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REYNIES

Les faits majeurs de l'année 1916

présentés par le Colonel Gilles LATTES


Lattes Le conférencier

 

Pour la troisième année consécutive nous sommes réunis pour évoquer, dans le cadre du centenaire de la guerre 1914-1918, ce que fut l'année 1916. Afin de nous replacer dans le cadre historique de ces mémorables moments, nous allons faire un rapide survol des événements qui se sont déroulés depuis le début du conflit jusqu'à ce 11 novembre 1916, date choisie pour faire le point de l'actualité de l'époque.

Diapositive2 En guerre depuis le 2 août 1914, notre pays a subi d'énormes pertes dès le début du conflit dans ce que l'on a appelé la bataille des frontières qui s'est déroulée du 2 au 24 août. Cette diapo rappelle la position des différents fronts matérialisés ici par les lignes de couleurs différentes. En haut en rose la ligne de front au 22 août 14, en bleu au 30 août. La ligne violette marque l'avance allemande au 3 septembre et la ligne verte le front atteint à la veille de la fameuse bataille de la Marne.
Diapositive3 Diapositive4 Cette opération (diapo 3) qui s'est étendue du 6 au 17 septembre marque un coup d'arrêt à l'avance allemande. Après la séquence course à la mer, (illustrée par cette diapo 4) le front s'est stabilisé vers la mi-novembre. L'année 1915 connaîtra deux expéditions, (Diapo 5) une aux Dardanelles et l'autre à Salonique.
Diapositive5 Diapositive6 Sur le front les tentatives de percée en Artois et en Champagne (Diapo 6) se sont soldées par des échecs coûteux en vies humaines.

 Localement Reyniès, au 11 novembre 1915, comptait déjà 11 morts. Voyons ce que nous réservait-il y a 100 ans cette année 1916 qui fut sans nul doute la plus meurtrière avec les batailles de Verdun et de la Somme.

 

Diapositive7 Sur les 750 km de front, de la mer du Nord à la Suisse c'est la guerre des tranchées qui perdure depuis novembre 1914. (Diapo 7) (Au passage on notera les positions respectives tenues par les alliés. Au Nord les positions franco- belges en bleu-foncé, suivies par les Britanniques ici en couleur rose et tout le reste en bleu ce sont les positions françaises.) C'est dans les tranchées que petit à petit s'est organisé ce mode de vie si particulier à ces endroits. Voici sur des documents d'époque à quoi ressemblaient ces tranchées.
Diapositive8 (Diapo 8) Ici à gauche des tranchées françaises, à droite des tranchées allemandes. On trouve bien entendu différentes formes de tranchées.

 (Diapo 9-10-11). La diapo suivante (diapo 12) montre la difficulté des déplacements dans la boue et l'aménagement de niches .On notera qu'il y avait de chaque côté du front près de 10 000 km de tranchées qui servaient de voies de communication pour arriver en première ligne.

Diapositive9 Diapositive10Diapositive12 Diapositive11  

( Diapo 13 Ici, pour la relève à gauche ou pour l'évacuation des blessés) (Diapo 14 c'est aussi l'itinéraire suivi pour amener la nourriture jusqu'aux tranchées par la corvée de soupe Diapo 15 qui s'est ravitaillée auprès des roulantes installées à l'arrière) Cette vie dans les tranchées a souvent été relatée aussi rappelons qu'elle s'est organisée malgré les contraintes, les vicissitudes , les sacrifices. C'est aussi la peur et l'angoisse de l'attente dans un milieu hostile et menaçant.

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C'est l'enfer et plus particulièrement à Verdun où en ce début février 1916 commence ce qu'on appelle la bataille de Verdun – trois cents jours de cauchemars- pour ceux qui ont vécus ou plutôt survécus à cet épisode particulièrement sanglant. Les récits des différentes batailles, à Verdun ou ailleurs, déclinent tous les mêmes souffrances: les rats, la boue, la soif, la peur, les obus qui tombent, les cadavres, la mort partout.

A Verdun le déluge incessant de feu et d'obus ne permet même pas l'enlèvement des corps qui côtoient désormais quotidiennement les combattants au contact. A cela on y ajoute l'aspect psychique particulièrement fort. La seule expression de «relève» signifiait déjà que les unités qui s'engageaient n'en revenaient qu'impitoyablement décimées. Alors commençait un drame de quatre, cinq ou six jours au cours desquels les combattants voyaient leurs camarades déchiquetés, haletant sous l'action des gaz toxiques au milieu d'odeurs nauséabondes de pourritures remuées par les obus. Dans cet enfer et contre toute vraisemblance les hommes tenaient attendant stoïquement l'ennemi, la prochaine relève ou la mort. On entre directement dans l'horreur et pour éviter de se replonger dans cet univers apocalyptique nous allons revisiter cette année 1916 à partir de la chronologie des événements.

             La guerre de 1870 avait amputé le territoire national de l'Alsace et la Lorraine. Verdun, place forte, se trouvait dès lors à trente kilomètres de la frontière franco-allemande et formait sur la ligne de front un saillant qui apparaît ici sur cette diapo (16) .Comme place forte Verdun situé sur les rives de la Meuse était entourée d'une ceinture de forts installés sur les hauteurs avoisinantes (Diapo 17) qui apparaissent ici en couleur verte sur la diapo de droite. On notera également la présence de batteries d'artillerie et d'abris d'infanterie. Cette vue (diapo 18) concrétise bien la ceinture et la position des forts autour de Verdun mais les Allemands ignoraient que le haut commandement français avait fait retirer de la ceinture fortifiée toute l'artillerie lourde qui faisait cruellement défaut sur des secteurs plus actifs du front.

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Diapositive19 Pour les Allemands ce saillant présente un risque de porte d'entrée sur les arrières. Le Général Falkenhayn, chef d'Etat-Major général et Ministre de la GuerreAllemand (Diapo 19)décide d'attaquer Verdun pour selon ses dires (non confirmés d'ailleurs) «saigner à blanc» l'armée française. Quoiqu'il en soit à partir du moment où la décision d'attaquer Verdun a été prise, les Allemands ont commencé les préparatifs dès le 22 décembre 1915 et réalisé, dans un laps de temps très court, la construction de voies ferrées et de voies d'accès pour l'artillerie lourde et pour les énormes stocks de munitions nécessaires au terrible tir de préparation dont Verdun reste de nos jours le symbole. Il fallut 213 trains spéciaux pour amener les munitions suivis de 34 trains par jour à partir de la première journée de l'offensive.

 

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Côté français Joffre ne croyait pas à une attaque sur Verdun (Diapo20) L'impréparation et l'insuffisance des organisations défensives apparaissent clairement au Général de Castelnau venu en inspection. Il fait alors renforcer la rive droite de la Meuse.

 

      Le 21 février 1200 canons pilonnent la place forte (Diapo 21). Un million d'obus s'abattent sur les positions françaises. Cette monstrueuse bataille va se dérouler durant 300 jours dans un périmètre relativement restreint limité à un demi-cercle d'environ quinze kilomètres de rayon dont le centre était Verdun (diapo 22). Si ce croquis nous donne une idée du lieu on mesure mieux comment se présente le théâtre des opérations en y ajoutant la dimension du relief.

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  Ce premier plan nous présente Verdun et les méandres de la Meuse (Diapo 23) et les hauteurs qui la dominent sur la rive gauche et sur la rive droite que nous allons maintenant découvrir. (Diapo 24)

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Voici la topographie des lieux entre Avoucourt et la rive gauche de la Meuse avec le mont Mort Homme et la tristement célèbre côte 304 (Diapo 25) Ces deux mêmes lieux représentés ici sur un croquis allemand (Diapo 26)

La rive droite nous dévoile tous ces hauts lieux qui rappellent les batailles dans la bataille. En haut le Bois des Caures dont nous allons reparler. Entre la ligne orange et la ligne rouge les forts de Douaumont et de Vaux. Au sud de cette ligne rouge qui marque la limite de l'avance allemande sur la rive droite on remarquera Fleury, Froideterre et le fort de Souville et juste en dessous le fort de Tavanne construit au-dessus du tunnel de même nom et dont nous évoquerons le rôle.

La composante terrain est primordiale. Les innombrables ravins qui entaillent le champ de bataille, surtout ici rive droite, compliquent l'alignement du dispositif et facilitent les infiltrations, la prise à revers des bastions de résistance. La bataille de Verdun est un combat de proximité entre petites unités, jusqu'au corps à corps, sur des fronts très limités mais sous un bombardement continuel.

                                       Nous sommes le 21 février et vers 17 heures les allemands attaquent dans la partie haute du saillant (Diapo 27) pensant trouver peu de résistance après le déluge de feu qui s'était abattu sur les positions françaises du bois des Caures défendues par les 56° et 59° bataillons de chasseurs du Colonel Driant. (Diapo 28) Ce dernier ancien officier d'active était devenu député et avait souligné les carences de la défense française. Il sera tué le lendemain lors de la reprise de l'offensive allemande. (Diapo 29) Cette vue prise au Bois des Caures concrétise le manque de préparation de l'armée française quand on voit la profondeur de la tranchée.

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Le 24 février (diapo 30) les Allemands tiennent le terrain de Samogneux (ici à gauche, en dessous de la ligne de pointillés marquant la limite atteinte le 23) et à droite Ornes. On notera que le village de Beaumont en Verdunois est entièrement détruit. (Diapo 31)
Diapositive32 Le 26 février, 5 jours seulement après le déclenchement de l'attaque les Allemands ont atteint (diapo 32) la ligne matérialisée en pointille ici au bas de cette vue. Au passage ils ont pris le fort de Douaumont. Les villages de Louvemont, Douaumont, Bezonveaux et de Vaux-devant-Damloup sont également entièrement détruits.

 La prise du fort de Douaumont a fait longtemps polémique entre Français et Allemands. Ces derniers s'empressent de clamer sa prise alors que côté Français on minimise le retentissement de cette victoire.

En fait le fort n'était gardé que par un gardien de batterie, le maréchal des logis Chenot et cinquante-sept territoriaux. Tous se croyaient à l'abri en arrière du front. Militairement le coup était très dur car le fort dominait l'ensemble du champ de bataille sur la rive droite et, symboliquement, Douaumont c'était déjà Verdun.

Diapositive33 Ce même jour, 26 février le général Her qui commandait la RFV (Région Fortifiée de Verdun) est remplacé par le Général Pétain Commandant de la 2° armée. (Diapo 33) Pour la petite histoire et égayer ce sombre récit voici une anecdote amusante. Deux jours avant à 22 heures un télégramme signé de Joffre annonce que la 2° armée doit se mettre en route et convoque Pétain au GQG à Chantilly pour le lendemain 8 heures.
Diapositive34  Le Général Serrigny, (Diapo 34) son chef de cabinet, est catastrophé car il doit retrouver au plus vite son chef qui avait quitté son cantonnement de Nouailles (Oise) vers 16 h sans avertir son État-major de sa destination. Le sachant homme à femmes et connaissant ses habitudes à l'hôtel parisien Terminus, face à la gare du Nord, Serrigny y retrouve son général, en galante compagnie vers 3 heures du matin. Après sa rencontre avec Joffre, Pétain passe la journée du 25 sur les routes enneigées à tenter de rejoindre Souilly (Meuse) où Castelneau l'attend.
Diapositive35  (Diapo 35).Il y parvient vers 19 heures et est investi de la défense de la rive gauche comme de la rive droite avec effet à minuit et ordre de tenir bon. Heureusement que les ordres de renforcement de la rive droite avec la montée en ligne du 20° corps d'armée avaient déjà été donné par Castelneau.
Diapositive36 Le 6 mars les Allemands attaquent sur la rive gauche (diapo 36) entre Forges et Bethincourt, localités qui apparaissent en haut à gauche de la diapo. Ils s'emparent de la côte de l'Oie (juste au sud de Forges). Ce même jour à Forges, au cours de cette attaque est tué le Reyniésien Jean Lacombe. Il avait 40 ans. Le 8 mars, rive droite, offensive allemande contre le village et le fort de Vaux.

 Le 9 avril les Français perdent sur la rive gauche le nord du Mort-Homme et évacuent Béthincourt. Rive droite le village de Vaux est pris et la côte du Poivre est âprement disputée. (La côte du Poivre se situe ici à l'Est du village de Vachereauville). Cette diapo nous montre les limites du front. La partie foncée marque le secteur allemand et la partie claire le secteur tenu par les Français.

Nous voici au 1er mai et le Général Nivelle remplace le Général Pétain à la tête de la 2° armée. Que s'est-il donc passé? Pétain, à force de réclamer des renforts a lassé le GQG (Grand Quartier Général) et Joffre qui songent à l'offensive qu'ils doivent lancer sur la Somme en liaison avec les Britanniques. Les jeunes «Turcs» qui est le surnom donné à la petite équipe d'officiers brevetés de l’École de guerre qui constitue le 3° Bureau du GQG traitent Pétain de défaitiste et Joffre lui fait remarquer, comme un grief qu'il est passé de 150 000 à 500 000 hommes. Le limoger paraît difficile, car le général défenseur de Verdun est devenu populaire. Alors on lui donne de l'avancement en le nommant commandant du Groupe d'Armées du Centre et ne sera plus ainsi en prise directe avec Verdun.

Le général Pétain n'est resté que 2 mois dans son commandement. A son arrivée l'offensive allemande était déjà engagée et le rapport des forces était de 3 contre 1 en faveur des Allemands. Six divisions ou 90 000 hommes côté allemand face à deux divisions (51° et 72°) soit 30 000 hommes côté français.

Diapositive37 Pour l'artillerie, les allemands alignaient 1400 tubes tous calibres confondus contre 850 côté français. C'est sous son commandement que se met en place la célèbre voie sacrée, cordon ombilical qui relie Verdun à Bar-le-Duc ici en bas du croquis (Diapo 37). Par cet axe de 75 kilomètres vont transiter dans les deux sens une noria de véhicules pour l'approvisionnement en vivres, munitions du front, les relèves et les évacuations des blessés. Le trafic ne s'interrompt jamais. On compte en moyenne un véhicule toutes les 14 secondes. Des bataillons de territoriaux et des ouvriers indochinois ont mission, jour et nuit, d'assurer l'entretien de cet axe vital.

(Diapo 38) On remarquera sur la diapositive, ici à gauche le tracé du Meusien voie de chemin de fer à voie métrique. Voici à la fin de la guerre l'inauguration de la voie sacrée (diapo 39) et le marquage (diapo 40) tel qu'on peut le voir de nos jours.

Diapositive38 Diapositive29 Diapositive40

 On doit également au Général Pétain le système des norias : 80 % des divisions d’infanterie de l’armée française vont se relever à Verdun au sein des corps d’armée, qui constituent avec l’état-major et les services de la 2e Armée la seule armature permanente de commandement. Ainsi sur la centaine de division que comportait l'armée française 43 ont été engagées à Verdun une fois, 23 l'ont été deux fois, 4 trois fois et même 1 six fois. Cette participation massive a certainement contribué au mythe de Verdun.

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Avant de laisser le général Pétain regagner son nouveau PC rappelons qu'il a adressé le 9 avril son fameux ordre du jour. «Courage on les aura!»

(Diapo 41)

Diapositive42 Retournons au front que nous avons quitté le 1er mai lors de l'arrivée du général Nivelle successeur du Général Pétain à la tête de la 2° armée. Les Allemands reprennent l'offensive rive gauche entre le 20 et le 24 mai et prennent la cote 304, le sud du Mort-Homme et Cumières (Diapo 42) La localité de Cumières n’apparaît pas sur ce croquis. Elle se situe en fait à l'Est du Mort-Homme et au sud de la cote de l'Oie. Rive droite les Français tentent, entre le 22 et le 24 mai, de reprendre le fort de Douaumont sans succès. Le 30 mai, un autre Reyniésien, Jean Capéran, 23 ans est tué à Vaux.

 Le 7 juin les Allemands prennent le fort de Vaux et lancent une violente offensive le 23 juin. Les ouvrages de Thiaumont et de Froideterre sont pris et repris par les Français le jour même. Fleury reste aux mains des Allemands.

La dernière offensive allemande est arrêtée le 11 juillet près du fort de Souville.

                                   Le 1er juillet l'offensive franco-britannique sur la Somme vient de débuter et les Allemands retirent 35 divisions du front de Verdun.

Pour soulager Verdun où l’armée française a été saignée à blanc dans sa résistance acharnée aux forces allemandes, Joffre décide de mettre en œuvre la grande offensive de la Somme.

Diapositive43 Un plan de bataille prévu de longue date destiné à épuiser les armées allemandes et à enfoncer le front ennemi. Compte-tenu des pertes considérables que les forces françaises ont subies à Verdun, ce sont les soldats de l’ancien empire du Commonwealth qui vont fournir le plus gros des troupes. (Diapo 43) Le front s’étend de Gommecourt à Fouquescourt sur une quarantaine de kilomètres.

 Au nord, jusqu'à Maricourt, la 4ème armée du général Rolinson aligne 26 divisions. Au sud, les 14 divisions de la 6ème armée française du général Fayolle s’apprêtent à monter à l’assaut. C’est le premier engagement de très grande ampleur des troupes britanniques dans la guerre. Venus du Lancashire, du Suffolk, de bien d’autres comtés mais aussi d’Ecosse, du pays de Galles et d’Irlande, les jeunes tommies ont récemment débarqué en France.

Ils sont jeunes, ils sont forts, ils seraient même joyeux tant ils sont inexpérimentés. Ils ne connaissent pas la guerre. Ils vont vite la découvrir. La bataille de la Somme, après bien des tâtonnements, c’est aussi la première offensive coordonnée des alliés.
Diapositive44 (Diapo 44) Le 1er juillet, quatorze divisions britanniques et cinq françaises partent à l'attaque de sept divisions allemandes. Les fantassins, vague après vague, quittent leurs tranchées. Chaque division d'infanterie se déplace en ligne droite, perpendiculairement au front. L'attaque des troupes françaises — qui, au sud, dans la boucle de Péronne, s'enfonce profondément dans le dispositif allemand, 8 kilomètres en certains points — connaît un meilleur sort que celui des troupes britanniques. A la fin du premier jour, l'armée britannique compte 60 000 soldats hors de combat, dont 21 000 morts. 60 % des officiers perdent la vie. 32 des 143 bataillons participant à l'assaut perdent au moins 500 hommes. Pour l'armée britannique, c'est la pire catastrophe de son histoire. Nombre d'engagés volontaires, de "copains" venus de la même ville, du même village, sont tués.
La préparation d'artillerie n'avait pas eu les effets escomptés et n'avait pas permis la destruction des spectaculaires positions enterrées des Allemands et des réseaux de fil de fer barbelés. Les obus tirés par les Anglais n'étaient pas assez puissants. Les pertes subies par la 36e division (unionistes irlandais) dès le début de la bataille sont énormes: 5500 tués, blessés et disparus sur 12 000 hommes. Des quartiers entiers de Belfast et de nombreux villages de l'Ulster sont alors plongés dans le deuil.
Diapositive45 Voici la chronologie de la Bataille. (Diapo 45) Afin de mieux situer les lieux évoqués ils sont inscrits en marge du croquis et reliés par un trait à leur localisation.

 

1er juillet : Début de l'offensive. Échec total au Nord, plus de succès au Sud : les Britanniques prennent Mametz et Montauban. Les Français progressent.

14 juillet : 2ème attaque d'envergure. Les Britanniques visent la 2ème ligne allemande sur un front plus restreint. Les Sud-Africains attaquent au Bois Delville. Bataille d'usure.

23 juillet : Attaque britannique de Guillemont à Pozières, pris par les Australiens le 25.

Dans cette période offensive 3 Reyniésiens perdent la vie: Labouysse Benjamin ,20 ans est tué à Estrées. Notons au passage que ce village changea de main quatre fois en deux jours et que la reconquête par les Français se fit maison par maison jusqu'au 24 juillet. C'est dans cette phase que Labouysse Benjamin est tué le 20 juillet.- Molinier Antoine 36 ans décède de ses blessures de guerre à l'hôpital d'évacuation N° 15 à Cericy-Gailly et le Capitaine Raymond Pech décède à l'hôpital d'Amiens le 21 août.

3 septembre : Attaque générale alliée depuis la rivière Ancre jusqu'à Chilly. (Points matérialisés par la ligne en pointillés rouge du 15 septembre) Les Britanniques s'emparent de Guillemont, les Français de Soyécourt.

5 septembre : Les Canadiens relèvent les Australiens devant la ferme du Mouquet.

9 septembre : Ginchy est pris définitivement par la 16e division irlandaise.

Diapositive46 15septembre : 3ème grande poussée avec la première apparition des chars dans la bataille entre Courcelette et Flers (diapo 46)

26 septembre : Début d'une offensive générale franco-britannique, de Martinpuich à la rivière Somme. Thiepval et Combles sont aux mains des Alliés.

7 octobre : Offensive alliée de Courcelette à Bouchavesnes. Les Britanniques se rendent maîtres de Le Sars. La pluie ralentit la progression des troupes. Commence alors une guerre d'usure.

18 novembre : Fin de l'offensive de la Somme.                            

 

Diapositive47   Mais pendant que se déroulait la bataille de la Somme, à Verdun les combats se poursuivent. Nous avions quitté le front de Verdun le 11 juillet lors de la dernière offensive allemande arrêtée de peu, près du fort de Souville. Le 4 septembre c'est la tragédie du Tunnel de Tavannes. (Diapo 47) Ce tunnel, long de 1200 m et large de 5, se situait sur la ligne reliant Verdun à Metz entre le fort de Vaux et celui de Tavannes, un secteur très disputé. Ses entrées étaient particulièrement dangereuses par la fréquence des tirs qui les visaient. Malgré les odeurs pestilentielles qui y régnaient les combattants s'y engouffraient avec soulagement puisque les obus n'y tombaient pas.

       Ce tunnel servait de poste de secours mais aussi de lieu d'hébergement, de dépôt de matériel et de munitions, d'axe de passage sous le champ de bataille. Il comptait en permanence plus d'un millier de personnes. Ce 4 septembre autour de 21 h 30 un accident, mal élucidé, survint à l'entrée Ouest où un convoi de mules apportait des caisses de grenades et de fusées. La cabane du groupe électrogène prit feu plongeant le tunnel dans l'obscurité. Une série d'explosions s'ensuivit provoquant un peu plus de 500 morts. L'incendie dura deux jours entiers.

Sous l'impulsion de Nivelle les Français reprennent l'offensive. Entre le 21 et le 24 octobre, Fleury, le fort et le village de Douaumont sont repris. Le 2 novembre le fort de Vaux abandonné par les Allemands est réoccupé.

Diapositive48 Côté Allemand la bataille de Verdun se termine ce 11 juillet avec le remplacement du commandant en chef, Falkenhayn par Hindenburg et Ludendorff. Pour les Français elle se termine le 15 décembre dans une ultime offensive sur la rive droite où les allemands sont repoussés sur une ligne de Louvemont à Bezonceau front voisin de ce qu'il était avant la bataille (Diapo 48). On voit apparaître sur cette vue la partie de terrain (colorée ici en violet) reconquise par les français entre juillet et décembre 1916.

Nous arrivons au terme de l'évocation de cette terrible année 1916, marquée par les plus sanglantes batailles.

Dans la mémoire collective Verdun reste le symbole de la guerre 14-18. Les slogans «On ne passe pas» ou «on les aura» comme tous ces hauts lieux imprégnés de sang: Bois des Caures, Mort-homme, côte 304, forts de Douaumont, Vaux, Souville, la côte de Poivre, Fleury, Tavannes restent à jamais gravés dans les mémoires.

Diapositive49Diapositive50 Pour les Britanniques la Bataille de la Somme c'est «leur Verdun». Chaque année ils commémorent le 1er juillet jour du déclenchement de la bataille et également la journée la plus meurtrière pour les Britanniques. Cette année toute la famille royale anglaise assistait à cette cérémonie qui s'est tenue au mémorial de Thiepval. (Diapo 49) A ce sujet les gerbes qui sont déposées par les Britanniques comportent des coquelicots c'est parce que dans les pays du Commonwealth, le coquelicot est un symbole associé à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre. (Diapo 50)

- A Verdun, 360 000 Français et 335 000 Allemands y sont morts.

- Dans la bataille de la Somme, le bilan est encore plus lourd avec 200 000 Français, 400 000 Britanniques et 450 000 Allemands.

Ces chiffres dépassent l'entendement et sont difficiles à apprécier. Imaginez simplement que l'on mette côte à côte les morts de Verdun sur les bords d'une route. A raison d'un corps par mètre, cela occuperait et plus de 650 kilomètres et plus de1000 pour ceux de la Somme. Cette macabre image concrétise la visualisation de tous ces morts. Et pourquoi tous ces morts? Aucune des batailles n'a été décisive. L'échec de la bataille de la Somme a conduit la mise à l'écart quelques semaines plus tard de Joffre et de de Foch.

Pour sa part, Reyniès a payé son tribut à cette hécatombe et nous n'oublierons pas en particulier les 2 tués à Verdun et les 3 dans la Somme qui sont tombés il y a cent ans. En cette fin d'année 1916 Reyniès pleure déjà 16 de ses enfants morts depuis le début de la guerre. Mais les batailles de cette année qui ont endeuillé le pays n'ont malheureusement pas endigué la guerre qui va se prolonger et dont la suite vous sera relatée, si vous le voulez bien, le 11 novembre prochain.

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