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     Jusqu'à ce jour, c'est un sujet que je ne voulais pas trop évoquer. C'est un conflit qui est resté profondément marqué dans les esprits de ceux qui y ont participé ou qui ont vécu des moments tragiques . Je pense quand même que le moment est venu de nous remémorer ce qui s'est passé maintenant que nous sommes devenus des anciens combattants et que la mémoire -âge oblige- nous fait un peu défaut. Bien que la guerre d'Algérie ait réellement débuté en 1945 mon propos se limitera à relater la chronologie des événements de 1954 à 1962. Alors que s'est-il passé ? 

Diapositive02      Le 1er novembre 1954 à sept heure du matin, un vieux car Citroën enchaîne laborieusement les lacets du col de Tighanimine sur la route nationale 31qui relie Biskra à Arris. A la borne kilométrique 80, le conducteur, Djemal Hachemi, sait que l'embuscade sera dans 1 km. 

 

Diapositive03 Au lieu prévu, la route est barrée par des pierres ,il écrase la pédale du frein, les voyageurs protestent, des sacs pleuvent du porte-bagages. Si Messaoud bondit alors dans le car: «Silence!..Armée de Libération Nationale..Que personne ne bouge!». Mauser au poing, il dévisage les passagers pendant que ses hommes menaçants entourent l'autocar.
Diapositive04 A bord,outre des montagnards en cachabias de laine brune et quelques femmes se trouvaient un couple d'instituteurs français, Guy Monnerot et son épouse et Hadj Sadok, un caïd autrement dit un magistrat désigné par l'administration française dont la compétence s'étend de la police à la perception des impôts. «Toi, viens!» fait-il à Sadok et s'adressant au couple d'Européen «vous aussi, venez!».

Ils sont maintenant tous les trois sur la route, juste devant le car. «Tu as reçu notre proclamation dit Si Messaoud au caïd, de quel côté te ranges-tu maintenant? - Vous ne croyez tout de même pas que je vais discuter avec des bandits» lance le Hadj Sadok en relevant fièrement son burnous sur les épaules. «Votre proclamation je l'ai jetée» ajoute-t-il avec un rire méprisant. Tout va alors aller très vite. Le caïd sort précipitamment de son baudrier le pistolet qu'il y cache toujours. De son rocher, Sbaïhine ne l'a pas quitté des yeux. Il voit le geste et tire. Hadj Sadok s'agenouille.Le début de l'unique rafale l'a atteint au ventre, Guy Monnerot a pris la suite dans la poitrine et sa femme dans la hanche gauche. Elle tombe à son tour, une tache de sang s'élargit sur sa jupe noire et son corsage à pois. Son mari s'effondre sur la route en gémissant.

«Mettez le caïd dans le car, ordonne si Messaoud, c'est tout de même un musulman et toi désignant le conducteur du bout de son mauser, ramène vite ton car à Arris.» A l'arrivée du car à Arris s'est le branle bas de combat. Un ethnologue Jean Servier se porte volontaire pour récupérer les Monnerot. «Vous arrivez trop tard sanglote madame Monnerot, trop tard.» Le jeune instituteur est mort à l'issue d'un martyr de cinq heures, sans perdre ses lunettes, son costume bleu maculé de sang et de poussière.

Une longue guerre vient de commencer

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Sabotages, embuscades, explosions, attaques de cantonnements se sont succédés et la simultanéité de leur déclenchement en Oranie, dans l'Algérois, en Kabylie et dans le Constantinois prouve qu'il y a, à leur origine, une organisation de type révolutionnaire.

 

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 Cette organisation c'est le Comité Révolutionnaire d'Unité et d'Action le CRUA qui se réunit pour la première fois le 23 mars 1954.Une de ses premières décisions est de découper l'Algérie en 5 zones.

La zone N° 1 les Aurès est confiée à Mostefa Ben Boulaïd

La zone N° 2 le Nord Constantinois à Didouche Mourad

La zone N° 3 la Kabylie à Krim Belkacem et Amar Ouamrane

La zone N° 4 Alger et l'Algérois à Rabah Bita

L a zone N° 5 l' Oranais à Larbi Ben M'hidi

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C'est aussi ce comité qui décide que l'insurrection démarrera dans la nuit du 31 au 1er et publie sous le nom du FLN le manifeste qui fait part de ses exigences.

Le 10 octobre le CRUA prend le nom de FLN et passe à l'action le 1er novembre 1954, période que l'Histoire retiendra sous le nom de la Toussaint rouge.

Diapositive8 Avant le FLN existaient deux mouvements nationalistes qui avaient des députés élus au parlement algérien: l'UDMA l'Union Démocratique du Manifeste Algérien dont le leader était Fehrat Abas et le MTLD Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques Ce dernier a éclaté en deux tendances, la première ralliant le FLN et la seconde donna naissance au MNA Mouvement National Algérien dont le leader Messali Hadj était en conflit ouvert avec le FLN. Les noms que nous venons de citer nous les entendions à l'époque, alors que nous étions sur le terrain sans vraiment savoir qui ils étaient et ce qu'ils représentaient.
Diapositive09 Curieusement, les journalistes n'accordent aucune attention à la proclamation politique du FLN consacrant leurs articles au côté spectaculaire des attaques terroristes. Après les opérations de police engagées suite aux attentats, il semble que la rébellion soit calmée mais, il subsiste deux foyers: la Kabylie et les Aurés où arrivent les paras du Colonel Ducourneau.Ce dernier opte d'emblée pour la nomadisation, sous la tente, dans la boue. Ducourneau est en train de lancer le mythe du para en Algérie. Déjà Bigeard et son franc parler disait de lui en Indochine: «Ducourneau c'est le seul type auquel j'accepterais d'obéir dans cette bande cons!».
Diapositive10 En Kabylie Krim BelKacem et Ouamrane (photo 10) ne cessent de déménager, déplaçant leurs quatre cents hommes par petits groupes de quarante huit heures en quarante huit heures, ne marchant que la nuit, couchant à couvert dans la journée.Le moral est au plus bas, les armes font défaut. Les Kabyles de la zone 3 ne font plus rien.

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Diapositive14 Diapositive13 A Paris la politique suit son cours. Pierre Mendes-France Président du Conseil (chef du gouvernement) en réponse à la proclamation du FLN déclare devant l'assemblée: «Entre l'Algérie et la Métropole,il n'y a pas de sécession concevable» et François Mitterand (alors Ministre de l'intérieur) de rajouter: « La seule négociation c'est la guerre... L'Algérie c'est la France» .
Diapositive14 Après quelques séances houleuses sur la politique gouvernementale menée en Algérie Pierre Mendès-France est désavoué le 6 février . Le Président Coty désigne Edgard Faure  comme président du Conseil. Ce dernier confirme la nomination de Jacques Soustelle désigné par le gouvernement précédent comme Gouverneur général d'Algérie.  Diapositive15
Diapositive16 Dès son arrivée jacques Soustelle tente de faire le point sur la situation. Le premier rapport vient des éléments fournis par Mustapha Ben Boulaïd, l'un des six chefs historiques de la Toussaint arrêté quelques jours plus tôt à la frontière tunisienne et qui déballe tout: la division des Aurès en 5 secteurs, les contacts avec Ben Bella, Khider et Aït Ahmed au Caire, les armes qui arrivent clandestinement, les ralliements. On pense à cette époque qu'il n'y a guère plus de trois cent cinquante hommes dans les Aurès. Le deuxième rapport émane de Jean Vaujour le directeur de la sûreté générale qui fait un résumé complet de ce qui s'est passé depuis le 1er Novembre.

  Le troisième rapport est militaire; il estime le nombre d'insurgés dans les Aurès à cinq ou six cents plus donc que ne l'estime Ben Boulaïd. En fait toute évaluation reste impossible à faire; La Kabylie compterait deux cents rebelles. A la frontière tunisienne quelques bandes ont été signalées mais ne paraissent pas organisées. Du côté marocain tout est calme.

Plusieurs fois, Soustelle a tenté de prouver au gouvernement qu'à situation exceptionnelle il faut des moyens exceptionnels. Finalement il obtient, le 3 avril, que soit décrété l'état d'urgence ce qui donne au gouverneur général et aux trois préfets des moyens mieux adaptés pour faire face à la situation.

Diapositive17 Une autre date importante à retenir c'est le 18 avril 1955. Ce jour là, la conférence de Bandoung  réunit vingt neuf pays d'Afrique et d'Asie avec pour thème «Le droit des pays à disposer d'eux-mêmes et les problèmes des peuples non indépendants.» La résolution adoptée parle «de l'appui donné par la conférence aux peuples d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie à disposer d'eux- mêmes et à être indépendants.» Paradoxalement la première victoire du FLN vient de l'extérieur.

 Sur le terrain on crée les GMPR – Groupes Mobiles de Police Rurale- unités légères commandées par des officiers français des affaires indigènes mais essentiellement composées de musulmans. Trente sept GMPR sont constitués en quelques semaines avant de céder la place, en septembre, aux sections administratives spécialisées, les SAS. Ces dernières sont des éléments essentiels de la pacification -sans combat- voulue par la France.

Diapositive18 Le 20 août 1955, les massacres du constantinois marquent un tournant capital dans l'histoire tragique de cette guerre.  Ce jour là, vers midi, à Philippeville des centaines d'hommes encadrés par des officiers en uniforme de l'ALN débouchent dans la rue principale et assassinent, éventrent, égorgent mutilent au hasard, sans distinction, méthodiquement. Pas de quartier. Une boucherie. Des fanatiques contre des femmes, des enfants. La réaction est immédiate les paras du 1er RPC et les légionnaires du 3°BEP investissent à leur tour le quartier européen. La contre attaque se déclenche impitoyable. Une véritable chasse à l'homme. Diapositive19

 Pas de quartier d'un côté comme de l'autre. A 15 km le centre minier d'El Milia est attaqué: femmes éventrées, enfants égorgés. Des victimes européennes aussi à Jemmapes, à Catinat, à Constantine même.Le bilan des massacres du côté européen est- de soixante et onze morts auxquels il faut ajouter une centaine de musulmans francophiles. Côté assaillant officiellement 2000 morts (six fois plus selon le FLN). C'est Zighout Youssef, nouveau chef du nord constantinois qui a lancé cette nouvelle djihad pour prouver à la France que c'est vraiment la guerre et aux Algériens que la seule voie est le ralliement au FLN. Les conséquences sont graves. Dans les régiments à prédominance musulmane on compte un certain nombre de désertions. Les rebelles s'enhardissent et les attentats se multiplient dans l'Algérois, en Kabylie et en Oranie. Leur nombre passe de 200 en avril à plus de 1000 en fin d'année.Dans l'armée la consigne est souvent «pas de quartier» . La rébellion à atteint son but par son action politique, paramilitaire et psychologique, elle a créé la scission entre Européens et musulmans.  

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En France, dans une atmosphère délétère, le parlement est dissout le 2 décembre et les élections législatives sont fixées au 2 janvier 1956. En Algérie le contrat de Jacques Soustelle arrive à terme le 31 janvier. Il sera remplacé par le Général Catroux, Grand Chancelier de la Légion d'Honneur avec le titre de Ministre résident en Algérie.Cette nomination soulève des vagues de profond mécontentement et au départ de Soustelle une foule immense l'accompagne pour l'empêcher de partir. La foule scande AL-GE-RIE FRANCAISE slogan qui sera désormais son crie de ralliement. Le nouveau président du Conseil, Guy Mollet  se rend à Alger où il est hué et reçoit même des tomates lors de la cérémonie du dépôt de gerbe. Le général Catroux, (sans avoir mis les pieds en Algérie) démissionne . Son successeur désigné est  Robert Lacoste qui fera une arrivée discrète à Alger le 10 février.

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Sur le terrain la poignée de bandits du 1er novembre est devenue une armée de six mille hommes qui s'est structurée, qui reçoit des armes et dont les différentes unités peuvent maintenant communiquer entre elles d'un bout à l'autre du territoire. L'armée française en dépit d'une augmentation régulière de ses effectifs passés en un an de 80 000 à 190 000 hommes est loin de contrôler le pays et Robert Lacoste exige de Paris qu'on lui envoi 200 000 hommes en renfort. Il est entendu . Au 1er juin les effectifs seront portés à 370 000 hommes (on rappelle le contingent 53 puis celui de 52 et on prolonge le service du contingent 54)

Le Maroc devient indépendant le 9 mars et la Tunisie le 20. Ces pays deviennent de véritables bases arrières du FLN.

Diapositive24 A Alger le véritable numéro un du FLN est Abane Ramdane qui prépare un congrès du FLN qui, pour lui, doit être dirigé par les chefs politiques et militaires sur le terrain et non depuis le Caire. Il a ses habitude chez des amis européens les Chaulet chez qui il se rend souvent à pied sans se dissimuler . C'est chez eux qu'il apprend l'affaire Maillot cet aspirant, membre notoire du PCA (le parti communiste algérien) qui a livré aux rebelles tout un chargement d'armes (120 PM 57 fusils 84 revolvers des grenades et des munitions). Quand Ben Kheda ,conseiller assistant de Ramdane, vient récupérer les armes il s’aperçoit que Maillot a gardé la plus grande partie des munitions . Comme par hasard , sur renseignement le maquis rouge de l'Ouarsenis sera détruit. Maillot et un autre ressortissant européen du PCA seront tués.
Diapositive25 Le 18 mai 1956, une patrouille de 21 marsouins du 9° RIC quitte Palestro pour aller voir ce qui se passe au village de Ouled Djerrah. La fusillade éclate. Un seul survivant pour témoigner de ce qui s'est passé. La presse révèle que les corps des victimes ont été affreusement mutilés. Il faut réagir vite et la chasse aux maquisards doit être désormais l'affaire de spécialistes .On créé deux divisions parachutiste la 10° DP placée sous les ordres du Général Massu  dans l'Algérois et la 25° DP dans le Constantinois sous les ordres du Général Sauvagnac. Dix régiments de parachutistes auxquels on adjoint dix bataillons d'infanterie. Le 1er REP du colonel Jean Pierre est installé à Zéralda dans la proche banlieue d'Alger Diapositive26

Alors que des pourparlers s'engagent entre les émissaires de Guy Mollet et les représentants du FLN au Caire. Le FLN tient son congrès en Kabylie . A cette occasion se situe une anecdote amusante: les rebelles qui se rendaient au congrès sont accrochés, le mulet qui transportait les documents a disparu. La bête volée un mois plus tôt à un régiment de goumiers regagne sa caserne d'origine et livre ainsi tout un nombre important d'informations.

Le 19 juin Lacoste fait exécuter deux membres du FLN,condamnés à mort mais détenus depuis longtemps. Cette décision va porter la violence à son paroxysme.

Le 10 août une violente explosion provoque l'effondrement de quatre immeubles. On retire les cadavres de 70 personnes dont une majorité de femmes et d'enfants œuvre d'un commissaire de police appartenant à une des nombreuses organisations contre terroristes. A son tour le FLN utilise des bombes artisanales dont les premières sont déposées par des jeunes filles dans deux bars. L'insécurité règne dans la ville

On assiste ensuite à une série d'événements :

Diapositive27 - L'Athos un bateau de plaisance chargé d'armement est arraisonné au large de Mers el Kébir .Il venait du Caire. 

 

- Le 20 octobre les chefs historiques , Ben Bella, Aït Ahmed, Kihidder et Mohamed Boudiaf sont reçus par le Sultan du Maroc. Le lendemain le DC3 du Royal Air Maroc est intercepté et doit atterrir à Alger. C'est aussitôt l'incident diplomatique avec le Maroc et Mohamed V téléphone au Président Coty pour lui signifier que les relations franco-marocaines sont rompues.

Diapositive28 - Puis le 5 novembre on apprend que les paras français et anglais ont sauté sur Port Saïd.  Le 2° RCP de Chateau-Jobert et le 1er REP sous le commandement de Massu n'ont besoin que d'une journée pour mettre en déroute la garnison égyptienne. Cette intervention avait été décidée conjointement avec les Britanniques suite à la Nationalisation par Nasser de la compagnie universelle du Canal de Suez. Les Russes menacent d'intervenir et sous la pression américaine les troupes cessent leur action.
Diapositive29 Un nouveau commandant en chef, le Général Raoul Salan dit le «Mandarin» est nommé à la place du Général Lorillot.

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  A Alger c'est l'engrenage de la violence: attentats-répression-attentats d'autres bombes sont posées, entre autre, par des militants communistes alliés du FLN. Les paras de Massu vont prendre possession de la casbah le 8 janvier la loi martiale est proclamée. C'est le début de la bataille d'Alger. La chasse à l'homme est organisée pour trouver et arrêter les meneurs Ben M'Hidi, Yasef Saadi, Ali la Pointe. Durant cette période la torture s'impose et devient malheureusement nécessaire pour obtenir les renseignements vitaux pour sauver des vies humaines et tenter d'éradiquer le terrorisme. Le 9 octobre, Ali la Pointe se fera exploser dans l'immeuble où on retirera les corps de 21 personnes.
Diapositive32 Cette fois la bataille d'Alger est bien terminée.

 Fin septembre 1957, un obstacle de taille va compliquer la tâche des fellaghas : le réseau de barbelés électrifiés connu sous le nom de la ligne Morice,  qui va opposer un barrage quasiment infranchissable, du moins dans les débuts, aux infiltrations venues de l'extérieur. Construit en trois mois et demi par six bataillons du génie cet ouvrage s'étire de part et d'autre des frontières sur près de 300 km. Dans l'Est Constantinois, commandé par le Général Vanuxem, le dispositif est renforcé par cinq régiments parachutistes. Les renseignements obtenus grâce au réseau électrifié permettent la mise au point de bouclages sur les axes de déplacement de l'ALN. On trouve ainsi au nord le 1er REP basé à Guelma, le 9°RCP à Souk Ahras chargés l'un et l'autre des monts de la Medjerda sur la route qui mène en Kabylie. Au sud le 8°REP dans les monts de Tebessa et le 3°RCP en bordure des Nementchas barrent la route des Aurès et de l'Algérois.

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Fin décembre 1957 une centaine de passages ont été tentés. A noter que les passages s'effectuent dans les deux sens (recrues vers la Tunisie – combattants vers l'Algérie) On répertorie une trentaine d'échecs mais deux mille hommes armés venant de Tunisie ont pénétré en Algérie. Les rebelles ont toutefois perdu 400 hommes sur le barrage.

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Diapositive37 Le 11 janvier 1958 une patrouille d'une quarantaine d'hommes tombe en embuscade. Les fellaghas disposent d'un appui d'armes lourdes, mitrailleuses et mortiers installés en Tunisie à Sakiet Sidi Youssef . Le 7 février un avion français se fait tirer dessus par une 12,7 installée sur le toit d 'une maison de Sakiet. Le 8 février un autre avion est de nouveau pris à parti par un tir provenant de Sakiet.

 Endommagé, l'avion se pose en catastrophe à Tebessa. Ce même jour 11 bombardiers moyens B-26 Invader , 6 chasseurs bombardiers Corsair, et 8 Mistral bombardent Sakiet. Le bilan est lourd 70 morts, et une centaine de blessés. Cet accrochage à la frontière internationalise le conflit.

Diapositive38 En France on est en pleine déconfiture politique. Le 15 avril le gouvernement Gaillard est renversé. Alain de Sérigny, directeur de l'écho d'Alger demande la formation d'un gouvernement d'union nationale. René Coty a beaucoup de mal à trouver quelqu'un. Pendant ce temps les esprits bouillonnent à Alger.

 Une manifestation, bien qu’interdite, réunit 15 000 personnes et l'armée n'est pas intervenue pour disperser le cortège. Robert Lacoste en tire la conclusion qu'il ne peu plus compter sur elle.Combien de temps le pays tiendra-t-il sans politique et sans gouvernement? Le 10 mai Lacoste fait ses bagages. Il n'y a plus d'autorité civile à Alger. Ce même jour, à Tunis le porte parole du FLN annonce le jugement et l'exécution de trois soldats français en représailles de l'exécution à Alger de l'étudiant Bou Taleb, convaincu d'avoir fabriqué des bombes. Le 13 mai une cérémonie patriotique est prévue à Alger à la mémoire des 3 soldats fusillés par le FLN. Alors qu'à Paris a lieu le débat d'investiture du nouveau gouvernement de Pierre Pflimlin à Alger la foule entraînée par des jeunes se déchaîne.

Diapositive39 Pierre Lagaillarde représentant des étudiants annonce « A partir de maintenant je me considère comme un insurgé». La foule compte 20 à 30 000 personnes et chante le chant des africains et la marseillaise.   A proximité du centre les voitures scandent «Algérie Française». A 18 h la cérémonie d'hommage aux 3 militaires est très brève. Au lieu de se disperser la foule se rue vers le gouvernement général qui est envahi et saccagé.

Finalement le Général Massu adresse un télégramme au Président Coty pour lui annoncer la création d'un comité de salut public civil et militaire dont il assure la présidence. Dans la nuit le parlement investit Pflimlin qui le 14 mai publie le communiqué «chargeant le Général Salan, Commandant supérieur des troupes, de maintenir l'ordre à Alger et d'y assurer la protection des biens et des personnes.» En fait la situation reste très confuse: la délégation de pouvoirs donnée par pierre Pflimin au général Salan ne concerne que le département d'Alger; le comité de salut public présidé par le Général Massu, ne représente que lui même et est, en droit, un pouvoir insurrectionnel. Dans ce climat violent, Jacques Soustelle débarque à Alger le 17 mai. Fraîchement accueilli par le général Salan ainsi que par les généraux Jouhaut et Massu, il se demande s'il ne va pas être arrêté ou, au mieux contraint de repartir. Dès le lendemain de son arrivée il rend compte au Président Coty: «Les événements d'Alger ne répondent en rien à l'interprétation qu'on en donne officiellement. Il n'y a pas eu de complot militaire, mais un immense mouvement spontané de sursaut patriotique que l'armée a fort efficacement canalisé...Le Général Salan dépositaire des pouvoirs civils et militaires tient la situation en main. Pour ce qui me concerne, je m'efforce, sans interférer avec l'exercice de son autorité, de continuer, par influence que je puis détenir ici, à raffermir l'unité de la population et de l'armée.»

Le gouvernement Pflimlin décide de porter à 27 mois la durée du service militaire et accorde à la Défense un nouveau crédit de 80 milliards.

Pendant une quinzaine de jours, l'Algérie vit sous un régime improvisé, celui des comités de salut public, constitués partout. Un comité de salut public se créé même en Corse sous la présidence du Colonel Thomazo (alias nez de cuir) qui prend le commandement civil et militaire de l'île.

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Le 1er juin le général de Gaulle est élu chef du gouvernement avec les pleins pouvoirs pour une durée de six mois. Il se rend à Alger où il reçoit un accueil triomphal il en profite pour bien marquer sa position: « Le Ministre de l'Algérie, c'est moi, et j'ai délégué mes pouvoirs au Général Salan.» . A la foule venue l'acclamer il lance du haut du balcon de la résidence le fameux : 

          «Je vous ai compris».

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Dans son discours, il ajoute: « Je prends acte au nom de la France et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie il n'y a qu'une catégorie d'habitants: il n'y a que des français à part entière, - des français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.» Le général poursuit sa tournée en Algérie et regagne Paris le 6 juin. En fait, de longue date, de Gaulle ,à plusieurs reprises, avait fait connaître son point de vue sur l'Algérie «qu'on le veuille ou non l'Algérie sera indépendante». Il lance néanmoins la tenue d'un référendum instrument de la libre consultation des peuples appelés à choisir, sans contrainte, entre le «oui» et l'appartenance à la communauté française ou le «non» et l'indépendance. Le référendum a lieu le 28 septembre. Le pourcentage des «oui»;est de 96,6% des suffrages exprimés. Entre temps il a donné l'ordre à Salan de faire exclure les militaires des comités de salut public.

Le FLN se trouve à la croisée des chemins. Une victoire militaire n'est plus possible. Les offensives sur le barrage à la fin avril et en mai ont laissé près de 4000 tués, 600 prisonniers, 3000 fusils et 350 FM. En fait le bilan depuis le début des événements est déjà très lourd: 7 200 officiers et soldats et 77 000 rebelles ont été tués. Alors que les attentats ont coûté en Algérie la vie de 1500 français de souche et plus de 10 000 musulmans et en métropole 75 français de souche et 1717 musulmans. Avec ses 30 000 maquisard, la rébellion ne peut inverser la situation il lui faut rechercher la solution politique . Le 9 septembre est créé le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) qui choisit de siéger à Tunis. Il est aussitôt reconnu par les pays arabes, la Chine et les pays du bloc communiste à l'exception de l'URSS.

Au cours d'une conférence de presse le Général de Gaulle offre au FLN «la paix des braves». Les Français d'Algérie sentent le vent tourner et diverses organisations voient le jour: Le FNF le Front National Français créé par Joseph Ortiz propriétaire du bar du Forum – Le «groupe des 7» qui s'était fait remarquer par son activisme se place sous la direction de l'UFNA (Union Française Nord Africaine) Jacques Susini, étudiant en médecine remplace Lagaillarde à la tête de l'association des étudiants. Derrière ces chefs, tout le petit peuple « pied noir » d'Alger se rassemble, uni dans la même inquiétude de l'avenir et la même méfiance à l'égard des politiciens, du gouvernement et maintenant de Gaulle.

Salan est rappelé à Paris pour prendre en principe le poste d'inspecteur général de la Défense Nationale. Paul Delouvrier est le nouveau délégué du gouvernement en Algérie et le commandement militaire est confié au Général d'aviation Challe.

Diapositive42 Le 21 décembre 80 000 grands électeurs élisent le général de Gaulle  président de la République avec 62 338 voix sur 81 233 soit 78 5 % des voix. Dès sa nomination il nommera Michel Debré comme premier ministre.
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Diapositive45 Sur le terrain les combats s'intensifient. Chaque opération a un nom de code  comme l'opération jumelles (3746 combattants algériens hors de combat) ou l'opération «trident» ou encore «étincelles» (Les opérations militaires ne sont qu'évoquées dans cet exposé et pourront faire l'objet de relations ultérieures). Pendant que les soldats se battent les événements font du chemin à Paris, Tunis et Alger.

 

Au sein du gouvernement les ministres sont partagés par des tendances diamétralement opposées. Comment dès lors, s'étonner des dégâts faits dans l'opinion des militaires ou des Français d'Algérie par ce double langage permanent? Le second trimestre 1959 marque une période de flottement dans la politique ou plus exactement dans la présentation de cette politique du fait même du général. Mais peut-être que son choix décisif n'était pas encore fait.

Diapositive46 De Gaulle sait que pour réussir une politique nouvelle, il lui faut l'obéissance des militaires et le 27 août il décide de s'adresser directement au plus grand nombre possible d'officiers dans ce qu'on appellera plus tard «la tournée des popotes»  qu'il fera à deux reprises du 27 au 31 août 1959 et du 3 au 5 mars 1960.

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Le 12 janvier 1960 le général Massu déclare au cours d'une interview à un journaliste allemand «Notre grande déception a été que le général de Gaulle soit devenu un homme de gauche.» Il est, bien entendu, rappelé à Paris.

24 janvier 1960, il est 18 h 08 une fusillade éclate à Alger sur le plateau des Glières. Le premier gendarme mobile touché au ventre vient de rouler, mort. Derrière lui les escadrons, l'arme à la hanche descendent. Ils vont au carnage.

 Diapositive48 Des Français tirent sur des Français la semaine des barricades d'Alger vient de commencer. Le bilan officiel fera état de 14 morts et de 123 blessés chez les gendarmes et de 8 morts et 24 blessés graves chez les manifestants. Le Général Challe considère la ville en état de siège. Le 1er février s'achève la semaine des barricades. Lagaillarde, un des instigateurs de l'émeute se rend. Inculpé d'atteinte à la sûreté de l’État il est transféré à Paris et écroué à la prison de la Santé.

  Plusieurs colonels sont limogés ,trois généraux relevés de leur commandement. Le général Challe ne sera muté que fin mars. ( Après la deuxième tournée des popotes) Quelque chose d'irréversible vient de se passer. Durant cette période les musulmans et le FLN ont comptés les coups dans cette affaire «franco-française».

Diapositive49 Entre temps les négociations secrètes se poursuivent avec le FLN. On parle ainsi de l'affaire Si Salah le chef de la willaya 4 qui est reçu en grand secret à l'Elysée le 10 juin 1960, quelques temps après les émissaire du GPRA de Tunis sont reçus à Melun. Ces deux tentatives se soldent par un échec.
Diapositive50 A Paris s'ouvrent deux procès. Celui du réseau «Jeanson» groupe de jeunes gauchistes français, organisé pour transférer des fonds d'Allemagne en Algérie, ceux que l'on a appelé les porteurs de valises et le procès des barricades d'Alger; ils seront acquittés. Lagaillarde et Susini profitant d'une liberté provisoire au cours du procès s'enfuient en Espagne.

  La gauche intellectuelle française lance le manifeste des 121 qui revendique le droit à l'insoumission à propos de la guerre d'Algérie.

Le 9 décembre 1960 le général de Gaulle se pose à Oran et les discours qu'il tient met le feu aux poudres: les musulmans sont dans la rue et l'ONU, le 20 décembre reconnaît le droit pour l'Algérie, à l'autodétermination et à l'indépendance.

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Diapositive52 Le 8 janvier, les électeurs sont appelés à se prononcer sur une double question «Oui ou Non approuvez-vous le projet de loi concernant l'autodétermination des populations algériennes et l'organisation des pouvoirs publics en Algérie avant l'auto détermination?». Soixante quinze pour cent en métropole et soixante neuf pour cent en Algérie pour le oui.
Diapositive53 Aux résultats les réaction ne vont pas tarder. Lagaillarde et Salan depuis Madrid fondent l'OAS – l'organisation de l'armée secrète- Une poignée des meilleurs officiers supérieurs, habitués à voir les gouvernements leur faire prendre des vessies pour des lanternes et leur faire perdre autour d'une table des guerres qu'ils sont en passe de gagner sur le terrain, s'estiment les dépositaires de l'honneur de la France.

 Et voilà que tombe la surprenante décision : le gouvernement a décidé d'une trêve unilatérale.

En coulisse, les pourparlers se poursuivent avec le FLN. Une rencontre a lieue à Lucerne en Suisse; elle sera suivie d'une autre à Neufchâtel le 8 mars.

Dans l'ombre la conjuration se prépare. La conférence de presse du général de Gaulle du 11 avril renforce la nécessité, pour ses adversaires, d'agir sans tarder plus longtemps. (Il est évident que toutes les tractations qui précèdent le putsch qui se prépare mériteraient d'être développées mais le présent exposé est déjà assez long.).

Diapositive54 Samedi 22 avril 1961 2 h 45 Alger est aux mains des putschistes. Pour Challe les sujets d'inquiétude se multiplient après les défections de nombreux «patrons» généraux ou chefs de corps initialement favorables au soulèvement. A Paris les policiers arrêtent onze officiers dont le général Faure; ils ignorent encore qu'ils viennent de décapiter l'état-major métropolitain du putsch. Diapositive55
Diapositive56 Dimanche 23 avril au journal télévisé de 20 heures le général de Gaulle prononce un discours resté célèbre : «Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire....Ce pouvoir a une apparence, un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité: un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques...Leur entreprise conduit tout droit au désastre national....Il se termine par un pathétique Français! Aidez-moi!».
Diapositive57 Des rumeurs d'un débarquement ou d'un parachutage font décréter l'état d'urgence mais le calendrier des événements suit son cours. C'est ainsi que le 25 avril à l'aube,à Reggane,  dans le Sahara, le tir expérimental de la quatrième bombe atomique a lieu ce qui prouve qu'en dépit du putsch, les ordres de Paris continuent d'être exécutés. Diapositive58

Challe réalise qu'il ne pourra pas réussir et décide de se rendre à Paris qu'il rejoint le 26 avril. Il dort le soir même à la prison de la Santé. La reprise en main est aussitôt entreprise. 400 arrestations, autant d'avis de recherche pour les fuyards, des centaines de perquisitions, des milliers d'armes récupérées, 200 officiers sanctionnés, 5 officiers généraux opérationnels aux arrêts de rigueur, une centaine de fonctionnaires destitués, des officiers de police suspendus, inculpés, mutés en métropole. Les généraux et officiers rebelles paraissent devant un Haut tribunal Militaire qui inflige des sanctions allant de 5 à 15 ans de réclusion criminelle.

Diapositive59 Après les inévitables «purges», c'est le général Ailleret qui devient commandant supérieur des troupes en Algérie et qui va devoir faire face à la double rébellion du FLN et de l'OAS.

Pour les Français d'Algérie de Gaulle c'est tout naturellement l'homme à abattre, l'homme qui avait cristallisé tous les espoirs d'une Algérie éternellement française, l'homme de «la France de Dunkerque à Tamanrasset» et qui aujourd'hui demande aux pieds- noirs de choisir tout bonnement entre la valise et le cercueil! La trêve appliquée par le Général Ailleret permet aux maquis de se restructurer. Le seul mois de mai compte 113 attentats qui feront 85 morts et 121 blessés.

Diapositive60 C'est dans ce climat que s'ouvrent les premières négociations à Evian qui vont aboutir moins d'un an plus tard à l'indépendance de l'Algérie. L'OAS a déjà fait éclater une bombe meurtrière qui tue le maire d'Evian le 31 mars.De nombreuses dissensions se font jour au sein du GPRA et les premiers pourparlers d'Evian ne font que traîner en longueur.
Diapositive61 Mais voilà que dans cette ambiance chaotique Bourghiba, Président Tunisien exige l'évacuation de la base aéronavale de Bizerte. La riposte de la France est foudroyante, le 20 juillet 7000 paras sont envoyés en renfort à Bizerte. Des appareils décollent du porte avion Arromanches. Les forces tunisiennes sont sous un feu d'enfer. Pour débloquer l'entrée du port trois bâtiments de la marine font place nette pendant que les paras reprennent la base maison après maison. Diapositive62

Le 22 juillet Tunis annonce que le gouvernement ordonne les arrêt des combats. La bataille de Bizerte est terminée : 700 tués et 1200 blessés chez les Tunisiens, 24 tués chez les Français.

Pour l'instant, la guerre civile c'est l'OAS qui est résolue à la mener. Les actes de terrorisme vont se succéder comme jamais auparavant. L'objectif numéro un étant de rendre impossible tout accord entre les autorités françaises et le GPRA. En fait l'OAS est complètement éclatée son histoire est complexe et nécessiterait ici aussi un développement plus important. Pour la contrer on va créer leMPC -Mouvement pour la coopération- Cette formation anti-OAS n'appartiendra à aucune hiérarchie classique et comprendra des organismes autonomes qui agiront en dehors de l'armée et la police . Cette nouvelle force sera secrète, un secret absolu couvrira les membres des formations anti-OAS (on les désignera sous le nom de barbouzes.)

                                                                            1962

Diapositive63 Le 29 janvier l'immeuble qui abritait le chef du MPC  explose avec 19 personnes littéralement déchiquetées. Le MPC est remplacé par la force C ou mission C pour choc aux ordres de Michel Hacq directeur de la police judiciaire.

Il semblerait que les méthodes employées pour éradiquer l'OAS tant par le MPC que la force C passeraient par une connivence avec le FLN. Un vrai panier de crabes. Une course de vitesse s'instaure. L'OAS intensifie les attentats pour créer un climat de terreur afin d'empêcher l'aboutissement des pourparlers qui visent la fin de la guerre.

Diapositive64  Le lendemain des accords d'Evian, le lundi 19 mars l'ordre est donné d'arrêter les combats. Pour l'OAS la guerre continue. Elle continue de manière violente. Pas moins de 5 attentats ont visés le général de Gaulle. L'OAS tue. Elle tue des musulmans, elle tue des militaires, elle est certainement à l'origine de cette effroyable fusillade de la rue d'Islyoù l'armée à tiré dans la foule: 50 morts et plus de 200 blessés. Diapositive65 

  Pour ceux qui s'obstinent à considérer que la fin de la guerre se situe le 19 mars, rappelons que cette tuerie s'est passée le 24 mars Il y a désormais un abîme entre la communauté pied-noir et l'armée française. Mais il n'y a pas qu'à Alger que la violence règne. A Oran c'est exactement les mêmes scènes avec des assassinats et des enlèvements. Jouhaud et son adjoint sont arrêtés le 23 mars et rejoignent Challe et Zeller à la prison de la santé.

Diapositive66 En fait l'OAS commence à se déstructurer. Degueldre arrêté, condamné à mort, est fusillé au fort d'Ivry le 6 juillet ce qui entraînât le suicide du général de Larminat . Salan arrêté le 20 avril, est condamné à la réclusion perpétuelle. Bien que décapitée, l'OAS avec quelques commandos va continuer à semer la terreur.
Diapositive67 Le 8 avril en métropole le référendum donne 90,70% de oui pour l'indépendance de l'Algérie. Le 17 juin l'accord improbable est signé entre l'OAS et le FLN. C'est l'accord Susini-Mostefaï. Dès le lendemain de ces accords, dix mille pieds-noirs quittent l'Algérie. L'exode va continuer de plus en plus massif dans les semaines suivantes. L'exode est aussi un exil. On laisse sur cette terre tant aimée, ses biens, ses souvenirs, ses morts, toute une vie. Diapositive68

 

 Le 4 juillet le drapeau français est amené à Alger.

Diapositive69 Mais le dernier épisode de la guerre d'Algérie a lieu à Oran le 5 juillet 1962 le jour même de la proclamation de l'indépendance algérienne. Ce jour là à 11 heures un coup de feu éclate au cours d'une manifestation . C'est le début d'un carnage, une chasse à l'Européen commence sauvage systématique

. On égorge, on tue dans toute la ville. Les auxiliaires de l'armée algérienne les ATO emmènent les européens prisonniers en longs cortèges vers le commissariat central, où vers le Petit Lac ou vers la ville nouvelle où ils sont battus et tués. On évoque quelques 2000 morts et des centaines de disparus.

Le plus triste c'est que le Général Katz commandant des troupes avait demandé l'autorisation d'intervenir et que le Général de Gaulle lui avait ordonné de ne pas bouger.(photo 70)

        Diapositive70

    L'imbroglio algérien conviendrait mieux pour qualifier cette période que l'on a appelé, sans vouloir la nommer pendant longtemps, la guerre d'Algérie. Les événements, les épisodes politiques, la pression internationale, ont généré une alchimie devenue incontrôlable dont les conséquences sont toujours présentes: mal être des pieds-noirs – mal être des harkis et de leurs descendants – mal être longtemps présent dans l'armée – mal être chez les émigrés et plus grave chez les émigrés de la deuxième ou troisième génération qui devenus français haïssent la France. Voilà ce que nous a amené cette séquence tragique de notre histoire: des plaies toujours à vif. C'est la raison pour laquelle j'ai hésité à me remémorer cette période mais je dois reconnaître que les recherches que j'ai faites m'ont aidé à essayer de comprendre ce que j'avais vécu ou vu avec des yeux de 20 ans mais j'étais loin de penser l'ampleur du bourbier dans lequel se trouvait notre pays et explique, en partie, l'état dans lequel il se trouve actuellement.

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