Diapo01 Le Maréchal JUIN Conferenciers

 

                   Depuis maintenant trois ans à l'occasion de la commémoration de la fin de la guerre 1939-1945 nous avons choisi d'évoquer des personnages qui ont marqué cette période. Cette année c'est la découverte du Maréchal Juin qui est proposée. A travers ces diverses évocations c'est une page de l' histoire de notre pays qui s'ouvre sur la deuxième guerre mondiale. Mieux connaître notre histoire c'est en comprendre la complexité.

À l’exception de quelques généraux au sommet de la hiérarchie, qui se souvient encore d’Alphonse Juin, l’un des quatre maréchaux de la seconde guerre mondiale, avec Leclerc, De Lattre et Koenig ? On pense, évidemment, à la campagne d’Italie. Les amateurs d’anecdotes historiques savent encore qu’il était autorisé à saluer du bras gauche, à la suite d’une blessure reçue au bras droit durant la première guerre mondiale. Ou qu’il tutoyait le général de Gaulle, de la même promotion de Saint-Cyr.

Fils de gendarme en poste à Mostaganem , Alphonse Juin est né à Bône en Algérie le 16 décembre 1888. Il fait ses études secondaires aux lycées d'Alger et de Constantine. Élève brillant il est admis en 1910 à la 94° promotion de Saint-Cyr dont il sortira major en 1912.

Diapo02 Au paravent, il est incorporé au 1er Régiment de Zouaves car, depuis 1905, les futurs officiers doivent accomplir leur première année en régiment et au plus bas niveau de la hiérarchie afin de ne rien ignorer des conséquences de leurs futurs ordres.
Diapo03 A sa sortie de Saint-Cyr il choisit le 1er Régiment de Tirailleurs stationné à Blida. En décembre 1912 son bataillon au sein d'un régiment de marche prend part à la campagne de pacification lancée par Lyautey au Maroc. Puis c'est la déclaration. de la guerre. Il rejoint alors la métropole dans les rangs d'une brigade de Tirailleurs Marocains et prend part à la bataille de l'Ourq.
Diapo04 Blessé à la main gauche il refuse d'être évacué et participe à de furieux combats au cours desquels il se voit confié le commandement de la 12° compagnie réduite, à la relève à une quinzaine de valides autour de lui. C'est acte de bravoure lui vaut la Légion d'Honneur. En janvier 1915 il est blessé grièvement au bras droit et malgré huit mois de soins, il ne recouvrera pas l'usage du bras droit et c'est depuis qu'il est autorisé à saluer de la main gauche. Pressenti pour être officier d'ordonnance du résident général au Maroc,le Général Lyautey, il refuse et préfère rejoindre le front avec le grade de capitaine. On le retrouve, avec sa compagnie dans la bataille du Chemin des Dames,où il reçoit une citation à l'ordre de la Division.
Diapo05 Il est ensuite affecté au cours d’État major à Senlis et à Melun et finira la guerre à la mission militaire de liaison. Après un court passage au Maroc il rejoint à la fin de l'été 1919 la quarante et unième promotion de l’École de guerre à Paris et est ensuite affecté en Tunisie le 1er novembre 1922. En octobre 1923, ayant terminé son temps de troupe, le capitaine Juin est convoqué au Maroc par Lyautey, devenu Maréchal et où il combattra dans le Rif.

 

Diapo06 Mais que faisions-nous dans le Rif ? Cette chaîne montagneuse qui borde le littoral méditerranéen du Maroc est peuplée de tribus berbères qui ont régulièrement résisté aux tentatives d'invasion de l'Espagne et du Portugal. Le 21 juillet 1921 Abdelkrim al Khattabi ( en bas à gauche sur la diapo) et ses troupes rifaines écrasent l’armée coloniale espagnole à la bataille d’Anoual, au nord du Maroc. 14 000 soldats espagnols meurent, 1 000 sont fait prisonniers, des milliers d’armes passent entre les mains de la résistance. Profitant de cette défaite, Abdelkrim crée en février 1923 la « République du Rif ». En fait les Rifains ne sont pas une nation, mais une constellation de tribus d’origine berbère.

Peu inquiète au départ, la France prend conscience du danger de cette République hors du commun : c’est une menace directe sur son protectorat marocain, mais aussi sur l’Algérie voisine. Si rien n’est fait, les Maghrébins pourraient se soulever en masse contre l’autorité coloniale. En 1924, le maréchal et résident général Hubert Lyautey accompagné de Pétain (dont les portraits apparaissent au centre respectivement en bas à gauche pour Lyautey et en bas à droite pour Pétain) décident de mener une offensive en collaboration avec le général Espagnol Primo de Rivera (en bas à droite sur la diapo) pour arrêter Abdelkrim, et mettre fin à l’humiliation espagnole. Le 27 mai 1926, le chef berbère Abdelkrim se rend aux troupes françaises. Sa reddition met un terme à cinq ans de lutte anti coloniale dans le Rif.

Diapo07 Au cours de cette campagne le capitaine Juin retrouve celui que l'on nommera plus tard le «Roi Jean», de Lattre de Tassigny avec qui il entre en rivalité. Juin est d'une promotion après celle de de Lattre. Mais ce dernier (ancienneté oblige) conduit la partie opérationnelle alors que Juin (breveté de l’École de Guerre) est chargé de la partie logistique. Le comportement exemplaire du capitaine Juin lui vaut une citation à l'ordre de l'armée et il est proposé, à titre exceptionnel,au grade supérieur.

Lyautey remplacé sur le terrain, démissionne de ses fonctions de résident général et rentre en France le 13 octobre 1925 .Juin accepte de le suivre comme chef de Cabinet. Ce choix n'est pas sans conséquence : l'antagonisme Pétain – Lyautey fait apparaître des clivages qui vont se révéler tenaces: de Gaulle – Juin en sont l'illustration .

Diapo08 Septembre 1927, le commandant Juin assume son temps de commandement au 7° régiment de Tirailleur algérien à Constantine où il va faire connaissance avec sa future épouse Marie, Gabrielle, Mauricette, Cécile Bonnefoy .Elle a 26 ans et lui 40. Deux garçons naîtront de cette union.

En janvier 1929, Juin est rappelé à Rabat pour prendre la direction du cabinet militaire du préfet Lucien Saint qui apprécie particulièrement son travail au point de le proposer au grade supérieur.

Diapo09 Il met au point une plan de pacification qui sera suivi scrupuleusement et y gagne sa promotion au grade de Lieutenant colonel. Néanmoins pour bénéficier de son nouveau galon il doit faire un temps de commandement qu'il effectuera au 1er Régiment de Zouaves à Casablanca du 4 mars seulement jusqu'à l'été 1931. Son poste lui permet d'être en contact et connu des généraux Giraud, Catroux et de Loustal. Ses déplacements sur le terrain, et sa participation dans des différents barouds, lui valent une quatrième citation à l'ordre de l'Armée.

La page marocaine se tourne à nouveau. Le Lieutenant colonel Juin rejoint la chaire de tactique générale à l’École de Guerre mais un poste à Paris n'est pas vraiment sa tasse de thé et au bout d'un an il ne pense qu'à retraverser la Méditerranée d'autant que le poste d'adjoint au 3° régiment de Zouaves se libère et qu'il en prendra le commandement le 6 mars 1935. A la fin de son temps de commandement,en Mars 1937, le voici à nouveau convoqué à la Résidence Générale du Maroc pour prendre la direction des Affaires Indigènes. Ses états de service sont tels qu'il est proposé pour la liste d'aptitude à 48 ans et il est retenu pour le Centre des Hautes Études Militaires.

Diapo10 Depuis Paris, Juin distille ses conseils au résident général et paradoxalement , lui, Juin, simple colonel se permet de donner la marche à suivre à Noguès, Général cinq étoiles. Nommé général le 26 décembre 1938 Juin se trouve au Maroc au moment de la déclaration de la guerre. Il obtient l'autorisation du Général Noguès de rejoindre la France où il obtient le commandement de la 15° Division d'Infanterie Motorisée. Cette dernière engagée dans la manœuvre dite de la Dyle en Belgique ,après une série de combats acharnés , est contrainte , comme le reste de l'armée française , de cesser le combat.
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Prisonnier de guerre, le Général Juin avec d'autres généraux est conduit et incarcéré à la forteresse de Koënigstein ,  véritable nid d'aigle, située près de la frontière Tchèque. (C'est d'ailleurs de ce lieu que s'évadera le Général Giraud) . Les dénigreurs de Juin, catalogué d'anti gaulliste, vont l'accuser d'avoir pactisé avec le Reich pour obtenir sa libération de captivité. En fait, Juin, loyaliste, a toujours affirmé son soutien au gouvernement de Vichy et c'est ce dernier qui a demandé aux allemands sa libération car il était envisagé de lui confier le commandement des troupes au Maroc. Weygand et Nogués sur la scène Nord africaine étaient estimés par les occupants, comme hostiles à toute collaboration entre la France et le Reich.

Diapo13 Le 13 septembre 1941 il est nommé commandant supérieur des troupes au Maroc. Dans ce poste il sert sous les ordres du Général Weygand  délégué général de l'Afrique Française. L' action de ce dernier entre 1940 et 1942 a été et demeure l'objet de critiques souvent passionnées. Les ordres pour l'Afrique occupée par des forces françaises étaient de défendre les territoires contre « quiconque » tenterait de s'en emparer. Or, nous l'avons vu précédemment, Juin est loyaliste et on peut à juste titre considérer qu'il ne fait qu'obéir alors que la politique menée en Afrique du Nord est particulièrement ambiguë.
Diapo14 Cette situation est aggravée pour Juin Commandant en chef de l'Afrique du Nord qui doit se rendre à Berlin pour rencontrer Goerïng. Cette entrevue fait tomber à zéro la cote de Juin .
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A tous les échelons, les responsables civils ou militaires français en Algérie, au Maroc et en Tunisie, se trouvent dans une situation paradoxale : Qu'ils rêvent de reprendre la lutte contre les allemands cela ne fait à peu près aucun doute. Mais qu'en même temps ils soient d'un dévouement absolu au Maréchal Pétain est également certain. Les Anglais depuis Mers el Kébir, (base navale attaquée le 3 juillet 40)    Dakar ( 7 et 8 juillet 40) et la Syrie (8 juin au 13 juillet 41)  savent que les Français d'Afrique du Nord et spécialement les marins les détestent et que c'est en adversaires qu'ils seront accueillis. Légalistes à l'extrême les responsables en Afrique du Nord sont aussi naturellement anti gaullistes. Le général à leurs yeux n'incarne pas la Résistance, mais l'insoumission.

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C'est dans ce contexte que va se déclencher l'opération « Torch » véritable tournant de la seconde guerre mondiale. 

Le 8 novembre 1942, les troupes anglaises et américaines débarquent en Afrique du Nord sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower. C'est l'opération «Torch».

Diapo19 Au moment du débarquement, l'amiral François Darlan, dauphin du maréchal Pétain, se trouve par hasard à Alger où il est venu rendre visite à son fils malade. Il ordonne aux troupes françaises de résister à l'envahisseur. C'est ainsi qu'à leur arrivée à Casablanca comme à Oran et Alger, les troupes alliées se heurtent contre toute attente à une furieuse résistance des troupes françaises.

Les alliés craignent que cette résistance ne permette aux Allemands de se ressaisir et de les renvoyer à la mer. Heureusement, Darlan finit par signer la reddition d'Alger et les alliés obtiennent un arrêt des combats. L'Afrique du Nord passe sous leur contrôle tout en conservant l'administration et les lois de Vichy !

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Hitler réagit à l'invasion de l'Afrique du Nord par l'occupation de la «zone libre», en France, en violation des accords d'armistice du 22 juin 1940 avec le maréchal Pétain. C'est l'opération «Attila»... La flotte française en rade à Toulon  se  saborde le 27 novembre sur ordre de l'amiral Jean de Laborde, pour échapper aux Allemands sans avoir à se livrer aux ennemis traditionnels de la marine française, les Anglais ! (Sur cette diapo qui donne le plan de la rade de Toulon avec la position des bâtiments amarrés on dénombre le nombre de bâtiments coulés droits 41 en vert, 27 chavirés en rouge, 46 intacts en bleu ) La diapo suivante  donne une idée du sabordage.

Les Allemands et leurs alliés Italiens occupent d'autre part la Tunisie, protectorat français revendiqué par l'Italie.

Dans le même temps, dans le désert libyen, à el-Alamein, le général Montgomery repousse l'Afrika Korps de Rommel. Pris en tenaille, les Allemands et les Italiens n'ont pas d'autre issue que de se retrancher sur Bizerte, en Tunisie, d'où ils regagneront l'Europe en mai 1943.

Le 12 novembre après quelques tergiversations Darlan décide de prendre la tête d'une sorte de haut commandement politique et de confier le commandement en chef à Giraud qui a enfin rejoint l'Algérie.Pétain et Laval ont beau accuser Giraud de trahison et de forfaiture et prononcer la déchéance d'un certain nombre d'officiers généraux dont Juin ,le virage est pris : l'armée d'Afrique se range dans le camp des alliés. En Tunisie la situation reste confuse,le général Barré reçoit l’ordre du général Juin, commandant en chef des forces françaises en Afrique du Nord, de repousser par la force toute tentative d’intervention des forces de l’Axe en A.F.N. Par contre, l’Amirauté Française ordonnait, le même jour, au Commandant Maritime de Bizerte, de laisser passer sans se mêler à elles, les forces italo-allemandes débarquant en Tunisie. Comme on peut le voir, la confusion était comble. Le général Barré decida de se replier sur la position de couverture, vers l’Ouest, pour y permettre la concentration des forces Françaises.Mais les Allemands ayant débarqué à Bizerte et Tunis, il va falloir reconquérir le territoire.

Diapo23 Le 25 novembre Juin prend le commandement du DAF, le Détachement de l'Armée Française. Il installe son PC à Laverdure la campagne de Tunisie commence Elle va s'articuler en 3 phases: La bataille de la Dorsale de décembre 42 à février 43 – la bataille de Mareth en mars avril 43 (bataille au cours de laquelle s'est illustré Leclerc) – Enfin la bataille de Tunis en mai 43 qui aboutira à la capitulation des armées allemandes et italiennes.
Diapo24 Il serait intéressant de développer l'ensemble des combats livrés enTunisie qui ont eu peu d'écho malgré un bilan qui fait état de 250 000 soldats de l'Axe prisonniers. Les Alliés comptent plus de 60 000 tués, blessés ou disparus, dont 10 000 Français.Cette diapo montre la composition des forces françaises engagées en Tunisie.) On retiendra les 63000 hommes de l'Armée d'Afrique et les 9000 hommes des Forces Françaises libres et quelques noms de généraux connus comme de Montsabert, Larminat ou Leclerc.
Diapo25 La participation française certes importante ne constitue pas cependant l'essentiel des forces engagées par les alliés dans la reconquête de la Tunisie.Comme le montre l'image de droite de cette diapo. A gauche chaque flèche bleue représente une division.
Diapo26 Pendant que s'engage la reconquête de la Tunisie, l'Amiral Darlan est assassiné à Alger le 24 décembre 1942 par un jeune activiste royaliste Bonnier de la Chapelle exécuté aussitôt après. La question du commanditaire de cet attentat n'est toujours pas entièrement élucidée. A cette occasion on découvre que la disparition de Darlan aurait pu contribuer à la restauration de la royauté en France. Le comte de Paris se trouvait en Algérie à cette période. De fait c'est le général Giraud, Haut commissaire de France en AFN, qui prend alors les affaires en main ,il s'oppose entre autre que, pour les opérations en Tunisie, le général Juin soit sous les ordres d'un général Anglais. En fond de tableau se joue la lutte d'influence entre le Général de Gaulle et Giraud alors que les discussions sont engagées avec les américains sur le volume des troupes françaises qui seront engagées en Italie.
Diapo27 Une anecdote souligne le profond fossé qui s'est creusé entre français au point de voir le Général Catroux, à Alger, diriger une mission qui a pour objet de débaucher les soldats de l'Armée d'Afrique pour les convaincre de se battre dans les rang des FFL. C'est dans ce contexte que le Général Juin reçoit mission de préparer les troupes françaises qui vont être engagées en Italie.On ne peut également omettre en août 43 la mise en place d'une épuration dans l'armée dont se charge le Comité Français de Libération Nationale
Diapo28 Le CFLN est le nom du régime politique qui gouverne la France libre.Il est coprésidé par le Général de Gaulle et le Général Giraud (que l'on voit sur la diapo à l'écran).

Des sanctions ont été prise à l'encontre de 985 officiers d'active, 1845 officiers de réserve, 818 sous-officiers. L'état major a en outre procédé à 2520 dégagements de cadres consécutifs à l'épuration et 1665 réintégration d'officiers prisonniers de guerre. Au total l'épuration a touché à divers degrés 7833 cadres de l'Armée Française.

Le Général Juin est mis en cause par la commission spéciale d'enquête en Tunisie qui lui reproche en sa qualité de commandant en chef de ne pas avoir donné l'ordre d'attaquer les forces allemandes qui ont pu pénétrer en Tunisie où comme nous l'avons souligné régnait la confusion la plus extrême. Mais le chef du CFLN (Comité Français de Libération Nationale) lui maintien sa confiance. Le Général Juin grâce à son aura, garantit le loyalisme des officiers du corps expéditionnaire au CFLN, dont la majorité pourtant, fidèles au Maréchal, se montrent à l'origine hostiles au gaullisme.

Diapo29 Le 10 juillet 1943 a lieu le débarquement en Sicile, le 24 juillet Mussolini est renversé. Il est remplacé par le Maréchal Badioglo qui demande un armistice aux alliés et finit par déclarer la guerre à l'Allemagne le 13 octobre. Entre-temps la Sardaigne a été reconquise et les forces françaises sous les ordres du Général Martin libèrent la Corse entre le 9 septembre et le 4 octobre. Au passage on notera que le Général De Gaulle n'avait pas été informé de l'opération de libération de la Corse.
Diapo30 En septembre 1943 les alliés placés sous le commandement allié du maréchal britannique Alexander débarquent au sud de Naples leur objectif est Rome.Sur leur route, la ligne Gustav, (qui apparaît sur la diapo en noir , juste au dessus de la ligne rouge) , coupe l’Italie à travers le massif des Abruzzes et bloque toute avance alliée. Elle est défendue par les 10e et 14e Armées allemandes du maréchal Kesselring

Le Corps expéditionnaire Français (CEF), commandé par le Général Juin comprend quatre divisions militaires (environ 112 000 h ) constituées en grande partie de soldats issus de l' Armée d'Afrique Le CEF est intégré au XVe Groupe d'armées allié du général Alexander au côté de de la VIII° armée du Général Montgomery et de la VeArmée Américaine du Général Clark.

Le CEF débarque à partir de novembre 43 et est engagé en Décembre 1943 dans la zone des Abruzzes qui apparaît sur cette diapo. Dès le 15 décembre la 2° DIM du général Dody s'empare du Monte Pantano et du massif de la Mainarde. Le Monte Pantano se situe ici au centre de la diapo et est marqué par un petit rectangle rouge. Le sommet du massif de la Mainarde est indiqué par le petit triangle jaune juste au dessus et à droite de la ligne rouge. Les pertes sont lourdes mais ce premier résultat suscite l'admiration des Américains.

Diapo31 La bataille de Monte- Cassino révèle le génie militaire du général Juin qui en lançant un assaut d'infanterie légère pour déborder la position allemande sur ses flancs remporte un succès total, au contraire du général américain Clark qui, en tentant un assaut frontal d'infanterie lourde précédé d'un catastrophique bombardement du monastère, envoya à la mort sans aucune utilité près de 1700 soldats.

La diapo qui s'affiche permet de situer la position des forces françaises dans cet affrontement capital pour la percée de la ligne Gustav (matérialisée par la ligne en rouge la plus à droite) . Les cercles noirs les plus à droite marquent la position de départ des grandes unités de bas en haut la 3° DIA du Général de Montsabert, la 4° DMM du Général Sevez, la 2° DM du Général Dody et la 1ère DFL du Général Brosset.

Le Général de Gaulle considérait cette bataille du Belvédère, conduite par l'armée française seule sur ordre du général Clark, comme l'un des faits d'armes les plus glorieux de l'armée française durant la Seconde Guerre mondiale. Les combats se sont déroulés du 25 janvier 1944 au 4 février 1944 impliquant essentiellement le 4e régiment de tirailleurs tunisiens qui perdra les deux tiers de ses effectifs dans les combats (279 tués, 426 disparus et 800 blessés).

Diapo32 Après cette bataille, Juin repousse les Allemands de la tête de pont sur le Garigliano . Le Garigliano est la rivière sur laquelle s'appuie la ligne Gustav et qui apparaît sur la diapo en bleu. Le général Juin descend dans la plaine avec ses troupes  et prend une part active dans l'offensive sur Rome, bien que lui-même eût préféré une ultime bataille à l'Est pour anéantir les Allemands. Il libère les faubourgs Est de la Cité Éternelle et entre dans la capitale aux côtés de Clark.
Diapo33 Puis, Juin prend Sienne en juillet 1944. Sienne se trouve ici juste en dessous et à gauche de la ligne Rouge du centre.

Le CEF est retiré du front en juillet 1944 et ses unité intégrées au sein de l’armée B commandée par le général de Lattre de Tassigny pour débarquer en Provence en août 1944.Le CEF redonne à la France son prestige et son rang de quatrième grande puissance. Sa réputation est néanmoins ternie par l'importance des exactions, ainsi que par les nombreux viols, commis envers les populations civiles qui iront jusqu'à provoquer un scandale diplomatique.

Pour la petite histoire voici quelques personnalités ayant participé à la bataille du Monte Cassino :

Diapo34 Mohamed Oufkir, général et homme politique marocain, a servi comme sous-lieutenant au 4e RTM de la 2e DIM pendant la bataille du Garigliano. Il est cité à l'ordre du Corps d'Armée, décoré de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil après la bataille, puis de la Silver Star et de la Légion d'honneur.

Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie indépendante.

Mohammed Boudiaf, quatrième président de l'Algérie indépendante.

Alain Mimoun, athlète français vainqueur du marathon des Jeux olympiques de Melbourne en 1956, grièvement blessé au pied par un éclat d'obus lors de la bataille du mont Cassin le 28 janvier 1944, il évite de justesse l'amputation de sa jambe gauche.

Diapo35 En juillet, appelé à Alger comme chef d'État-Major de la Défense nationale, il transmet le commandement de ses troupes au général de Lattre, qui les conduira durant le débarquement de Provence. Lors de la dissolution du CEF Juin avait dit «Ma carrière est finie» or il va occuper le devant de la scène encore pendant plusieurs années.
Diapo36 Ainsi de 1944 à 1947, il occupe le poste de chef d'État-Major de la Défense Nationale, à ce titre. le 25 août 1944, il entre aux côtés du général de Gaulle dans Paris libéré. Mais les deux «petits cos» sont loin d'être d'accord comme en témoigne cette anecdote.
Diapo37 En 1945, le général Juin avait eu l'intention de venir témoigner au procès du maréchal Pétain, sous réserve de l'autorisation du général de Gaulle. Il se vit dans l'impossibilité de le faire ; de Gaulle l'ayant envoyé intentionnellement en mission en Allemagne. Il adressa un témoignage écrit en faveur du maréchal alors que les avocats avaient souhaité, à l'origine, sa déposition orale.
 Diapo38  Au printemps 1947, il choisit de quitter son poste de chef d'état-major de la Défense nationale pour prendre les fonctions de résident général au Maroc qu'il occupe de1947 à 1951. Sa décision est probablement motivée par le départ de de Gaulle en 1946. Il renoue ainsi avec la tradition des généraux résidents. Sur place, il s'oppose au sultan Mohammed ben Youssef et au parti nationaliste, en s'appuyant sur Thami El Glaoui, pacha de Marrakech. Durant ces années, il est sollicité par les gouvernements successifs qui aimeraient le voir revenir en Europe notamment pour exercer le commandement des forces terrestres de la nouvelle Union occidentale, propositions qu'il refuse.
 Diapo39   De 1951 à 1956,  il est commandant en chef du secteur Centre-Europe de l'OTAN l'Organisation atlantique dont le commandant suprême est le général Eisenhower. En mars 1952, alors qu'il s'est toujours tenu à l'écart de la politique, il critique ouvertement le fonctionnement du régime, notamment pour ce qui concerne la question du réarmement. Peu de temps après, il commet un autre éclat en réclamant le transfert des cendres de Pétain à Douaumont. Ses déclarations provoquent des frictions avec les gouvernements en place, mais Juin se garde de tout aventurisme politique.
 Diapo40 Le 14 juillet 1952, il reçoit le bâton de maréchal de France dont à juste titre il est très fier.
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Diapo42  En juin 1953, il est reçu à l'Académie française, où fait unique dans les annales de l'institution, il critique son aîné François Mauriac pour ses prises de position au sujet du Maroc.

 En 1954 il est président du Comité de patronage de la Revue Défense Nationale.

En 1955, il s'oppose à l'indépendance du Maroc.Il devient président d'honneur de la Société nationale des anciens et des amis de la gendarmerie (SNAAG).

Diapo43 Sa conception du patriotisme l'éloigne de de Gaulle à qui il signifie son désaccord sur la question algérienne lors d'une entrevue orageuse à l'Élysée. Pour autant, il ne participe pas au putsch des généraux en 1961. Mais son refus de suivre ce qu'il estime être une politique d'abandon incompatible avec la loi et l'honneur lui vaut une mise à l'écart totale de la vie publique par son ex-camarade de Saint-Cyr. Ainsi est-il démis de sa place de droit (du fait de son titre de maréchal) au Conseil supérieur de la Défense nationale, cela par une décision du chef de l'État. Le maréchal Juin est également écarté de toute manifestation commémorative des deux guerres mondiales et privé des prérogatives et avantages dus à son rang (bureau, secrétaire, voiture, chauffeur, etc.)
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 Le Maréchal Juin décède le 27 janvier 1967 au Val-de-Grâce où il avait été transporté quelques jours avant. Le gouvernement décide que des obsèques nationales seraient faites au Maréchal Juin. La cérémonie se déroulera le mercredi 1er février. C'est le moment des phrases de conclusion dont celle de Jean Planchais, dans le monde est peut-être la plus éloquente «Le Maréchal Juin est le symbole d'une armée jetée depuis 1940 de drame de conscience en drame de conscience.»

Cette phrase résume bien toute la carrière du Maréchal -le sombre chapitre de 1940- 1942, l'angoissant problème de 1943 (Tunisie) et les longs drames de l'après-guerre (Indochine Algérie ). C'est aussi l'histoire d'un Pied-noir très attaché à sa terre natale, d'un loyaliste exemplaire, et d'une force de caractère remarquable. Tel était le Maréchal Juin.

Colonel Gilles LATTES, Président de l'ANOCR 82

 

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