d’où il va conduire les opérations. Le 20e Corps du Général Balfourier relève le 30e Corps du Général Chrétien qui a encaissé le premier choc.

Au début du jour, l’artillerie allemande bombarde l’ensemble du front et les premières lignes françaises sont enfoncées. Louvemont est pulvérisé par les obus. Les Français s’acharnent et résistent au prix d’énormes pertes.

Louvemont est tombé dans l’après-midi. A l’aube du 25, les lance-flammes allemands avaient théoriquement nettoyé les ruines de Louvemont et cependant à midi et demi le 2e bataillon du 85e régiment d’infanterie tenait encore cette ruine.

A une heure de l’après-midi le Colonel commandant le 85e dit à ses hommes :  « Nous allons charger à la baïonnette », aucun des fantassins ne se porte vers lui en criant « il est fou ». Les hommes s’élancèrent en ordre, le Colonel courant devant eux, canne à la main, cigare à la bouche. Les officiers allemands crurent d’abord que les Français venaient vers eux pour se rendre, rapidement revenus de leur erreur, ils ouvrirent le feu. Quelques instants plus tard, il ne restait plus d’officier valide, juste un aspirant qui donna l’ordre de repli.

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L’infanterie allemande prend pied sur le sommet de la Côte du Poivre, contourne la hauteur et coule avec fluidité vers Douaumont.

Le quatre-vingt-quinzième continuait à défendre le village de Douaumont. On ne pouvait presque déjà plus dire le quatre vingt quinzième car le bataillon à l’ouest du village avait pratiquement cessé d’exister, le bataillon placé au nord existait sans doute, mais ni le colonel, ni aucun des hommes qui l’entouraient ne pouvait le savoir. Un nuage de fumée enveloppait le village de Douaumont ainsi que le dit un soldat :  « Les explosions nous secouent jusqu’aux entrailles. Percutants fusants descendent du ciel en un bruit infernal. Tout saute autour de nous. Un nuage de fumée sillonné d’éclairs nous environne. C’est un vacarme abominable, des mottes de terre, des cailloux nous martèlent le dos, les éclats d’obus sifflent sans arrêt ».

Diapositive13 Les fantassins du dernier bataillon du quatre-vingt-quinzième, qui tenaient encore le village de Douaumont, pouvaient apercevoir à l’est, à leur droite, la silhouette accroupie du fort, trapue et massive ; colossale, invulnérable, semblait-il. Un phénomène tout à fait surprenant se produisait, pas un coup de feu ne partait du fort, pas un coup de canon, pas un coup de fusil. L’énorme fort de Douaumont, cuirassé, à demi enfoui dans la terre demeurait muet, sans réaction malgré les projectiles des canons lourds allemands qui explosaient dessus, sans même apparemment l’égratigner. Il est intéressant de voir les raisons de cette situation.

 Le 24e Brandebourgeois avait reçu l’ordre de prendre le fort d’assaut, or c’est avec surprise qu’il s’aperçut qu’aucun coup de feu ne venait du fort. Le seul danger venait de l’artillerie allemande qui n’allongeait pas assez le tir et d’impacts de balles qui commençaient à claquer contre le béton. Du village de Douaumont, les Français avaient dû apercevoir les silhouettes grises et ils tiraient.

Les hommes du 24e Brandebourgeois couraient tout autour du fort, la compagnie du Capitaine Haupt et celle du Lieutenant Brandis y pénétraient sans difficulté. La garnison fut faite prisonnière. Cette garnison comprenait cinquante sept territoriaux et un vieux gardien de batterie, pas un officier, ces hommes sans chef et sans ordres avaient attendu là dans une passivité absolue. Le fort était à qui voulait le prendre.

Il est vain de rechercher les responsabilités à ce moment là au plus fort de la bataille, elles sont certainement multiples, mais une seule chose est certaine, le fort n’avait pas été mis en état de combattre avant cette date. La raison est que le GQG, devant la faible résistance des forts de Liège, de Namur et de Maubeuge en 1914, avait jugé que les fortifications fixes étaient devenues inutiles et avait prescrit leur désarmement. Au 15 octobre 1915, 43 batteries lourdes avaient déjà été prélevées sur la place forte de Verdun. A remarquer que de leur côté les Allemands ont aussi prélevé de l’artillerie lourde sur leur forteresse de Metz, mais la guerre ne passe pas par Metz. Douaumont avait conservé son artillerie mais il n’y avait personne pour la servir. Castelnau, lors de son inspection, avait signalé les déficiences du système de tranchées mais n’avait pas dit un mot sur les forts.

Le fort de Douaumont a donc été pris sans combat ce qui n’empêche pas une guerre de communiqués.

Du côté allemand, l’état-major proclame : « Le fort blindé de Douaumont, pilier principal de la ligne de fortifications permanentes de la place de Verdun a été pris d’assaut hier après-midi par le 24e régiment d’infanterie du Brandebourg, il est solidement au pouvoir des troupes allemandes. En présence de sa Majesté l’Empereur et Roi, nous avons réalisé des progrès considérables sur le front des combats à l’est de la Meuse. Nos valeureuses troupes se sont assurées de vive force la possession de la hauteur, à l’ouest de Louvemont, du village de Louvemont et des fortifications groupées à l’est de là. En un élan, digne de leurs ancêtres, les régiments brandebourgeois ont réussi une percée jusqu’au village de Douaumont et au fort blindé qu’ils ont pris d’assaut ».

Le mot assaut paraît dans ce cas bien exagéré pour désigner la prise d’un fort abandonné, mais le même jour voici le communiqué français : « Dans la région du nord de Verdun, le bombardement continue sans arrêt à l’est et à l’ouest de la Meuse. Aux attaques de l’ennemi nos troupes répondent par des contre-attaques menées avec vigueur sur les divers points assaillis de notre front. Toutes les tentatives nouvelles des Allemands dans la région de Champneuville et sur la Côte du Poivre, où nous sommes solidement établis, ont été repoussées. Une lutte acharnée se livre autour du fort de Douaumont qui est un élément avancé de l’ancienne organisation de la place de Verdun. La position enlevée le matin par l’ennemi, après plusieurs assauts qui lui ont coûté des pertes très élevées, a été de nouveau atteinte et dépassée par nos troupes que toutes les tentatives de l’ennemi n’ont pu faire reculer ». Pas un mot nous le voyons sur la prise du fort de Douaumont.

Assaut ou pas assaut, peu importe, pour les Allemands ce succès est très important : « Douaumont ist gefallen ». Cette nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Le haut commandement allemand sut exploiter, nous l’avons vu, cette aubaine psychologique. Le Capitaine Haupt et le Lieutenant Brandis reçurent la plus haute distinction, la Croix pour le Mérite. Même s’ils avaient vaincu sans péril ils ont triomphé avec gloire.

Le fort de Douaumont ne sera repris qu’en octobre 1916 par les troupes du Général Mangin.

Cette perte a été très coûteuse pour l’armée française, sans se livrer à une bataille de chiffres, citons ce qu’a écrit le Général Rouquerol « L’abandon du fort de Douaumont équivaut, dans l’ensemble de la guerre, à la perte d’une centaine de mille hommes », opinion partagée par le Général Pétain.

La bataille autour de Douaumont continuait. C’est toujours le quatre-vingt-quinzième qui tient le village, les hommes savent que le fort est pris et ils comprennent aussi que le front est brisé. Le régiment, pendant trois jours et trois nuits, dans des abris précaires, sans ravitaillement a subi un bombardement intensif avec plusieurs tentatives d’infiltration. En ce 26 février les Allemands veulent en finir, ils s’élancent à l’assaut et arrivent très près des Français, une vague d’assaut fauchée, une autre s’élance. Heureusement l’artillerie française installée à l’ouest de la Meuse est efficace et avec des canons de 75 arrivés sur le front elle tire avec précision sur l’arrière des vagues d’assaut qui n’arrivent que diminuées et amoindries.

Là se déroule une scène analogue à celle que nous avons vue un peu plus tôt. Le Commandant du 3e bataillon donne l’ordre de mettre baïonnette au canon. Sortant de la tranchée, il lève sa canne comme une épée et crie « En avant ». Un clairon s’élance à son côté sonnant la charge. Quelques secondes plus tard une balle au front abat le brave, raide mort. Le Commandant tombe aussi, blessé à l’épaule, mais l’élan est donné, la contre-attaque reconduit les Allemands au-delà de leur position de départ, l’assaut sur le village de Douaumont est stoppé pour l’instant.

Le village de Douaumont tombera le 3 mars et les Allemands avanceront encore, on aura plusieurs fois l’impression d’assister à un nouveau paroxysme et la situation sur le front de Verdun sera encore souvent qualifiée de dramatique. Mais le forcing du début a été un peu freiné à Douaumont.

Le quatre-vingt-quinzième ou plutôt ce qu’il en reste a été relevé par le 1er régiment mixte de tirailleurs algériens.

Un autre régiment de la brigade, le 85e dont j’ai déjà parlé est lui aussi dans une situation critique, il se bat au corps à corps mais il réussit à s’accrocher à ses positions. En quarante-huit heures, le régiment aura perdu 1300 hommes, son chef de corps et le commandant en second sont l’un et l’autre grièvement blessés.

Je me suis longuement étendu sur cette « bataille de Douaumont » mais vous l’avez vu, elle marque une étape importante ; malgré ses succès, dont la prise du fort de Douaumont, l’élan allemand a été freiné.

La journée du 27 février marque la fin des hésitations françaises, une contre-attaque limitée à d’ailleurs lieu en début de soirée. Joffre demande aux forces de plus en plus nombreuses de conduire une contre-offensive sur les lieux mêmes des attaques allemandes. Il veut que le terrain perdu soit récupéré ; cela étant bien entendu plus facile à dire qu’à faire. Il annonce aussi que désormais les munitions ne manqueront pas.

Diapositive14 Une manœuvre d’importance est décidée, c’est l’évacuation de la plaine de la Woëvre et le rétablissement sur les côtes de Meuse plus faciles à défendre. Il est impératif de maintenir les Allemands dans la plaine et, en contrôlant les hauteurs, de les empêcher de rassembler des moyens d’artillerie supplémentaires qui mettraient Verdun dans une position encore plus dangereuse car à portée de tir. Dans ce but, des contre-attaques locales sont menées qui permettent d’occuper des points importants et de les défendre.

 Le combat ne va pas tarder à se développer sur la rive gauche de la Meuse, c’est ainsi que dès le 28 février la crête du Mort-Homme est soumise à un bombardement régulier auquel prennent part plusieurs batteries situées à l’est de la coupure. Les batteries françaises, en position au nord du Mort-Homme, sont également prises à partie. Ces bombardements qui ne sont guère violents initialement vont prendre de l’intensité au cours des semaines suivantes.

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Le mois de février s’achève, en dehors des bombardements il y a une petite accalmie dans les attaques. Elle sera de courte durée car dès le 3 mars, sur la rive droite les villages de Douaumont et de Vaux-devant-Damloup seront pris et le 6 mars une attaque générale allemande se développera sur la rive gauche. Jusqu’en juillet les offensives allemandes se poursuivront et les forces françaises cèderont encore du terrain mais Verdun ne tombera pas. En octobre, les Français passeront à leur tour à l’offensive ce qui leur permettra de reconquérir presque tout le terrain perdu. Comme je l’ai déjà dit au début de mon propos que d’hommes sacrifiés par les deux belligérants pour quelques kilomètres carrés de terrain.

J’arrêterai là mon récit de la bataille ; il me paraît intéressant maintenant d’essayer de comprendre ce que voulait le Général Von Falkenhayn, chef d’état-major général des forces allemandes en attaquant la région fortifiée de Verdun.

Georges Blond, dans son livre « Verdun », imagine ce qu’il aurait pu dire pour se justifier. Son intention initiale était bien d’effectuer une percée comme Joffre le fera ailleurs. Il a choisi Verdun à la fois pour des raisons psychologiques et tactiques.

Pour les Allemands Verdun était un nom encore plus prestigieux que pour les Français ; c’est là que Karl der Grosse, empereur germanique, appelé Charlemagne en France a choisi l’aigle à deux têtes comme signe de sa puissance voilà plus de mille ans. D’autre part, les Allemands avaient conquis Verdun de haute lutte en 1792 et en 1870.

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Au point de vue tactique, vous pouvez constater que la forteresse est au centre d’un demi cercle, ce qui signifie qu’une grande masse d’artillerie pouvait effectuer des tirs convergents. Les hommes et le matériel pouvaient être amenés de nombreuses directions par un réseau ferré étendu et dense, tandis que du côté français, le saillant de Verdun était très mal desservi puisque nous contrôlions les deux voies ferrées à écartement normal.

 Voilà ce qui pourrait être une belle justification, mais en réalité, comme le souligne également Georges Blond, il a tenu un propos plus ambigu dans un écrit intitulé « le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916 ». « Derrière le secteur français du front ouest, il existe à portée accessible, des objectifs pour la conservation desquels le commandement français est obligé d’employer jusqu’à son dernier homme. S’il agit ainsi, les troupes françaises seront épuisées par leurs pertes sanglantes car il leur sera impossible d’éviter le combat, que nous atteignions notre objectif ou non. Si le commandement français n’agit pas ainsi et laisse tomber l’objectif, l’effet moral produit en France sera énorme ».

Un autre Allemand, Werner Beumelberg, a illustré plus brutalement l’intention de Von Falkenhayn. «  Il faut appliquer une pompe aspirante au cœur de la France, afin de lui tirer sans arrêt sa force vive par ses veines entrouvertes ». Le but recherché est ainsi clairement défini, il faut occasionner le maximum de pertes à l’armée française. C’est ce que Pierre Miquel, dans son livre sur la Grande Guerre, a appelé « La guerre terroriste ».

Il y a eu effectivement des pertes énormes du côté français mais elles ont été presque équivalentes dans l’armée allemande. L’objectif allemand n’a pas été entièrement atteint, Verdun n’est pas tombé et la France ne s’est pas effondrée.

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En conclusion, je voudrai rendre un hommage particulier aux hommes, aux fantassins surtout, même si je pense que tous les autres méritent également d’être cités. On trouve stupéfiant que le 21, au bois des Caures, mais aussi au bois d’Haumont, au bois de la ville et à l’Herbebois des hommes survivants de terribles bombardements aient pu, voyant arriver les Allemands, mettre leur mitrailleuse en batterie ou épauler leur fusil et tirer, voire contre-attaquer.

 Pendant la Deuxième Guerre sur les atolls du Pacifique, transformés en tables rases par les bombardements américains on a vu des Japonais surgir d’abris souterrains, soutenus par un fanatisme racial et religieux, jeter des grenades et être volatiliser la seconde d’après par les lance-flammes.

        

A Verdun on était loin du fanatisme racial et il n’y avait pas même entre les Français et les Allemands de fossé idéologique. Les survivants des positions avancées savaient parfaitement qu’ils pouvaient se rendre sans risquer la mort ni des mauvais traitements.

Certains furent faits prisonnier parce qu’ils avaient franchi les limites de la résistance nerveuse ou que leurs positions étaient tournées ou toute autre raison dramatique. Or, ces hommes ne furent que quelques exceptions rarissimes. Ceux qui décidèrent d’ouvrir le feu furent nombreux, qu’ils soient encadrés par des officiers ou sous-officiers ou qu’ils décident d’eux-mêmes de rester là et de combattre. Dans les jours suivants nous avons vu au 85e régiment d’infanterie et au 95e régiment d’infanterie les soldats suivre, sans hésiter, leur colonel ou leur chef de bataillon. Je vous laisse le soin de trouver les raisons de ce comportement héroïque.

La théorie en 1916 était : « L’artillerie conquiert le terrain l’infanterie l’occupe ». Certes l’artillerie a été responsable de la très grande majorité des pertes, mais nous l’avons vu le terrain n’est vraiment conquis que lorsque le dernier combattant a été mis hors de combat, le plus souvent au corps à corps, et cela seule l’infanterie peut le faire. Elle en a payé le prix.

La bataille de la Marne avait été gagnée grâce à une manœuvre exploitant à merveille les erreurs de l’adversaire. A Verdun rien de tel, le combat a été frontal et sur un petit périmètre, la manœuvre a toujours été de faible portée. La victoire est due avant tout à l’endurance, la ténacité, le courage des combattants, gloire à eux, gloire aux soldats de Verdun.

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