Diapo 00 a le Maréchal Koenig

Diapo 00b

Colonel Gilles LATTES


Diapo 01

    Des quatre généraux Français élevés à la dignité de Maréchal de France à la suite de la seconde guerre Mondiale , le Maréchal Pierre Koenig est sans nul doute le moins connu. Il fut pourtant un combattant exemplaire comme le démontre l'important palmarès des décorations qui lui ont été décernées tant à titre Français qu'à titre étranger.
Parmi les décorations françaises on relève qu'il était Grand croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération , titulaire de la Médaille Militaire et de trois Croix de guerre avec 9 citations, de la Croix du Combattant et de 10 autres distinctions, portant à 17 le nombre de décorations françaises auxquelles se rajoutent 27 autre titres décernés à titre étranger. Comme on peut facilement l'imaginer c'est bien dans l'engagement sur le terrain et les divers théâtres d'opérations que ce remarquable palmarés a été obtenu. La carrière militaire du Maréchal Koenig nous servira de fil rouge pour évoquer des épisodes marquants et peu connus de la deuxième guerre mondiale essentiellement avec les Forces Françaises Libres.

   Issu d'une famille d'origine alsacienne, Marie, Joseph, Pierre, François Kœnig étudie au collège Saint Joseph, puis au lycée Malherbe à Caen. Lorsque la guerre éclate il n'a que seize ans. Il patiente une année et après avoir obtenu son baccalauréat, il s'engage en 1917 au 36e régiment d'infanterie. En février 1918, à l'issue de son stage à l'école militaire d'Issoudun, il est promu aspirant et rejoint au front son unité. Il participe à la bataille des flandres en mai, à celle du Matz en juin-juillet puis à l'offensive de l'Oise en août-septembre 1918.

Diapo 02  Cité et décoré de la Médaille militaire,  il est promu sous-lieutenant en septembre 1918 et prend part aux combats de l'Ailette en octobre 1918.
Affecté au 15e bataillon de chasseurs alpins, il sert en Silésie de 1919 à 1922
 Diapo 03 La Silésie  qui apparaît ici en rouge sur la carte d'Europe est une région qui s'étend sur trois Etats comme le montre la carte de droite sur la diapo: la majeure partie se situe au sud ouest de la Pologne ,une partie se trouve au delà de la frontière avec la République Tchèque et une petite partie en Allemagne.) Il est ensuite affecté dans les Alpes (1922-1923) avec le grade de lieutenant.
Muté à l'Etat-major des 40e et 43e divisions d'infanterie il sert jusqu'en 1929 en qualité d'officier de renseignement des troupes d'occupation en Allemagne.
 Diapo 04  ( Les zones d'occupation apparaissent en jaune pour les Belges, en rouge-marron pour les Britanniques et en bleu pour la France qui administre également la Sarre matérialisée ici en vert)
Il effectue son temps de commandement de capitaine au 4e Etranger au Maroc
 Diapo 05  où il prend part aux opérations de pacification (1931-1934). Il reste au Maroc jusqu'à la déclaration de guerre de septembre 1939.Il quitte l'Afrique du Nord en février 1940, et prend part à l'expédition de Norvège au sein de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, puis à l'Etat-major du Corps expéditionnaire français en Scandinavie commandé par le Général Audet. Le Corps Expéditionnaire Français, associé à un corps de troupe britannique, comprend une brigade polonaise.
Diapo 06  (La 13° DBLE est rattachée à la 1ère Division Légère de chasseurs commandée par le général Bethouart (Le général Audet à gauche sur la diapo et le général Béthouard)
Nous allons faire un premier zoom sur cette expédition à Narvik, port norvégien par lequel transite le fer en provenance des mines de Kiruna, en Suède. En hiver, il est le seul port praticable en raison des glaces qui obstruent les autres ports de la région, Il offre un accès direct à l'océan Atlantique par lequel le fer suédois peut être exporté. Or, 50% des importations en fer de l'Allemagne proviennent de Narvik et on comprend l'importance stratégique de cet objectif.
 Diapo 07  (Cette diapo montre l'invasion allemande du 9 avril 40. Elle indique les 4 points de débarquement dont le port de Narvik le plus au nord et la voie férée reliant Narvik à la mine de Kiruna. A droite une illustration de la bataille navale et des combats terrestres.)
A cette époque, Pierre Koenig est capitaine, adjoint du Lieutenant colonel Magrin-Vernerey.
Diapo 08  (Ici à droite sur la photo ) Sans entrer dans le détail de cette expédition on retiendra seulement les exploits de la 13°DBLE qui le 13 mai, à Bjervik (située au centre du croquis et au fond du fjord ) livre son premier combat, conquiert quatre objectifs, force l'ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu'à dix avions bimoteurs.Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent à Narvik ce que l'on a appelé «la seule victoire française de 1939-1940», victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre de l'Armée, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeil, pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.
Diapo 09 Un mot sur le patron de cette 13° DBLE, le Lieutenant Colonel Magrin-Vernerey qui à peine revenu en Bretagne, le 16 juin, avec 500 de ses hommes, rejoint 5 jours plus tard, le 21 juin, les Forces Françaises Libres en Angleterre et adopte alors le pseudonyme de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne, d'où sa famille est originaire). Il est promu au grade de colonel. A noter que son ralliement intervient juste après l'appel du Général de Gaulle du 18 juin.La particularité de cet officier c'est qu' il refuse de participer aux combats de ralliement au Gabon pour ne pas avoir à combattre des Français. Il réitère en juin 1941 en refusant de combattre en Syrie contre d'autres Français.

  Il s'est illustré à la tête de la brigade française libre d'Orient en Érythrée, où il prend et rentre dans la ville de Massaoua avec une section d'éclaireurs motocyclistes et fait prisonniers l'amiral Bonatti, commandant des forces italiennes en Afrique orientale, 8 autres officiers généraux, 440 officiers et 14000 soldats des forces italiennes. Enfin en 1950, général de corps d'armée il échange ses étoiles pour les galons de Lieutenant colonel pour commander le 1er Bataillon Français de l'ONU en Corée.
Notre histoire compte un nombre important de ces héros de légende dont les exploits mériteraient bien d'être rapportés, mais nous allons revenir à la carrière de Pierre Koenig que nous avons quitté au poste d'adjoint du futur Monclar qu'il suit au sein des FFL-les Forces Françaises Libres- nom donné aux forces armées ralliées à la France libre sous l'égide du Général de Gaulle.

Diapo 10 Ces forces ont été crées le 1er juillet 1940 et dissoutes le 1er aout 1943 date à laquelle elles ont été fusionnées à l'armée d'Afrique du Général Giraud. Elles ont participé à la guerre livrée en Syrie et au Liban contre les forces de Vichy en juin et juillet 1941 et aux batailles de Massaoua (évoquée plus haut) et de Birhakeim et, en 1942 à celle d'El Alamein.

Peu de temps après leur création une partie des FFL participe à l'opération sur Dakar du 23 au 25 septembre 1940. Cette bataille essentiellement navale fut un fiasco. Néanmoins le corps expéditionnaire terrestre comportait 1450 hommes. Suite à cet échec les FFL sont réparties dans les colonies ralliées: Tchad, Cameroum, Congo et Oubangui-Chari.

Diapo 11 On retrouve le commandant Koenig dans l'opération de reconquête du Gabon. Cette colonie est toujours sous l'autorité du gouverneur Masson qui a proclamé sa fidélité à Vichy .

Une épine Vichyste au milieu de l'Afrique Equatoriale était insurportable , d'autant que le Général de Gaulle désirait utiliser l'A.E.F comme base arrière pour lancer des attaques contre la Libye contrôlée par les Italiens. La décision est prise d'occuper le Gabon par une opération militaire et de chasser le gouverneur. L'opération prévue ne se fera qu'avec des forces et des moyens logistiques réduits et uniquement avec des Forces Françaises Libres sous les ordres du Lt - Colonel Leclerc soit 1100 hommes répartis en quatre groupements qui bénéficient de l'appui de deux avisos et un cargo et du groupe de combat aérien N° 1 comprenant 15 appareils (3 Dewatine D 520 – 6 Bristol Bleinheim – 6 Lysander et 2 avions estafette Luciole). La flotte Anglaise ne participait pas directement à l'opération , mais se tenait au large pour empêcher les croiseurs venant de Dakar d'intervenir, s'ils en avaient l'intention.
    Le 27 octobre 1940 , le groupement Dio descend du Cameroun vers le sud et prend la ville de Mitzic après des accrochages en particulier près de Ngomo . Les groupements Parent et Delange venant du Congo remontent vers le nord , s'affrontent aux troupes Vichystes près de Sindara , s'emparent de Lambaréné le 5 novembre puis se dirigent vers Port-Gentil . Le groupement Koenig avec des éléments de la 13éme Demi-Brigade de la Légion Etrangère et un bataillon colonial mixte : Sénégalais et colons du Cameroun , embarqués sur le Casamance avec le Lieutenant-colonel Leclerc , quitte Douala au Cameroun . Ces forces débarquent le 8 novembre à la Pointe de de la Mondah. Le 9 novembre , des Lysanders partis de Douala bombardent l'aérodrome de Libreville qui sera pris par le groupement Koenig , après avoir rencontré une forte résistance . Le 12 novembre 1940 , le reste des forces de Vichy après de longs pourparlers , capitule à Port-Gentil tandis que le Gouverneur Masson qui s'était rendu à Port-Gentil avec l'aviso pour demander à la garnison de cesser le combat , par désespoir, se suicide sur ce même bateau à son retour.
    Après la campagne Gabonaise, le corps expéditionnaire français libre prend la dénomination de Brigade Française Libre d'Orient sous les ordres du Colonel Margrin- Vernerey dit Monclar et va rejoindre l'Erythrée après un périple particulièrement long.

Diapo 12  ( On remarquera sur cette diapo l'importance des Empires coloniaux Anglais en vert ,Français en jaune foncé ,et Italiens en rouge .) En effet, le 6 janvier la Brigade embarque à Free Town en Sierra Léone, les navires transportant la brigade doublent le cap de Bonne Espérance le 20 janvier. Après une escale de cinq jours à Durban le convoi pénètre dans le golfe d'Aden le 11 février pour atteindre Port Soudan le 14 Février.Il a quand même fallu cinq semaines pour contourner l'Afrique Australe et retrouver la terre ferme.
 Diapo 13 Le 25 février la Brigade Française d'Orient, sous les ordres du colonel Monclar, rejoint devant Keren (situé à la pointe de la flèche bleue venant du Nord sur la diapo de droite) le bataillon de marche N°3 du commandant Garbay qui a traversé l'Afrique d'Ouest en Est (de Moussoro-Fort-Lamy au Tchad jusquà l'Erythrée) soit 2000 kilomètres. La Brigade qui comprend environ 4000 hommes va s'engager dans la campagne d'Erythrée. Elle est mise à la disposition du général Briggs commandant la VII° Brigade Anglaise des Indes. Nous n'allons pas détailler cette campagne qui s'est déroulée du début février au 30 avril 1941.

(On rappellera simplement la prise de Massouah (port sur la mer rouge situé à la convergence des deux flèches bleues les plus à l'est sur la diapo de droite ou à l'est de la capitale Asmara sur la diapo de gauche) dans laquelle s'est illustré le colonel Monclar et on notera au passage que les généraux britanniques, souhaitant conserver les territoires sous influence britannique, ne voient pas d'un bon œil l'arrivée de troupes françaises sur leur pré carré: la guerre en Afrique orientale doit rester une affaire britannique. Ils leur confient des missions considérées comme mineures.
Cependant surpris par les exploits des légionnaires sur l'Enghiahat qui permettent de prendre à revers les troupes italiennes et enlever Keren, puis par les manœuvres audacieuses des compagnies de légionnaires pour enlever la place forte de Massouah, les généraux britanniques décident de ne plus se priver d'une unité d'élite telle que la 13eB.L.E. Dès la fin des opérations en Erythrée, la Brigade d'Orient est dissoute et toutes les unités françaises libres qui la composaient sont envoyées en Palestine. Le voyage de Massaoua à Suez s'effectuera à bord du transport de troupes français libre «Paul-Doumer».

 

Diapo 14  Les raisons de l'intervention des FFL en Syrie méritent d'être exposées. Reportons-nous à l'année 1941, où le Levant suscite de plus en plus d'intérêt pour :
-les Français, qui s'y trouvent en raison d'un mandat confié à la France par la SDN ; c'est normal ;
-les Britanniques, qui n'ont jamais supporté de bon coeur la présence de la France au Moyen-Orient ; c'est un fait ;
-les Français Libres, qui voudraient bien faire entrer ces territoires dans la guerre
-les Allemands, enfin, qui, vainqueurs dans les Balkans, dominent la Méditerranée de Palerme à Rhodes, menacent alors la position anglaise en Égypte et s'apprêtent en outre à attaquer la Russie.
 Diapo 15 La syrie c'est aussi le terminus des pipes-lines qui amènent le pétrole Irakien.
Le général Catroux (ici en haut à droite ) est nommé, en 1941, délégué du général de Gaulle pour le Moyen-Orient. La 1re Division Légère de la France Libre est alors formée.Le général Legentilhomme ( en bas à droite ) la commande. Il rassemble, en mai, au camp de Qastinah (Palestine), les formations – 5 400 hommes environ – qui reviennent du combat, soit de Libye, soit d'Érythrée. (Sur cette diapo la Palestine y figure telle qu'elle était en 1941.)
 Diapo 16 (De nos jours les limites de cet état ont considérablement été réduites comme le montre cette carte  d'un demi siècle de grignotage. Comment ne pas s'étonner des conflits de cette zone ? )
Le Général Wavell admet enfin la nécessité d'entreprendre une action de guerre au Levant ce sera l'opération «exporter» et puisque les Britanniques sont résolus à intervenir en Syrie, il ne faut pas que l'élimination, par les armes, de l'armée française du Levant entraîne l'éviction de la France de cette région. La présence des FFL à leurs côtés permet de maintenir les droits de la France.
 Diapo 17 Le 4 juin les combats s'engagent entre l'Armée du Levant, fidèle à Vichy, commandée par le général Dentz qui dispose de 30 000 hommes contre les 20 000 du général Wilson. Après de furieux et sanglants combats la convention de Saint Jean d'Acre met fin à la guerre. On compte 1066 tués et environ 4500 blessés du côté des Forces Françaises du Levant. Les alliés ont perdu en tués et blessés 1160 Australiens, 1900 britaniques et Indiens, et les Français libres 650.
(La diapo à l'écran montre à gauche la position des troupes au sud et à l'est au début de la campagne. On y remarque également les pipes-lines qui arrivent aux ports de Tripoli et Haïfa. La partie à droite illustre la violence des combats entre attaques et contre-attaques)

 

Diapo 18

Le 14 juillet le Général de Gaulle déclare: «Nous ne pouvons nous réjouir de succès obtenus contre nos frères. Même après la victoire, nous continuerons à porter le deuil des nôtres tombés en Syrie, aussi bien de ceux qui ont combattu dans nos rangs que de leurs adversaires, victimes de la trahison de quelques hommes qui ont sacrifié la France pour mieux servir Hitler.» Ainsi qu'il l'avait dit avant les combats, aucune décoration ni citation n'est accordée aux Français Libres pour leur action en Syrie.
La convention d'armistice de Saint Jean d'Acre,  signée le 14 juillet entre la délégation britannique du général Wilson et la délégation vichysiste du général de Verdilhac exclut le général Catroux.

Sur le plan territorial, il est décidé que les forces alliées occupent la Syrie et le Liban, et que les forces françaises soient concentrées dans des zones fixées par une commission mixte. Les armes détenues par les troupes de Vichy et le moyen de rapatriement en métropole des officiers et des troupes font l'objet d'âpres négociations entre les deux généraux. La question la plus délicate porte sur les modalités permettant de choisir entre le ralliement ou le départ vers la métropole. Cet accord, dans lequel la France libre n'est pas mentionnée et n'obtient donc pas le matériel militaire de l'Armée du Levant, porte exclusivement sur les questions de reddition. D'autre part, il est décidé que les troupes syriennes et libanaises, dites troupes spéciales, passent sous commandement britannique.(L'entente cordiale sur le plan politique est égale au «fair play» britanique sur le plan sportif!).
Pour le général de Gaulle, ce texte équivaut «à une transmission pure et simple de la Syrie et du Liban aux Britanniques.» Pas un mot des droits de la France, ni pour le présent, ni pour l'avenir.Il est évident que cet accord ne convient absolument pas au Général de Gaulle qui se rend au Caire pour rencontrer le ministre d'Etat chargé des affaires britanniques en Orient, Oliver Lyttelton. A la suite de ses entretiens avec Lyttelton, de Gaulle obtient satisfaction le 24 juillet. Un accord «interprétatif de la convention de Saint Jean d'Acre» permet à la France libre d'entrer en contact avec les troupes de Vichy, d'évoquer la possibilité d'un ralliement de celles-ci, de récupérer leurs armes. Quant aux troupes spéciales, c'est-à-dire les troupes syriennes et libanaises, elles passent finalement sous le commandement des troupes françaises libres.
Ainsi, la Grande-Bretagne reconnaît la place de la France au Levant sur les plans politique et administratif, tandis que la France accepte le commandement militaire de la Grande-Bretagne, selon les conditions bien précisées dans les textes acceptés le 25 juillet.
La Première Division Légère de France Libre est dissoute et renait sous la forme de deux brigades françaises libres indépendantes combattantes.
-La première avec à sa tête le général Koenig
-La deuxième avec le général Cazaud comme chef.
Une troisième brigade restera au Liban Français et en Syrie jusqu'à la fin de la guerre pour assurer la protection de ces pays.
Dans la biographie de Koenig on relève qu'il est promu colonel début 41 et général de brigade en juillet 41. Il semble bien que cette époque favorise l'avancement. Comme Leclerc ,capitaine à son ralliement en 1940, et Général de Brigade en 1942. Mais il est vrai que selon Corneille «aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années.»

Diapo 19 Quittant la Syrie et le Liban le 30 décembre 1941, traversant la Palestine et l'Egypte, la 1ère BFL prend position à la frontière libyenne, bien en arrière du front de la VIIIe Armée, mais où Rommel a laissé un "hérisson" qui tient le col d'Halfaya  et menace la sécurité de l'unique route du ravitaillement véritable cordon ombilical des armées alliées. Le 17 janvier 1942, la 1ére BFL et les Sud-Africains reçoivent la capitulation de la garnison d'Halfaya (5 000 prisonniers).
Se portant sur le front principal, 300 km plus à l'ouest, la 1ère BFL prend position à El Mechili au Sud du dispositif allié le 20 janvier 1942, au moment précis où Rommel, reprenant l'offensive, bouscule les troupes alliées près de la côte et menace de tourner la position tenue par les Français Libres.
Exécutant les ordres de la VIIIe Armée, les troupes du Général Koenig se replient au sud de Gazala, puis se retranchent le 14 février 1942 dans un point du désert appelé "Bir Hakeim" qu'elles aménagent en position fortifiée.
Diapo 20  Entre-temps, Rommel se trouve à court d'essence et de ravitaillement de toute sorte car Hitler a donné la priorité absolue au front de Russie. L'Afrika-Korps doit arrêter sa progression vers l'est et se retranche sur une ligne Nord-Sud-Ouest Gazala, El Mechili.
Commence alors une guerre étrange où les lignes adverses forment un V renversé. Près de la côte, à Gazala, les adversaires sont au contact, mais 100 km plus au sud, la position de première ligne de Bir-Hakeim est à 100 km des positions ennemies.
Diapo 21 C'est le temps des «Jock-Columns» où les patrouilles motorisées adverses se livrent, dans le «no man's land» à des batailles qui font penser aux engagements navals, et aux rezzou. (Ici quelques vieilles photos pour illustrer ce qu'étaient ces jock columns )Une Jock-Column est un groupement tactique constitué d'éléments d'infanterie motorisée, d'une batterie d'artillerie tractée, d'un peloton d'automitrailleuses, d'une section de canons antichars de 75 mm, d'éléments légers de DCA, du génie et de transmissions radio
Bir hakeim est un verrou qui empêche l'Africa -Korps de contourner les positions alliées pour les prendre à revers. Du 27 mai au 10 juin 42 la garnison subit les violentes attaques répétées des troupes de l'axe. La 1ére DFL évacue, de vive force, la position dans la nuit du 10 au 11 juin.
Diapo 22  (Les positions alliées apparaissent en vert. Les flèches rouges-brun marquent les troupes allemandes ,les blanches avec les pointes rouge-marron les troupes italiennes) Le déroulement de cette bataille mériterait d'être détaillé mais le meilleur hommage rendu à cette défense héroïque provient du Maréchal Rommel qui dans ses mémoire raconte: «Une invitation à se rendre, portée aux assiégés par nos parlementaires, ayant été repoussée, l'attaque fut lancée vers midi, menée du nord-ouest par la division motorisée Trieste, et du sud-est par la 90e division motorisée allemande, contre les fortifications, les positions et les champs de mines établis par les troupes françaises.

 La bataille de juin commença par une préparation d'artillerie; elle devait se poursuivre pendant dix jours durant et avec une violence peu commune. Pendant cette période, j'assumai moi-même, à plusieurs reprises, le commandement des troupes assaillantes. Sur le théâtre des opérations africaines, j'ai rarement vu combat plus acharné.»
La sortie est un succès complet et Rommel, ignorant que la position de Bir Hakeim a été désertée pendant la nuit, lance un nouvel assaut au matin. Ses hommes n'y découvriront que des cadavres ainsi que quelques blessés n'ayant pas réussi à fuir. La Luftwaffe, qui a épuisé son carburant au cours de 1 400 sorties au-dessus de Bir Hakeim, n'en a plus assez pour poursuivre et bombarder les colonnes FFL et britanniques qui s'échappent.
Toujours dans ses mémoires Rommel écrit:
«Le 11 juin 1942, la garnison française devait recevoir le coup de grâce. Malheureusement pour nous, les Français n'attendirent pas. En dépit des mesures de sécurité que nous avions prises, ils réussirent à quitter la forteresse, commandés par leur chef, le général Kœnig, et à sauver une partie importante de leurs effectifs. À la faveur de l'obscurité, ils s'échappèrent vers l'ouest et rejoignirent la 7e brigade anglaise. Plus tard, on constata qu'à l'endroit où s'était opérée cette sortie, l'encerclement n'avait pas été réalisé conformément aux ordres reçus. Une fois de plus, la preuve était faite qu'un chef français, décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée. Dans la matinée, je visitais la forteresse, théâtre de furieux combats ; nous avions attendu sa chute avec impatience. Les travaux de fortification autour de Bir Hakeim comprenaient, entre autres, 1200 emplacements de combat, tant pour l'infanterie que pour les armes lourdes».
De nombreux autres témoignages soulignent cette magnifique résistance qui a constitué un succès stratégique décisif. Parmi ces témoignages on retiendra celui d'Adolph Hitler qui déclarait sans ambages : « C'est bien une nouvelle preuve de la thèse que j'ai toujours soutenue, à savoir que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats de toute l'Europe....... Il nous faudra absolument, après cette guerre, nouer une coalition capable de contenir militairement un pays capable d'accomplir des prouesses sur le plan militaire qui étonnent le monde comme à Bir Hakeim »
Entretemps, radio Berlin avait diffusé un communiqué: «Les Français blancs et de couleur, faits prisonniers à Bir Hakeim, n'appartenant pas à une armée régulière, subiront les lois de la guerre et seront exécutés.». Charles de Gaulle ripostait immédiatement sur la BBC: «Si l'armée allemande se déshonorait au point de tuer des soldats français faits prisonniers en combattant pour leur patrie, le général de Gaulle fait connaître qu'à son profond regret il se verrait obligé d'infliger le même sort aux prisonniers allemands tombés aux mains de ses troupes.» La même journée la radio de Berlin proclamait: «À propos des militaires français qui viennent d'être pris au cours des combats de Bir Hakeim, aucun malentendu n'est possible. Les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats .»
Pour l'anecdote, Rommel, impressionné par la résistance française et s'apercevant que les prisonniers français mouraient de soif, donna l'ordre de leur attribuer une ration d'eau égale à celle que recevaient les soldats de l'Axe, ce sur quoi il fut en accord avec Mussolini qui avait exigé de ses troupes que les prisonniers français fussent bien traités. Charles de Gaulle, enfin, envoya un message au général Kœnig: «Sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil.

Diapo 23 Au passage petite parenthèse pour découvrir l'adjudant-chef Susan Travers seule femme enrôlée dans la Légion, rescapée de Bir Hakeim. Une héroïne de la dernière guerre, «chauffeur du général Koenig pendant les campagnes de Syrie et Lybie, légionnaire en Indochine ensuite». En juillet 1940, elle atterrit chez les Français libres à Londres, et obtient de partir pour l'Afrique, comme infirmière. Interdit de sympathiser avec les hommes, dit le règlement. En route pour la Corne de l'Afrique, elle tombe amoureuse de Dimitri Amilakvari, prince russe si beau dans son uniforme de commandant de la Légion étrangère française. En Syrie, le regard bleu-gris et la petite moustache gaullienne du nouveau commandant des Français libres d'Afrique, Marie-Pierre Koenig, lui font oublier son légionnaire russe. «Adjudant Travers, vous serez mon nouveau chauffeur», ordonne Koenig, le 17 juin 1941. Chauffeur et maîtresse, aussi, pendant deux ans. En Syrie, à Beyrouth, en Palestine, en Lybie... Il l'appelle la Miss, elle lui renvoie du «colonel», puis du «général». A Bir Hakeim Susan le conduit à la bataille, dans une Ford exténuée. Koenig à l'arrière, lui donnant ses ordres à coups de pied dans le dos, Amilakvari, le prince russe, en navigateur à ses cotés. Elle avance entre les balles, les mines, les obus. Le lendemain, ils sont sortis du «chaudron». Rommel est battu. «Félicitations, la Miss», dit Koenig. Fin de la parenthèse.
Diapo 24 Le 21 juin, Rommel s'empare de Tobrouk garnison britannique de 35000 hommes . Il y capture 2000 véhicules, dont 30 chars, en état de marche, 2000 tonnes d'essence et 5000 tonnes de vivres. La poursuite de la 8e armée continue, et Rommel investit Marsa Matmut avant d'arriver le 30 juin à El Alamein situé à 160 km d'Alexandrie. Cette bataille prit fin le 27 juillet 1942 sans qu'elle soit réellement gagnée ni perdue par qui que ce soit. Les deux armées fortifièrent leurs positions en posant des barbelés, en creusant des tranchées, en fabriquant des casemates et, bien évidemment, en enterrant un grand nombre de mines anti-chars. Une deuxième bataille fut déclanchée le 23 octobre.
Diapo 25 Les deux armées s'étaient renforcées : Rommel disposait de 104 000 hommes (dont 27 000 Allemands), 489 chars (dont seulement 38 Panzer IV), 750 canons antichars (dont 86 de 88 mm), 470 pièces d'artillerie et 350 avions. Montgomery avait une force de 200 000 hommes, 1 029 chars (dont 252 nouveaux Shermans) 1 400 canons antichars, 1 200 pièces d'artillerie et 750 appareils. Montgomery pouvait également faire appel aux 1 000 chars et 1 500 avions stationnés en Égypte. La Royal Navy coulait les 2/3 des pétroliers et navires de transports allemands qui faisaient route vers l'Afrique du Nord, Rommel manquait donc de carburant, de munitions et de médicaments pour ses troupes touchées par la malaria et la dysenterie.

( La disparité des troupes alliées apparaît clairement sur cette diapo qui montre du nord au sud les unités des différents pays qui combattent côte à côte : Australie, Royaume Uni, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, Grêce et France)
Au cours de cette deuxième bataille la 1 ère DFL est engagée dans une opération de diversion chargée de soulager l'attaque principale des forces alliées qui se déroule à El Alamein en Egypte. Là, elle participe à la difficile attaque du piton de l'Himeimat, parvient à immobiliser deux divisions blindées mais perd son chef prestigieux le colonel Dimitri Amilakvari, commandant de la 13° DBLE qui y est mortellement blessé.

Diapo 26 (Le massif de l'Himeimat est situé au bas de la diapo secteur dans lequel opère la 1ère DFL et où est tué le Colonel Amilakvari).
Ces deux batailles coûtèrent aux Britanniques 26 000 hommes et aux Allemands 81 800 (dont 7 000 prisonniers).
Le1er février 1943 les deux brigades françaises libres qui avaient été qualifiées de Forces Françaises du Western Désert au sein de la 8° armée britannique plus une troisième venue de Djibouti sont regroupées pour former la 1ère Division Française Libre commandée par le général de Larminat.
Diapo 27  (Un mot sur le général de Larminat qui se voit confier, en juin 1962, la présidence de la Cour Militaire de Justice en charge de juger les acteurs de la rébellion d'Alger d'avril 1961. Il se donne la mort le 1er juillet 1962, car, selon son fils, il préférait mourir en soldat plutôt que d'avoir à choisir entre juger ses pairs et désobéir à l'ordre du Général de Gaulle.)
Le général koenig est nommé adjoint et participe à la campagne de Tunisie (avril-mai 1943),
Diapo 28  à la suite de laquelle il est promu général de division et prend le commandement de la 1ère DFL. De juin à août 1943 la 1ère DFL et la colonne Leclerc qui prend le nom de 2° DFL sont envoyées en «pénitence» à Zouara dans le désert de Tripolitaine. Pour comprendre cette mise à l'écart il convient de revenir au 13 mai, jour de la capitulation des troupes germano-italiennes de Tunisie. La 1re DFL fait sa jonction avec les unités de l'armée d'Afrique engagées en Tunisie or le colonel Le Coulteux de Caumont, qui commandait le groupement blindé de la division d'Oran s'était battu contre les FFL en Syrie. On peut facilement comprendre que les retrouvailles étaient loin d'être chaleureuses. De Gaulle confie à Larminat le commandement du groupe de divisions françaises libres .
Diapo 29 Très hostile à Giraud, Larminat refuse que les FFL et l'armée d'Afrique participent ensemble, le 20 mai, au défilé de la victoire à Tunis. (Sur la diapo de droite pas très lisible figurent les généraux juin, Catroux, Alexander, Eisenower, Grant et les attachés des puissances étrangères) Bien que de Gaulle soit désormais installé à Alger (30 mai 1943), Giraud ordonne aux FFL de regagner la Tripolitaine. Cette décision exaspère l'antagonisme entre l'armée d'Afrique (qui compte 300.000 h) et les FFL (forte de 50.000 h). Le 31 juillet il est mis fin aux engagements dans les FFL
Le 1er août 1943, le général Koenig quitte le commandement de la 1ère DFL pour prendre les fonctions de chef d'Etat-major adjoint de l'Armée à Alger et y opérer la fusion entre les troupes d'Afrique du Nord et celles de la France libre qui vont poursuivre le combat sous le nom d'Armée Française de Libération. La tâche n'est pas facilité avec pour toile de fond l'antagonisme Giraud – de Gaulle.
Diapo 30 A ce sujet on rappellera que le CFLN  (Comité Français de libération Nationale) a été créé le 3 juin 43 par la fusion du Comité National Français du général de Gaulle et du Commandement en chef Français civil et militaire du Général Giraud. Cet exécutif bicéphale place de fait Giraud comme commandant en chef des Forces Françaises mais se trouve placé sous l'autorité de de Gaulle qui, à la tête du Comité de Défense, supervise les opérations militaires. Une vraie rivalité qui tourne à la guerre entre les deux hommes.
Diapo 31 Finalement de Gaulle finira par évincer Giraud pour devenir le Président du Gouvernement Provisoire de la République Française qui en juin 1944 succéda à l'Etat Français. Reconnu officiellement par les Alliés (le 3 octobre 1944) le Gouvernement provisoire s'affirme comme le représentant de la nation, ce qui lui permet d'éviter l'administration de la France libérée par les Alliés et d'assurer le rétablissement des institutions républicaines.
Diapo 32 De plus la création de ce gouvernement officialise la poursuite de la guerre et vaut à la France de participer à la signature de la capitulation allemande et d'obtenir une zone d'occupation en Allemagne. Le GPRF entreprend la reconstruction politique et matérielle du pays.
En 1944 le Général Kœnig est nommé Délégué du Gouvernement provisoire de la République française auprès du général Eisenhower  et, en même temps, commandant supérieur des Forces françaises en Grande-Bretagne et commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI).

Promu général de corps d'armée le 28 juin 1944, il est nommé Gouverneur militaire de Paris le 25 août suivant et le reste jusqu'à la fin des hostilités. C'est en qualité de gouverneur et mandaté par le Général de Gaulle qu'il est chargé d'arrêter le Maréchal Pétain à Vallorbe à la frontière suisse le 26 avril 1945.
Comme indiqué au début de l'exposé, la biographie du Maréchal Koenig nous a essentiellement servi de fil rouge pour évoquer à travers son parcours les principaux événements peu connus de la seconde guerre mondiale. Nous allons donc poursuivre cette plongée dans l'histoire pour savoir quand et comment s'achève celle de notre héros.
En juillet 1945, le général Koenig est nommé Commandant des Forces françaises en Allemagne puis est promu général d'armée en mai 1946. Il quitte son poste en Allemagne en août 1949 pour prendre celui d'Inspecteur des Forces terrestres, maritimes et aériennes de l'Afrique du Nord. Parallèlement, il est vice-président du Conseil supérieur de la Guerre.
En 1950, le général Koenig est élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques.
Député du Bas-Rhin en 1951, réélu en 1956, Pierre Koenig est président de la Commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale d'août 1951 à juin 1954.

Diapo 33 Elu membre de l'Assemblée consultative européenne en août 1951, il est ministre de la Défense pendant deux mois dans le cabinet Mendès-France (juin à août 1954) puis de nouveau pendant quelques mois au sein du cabinet Edgar Faure (février-octobre 1955).
Pierre Koenig est également membre du Conseil de l'Ordre de la Libération.
Le général Koenig est décédé le 2 septembre 1970. Ses obsèques se sont déroulées en l'Eglise Saint-Louis des Invalides. Il a été inhumé au cimetière de Montmartre à Paris.Pierre Koenig a été élevé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume par décret du 6 juin 1984.
Diapo 34 Ainsi à travers l'évocation de la vie du Maréchal Koenig nous avons pu découvrir tout un pan quelque peu méconnu de l'histoire de la seconde guerre mondiale et, en particulier, l'épopée des Forces Françaises Libres.

 Près de quatre vingts ans après l'entrée en guerre de notre pays nous devons nous remémorer les événements qui ont profondément marqué cette époque particulièrement sombre de notre histoire. Cette période a vu se creuser une importante fracture du peuple français: les «légitimistes» de Pétain et les «dissidents» de de Gaulle. Nous devons nous souvenir et tirer les enseignements de ces sanglants épisodes qui ont divisé le pays et où paradoxalement ceux qui sont morts d'un côté comme de l'autre, sont morts pour que vive la France.

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