Maréchal LECLERC

Conférence préparée et prononcée le 8 mai 2016 à Rénies par le Colonel Gilles LATTES

Les journées commémoratives comme le 8 mai ou le 11 novembre nous offrent l'occasion de consulter ensemble une page d'histoire de notre beau pays. L'année dernière nous avions évoqué la mémoire du Maréchal de Lattre de Tassigny à travers l'hommage qui lui était rendu à l'occasion du cinquantenaire de sa mort. Pour ceux et celles qui étaient présents nous avions projeté une vidéo de cet événement avec un orateur remarquable, Monsieur Philippe de Villiers, Président, à l'époque du Conseil général de Vendée. Le Maréchal de Lattre avait tout à fait sa place dans cette journée du souvenir puisqu'il était présent à Berlin pour signer, au nom de la France l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie

00 Lattes

Maire de Reyniès, Col Lattes, la lectrice

Nous avons dans notre histoire des personnages de légende, aussi a-t-il paru logique, pour rester dans la lignée de nos exposés, d'évoquer cette année, le Maréchal Leclerc qui fut un des acteurs marquants de la guerre 39-45 dont nous célébrons aujourd'hui le 71° anniversaire de la fin de ce conflit. Diapositive01

Philippe de Hautecloque dit Leclerc est né le 22 novembre 1902 à Belloy-saint-Léonard commune de la Somme dans une famille enracinée dans l'Artois et dont la lignée de noblesse remonte en 1163. Leclerc était son nom de guerre au sein des forces françaises libres et il a obtenu de le rajouter à son patronyme par décret paru au JO le 17 novembre 1945 et autorisé à se nommer Leclerc de Hautecloque.

Quelques mots sur le début de sa carrière militaire. Entré à Saint-Cyr en 1922, il en ressort 2 ans plus tard. Il choisit la cavalerie et entre alors à l'école d'application de la cavalerie à Saumur d'où il sort major de sa promotion. Il se marie en 1925 avec Thérèse de Gargan. Ils auront 6 enfants. En 1931 il a un accident de cheval au cours duquel il se casse la jambe ce qui lui vaudra d'utiliser une canne tout le reste de sa vie. En 1938 il entre à l’École de guerre dont il sortira major en 1939. Ses brillants résultats laissent présager des qualités de cet officier dont nous allons suivre le parcours.

Nous passerons rapidement sur ses deux séjours au Maroc où il obtient la croix de guerre des TOE avec 2 citations pour retrouver le capitaine de Hautecloque à l’état-major de la 4° division d'Infanterie en poste sur le front belge au moment où l'armée allemande envahit la France.Très rapidement la manœuvre de repli se transforme en débâcle. La 4° DI est disloquée tout comme la 1ère armée à laquelle elle appartient. C'est une immense pagaille, plus d'ordres, plus de chefs.De Hautecloque obtient du général commandant la division l'autorisation de tenter sa chance, seul. Alors commence une odyssée qui va le jeter sur les routes et ne se terminera qu'à Londres. Mais avant d'y parvenir son parcours sera quelque peu chaotique. Dès qu'il eut la permission de son chef il part à l'aventure avec une bicyclette trouvée dans une rue et une boule de pain trouvée dans un camion abandonné.

Sa hantise est surtout de ne pas tomber aux mains des allemands qui sont déjà partout comme l'illustre cette diapositive qui montre le territoire occupé par les allemands. C'est pourtant ce qui lui arrive. Interrogé par un officier allemand il affirme être réformé comme père de 6 enfants. Relâché il recherche une unité constituée où il pourrait continuer le combat. Le 6 juin il se présente au QG à Chantilly et est affecté le 8 au 2° groupement cuirassé. Blessé à la tête il est évacué le 15 juin sur l'hôpital d'Avallon. Le lendemain les allemands arrivent il saute de son lit avec son pansement autour de la tête et disparaît. Le 28 il a entendu le Général de Gaulle parler à la BBC. Diapositive2
Alors c'est vrai, il y a outre-manche un officier supérieur qui refuse la défaite, qui proclame que tout n'est pas perdu, que la bataille n'est pas finie. Pour Hautecloque, aucun doute n'est possible: le devoir est là où est l'action, là où on peut de nouveau se battre pour la patrie. Après une première tentative pour gagner le Portugal et une arrestation il réussit à s'enfuir pour Lisbonne où le 21 juillet il embarque à bord du S/S Hilary pour rejoindre Londres Diapositive3
Le 30 juillet, le Général de Gaulle lance un appel solennel aux responsables de l'Empire Français: «Hauts-commissaires! Gouverneurs généraux! Gouverneurs! Administrateurs! Résident de nos colonies et de nos protectorats! Votre devoir envers la France, votre devoir envers vos colonies, votre devoir envers ceux dont les intérêts, l'honneur et la vie dépendent de vous, consiste à refuser d'exécuter les abominables armistices.» En effet, les clause de l'armistice prévoyaient que les colonies devaient être désarmées, les points stratégiques évacués et que des commissions allemandes et italiennes s'installeraient sur place pour contrôler. Pour beaucoup de responsables comme pour la grande majorité des français se posait la question: Qui choisir entre un gouvernement dirigé par un glorieux maréchal qui a promis de sauvegarder ce qui pourra l'être et qui représente la légalité, et un homme seul, général de brigade inconnu qui dit parler au nom de la France libre et ne représente en fait que lui même ? Diapositive4
.Le général de Gaulle voulait s'appuyer sur l'Empire français et on peut le comprendre. Cet empire est immense. Entre les colonies, les protectorats et les territoires sous mandat cela représente une population de 69 millions d'habitants alors que la France n'en compte, à l'époque, que 41 millions et demi. Outre l'Indochine, et Madagascar , l'essentiel des territoires se situe en Afrique: L'Afrique du Nord avec la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et son prolongement dans ce que l'on appelait  l'AOF l'Afrique Occidentale française et l'AEF l'Afrique Équatoriale Française . L'AOF comprenait la Mauritanie le Sénégal, la Gambie, la Guinée, la Cote d'Ivoire, le Soudan Français aujourd'hui devenu le Mali et le Burkina Faso , le Togo, le Dahomey devenu le Bénin, le Niger et le Tchad. L'AEF pour sa part englobait le Centre Afrique, le Cameroun, le Gabon, et le Congo . Comme on peut le constater c'est un immense territoire.   Diapositive06Diapositive5
Alors pour ceux qui sont à des milliers de kilomètres, isolés, qui n'ont eu de la débâcle que des échos lointains, qui reçoivent des ordres parfois contraires, qui ont la responsabilité d'un territoire souvent plus grand que la France , où est la vraie France? Qui la représente? Pétain ou de Gaulle? Il faut agir vite, il est indispensable que des hommes au nom de de Gaulle aillent sur place,rallient les bonnes volontés, fassent céder par la persuasion ou par la force ceux qui hésitent. Diapositive07

 Pour cette mission, le général de Gaulle désigne Pleven, Parant, Hettier de Boislambert . Dans ses mémoires de Gaulle écrit: «Au moment de leur départ je pus joindre à l'équipe un quatrième le capitaine de Hauteclocque qui arrivait de France, la tête bandée sur une blessure qu'il avait reçue en Champagne. Il vint se présenter à moi et voyant à qui j'avais affaire, je réglais sa destination sur le champ. Il n'eut que le temps de s'équiper et sous le nom de commandant Leclerc il s'envola avec les autres».

Précisons au passage que l'avion qui les transporte est en fait un hydravion Sunderland, le «Clyde» seul appareil à pouvoir franchir une si longue distance avec le minimum d'étapes. Cet appareil mis à leur disposition par les Anglais décolle le 6 août 1940, fait escale à Lisbonne pour faire le plein (53000 litre d'essence) et,ayant du mal à décoller, heurte le mât d'un chalutier qui rentrait au port. Finalement après 10 heures de vol en passant très au large de Dakar alors loyaliste il amerri à Lagos  la capitale du Nigéria où «les missionnaires» ainsi nommés doivent retrouver le Colonel de Larminat, en poste en Égypte et les français venus de l'AEF chargé de mettre les émissaires de Londres au courant de la situation au Cameroun, au Tchad et au Congo. Diapositive08

(Si la délégation amerri à Lagos c'est que le Niger est colonie britannique car on ignore encore quel sera l'accueil en AEF) On notera que c'est De Gaulle qui donne son quatrième galon au désormais commandant Leclerc.

Du 13 au 18 août le plan d'action est mis au point par l'équipe à laquelle vient de se joindre Moitessier un ancien officier de liaison. Tous les détails sont transmis chaque jour au général de Gaulle pour approbation.

Le 24 août, Pleven et d'Ornano s'envolent pour Fort Lamy (Ancien nom de Djamena) capitale du Tchad. Il sont accueillis par une garde d'honneur mise en place par le Gouverneur Félix Eboué entouré de toutes les autorités civiles et militaires françaises et africaines acquises à la cause du Général de Gaulle. Ceux qui ne sont pas d'accord sont priés de quitter le territoire dans les vingt quatre heures. Il était temps, le nouveau gouverneur mis en place par Vichy devait arriver le lendemain. Le Tchad sera la première colonie française à rallier officiellement de Gaulle et les Forces Françaises Libres. Diapositive09
Le ralliement du Cameroun  s'annonce beaucoup plus incertain et quelque peu périlleux quand on voit la manière dont il s'est opéré. Grâce à l'esprit de décision de Leclerc il se fera par la ruse. Le 25 août Leclerc et de Boislambert embarquent dans des pirogues avec une vingtaine d'hommes qui doivent les renseigner, les guider et les aider. Il y a là des officiers, des planteurs, des commerçants et même deux pères du Saint-Esprit . Diapositive10
Voilà l'armée dont dispose Leclerc.A la tombée de la nuit les pirogues sont rangées le long des palétuviers en attendant de prendre, à la marée descendante, le large estuaire du cours du Wouri qui passe à Douala. Un incident imprévisible manque de faire échouer l'opération. Un vent violent accompagné de trombes d'eau menacent de faire chavirer les pirogues. Cet incident météo à également eu pour conséquence de chasser les douaniers qui font des rondes de nuit pour empêcher la contrebande Diapositive11

 Finalement cette équipe qu'on pourrait qualifier de commando débarque à Douala le 26 août . Il est 4 heures du matin. L'étrange petite troupe, en longeant les murs rejoint la maison d'un français «sûr» M. Sill qui dirige une des plus grosses affaires de Douala.Des émissaires partent dans toutes les directions pour aller chercher, aussi discrètement que possible, les européens sur lesquels Leclerc va pouvoir compter. Le Haut commissaire et le commandant militaires sont priés de rester tranquilles. La gare, la radio, la poste sont occupés. Le maire fait couper toutes les communications. A 7 heures du matin tout est terminé. Sans un coup de feu sans une goutte de sang. Dans l'après midi le capitaine Dialo se rend à Yaoundé, la capitale pour faire comprendre au gouverneur Brunot que le moment est venu de se soumettre ou se démettre. Le gouverneur paraît enchanté d'avoir la main quelque peu forcée. Le lendemain Leclerc se proclame commissaire général du Cameroun.

Comme ses collaborateurs lui font observer qu'un tel rang peut difficilement être tenu par un simple commandant, il répond qu'à cela ne tienne et il se fait coudre sur sa vareuse un cinquième galon retiré de son manteau. C'est ainsi que Leclerc devient colonel sans avoir jamais été lieutenant colonel.Il a bien entendu rendu compte au général de Gaulle les raisons qui l'avaient poussé à s'auto-promouvoir. Naturellement de Gaulle entérine sa nomination et lève ses scrupules en lui envoyant ses félicitations pour l'action entreprise. Diapositive12
Le 28 août le Congo se rallie suivi le 29 par l'Oubangui Chari devenu aujourd'hui la République Centreafricaine. Dès le 29 août le général de Gaulle annonce au monde et à la radio: «Ainsi tout l'ensemble de notre Afrique équatoriale est rentré dans la guerre...Sans aucun doute d'autres parties vont prendre le même chemin.L'Empire français se lève pour faire la guerre.» Cette déclaration était peut être prématurée car le Gouverneur du Gabon, Masson qui avait donné son accord au ralliement, retire le 1er octobre son adhésion. Diapositive13
Or le Gabon hostile c'était, à la limite du Congo et du Cameroun, une épine dans le flanc de l'Empire gaulliste. Le général de Larminat,  alors gouverneur général de l'AEF charge Parant de s'emparer de Mayumba dont la position géographique était de première importance car il constituait en quelque sorte le poumon du Congo voisin. Le 15 septembre avec une quinzaine d'hommes Parant arrive en avion à Mayumba et rallie à sa cause deux douzaines de miliciens noirs envoyée en patrouille pour voir qui pouvaient être les passagers de cet avion qui n'avait évidemment pas signalé son arrivée. Diapositive14

 Puis, il se fait conduire chez l'administrateur en pleine conversation mondaine à qui il dit d'un ton péremptoire: «Je tiens Mayumba avec des forces considérables, toute résistance est inutile.» Il dicte alors ses conditions qui sont acceptées. Si la question est localement réglée l'obstacle principal reste Libreville, la capitale, où se trouvent les véritables autorités et les forces les plus importantes. Le 12 octobre le général de Gaulle donne l'ordre à Leclerc de s'emparer du Gabon mais de s'assurer auparavant d'un appui militaire auprès des anglais. Or ces derniers font la sourde oreille. Malgré les réticences du général de Gaulle le colonel Leclerc se résout à monter une expédition. Le 6 novembre il quitte Douala par mer avec deux bataillons placés sous les ordres du commandant Koenig. Le 10 Libreville tombe après quelques combats qui font une vingtaine de tués de part et d'autre. Rentré au Cameroun il va porter maintenant ses efforts sur les véritables objectifs que lui a fixé de Gaulle.

Le 17 novembre, l'affaire Gabonaise réglée et avant de rentrer à Londres, le général de Gaulle explique son plan à Leclerc. Devant une grande carte de l'Afrique qu'il balaie d'un geste large il lui dit «il y a cela» Cela est le Fezzan. ( Le Fezzan est une de trois provinces de la Lybie . Cette région désertique est très riche en hydrocarbures.) Après avoir indiqué le Fezzan et marqué un temps d'arrêt le général de Gaulle ajoute «et cela» en montrant du doigt Koufra. «Jamais dira plu tard Leclerc jamais je n'ai reçu de directives aussi brèves et qui aient été suivies avec avec autant de conviction». Diapositive15

 Le Général de Gaulle écrit dans ses mémoires de guerre:«Mon intention était d'établir aux confins du Tchad et de la Libye un théâtre d'opérations saharien en attendant qu'un jour l'évolution des événements permette à une colonne française de s'emparer du Fezzan et de déboucher sur la Méditerranée.»

Quelques jours plus tard le colonel Leclerc est nommé commandant militaire du territoire du Tchad et arrive à Fort Lamy le 2 décembre 1940. Il n'a pas que des amis. Les militaires regardent avec un certain dédain ce capitaine devenu colonel en moins de deux mois; les coloniaux se demandent ce qu'un cavalier peut connaître de leurs problèmes et du désert alors qu'un Colonna d'Ornano semblait tout désigné pour ce poste. A cela s'ajoute le ton cassant, l'attitude glaciale dont Leclerc ne se départit pas en public.Mais, son charisme est tel qu'il finit par se faire admettre de tous. Quand il annonce que l'objectif assigné est Koufra en Libye personne ne prend cette mission au sérieux tant elle semble utopique. Il y a effectivement de quoi douter. Diapositive16
 Le Tchad est perdu aux confins de l'immensité saharienne, sa capitale Ndjaména à l'époque Fort Lamy se situe à l'extrême sud près du lac Tchad. 1700 km séparent Fort Lamy de Koufra dont 500 sont à parcourir en territoire ennemi. On trouve quelques postes ici et là à des centaines de kilomètres les uns des autres sans voie de communication valable tel est le milieu dans lequel il va falloir évoluer en y ajoutant deux facteurs importants: le climat dont les amplitudes vont de 60° le jour à des gelées la nuit et le terrain très particulier du Sahara les dunes et le fech-fech -étendue de sable sans consistance- sans oublier les terribles vents de sable et l'absence de cartographie.  Diapositive17
(Diapo 18) (Voici d'ailleurs avec ces quelques vues l'aspect du paysage dans lequel devra cheminer l'expédition)Alors qu'il était en plein préparatif, Leclerc reçoit la visite du major britannique Bagnold qui s'étonne de la faiblesse des moyens français qui se composent en tout et pour tout de trois cent cinquante hommes et de quatre vingt dix neuf véhicules et de deux canons de 75 mm. Diapositive18
Ce major britannique n'est pas tombé des nues il est en fait à la tête d'une célèbre unité le «Long Range Désert Group » (les scorpions du désert) qui dépend du haut commandement du Général Wawell installé au Caire. Cette unité opère avec succès derrière les lignes ennemies et de ce qu'il savait des intentions de Leclerc ce serait de provoquer, chez les Italiens une désagréable impression d'insécurité sur leurs arrières. C'est ainsi qu'il propose de coopérer. Comme le major Clayton prépare un raid sur Mourzouk capitale religieuse du Fezzan ce sera l'occasion de tester les forces italiennes qui, ne l'oublions pas, occupent la Libye. Le 11 janvier 1941 Colonna d'Ornano, deux officiers et quelques indigènes se joignent au raid anglais. C'est une réussite mais, malheureusement, le Colonel Colonna d'Ornano et un sous-lieutenant Néo-Zélandais y perdent la vie. Diapositive19
Pendant ce temps Leclerc a rassemblé ses éléments à Largeau; nous sommes le 23 janvier l'opération sur Koufra va pouvoir commencer. Le 24 Leclerc propose au major Clayton de participer à la prise de Koufra. Clayton accepte. Le 25 les premiers éléments de la colonne quittent Largeau. Le 28 ils sont à Ounianga dépôt où sont rassemblés des vivres pour un mois et 150 000 l d'essence.Le 29, Tekro est atteinte sans incident. Nous voici à la frontière Libyenne . Le 31 l'expédition paraît compromise. Les éléments de tête voient refluer les restes de la patrouille Clayton qui devait les attendre beaucoup plus loin.  La patrouille est tombée en embuscade dans la traversée du djebel Chérif. Quatre véhicules ont été immobilisés dont celui du major Clayton fait prisonnier avec les documents sur lesquels figurent les plans de l'opération en cours. Deux soldats ont été faits prisonniers et quatre autres sont portés disparus. Diapositive20
Le capitaine britannique qui fait son compte rendu ne cache pas à Leclerc que poursuivre le raid lui paraît désormais une pure folie et lui annonce son intention de reprendre la route du Caire. Pour lui la partie n'est plus jouable.Leclerc le remercie de son aide et le laisse partir. Quand ses subordonnés viennent lui demander «Alors que fait-on?» Leclerc répond tout simplement «En avant!» (Le fond de carte qui réapparaît sur l'écran permet de mieux situer la progression de la colonne Leclerc. Au passage on voit figurer la position de Mourzouk par rapport à Koufra. On y voit également le dépôt d'Ounianga -départ de la flèche- et la position de Tékro) Diapositive21

 Le 1er février la colonne s'ébranle sous la conduite du Commandant Hous objectif le puits de Sarra.(que l'on voit également sur la Diapo à l'écran). Première déception celui-ci est en partie bouché. Les Italiens ont fait sauter la margelle et,le puits de soixante quatre mètres de profondeur est obstrué sur une profondeur de huit mètres. Une équipe arrivera à le déboucher en quelques jours. Leclerc divise sa colonne en trois éléments : Le premier va pousser une reconnaissance directement sur Koufra, pour tâter l'adversaire, le deuxième va rester à Sarra pour garder un dépôt d'essence et déboucher le puits, le troisième va revenir sur Tekro, prêt à rejoindre au premier signal.

Le 5 février Leclerc prend personnellement la tête de l'élément de reconnaissance qui comprend 22 voitures et une soixantaine d'hommes répartis en deux pelotons. Le 7 février au soir il est en vue de Koufra. Les patrouilles envoyées à la recherche de renseignements rentrent vers 2 heures du matin en ayant détruit une station radiogoniométrique et fait prisonnier un italien et également détruit 2 avions. Leclerc décide alors de se replier pour mettre au point l'attaque de Koufra. Sur le retour les 4 disparus de Clayton sont récupérés totalement épuisés mais vivants.

Le 16 février toute la colonne est rassemblée à Sarra. Le 18 la colonne accroche la sahariena- la compagnie saharienne italienne - qui doit se dérober après un nouvel accrochage le 19. A Koufra les italiens se sont repliés dans le fort d'El-tag. Comme dans les actions qu'il a conduites jusque là, Leclerc va user de ruse et d'audace pour faire tomber le bastion italien. Avec son canon de 75 mm il tire sur le fort à partir de différentes positions pour faire croire qu'il dispose d'une importante artillerie. Et le bluff marche. Profitant d'un cessez le feu provisoire et des pourparlers en cours il s'impose au capitaine Italien médusé à qui il ordonne de rassembler ses officiers. Il les harangue de telle sorte que les italiens s'inclinent et vont pleurer de rage quand ils vont s'apercevoir que cette force imposante qu'ils croyaient avoir devant eux et qui les harcelait depuis une semaine n'était en fait composée que de quelques dizaines d'hommes dépenaillés, hirsutes, mal armés, mal équipés et maintenant goguenards à la pensée d'avoir joué un bon tour.

Douze officiers, quarante sept sous-officiers et soldats italiens sont faits prisonniers ainsi que deux cent soixante treize soldats libyens. Le reste de la garnison c'est la fameuse «compagnia sahariena» dont personne ne sait ce qu'elle est devenue. 

Le 2 mars autour du mât des couleurs le drapeau français est hissé.Leclerc lit d'abord le message qu'il envoie au général de Gaulle puis prononce le célèbre serment «Nous ne nous arrêterons que quand le drapeau français flottera sur Metz et sur Strasbourg». (Ces deux villes sont emblématiques et sont les capitales respectives de la Lorraine et l'Alsace ré annexées par l'Allemagne nazie)

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Pendant que se déroulent les combats en cyrénaïqueopposants les allemands aux britanniques et dont l'histoire retiendra des noms prestigieux comme Rommel pour les allemands ou Montgomery pour les britannique et des noms de lieux comme Bir Hakeim ou Tobrouk, Leclerc prépare une guerre d'intimidation et de coups de mains, une guerre de pirate et de razzias éclairs. Diapositive23
 Les préparatifs sont longs et difficiles. Il s'agit d'accumuler à Largeau et à Zouar dans le Tibesti des quantités considérables de munitions , d'armes, de matériels de transport, de vivres, d'eau, d'essence.. Neuf mois s'écoulent ainsi dans la préparation mais aussi dans l'attente de circonstances favorables sur le front du Nord en Cyrénaïque. En janvier 1942 l'heure de passer à l'offensive semble enfin arriver. Dès février il donnait l'ordre à ses troupes de choc de pénétrer au Fezzan. Alors que le général de Gaulle vient de nommer Leclerc au grade de général de brigade, trois groupes quittent, le 17 avril, leur repaire dans le Tibesti. Diapositive24

 Les colonnes s'engagent vers le nord. Les radios sont silencieuses. Le jour, de neuf heures à la tombée de la nuit, hommes, véhicules, chameaux se dissimulent dans les creux des dunes ou dans le fond des djebels pour ne pas attirer l'attention des avions d'observation. L'avance reprend sous le couvert de la nuit. On se dirige aux étoiles. Deux mille kilomètres de sable à parcourir à un rythme réglé d'avance par le général.L'opération est basée sur un horaire précis prévoyant l'arrivée des colonnes devant leurs objectifs au même moment.

Le premier groupe aux ordres du capitaine Geoffroy surprend les italiens et s'empare à Hon de deux camions dont l'un transportant 5000 l d'essence et l'autre 32 caisses de bombes de 50 kg. Le poste est rasé. Hon est le poste le plus éloigné du point de départ et se situe à seulement 150 km de la mer et à la même distance des arrières de l'Afrika korps de Rommel. Sur le retour il doit s'emparer de Brak et de Sebha.

Le groupe Guillebon s'empare de Tméssa don il incendie le petit fort. Le troisième groupe réduit les postes de Gatroum, Tedjéré, Zouila et Oum el Araneb.

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Les trois colonnes françaises se sont repliées aussitôt leurs coups faits. Le raid a duré quinze jours. Leclerc pressent que l'heure de la grande aventure approche. Il active ses préparatifs. Il n'est plus question de raids-éclairs mais de s'emparer du Fezzan et de rejoindre Montgomery à Tripoli.

L'armée de Leclerc n'est plus une bande. Il a confié au Général Ingold les six cents européens engagés, les quatre mille indigènes mobilisés et entraînés sur place, mille véhicules et une petite escadrille. Il attend à Zouar le moment favorable pour engager ses troupes. L'offensive commence le 22 décembre 1942. Il n'est plus question à présent d'observer la consigne du silence et d'effacer, derrière les groupes de combat, les traces de leur passage. En deux semaines toutes les positions ennemies tombent. Le 12 janvier 1943 les Français entrent dans Sheba principal centre militaire. Ils prennent Mourzouk la capitale religieuse le lendemain. Vainqueurs sur toute la ligne ils font un millier de prisonniers et s'emparent d'un matériel important. Mais surtout la route de Tripoli leur est ouverte.

 Les Italiens sont chassés du Fezzan désormais administré par le colonel Raymond Delange. Le 25 janvier 1943 les Français, après une marche de plus de 3000 km, entrent à Tripoli. Diapositive26
C'est là que Leclerc rencontre Montgomery  auprès duquel il négocie la participation française d'avoir un secteur en première ligne pour la poursuite de l'engagement. Devant cette insistance Montgomery accepte et lui fournit même des camions neufs, des moteurs neufs, et des canons antichars. De plus la colonne des Français Libres venus d’Égypte la «Free French Flying Column» ou colonne volante grossira la petite armée de Leclerc qui prend le nom de force L. Le prochain objectif c'est Tunis. Diapositive27
Le premier obstacle c'est le verrou constitué par la ligne Mareth,  «la ligne Maginot du désert» qui s'étend sur 45 km et comprend 40 casemates d'infanterie, huit grande casemate d'artillerie, 15 postes de commandement et 28 points d'appui. Entre le 16 et le 28 mars 160 000 alliés affrontent les 76 000 hommes de l'axe. La force L contient l'attaque de la 90° Panzer et lui inflige même des pertes importantes. Ce succès permet à Montgomery de contourner plus facilement la ligne Mareth. Diapositive28
  De Gabès à Tunis c'est une poursuite effrénée. Leclerc ne roule plus en tête de la Force L mais à la pointe de la VIII° armée. Le 5 mai Tunis passe aux mains des alliés. La force L défile. Mais Tunis est la chute du rideau sur l'aventure africaine. Diapositive29
(Résumée ici sur la diapo Leclerc se heurte aux généraux d'Algérie et du Maroc qui ont obéi au maréchal Pétain jusqu'au débarquement américain en novembre 1942 et qui ont repris leur activité militaire sous les ordres de Giraud. Diapositive30

  Ils voient d'un mauvais œil l'arrivée du fin fond de l'Afrique, de ce général couvert de gloire qui ne cache pas sa légitimité acquise depuis l'appel du 18 juin dans le combat aux côtés des alliés. Giraud général quatre étoiles soutenu par les américains , ne veut pas être sous les ordres de de Gaulle, général deux étoiles, soutenu par les anglais.Dans cette atmosphère invivable la Force L est dissoute. Leclerc est appelé à former une division blindée dont il aura le commandement. La tâche délicate pour lui est de s'assurer le concours d'officiers giraudistes.

Le 30 mai 1943 la force L devient la 2° DFL (Division Française Libre) et ne prend le nom de 2° DB le 24 août 1943. Pendant sept mois, au cours de l'hiver 1943-1944, à Témara au Maroc la 2°DB prend forme. Elle s'entraîne, entre en possession de son matériel, apprend à s'en servir et attend, avec impatience l'ordre de rejoindre l'Angleterre
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La Diapo  montre quelques types de matériel qui équipe la 2° DB) Le jour de Pâques, 9 avril 1944, hommes et matériels embarquent à Casablanca à bord de Liberty ships pour le port anglais de Swansea. Diapositive32 
Le débarquement sur les côtes normandes s'effectue le 6 juin.  Diapositive33

 La 2° DB débarque à Utah Beach pratiquement trois semaines plus tard, le 1er août. Elle reçoit l'ordre de se diriger sur Avranches. La bataille de Normandie, déjà bien engagée, n'est pas encore terminée.

Jetons un œil sur cette 2° DB
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 Elle compte environ 14 000 hommes et, pour la petite histoire, dont 63 rochambelles (nom donné aux conductrices d'ambulance) et aussi cette compagnie baptisée la «nueve» composée de Républicains espagnols qui seront les premiers à entrer dans Paris. LA 2° DB: comprend 3 régiments de chars soit 85 chars légers M3 Stuart et 165 chars moyens M4 Sherman . Un régiment de reconnaissance (équipé de 64 automitrailleuses). Un régiment de chasseur de chars avec 36 tanks destroyers M 10 Wolverine. Trois régiments d'artillerie avec 27 obusiers de 75 mm type M8 HMC et 54 obusiers de 105 mm automoteurs (type M7 Priest). La 2°DB possède également un groupe d'artillerie anti aérienne, un bataillon du Génie, un bataillon médical et des unités organiques. Cela nous semble conséquent, pourtant elle n'est qu'un petit élément au sein de l'immense armada (plus de 300 000 hommes) débarquée au début juin sur les plages normandes. Elle est intégrée au 15° corps US commandé par le général Haislip lui même rattaché à la III° armée du Général Patton  Diapositive35
)Suivons la division Leclerc dans le bocage normand.  Diapositive36
 Initialement engagée en direction d'Avranches (sur la photo de gauche on distingue la flèche qui se dirige plein sud juste à la base de la Normandie puis vers Le Mans, flèche tout au bas de la diapo qui passe par Laval et Le Mans.) elle participe à l'opération Cobra destinée à ouvrir la route de la Bretagne et à enfoncer les lignes de défense allemandes. Puis le XV° Corps US reçoit l'ordre de remonter vers le nord sur l'axe Le Mans -Alençon. ( Visualisé ici sur la diapo de droite) La 2° DB progresse sur la gauche de la 5° division blindée américaine. La ville du Mans est libérée par les américains le 8 août alors que la 2° DB contourne la ville par l'Ouest et le Nord. Le général Leclerc n'a alors de cesse que de se porter à la pointe du dispositif du XV° corps américain. Il libère Alençon le 12 août 1944 et la 2° DB devient le fer de lance de l'attaque vers Argentan pour fermer la poche de Falaise. ( Sur la photo ici à droite on voit très bien le XV° corps américain auquel est rattachée la 2° DB positionné juste au sud d'Argentan).  Diapositive37
La diapo  indique non seulement la position de la 2° DB mais donne une idée de l'importance des forces engagées) Le Général Patton, commandant la III° armée ne tarit pas d'éloges au sujet du général Leclerc qui appliquait les principes de l'attaque à outrance depuis que les Français étaient entrés en Normandie. Mais les relations avec les autorités américaines ne vont pas tarder à se détériorer d'autant que Leclerc désobéissant aux ordres supérieurs veut occuper Argentan avant la 5° DB américaine qui avait, elle , reçu l'ordre de s'emparer de la ville. De ce jour, 13 août, est née la défiance des états-majors américains qui ne cesseront de redouter les initiatives foudroyantes et géniales de Leclerc qui l'admireront mais ne lui pardonneront jamais. Diapositive38
 L'avance alliée se poursuit comme l'on voit sur cette diapo.A Paris la situation est grave. Il est important que la capitale soit libérée par des troupes françaises. Le 21 août Le clerc estime que la 2° DB a rempli avec succès toutes les missions qui lui ont été confiées et décide d'envoyer en direction de Paris une mission de reconnaissance. Le Général Gerow est scandalisé et considère que cette initiative de Leclerc est un acte de désobéissance grave. Pour les Américains Paris n'est pas un objectif militaire , mais devant l'insistance des français, le 22 août au soir le Général Bradley avec l'assentiment d'Eisenhower donne son feu vert et le Général Gerow à son tour donne l'ordre à Leclerc de prendre Paris.Le récit de la libération de Paris mériterait un ample développement mais nous ne nous attarderons pas sur cet événement. Diapositive39

La Diapo juste pour rappeler la participation de la 2° DB dans la libération de Paris. Les zones en rose désignent les points clés enlevés. De gauche à droite : l'hôtel Majestic PC des forces allemandes en France par le Cdt Massu – Hôtel Meurisse et la place de la Concorde par le Cne Branet – Central téléphonique et de la place de la République par le Cne Drone – Le Sénat, EM de la Luftwaffe par leColonel Fabien (FFI) et le capitaine Witasse de la 2°DB) L'anecdote suivante qui illustre bien la personnalité de Leclerc, mérite toutefois d'être relatée. Le soir du 24 août, alors que Paris vient d'être libérée, de Gaulle et Leclerc reçoivent le général Eisenhower, commandant en chef. Gerow l'accompagne, et dès qu'il aperçoit Leclerc il l'aborde en termes peu aimables «Je vous félicite pour votre brillante action, mais si vous apparteniez à l'armée américaine, vous seriez passé en conseil de guerre, sans aucun doute, dès ce soir» ce à quoi rétorque Leclerc: « Lorsque vos ordres se traduisent par des conneries il n'y a aucune raison que je les exécute.» Devant cet antagonisme qui règne entre les deux hommes, Eisenhower passe la 2° DB sous le commandement du Général Haislip qui commande le 15° corps d'armée. La 2° DB quittera la capitale le 8 septembre 1944 pour reprendre sa marche vers l'Est. La Moselle est franchie le 19 septembre et le Général Haislip adresse un message à la division Leclerc. «Votre rapide avance prit la 16° division allemande et les blindés allemands par surprise et déjoua leur plan en vue d'une contre offensive contre le flanc du 12° corps américains. La division (2° DB) a joué une part de premier plan dans la destruction de nombreuses forces allemandes en capturant et détruisant une grande quantité d'hommes et de matériel...Je suis fier que la 2° DB française soit une des unités que je commande».

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 Leclerc n'admet pas la réplique, ce qui laisse souvent les américains dans une certaine gêne.Ils reconnaissent en lui les qualités militaires désirables, son courage, son besoin de mouvement, voire son génie, mais ils réservent leur opinion sur son caractère irascible et ses réparties. Quand ils le voient arriver, ils plaisantent «Voilà les ordres!». Leclerc, en revanche, discute indéfiniment les ordres qu'on lui donne, jusqu'à ce qu'ils soient rectifiés dans le sens qui lui plaît, c'est à dire pour lui, dans le bon sens militaire.

C'est encore par la ruse que Leclerc enlève Baccarat le 31 octobre. Les Américains ne cachent pas leur surprise.L'audace et la simplicité de la tactique de Leclerc les démontent.

Au cours de cette campagne de libération de l'est de la France, Leclerc joue de la palette entière de ses qualités de tacticien des blindés  : rapidité de Paris à Vittel et à la Meurthe, minutie à Baccarat ; sens de la décision à Dompaire, audace avec le franchissement des Vosges, là où l'ennemi ne l'attend pas parce que c'est l'endroit le plus difficile ; coordination parfaite de ses subordonnés tout en faisant appel et en laissant libre cours à leur esprit d'initiative ; organisation préalable attentive par l'étude du renseignement et le travail d'état-major. La cohérence totale est atteinte dans la manœuvre de Saverne et la charge sur Strasbourg. En toutes circonstances, Leclerc reste fidèle au principe très « cavalier » qu'il a utilisé lors de son premier succès au combat au Maroc, à l'Ahrbalou : déborder l'adversaire et le prendre à revers.

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Au passage rappelons  que la 2°DB intègre la 1ère Armée Française, aux ordres du général de Lattre, le 5 novembre 1944.  Diapositive42

La 2° DB fonce vers Strasbourg qu'elle investit comme l'illustre cette diapo«Tissu est dans l'iode» telle est la phrase codée qui annonce que le Lt Colonel Rouvillois est dans Strasbourg. Le 23 novembre la ville est libérée et le serment de Koufra a été tenu.Leclerc s'adressant aux habitants de Strasbourg «La flèche de votre cathédrale est demeurée notre obsession. Nous avions juré d’y arborer de nouveau les couleurs nationales. C’est chose faite».

Après avoir libéré la ville et résisté à une forte contre-attaque allemande destinée à reprendre Strasbourg, la 2°DB participe à la réduction de la poche de Colmar dernière étape de la campagne d'Alsace.

 

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 Le 13 février le général de Gaulle devant la foule de la grand place de Colmar remet les insignes de grand-croix de la Légion d'Honneur au Général De Lattre Commandant de la 1ère Armée française et la plaque de grand officier au général Leclerc. Puis, s'adressant aux soldats rassemblés derrière leurs officiers, «J'entends que nous passions le Rhin et portions le front français aussi avant que possible dans les États allemands du Sud.» Plus tard devant l'état-major réuni il précise «c'est pour nous le seul moyen assuré d'être partie à la capitulation, à l'occupation et à l'administration du Reich.»

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La 2° DB reçoit l'ordre de traverser le Rhin à Mannheim et de foncer vers le Danube. Elle traverse la Bavière en une seule étape. L'objectif est Berchtesgaden, le PC du nazisme, le cœur du III° Reich, le fameux nid d'aigle de Hitler.Le 4 mai les alliés sont dans la place. Le 7 mai, au matin un télégramme apprend aux armées en campagne que l'Allemagne,vient de signer, à Reims, dans la nuit, sa capitulation générale. La guerre est terminée. Leclerc abandonne la 2° DB, de Gaulle l'a convoqué. Il a pour lui d'autres intentions. En quittant son commandement Leclerc communique à ses hommes le bilan prodigieux de la division. Avec ses seize mille hommes et deux cents chars la 2° DB a infligé à la Wehrmacht des pertes considérables. Treize mille tués, cinquante mille prisonniers, quatre cents chars détruits, cent vingt pièces d'artillerie et deux cent cinquante canons antichars démolis en position de tir, trente deux avions abattus. Pour conclure il leur dit «vous avez libéré Paris et Strasbourg. Nous sommes aujourd'hui au cœur de l'Allemagne vaincue. Je vous remercie.»

La diapo  résume bien le périple accompli depuis le départ de la reconquête des territoires perdus par le traité d'armistice de 1940)

Après l'aventure africaine, et l'épisode européen nous abordons le troisième volet d'un destin extraordinaire.

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Le 21 juin 1945, Leclerc vient de faire ses adieux avec solennité à sa division. Il la quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, mis sur pied pour intervenir en Indochine française. Leclerc arrive le 22 août à la base alliée de Kandy (Ceylan) (aujourd'hui le Sri Lanka )pour préparer l'entrée de ses troupes en

Indochine. 

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Or les 6 et 10 août les deux premières bombes atomiques détruisent Hiroshima et Nagasaki. Le Japon capitule sans conditions. Le 2 septembre, à bord du cuirassé Missouri ancré dans la rade de Yokohama l'acte de capitulation est signé. Le Général Leclerc, délégué en hâte par de Gaulle, le paraphe au nom de la France . Au passage on ne peut que faire le parallèle entre deux figures de légende: Le général de Lattre de Tassigny qui signe pour la France la capitulation de l'Allemagne et le Général Leclerc qui signe celle du Japon. Diapositive49 

Ce n'est que le 5 octobre que Leclerc, après avoir enfin reçu l'autorisation des Alliés, peut débarquer en Indochine pour en entamer la reconquête et participer au désarmement des troupes japonaises.

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Il serait trop long de développer l'action de ce corps expéditionnaire dans la reprise en main de l'Indochine. On retiendra néanmoins deux choses importantes pour l'armée française, la découverte de la guerre psychologique et de la guérilla.  D'octobre 1945 à juin 1946 Leclerc va tenter de trouver la voie de la paix, de surcroît rien ne va plu entre le gouverneur, l'amiral d'Argenlieu et Leclerc Commandant en chef qui démissionne et rentre à Paris pour se mettre à la disposition du gouvernement. Ce dernier le nomme inspecteur général des troupes en Afrique du Nord le 12 juillet 1946 et est promu Général d'Armée 2 jours plus tard. Diapositive51 

En Indochine la situation s'aggrave et le gouvernement charge alors Leclerc d'une inspection militaire . Le voici donc de nouveau à Saïgon. Après une quinzaine de jours sur le terrain il remet le 12 janvier 1947, un long rapport clairvoyant dans lequel il indique clairement qu'on ne peut dissocier le problème militaire du problème politique et met en garde sur l'importance des événements d'Indochine qui auront forcément des répercussions dans le reste de l'union française -étrange prémonition sur ceux d'Afrique du Nord. Le gouvernement lui propose le poste de Gouverneur qu'il refusera, après avoir pris conseil auprès du Général de Gaulle et du Général Juin.

Le 28 novembre 1947, Leclerc se rend à Colomb-Béchar, dans le sud algérien. Il est toujours commandant supérieur des troupes d'Afrique du Nord et inspecte les garnisons du Maghreb.Ce jour là, la tempête de sable recouvre le Sahara d'un nuage cotonneux et opaque. Les appareils de bord de l'avion de Leclerc sont déréglés. Pour chercher sa route le pilote tente de découvrir un repère et descend si bas qu'il heurte le remblai de la voie ferrée. C'est l'accident. Personne ne veut croire à l'accident et la rumeur publique n'hésite pas à attribuer la chute du B.25 à un attentat provoqué par les tenants de la guerre à tout prix en Indochine qui redoutaient que Leclerc ne fit la paix avec Ho Chi Minh. Une rumeur tenace qui va durer des années. Diapositive52 
Ainsi disparaît à quarante cinq ans ce héros légendaire. Le serment de Koufra, la libération de Paris, celle de Strasbourg et la prise de Berchtesgaden telles sont les principales et glorieuses étapes de la carrière exemplaire de Philippe de Hauteclocque, plus connu sous le nom de Leclerc. Il recevra le bâton de Maréchal à titre posthume le 8 mai 1952.  Diapositive53

Nous laisserons au Général de Gaulle le mot de la fin :

«Enfants de France, rêvez de devenir un jour des Leclerc.» 

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