Vous êtes ici : Accueil InformationsBrèvesInformationsBrèves2252 Conférence Colonel LATTES 11 novembre 2018

 

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Après quatre ans, trois mois, onze jours, c'est la fin de la guerre, cette guerre atroce qui, par le sang versé, laisse notre pays exsangue. Ce 11 novembre 1918 est signé, dans un wagon de chemin de fer, dans la clairière de Rothonde, près de Compiègne, l'armistice qui marque la fin des combats. (Diapo 2) Chacune de ces interminables années de guerre s'est profondément inscrite dans l'esprit de ceux qui ont vécu et espéré la fin de ce terrible cauchemar. Cent ans après que reste-t-il dans l'esprit de nos contemporains ? De la compassion, de la curiosité, de l'indifférence ou de l'oubli le plus total de ce cataclysme qui a bouleversé le monde ? Pourtant il y a 100 ans, et ce n'est pas si vieux, toutes nos familles étaient concernées par ce conflit et nous n'avons pas le droit de l'oublier. « nous avons tous notre poilu avec selon l'âge un père, un grand-père, un ou plusieurs arrière-grand-père ou arrière-arrière-grand-père » .C'est la raison pour laquelle, en 2014, la commémoration du centenaire de la guerre 14-18 a permis d' ouvrir, ici à Reyniès, le cycle d'une certaine forme de devoir de mémoire. Chaque année du centenaire nous avons évoqué les événements qui se sont déroulés durant l'année considérée et rappelé où et quand sont tombés les Reyniésiens que nous sommes venus honorer ce jour. Pour terminer ce cycle nous verrons les faits de cette année 1918 et nous essayerons d'en découvrir les conséquences. Mais avant d'ouvrir cette page d'histoire, rappelons-nous les faits marquants qui ont jalonnés cette mémorable guerre.   (Diapo 3)

2 août 1914 mobilisation générale. Le lendemain, 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et envahit la Belgique. Les historiens ont appelé cette période la bataille des frontières au cours de laquelle de furieux et sanglants combats font déjà, en ce mois d'août, plus de 300 000 morts. On compte 40 000 morts dans la seule journée du 22 où la 33° Division d'Infanterie venue de Montauban est décimée dans la forêt de Bertrix. Après le repli de nos forces, la bataille de la Marne du 6 au 17 septembre, marque un coup d'arrêt à l'avance allemande. Cette séquence s'est poursuivie par une série de combats qui se sont succédés dans ce que l'on appelé la course à la mer. Puis le front s'est stabilisé vers la mi-novembre. Il s'étire alors sur 750 km de la frontière Suisse à la Mer du Nord. (La diapo à l'écran résume l'essentiel des événements que nous venons d’évoquer : les différentes batailles matérialisées par des points rouges éclatés, la course à la mer par les deux flèches parallèles verte et bleu et la ligne de front, ligne continue en violet, de la mer du Nord à la Suisse)

L'année 1915 marque l'installation de la guerre de position. (Diapo 4) C'est la guerre des tranchées où se concentre toute l'horreur endurée par les combattants dans ces lieux. Toutes les tentatives pour percer le front se soldent par des échecs couteux en vies humaines aussi bien en Artois qu'en Champagne. (Diapo 5 Cette diapo matérialise les zones de combat qui se sont déroulés en Artois au printemps et en septembre 1915 et, en Champagne en février, mars et septembre 1915) Les expéditions aux Dardanelles et à Salonique n'ont pas été des succès voire même un échec comme aux Dardanelles. (Diapo 6 On voit ici les Dardanelles à gauche et à droite la position de Salonique en Grèce, au bas de la carte au sud de la ligne bleue matérialisant la ligne de front.)

1916 restera à jamais marquée comme l'année la plus meurtrière de l'histoire avec l'enfer de Verdun et la bataille de la Somme. (Diapo 7) Dans la mémoire collective Verdun avec ses 700 000 soldats morts (360 000 français et 335 000 allemands) reste le symbole de cette guerre. Pour un peu on oublierait le bilan pourtant plus meurtrier de la bataille de la Somme où périrent plus d'un million de soldats (200 000 français, 400 000 britanniques et 450 000 allemands). Comment peut-on oublier cette hécatombe. Ces hécatombes!

En 1917 les faits marquants sont l'entrée en guerre des Etats-Unis, (diapo 8) la Révolution Russe (diapo 9) et sur le front le sanglant échec du Chemin des Dames (diapo 10) où en 10 jours de combat 271 000 français ont été tués. Cet épisode, lourd de conséquences, a marqué les esprits et le moral des troupes à la limite de la rébellion.

Nous voici donc en 1918. En ce début d'année il ne se passe pas d'événement majeur sur le front où, si la situation n'était pas aussi dramatique, nous serions tenté de dire c'est la routine. (Diapo 11) .(Comme le montre cette diapo la ligne de front matérialisée ici par la ligne verte n'a guère évoluée depuis 1914, sauf le repli volontaire des allemands marqué par la ligne rouge en mars 1917. A noter que toutes les zones vertes le long de cette ligne de front rappellent les lieux où se sont déroulés les combats acharnés pour tenter de percer cette ligne. Du Nord au Sud on lit: Flandres 1917 – Artois 1915 – Vimy 1915 et 1917 – Somme 1916 – Chemin des Dames 1917 - Champagne 1915 – Verdun 1916 – Les Eparges 1915 – Linge 1915 – Hartmanns-Villerkopf 1915 . Autant de hauts lieux de mémoire) Au plan international on notera que ,le 8 janvier, le Président américain Wilson propose un plan de paix en 14 points dont le droit des peuples colonisés à disposer d'eux-mêmes et la création d'une société des nations.

Mais le calme apparent sur le front est trompeur d'autant que l'effondrement de la Russie a permis de dégager d'importants renforts. Mi-février, l'essentiel du transfert des divisions allemandes du front Est vers la France est achevé. Les Allemands s'étaient, en effet, rendu compte que leur seule chance de gagner la guerre était d'anéantir les Alliés avant que les Etats-Unis ne puissent déployer suffisamment de troupes en Europe pour vaincre l'Allemagne. Cinquante divisions allemandes avaient pu être redéployées sur le front occidental après la signature du traité de Brest-Litovsk avec la Russie soviétique. Ainsi une série d'offensives vont se dérouler entre le 21 mars et le 18 juillet. Chronologiquement on répertorie cinq offensives qui apparaissent sur cette diapositive à l'écran (diapositive 12)

Ces opérations allemandes portent un nom de code. Elles sont également désignées par leur localisation géographique. (Diapo 13) Cette diapo reprend la chronologie des attaques allemandes en y associant le nom de code .Ainsi Michael ou bataille de la Somme est la première offensive menée entre le 21 et le 27 mars. Georgette la deuxième ou bataille de la Lys s'est déroulée du 9 au 27 avril. Blücher-Yorck ou bataille de l'Aisne est la troisième attaque conduite entre le 27 mai et le 4 juin. La quatrième opération Gneisenau ou bataille du Matz s'est livrée du 9 au 13 juin. A noter que la cinquième offensive qui se déroule en Champagne du 15 au 17 juillet se nomme «La friedenstrum l'assaut pour la paix!»)

Michael constituait la principale attaque. Elle était destinée à percer les lignes alliées, et à déborder les forces britanniques de la Somme à la Manche.Cette vaste offensive est connue sous le nom de la bataille de l'empereur ou kaiserschlacht ; L'EM allemand sûr de la victoire avait convié l'empereur Guillaume à cette attaque la pensant décisive. Les autres offensives étaient subordonnées à Michael et ont été conçues pour détourner les forces alliées de l'offensive principale sur la Somme.

Sur les 110 divisions placées en première ligne, 50 le sont face au front britannique qui ne compte que 13 divisions de la 3° armée armée du général Byng et 16 divisions de la 5° armée du Général Gough.

Entre le 21 et le 31 mars Ludendorff lance la bataille dite de l'empereur dont l'objectif est de pénétrer en coin entre les forces anglaises et françaises. Le plan conçu est simple et brutal. Il s'agit d'un coup de massue porté avec toutes les forces disponibles en un seul point convenablement choisi. Ce point sera la région de Saint Quentin où se trouve la limite entre les forces anglaises et françaises (Diapo 14) (La poussée est très forte dans le secteur anglais comme le montre cette diapositive des différents fronts matérialisés par les lignes successives de couleur. On y voit Saint Quentin sur la ligne de front du 21 mars -en rouge- puis les différentes lignes atteintes en pointillés: les 22 , 24 et 26 mars et la dernière au 5 avril) Devant cette avance de l'ennemi, le général Foch constatant la divergence des retraites entre les Anglais qui cherchaient à garder les ports de la Manche et les Français qui tentaient de couvrir Paris, provoqua le 26 mars à Doullens une réunion au cours de laquelle il fut désigné comme coordinateur des armées alliées. Foch a tout de suite vu de quoi il s'agissait. Les Anglais se retiraient vers le nord-ouest, les Français vers le sud ; ils s'écartaient donc les uns des autres. Il s'agissait de rétablir d'abord, puis de maintenir, la soudure entre les Anglais et les Français.

En définitive le 31 mars quand la bataille s'éteint sur le dernier assaut à peu près infructueux, l'armée allemande a engagé 87 divisions qui sont toutes plus ou moins mal en point et si la poche creusée dans notre front mesure 80 kilomètres en largeur et 60 en profondeur son objectif: la rupture du front franco-britannique par la prise d'Amiens n'a pas été atteint. (Diapo 15) (Cette diapo montre les limites des fronts entre le 21 mars en bleu et le 5 avril en rouge. On remarque que la ville d'Amiens a été préservée, alors que la distance pour atteindre Paris s'est considérablement amenuisée)

Le 29 mars 1918, un obus allemand tombait sur l'église Saint-Gervais, à Paris. Il causa des dégâts considérables et fit 75 morts. Ce fut le plus meurtrier des obus lancés sur Paris par le canon surnommé la grosse Bertha. (Diapo 16) En fait il s'agissait de ce canon, appelé "l’arme de l’empereur Guillaume" ou le "canon parisien" aux dimensions démesurées: un canon de 36 mètres, et un poids de 700 tonnes pour envoyer des obus de plus de 100 kg… à quelque 130 kilomètres.

Installés début 1918 en forêt de Saint-Gobain, près de Crépy-en-Laonnois au nord de Paris, en arrière de la ligne de front, deux canons ouvrent le feu sur la capitale à partir du 23 mars 1918 à 7h du matin. Les canons étaient alors pointés sur le centre de Paris à plus de 120 km de là. Le premier jour, 22 tirs sont effectués. Finalement c’est plus de 400 obus qui furent tirés dont 351 atteignirent Paris causant ainsi la mort de 256 personnes et en blessant 620 autres.

La seconde phase de l’offensive allemande (opération « Georgette », également connue sous le nom de « bataille de la Lys »), est lancée en Flandre française le 9 avril. (Diapo 17) Pour Ludendorff, elle fait figure de « quitte ou double ». Le scénario se révèle identique au premier épisode : une percée spectaculaire sur la Lys, la prise rapide d’Estaires (9-10 avril), accompagnée de l’incendie de la ville (Ici au centre de la diapo) et de la crête de Messines(10-11 avril), (Située en haut à droite)une avance vers Hazebrouck qui vient mourir à proximité de ce carrefour ferroviaire de grande importance (12-15 avril),(située au centre gauche) la destruction et la capture de Bailleul (12-15 avril),(ici au centre) une première bataille sur le mont Kemmel (17-19 avril), (partie hachurée) un nouvel échec pour atteindre Béthune qui entraîne, de rage, le bombardement massif de tout le centre de la ville.

Si plusieurs divisions britanniques se sont efforcées d’enrayer l’attaque allemande avec des moyens souvent dérisoires – des barricades de fortune dans les rues d’Armentières ou de Bailleul, des groupes de retardement accrochés aux remblais ferroviaires –, d’autres en revanche s’effondrent sous la violence de l’impact ; il en est de même pour le corps expéditionnaire portugais, qui vole en éclats devant Neuve-Chapelle. (Ici au centre bas en bordure du Mont Kemmel)Pour venir en aide à son allié en péril, Foch décide d’envoyer des troupes françaises en renfort. Ce sont des unités françaises qui subissent le bombardement apocalyptique de la « seconde bataille du Kemmel », les 25 et 26 avril. Malgré l’ampleur de leurs pertes, les Alliés parviennent à stabiliser le front. Le 29 avril, la Kaiserschlacht s’achève par un constat d’échec. (Diapo 18 Voici un croquis de cette opération Georgette montrant les différents axes d'attaque et les lignes épaisses en noir et gris foncé qui marquent les limites du front avant et après l'attaque. Pour info les lignes rouges indiquent les voies ferrées)

Le bilan des pertes humaines est considérable, dans les deux camps, en raison du volume et de la durée de la double offensive. Les Britanniques ont perdu 236 000 hommes entre le 21 mars et le 29 avril 1918 ; la structure des pertes est très particulière : assez peu de tués (ce qui signifie quand même 20 000…), beaucoup de disparus (120 000), pour la plupart des prisonniers. Les Français ont moins de pertes en nombre (92 000), mais la proportion des tués est considérable pour les unités engagées au Kemmel. Quant aux Allemands, ils ont perdu, dans la même période, 348 000 hommes.

Le général Erich Ludendorff, chef d’état-major général adjoint allemand, (Diapo 19) lance sa troisième offensive sur le front occidental en 1918, par une attaque de diversion contre les Français qui tiennent le secteur du Chemin des Dames, sur l’Aisne. (Ici au centre de la diapo juste en dessous de la flèche)

L’objectif de Ludendorff est d’empêcher les Français d’envoyer des renforts aux Britanniques qui se trouvent dans le nord de la France, où il prévoit une nouvelle attaque.

L’assaut allemand débute par un tir de barrage de 4600 pièces d’artillerie, suivi d’une attaque de sept divisions sur un front de 15 km. Les Allemands s’emparent immédiatement du Chemin des Dames et avancent sur l’Aisne, prenant plusieurs ponts intacts. En fin de journée, les Allemands ont avancé d’une quinzaine de kilomètres.

Bien que l’offensive ait un objectif limité, ses premiers succès persuadent le haut commandement allemand de poursuivre vers Paris, qui n’est qu’à 130 km. Le commandant du corps expéditionnaire américain, le général John Pershing, va envoyer des renforts aux Français. Ils passeront à l’action le 30, quand les Allemands menaceront la Marne.

Le 4 juin le général Erich Ludendorff met un terme à sa double offensive, appelée Blücher et Yorck, commencée le 27 mai. Bien que ses unités d’assaut aient opéré une percée d’un maximum de 32 km sur une distance de 50 km, elles sont en perte de vitesse. Il doit également faire face à des contre-attaques françaises et américaines de plus en plus puissantes. Ainsi la 2e division américaine sous les ordres du général Omar Bundy attaque le bois Belleau, situé légèrement à l’est de la ville de Château-Thierry.

Les pertes allemandes s’élèvent à 125 000 hommes, et celle du camp adverse sont du même ordre. (La zone concernée par cette troisième offensive est matérialisée par la partie centrale de la diapo dans laquelle figure la ville de Soissons)

Du 9 au 13 juin la XVIIIe armée du général Oskar Von Hutier lance la quatrième série d’offensives. Ludendorff prévoit de réunir les deux saillants pris lors des précédentes attaques dans les secteurs d’Amiens, de l’Aisne et de la Marne. Hutier doit attaquer à l’ouest le long de la rivière Matz, un affluent de l’Oise, dans la direction de Noyon et de Montdidier. (Localités qui apparaissent ici en haut et à gauche de la diapo) Cependant le commandement de la IIIe armée française, le général Georges Humbert, averti par des déserteurs allemands a organisé sa défense en conséquence. Et sur son ordre, son artillerie bombarde sévèrement les troupes d’assaut ennemies peu avant leur offensive.

Cependant, le barrage ne permet pas d’empêcher les troupes allemandes d’avancer de 8 km le premier jour de leur attaque, connu sous le nom de code opération Gneisenau (La zone concernée par cette opération apparaît ici en haut et à gauche) La résistance française s’intensifie les jours suivants, et la tentative de relier les troupes allemandes d’Oskar Von Hutier et celles de la VIIe armée du général Max Von Boehn, qui ont lancé une attaque sur Soissons le 10 juin, se solde par un échec.

Du 15 au 17 juillet les forces allemandes commencent leur cinquième offensive. «La friedenstrum l'assaut pour la paix!» Le général Erich Ludendorff, prévoit une nouvelle attaque de diversion, cette fois en Champagne, le long de la Marne, afin que les réserves ennemies quittent le nord de la France ou il espère toujours percer la ligne britannique et s’emparer des ports de la Manche. Trois armées allemandes sont engagées dans l’attaque. La VIIe armée du général Max Von Boehn, doit avancer sur la Marne puis, virer à l’est sur Épernay, où il doit rejoindre la Ire armée du général Bruno Von Mudra avançant des deux côtés de Reims.( L'axe de cette attaque est matérialisé par la flèche orientée vers Epernay . Un peu plus à l'est on voit le saillant de Reims). La IIIe armée du général Karl Von Einem a pour ordre de prendre Châlons-sur-Marne. (L'axe de l'attaque est matérialisé par la flèche la plus à l'est au-dessus de Souain)

(Diapo 20 Ce schéma qui rappelle les cinq offensives allemandes illustre la volonté de réunir les saillants pris dans les attaques précédentes comme l'indiquent les doubles flèches)

A la mi-juillet voici la physionomie de la ligne de front (Diapo 21). Les cinq offensives allemandes avaient permis la réalisation d'une large percée au sein des lignes alliées mais depuis l’ouverture de la première offensive, les forces allemandes ont perdu quelque 500 000 hommes pratiquement irremplaçables; alors que les Américains débarquent au rythme de 300 000 hommes par mois. À court d’effectifs, Ludendorff prévoit un repli mesuré afin de réduire sa ligne de front. Cependant, ses adversaires prévoient de lancer une contre-offensive avant que son repli soit achevé.

A partir du mois de juillet 1918, les attaques allemandes s'enlisent et les alliées remportent la "seconde bataille de la Marne" (18 juillet 1918) permettant de sauvegarder Paris.(Diapo 22) Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, l'équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts.( qui apparaît en haut et à gauche de la diapo)Les nouveaux chars Renault FT sont employés pour la première fois et rencontrent le succès partout où ils sont engagés. En deux jours, le nombre des prisonniers dépasse 17 000 hommes et 360 canons ont été capturés. Surpris, les Allemands engagent 4 divisions de renfort au centre. Vers 18 heures, ils ont repris Vierzy, mais sans le garder. Les Alliés sont à moins de 15 kilomètres de la gare de la Fère en Tardenois, l’unique voie ferrée étant sous le feu de l'artillerie. Le 20, les Allemands prélèvent des divisions sur les armées voisines et engagent la 5°division de la Garde contre l'armée Degoutte, deux divisions et des éléments retirés de la Marne, contre l'armée Mangin.

Malgré ces renforts, le 28 juillet la gare est prise par les Alliés et le 7 août tout le terrain est repris. (Sur cette diapo les différentes lignes atteintes lors de cette reconquête du terrain sont matérialisées par les différentes lignes rouges. Trait plein la ligne de front le 18 juillet. Petits points espacés le 20 juillet.La ligne au-dessus est atteinte le 28 juillet. La ligne la plus au nord marque la limite de l'avancée au 6 août.) Les chars d’assaut ont prouvé leur efficacité (Diapo 23 le char Renault FT)

Au début du mois d'août, les conditions d'une large contre-offensive alliée sont désormais mises en place : affaiblie par ses nombreuses pertes et ses récents revers, l'armée allemande commence à battre en retraite tandis que les Alliés peuvent désormais compter sur de nouveaux armements produits en grand nombre (chars) et sur une participation désormais effective des soldats américains aux combats.

Le 8 août 1918, l'armée alliée engage une importante contre-offensive en Picardie, (diapo 24 ) au niveau de la Somme, entre Amiens et Saint-Quentin. Les Britanniques attaquent au centre et au nord, les Français au Sud. Une énorme force blindée de 530 chars britanniques et 70 chars français est engagée dans la bataille aux côtés de l'infanterie. Pour la première fois, les Alliés combinent une attaque aérienne (les avions de la RAF mitraillent les tranchées ennemies) avec une offensive terrestre menée par les chars puis l'infanterie. Avant la fin de la journée, tous les bataillons ont atteint les positions qui leur avaient été fixées : le front a reculé de plus de 10 kilomètres et les unités françaises et britanniques ont pu réaliser leur jonction. Les pertes allemandes s'élèvent en une seule journée à 27 000 victimes et 16 000 prisonniers. En quatre jours seulement, l'essentiel de l'ancien champ de bataille de la Somme est repris. (Sur cette diapo apparaissent les lignes successives du front du 8 et 9 août)

A la fin du mois d'août, les Alliés ont progressé jusqu'aux fortifications avancées de la ligne Hindenburg dont ils avaient été repoussés par l'offensive allemande de mars 1918. Ludendorff a appelé le 8 août 1918, jour où Français et Britanniques percèrent le front à Amiens, le "jour noir de l'armée allemande". A partir de cette date, l'avancée alliée ne s'arrêtera plus et la défaite de l'Allemagne devenait inéluctable.

Foch, commandant en chef des armées alliées, après avoir contenu les derniers soubresauts offensifs allemands, décide, en août, de lancer une offensive générale. Plutôt que sur des assauts massifs en un seul point, il opte pour une série de coups de boutoirs, destinés à user l’ennemi, jusqu’à la rupture. Dans la partie est du front, ces offensives en cascade sont menées par les Français et les Américains ; en Picardie, en Artois et en Flandres, par les Britanniques.

L’armée anglaise, qui comprend désormais d’importants contingents australiens et canadiens, lance sa première offensive en Picardie, le 21 août, devant Albert. (Diapo 25) Du 26 août au 3 septembre, les Britanniques livrent une « seconde bataille d’Arras », après celle d’avril 1917, le long de la Scarpe, et reprennent Monchy-le-Preux, totalement anéanti, avant d’entrer en contact avec les défenses de la ligne Hindenburg dans le secteur Drocourt-Quéant. Entre le 31 août et le 3 septembre, l’effort se porte sur le secteur de Bapaume qui a donc subi, en 18 mois, trois déplacements successifs du front (retrait allemand de mars 1917, avance allemande de mars 1918, reconquête britannique).

Le 12 septembre 1918, commence l’assaut contre la « ligne Hindenburg », qui a déjà coûté tant de sang britannique. Les assaillants, qui disposent désormais d’une écrasante supériorité en termes d’artillerie, multiplient les attaques ponctuelles ; elles permettent d’économiser des hommes et d’éprouver un adversaire dont la combativité est en train de s’émousser, comme l’atteste le nombre de plus en plus élevé de redditions spontanées. Une première tentative, où sont engagées des troupes anglaises et néo-zélandaises, est couronnée de succès à Havrincourt, le 12 septembre. Le 27, une attaque de plus grande ampleur est lancée contre le canal du Nord, par une quinzaine de divisions.

Un mot sur cette ligne Hindenburg matérialisée ici à l'écran. (Diapo 26) C’est pendant la dernière partie de la bataille de la Somme que l’état-major allemand, tirant très rapidement les leçons de l’offensive alliée en cours, prend la décision d’édifier une nouvelle ligne de défense, apothéose des techniques de la fortification allemande sur le front ouest. Cette « ligne Siegfried » (ou « ligne Hindenburg » pour les Alliés) est établie très en arrière du front existant, à une distance variant de 10 à 50 km. Structurellement, il s’agit d’un système constitué de zones fortifiées reliées entre elles par des cordons défensifs, qui doit s’étendre de la mer du Nord à Verdun.
Ludendorff a décidé que le repli sur la nouvelle ligne de défense s’accompagnerait d’une destruction systématique des zones abandonnées, afin de ne laisser aucun abri aux Alliés ; en outre, la zone devait être minée et piégée, afin de la rendre plus dangereuse. (On voit très bien apparaître sur la diapo cette nouvelle ligne de défense plus à l'est que la première et qui couvre le front de la mer du Nord à Verdun. On remarque également les limites de ce même front entre le 15 juillet et le 11 novembre qui encadrent le terrain reconquis, ici en brun)

La ligne Hindenburg est formée de zones opérationnelles (Stellungen), dont les noms sont tirés de la mythologie germanique (Diapo 27)
La plus puissante est Siegfried : (Ici au centre de la diapo ) elle relie Lens à Reims, sur 160 km. Elle est réalisée en cinq mois seulement, grâce au recours à plus de 500 000 ouvriers, des civils allemands et des prisonniers de guerre russes. Elle est constituée de tranchées profondes de 5 mètres sur 4 m de large et d’abris souterrains ; devant la première ligne, des ceintures de barbelés larges au minimum de 20 mètres. Les casemates de tir et les abris sont protégés par du béton armé et des plaques d’acier. En outre, trois kilomètres environ devant la ligne principale, a été disposée une ligne d’avant-postes, plus légèrement défendue, destinée à ralentir les troupes assaillantes. La         « zone de bataille » proprement dite, profonde de 2 kilomètres, est couverte par un véritable barrage d’artillerie et de mitrailleuses, apte à éliminer toute infanterie adverse. Ultérieurement, des fossés antichars seront creusés devant les premières lignes.

La ligne Hindenburg (Diapo 28) est doublée en arrière de deux autres lignes .La première va de Douai à Pagny sur Moselle, localité située au sud de Metz et au nord de Nancy. La deuxième va de Douai à Metz. Au total dans ce secteur il y a trois lignes contre lesquelles vont se heurter les armées alliées.

Au cours de ce deuxième semestre 1918, sur l'ensemble du front, (Diapo 29) plusieurs séries de batailles (Comme le montre cette diapo) vont se dérouler.

Nous en avons déjà évoqué quelques-unes qui ont eu lieu (diapo 30) dans les zones indiquées par les chiffres 1,2 et 3 à savoir:

En 1 la deuxième bataille de la marne du 18 juillet au 6 août qui correspond à la cinquième offensive allemande baptisée «Friedenstrum»

En 2 la bataille d'Amiens du 8 au 15 août

En 3 la bataille d'Amiens 2° phase du 21 août au 18 septembre nommée également la contre-offensive en Picardie.

En 4 la bataille du saillant de Saint Mihiel

En 5 l'offensive générale alliée qui se déroule du 26 septembre au 15 octobre

En 6 la retraite allemande entre le 16 octobre et le 11 novembre.

(Diapo 31) En septembre 1918, le saillant de Saint-Mihiel forme une hernie large de 38 km et profonde de 23 entre la Meuse et la Moselle. La réduction de ce saillant permettrer de libérer l’accès à la voie ferrée Paris-Nancy, ainsi que les voies de communication menant à Verdun.

Le Général John J. Pershing envisage alors de réduire le saillant de Saint-Mihiel par une puissante offensive qui ferait la part belle à son corps expéditionnaire, jusque-là engagé efficacement à l’échelle de divisions sur plusieurs endroits du front (Bois-Belleau, Ferme Rouge, Saint-Quentin, Bois de Fère…). Cette fois, il compte engager sa nouvelle Ist US Army

Le 30 août, Ferdinand Foch vient expliquer à Pershing que la réduction du saillant de Saint-Mihiel est devenue un objectif secondaire et que ses Doughboys seraient plus utiles en attaquant aux côtés des VIe et IVe Armées françaises entre l’Aisne et la Meuse et non plus vers Metz. Avec la contre-offensive victorieuse des Britanniques, Canadiens, Australiens et Français en Picardie, le Généralissime estime que la victoire peut être acquise plus tôt que prévu. Pour Pershing, c’est un coup dur car il tient à sa grande offensive exclusivement menée par des forces américaines (ou presque). Question de prestige. , Philippe Pétain soutient Pershing dans son vœu de lancer les forces américaines dans une opération de grande envergure. Pour le général français, Foch doit laisser l’autonomie tactique à Pershing et non pas lui dire comment utiliser ses forces et comment attaquer. Finalement, un accord est trouvé. La Ist Army réduira le saillant de Saint-Mihiel et en contrepartie, Pershing s’engage à participer à l’offensive prévue par Foch, aux côtés des IVe et IInde Armées françaises. (Diapo 32) (La diapo à l'écran montre le schéma de l'attaque) Le saillant de Saint Mihiel sera réduit les 12 et 13 septembre par les 460 000 Doughboys de la   Ist US Army (dont 250 000 maintenus en réserve), avec l’appui de 100 000 Français, 3 000 pièces d’artillerie, 419 chars (Renault FT-17 et Saint-Chamond) et 1 400 avions (dont 600 appareils français et plusieurs escadrilles britanniques). Américains et Français ont perdu 7 000 hommes en tout ; tués, blessés et disparus. Les Allemands ont perdu 2 200 tués, 5 000 blessés et doivent laisser de nombreux prisonniers.

(Diapo 33) L'offensive générale contre la ligne Hindenburg va se dérouler du 15 août au 26 septembre. Elle apparaît ici matérialisée en vert dans la zone numérotée 5

En six semaines, sans trêve, sans répits les Alliés, par des attaques répétées et conjuguées sur l'ensemble du front vont reprendre pied sur les terrains perdus. (voir la zone 6 )Au cours du mois d'octobre, les armées allemandes durent reculer de tous les territoires conquis en 1914. (Diapo 34) Les Alliés repoussèrent les Allemands sur la ligne de chemin de fer reliant Metz à Bruges (indiqué sur la carte par une ligne verte hachurée), qui avait servi à alimenter l'ensemble du front dans le nord de la France et la Belgique pendant une grande partie de la guerre. Lorsque les armées alliées atteignirent cette ligne, les Allemands furent contraints d'abandonner de plus en plus grandes quantités d'équipement lourd et de matériel, réduisant encore davantage leur moral et leur capacité de résistance.

Des combats d'arrière-garde eurent lieu à Ypres, Courtrai, Selle, Valenciennes, sur la Sambre et à Mons, avec d'autres combats qui se poursuivirent jusqu'aux dernières minutes avant l'armistice qui prit effet à la onzième heure du onzième mois de la quatrième année de la première guerre mondiale. (Diapo 35) Très exactement quatre ans, trois mois et neuf jours de combats terriblement meurtriers. Il avait été signé six heures plus tôt, un peu après 5 heures du matin, par les représentants alliés et allemands dans le wagon d’état-major aménagé du général Foch, dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne. (Diapo 36) Il marquait la victoire des armées alliées et la capitulation de l’Allemagne.

Ce 11 novembre 1918 les Reynièsiens se rappellent qu'au triste bilan des 18 morts depuis le début de la guerre viennent s'ajouter cette année 5 de ses enfants dont nous rappelons ici les noms:

Caporal Vaquié Isidore 24 ans, tué le 24 février à Belfort et lors de la contre-offensive alliée dans la Somme, Calas Alfred 23 ans le 11 juillet à Dompront, Lamothe Jean 44 ans le 18 octobre à Abbecourt. Le sergent Clamens Marius 25 ans, tombé le 31 octobre à Charleroi est le dernier tué de Reyniès au combat alors que son frère Julien en avait été le premier. Le caporal Pradines Jean 22 ans est mort de ses blessures le 30 décembre à l'hôpital de Vichy.


La nouvelle de la signature de l’armistice déclenche une vague de joie dans le monde entier et, bien-sûr, plus particulièrement en Europe et en France. Partout, dans chaque ville et village, on fait sonner les cloches, on descend dans les rues drapeau à la main et chansons à la bouche. (Comme ici à Paris) (Diapo 37) Mais toutes ces manifestations de joie n’empêchent pas le terrible bilan qui n'a épargné aucune commune, même les plus petites comme nous venons de le voir pour Reyniès. Le coût humain de la guerre est tout simplement effarant. Un million trois cent quatre-vingt-dix mille soldats tués auxquels s'ajoutent 300 000 civils. On imagine difficilement ce que représentent de tels chiffres. Afin de mieux les réaliser imaginons qu'on aligne, côte à côte tous ces morts on irait de Perpignan à Dunkerque et au retour jusqu'à Limoges. Quant aux 2 460 000 blessés sur une double file ils dépasseraient la distance de Brest à Strasbourg La guerre a également amené des bouleversements géopolitiques qui ont profondément et durablement modifié le cours du XXe siècle.

Avant l'armistice du 11 novembre d'autres armistices furent concrétisés. Ainsi le 29 septembre 1918 est conclu l'armistice de Thessalonique entre les Alliés et le royaume de Bulgarie mettant fin au conflit sur le front d’Orient.

Le 30 octobre 1918 c'est l'armistice de Moudros entre les Alliés et l'Empire ottoman allié de l'Allemagne.

Le 3 novembre 1918 est signé l'armistice de Villa Giusti (près de Padoue) entre le royaume d'Italie et l’Autriche-Hongrie alliée de l'Allemagne.

Après celui du 11 novembre les alliés (Français et Serbes) signent le 13 novembre à Belgrade un armistice avec le gouvernement Hongrois.

Pour les Allemands, l’armistice du 11 novembre 1918 est resté longtemps comme un jour de honte et d’humiliation. La demande d'armistice étant venue des représentants civils et non militaires de l'Allemagne, ces derniers échappent à l'infamie de la défaite. À Berlin, les représentants de la jeune République accueillent les combattants en ces termes «Soldats qui revenez invaincus»

Dans les mois qui suivent l'armistice, les généraux Ludendorff et Hindenburg attribuent avec aplomb la défaite militaire à un «coup de poignard dans le dos» de la part des politiciens et des bourgeois cosmopolites. L'expression est reprise avec ferveur par les Allemands meurtris et humiliés. Elle va faire le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi d'autant que le 28 juin1919, le traité de paix signé à Versailles allait leur imposer de s’acquitter de dommages de guerre considérables. Ils seraient obligés d’abandonner de vastes territoires dont l'Alsace et la Lorraine, l’intégralité de leurs colonies, et des quantités pharaoniques de matériel de guerre. Sans compter les dédommagements financiers dont les montants étaient tout simplement exorbitants.

Ce traité aurait plus tard des conséquences économiques, sociales, sociologiques et politiques absolument catastrophiques pour l’Allemagne. Il serait bientôt perçu comme une injustice insoutenable par la population allemande. Les extrémistes nationalistes en profiterait pour fermement ancrer dans les esprits l’idée que les armées n’avaient pas perdu militairement la guerre, mais que le pays avait été livré à l’humiliation et au chaos par la trahison de gouvernants libéraux faibles et corrompus.

La fin de la guerre se concrétise par un traité de paix. Pas moins de 16 traités vont remodeler l'Europe et sans aucun doute semer les germes de la seconde guerre mondiale même si ceux qui avaient survécu à l'horreur de la première clamaient «Plus jamais ça!»

Le premier traité de paix est celui de Brest-Litovsk (diapo 38) signé le 3 mars 1918 entre la République bolchévique et les Empires centraux. La Russie perd la Finlande, les Pays baltes, la Pologne, l'Ukraine et la Biélorussie au profit de l'Allemagne. Le traité devient caduc avec la victoire des Alliés en novembre 1918.

Le sort de l'Allemagne est réglé par le Traité de Versailles, le 28 juin 1919.Nous l'avons évoqué précédemment (diapo 39) mais comme le montre cette diapo outre l'Alsace et la Lorraine regagnées par la France, l'ancien empire perd des territoires au profit de la Belgique, de la Pologne et du Danemark. La Sarre est placée sous le contrôle de la Société des Nations récemment créée. Le corridor de Dantzig, qui donne à la Pologne un accès à la mer, coupe le pays en deux.

L'Empire austro-hongrois est démantelé par les traités de Saint-Germain-en-Laye et de Trianon signés respectivement le 10 septembre 1919 et le 4 juin 1920. (Diapo 40) Le vieil empire des Habsbourg se trouve éclaté en plusieurs petits pays: les frontières de l'Autriche et de la Hongrie sont drastiquement resserrées au profit de la Roumanie, de la Pologne et de l'Italie et les états yougoslave et tchécoslovaque sont créés. Si le principe de la souveraineté des peuples énoncé dans les «quatorze points» du président Wilson, est respecté, le problème des nationalités n'est pas résolu et les tensions communautaires ne feront au XXe siècle que s'exacerber. La diapo illustre cette reconstitution de l'Europe où apparaissent les états issus des traités de paix. Du Nord au Sud l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie.

L'Empire ottoman est démembré par le traité de Sèvres, le 10 août 1920. (Diapo 41) La Grèce retrouve Smyrne et le nord de l'Asie mineure (côte Egéenne de la Turquie actuelle), ainsi que la Thrace orientale jusqu'aux portes de Constantinople. La ville de Constantinople devait être démilitarisée ainsi que le détroit des Dardanelles. En revanche, Rhodes avec l'ensemble du Dodécanèse sont concédés à l'Italie. Les possessions arabes de l'Empire passent sous protectorat français et anglais ou deviennent indépendantes tandis que la France se voyait confier le contrôle de la zone arabe autour du Liban et de la Syrie la Grande-Bretagne, elle, gardait un contrôle sur la Palestine, la Transjordanie et l'Irak et légalisait à l'occasion l'annexion de l'île de Chypre faite six ans auparavant. Il est fait mention dans le traité de Sèvres d'un Etat Arménien regroupant les territoires de Russie et de Turquie, ainsi que d'un Kurdistan autonome à l'Est d'Ankara. L'Empire ottoman était réduit aux seuls territoires habités des Turcs au centre de l'Anatolie. La révolution menée par Mustapha Kemal et la guerre contre les Grecs renverse la situation et permet à la jeune république de Turquie d'imposer un nouveau traité, le Traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923, dans lequel Kemal obtient la restitution de l'Arménie turque, du Kurdistan, de la Thrace orientale et de la région de Smyrne

On ne peut clore l'évocation de cette première guerre mondiale sans en rappeler les multiples conséquences résumées sur cette diapo (Diapo 42)

-Moralement le choc des traumatismes liés aux combats marque à jamais les générations qui ont vécu cette époque. En premier les acteurs eux-mêmes et leurs familles: parents, veuves orphelins.

-Financièrement c'est un gouffre. Les pays sont endettés, il faut reconstruire des régions entières, indemniser les victimes, reconstituer les industries dont 40% sont détruites.

-Humainement la catastrophe se solde par huit millions et demi de tués, vingt-et-un millions de blessés dont huit millions d’invalide. Six millions de civils perdirent également la vie. De plus, d’autres événements majeurs comme le génocide arménien (1915-1916), la révolution russe (1917) et la terrible épidémie de «grippe espagnole» à partir de 1918 ont aggravé la détresse des populations.

-Territorialement, et nous venons de le voir avec les différents traités, c'est toute l'Europe qui est remodelée.

-Politiquement enfin si la création de la SDN tente d'apporter la paix en Europe, le traité de Versailles est loin d'être accepté par les allemands comme nous l'avons vu et le problème des nationalités reste entier.

A la lumière de ces événements on comprendra mieux pourquoi vingt ans, neuf mois, dix-neuf jours et dix-huit heures après que le dernier coup de canon de la première guerre mondiale fut donné le premier de la seconde.

Pour terminer ce cycle du centenaire il nous faut garder en mémoire que le plus petit village de France possède son monument aux morts, ses stèles ou plaques commémoratives et c'est heureux, si l'on ose dire que ces repères-témoins soient là pour nous rappeler ces sacrifices. C'est notre histoire, c'est l'histoire de notre pays, c'est l'histoire de la France. (Diapo 43) Tous ces morts ont fait leur devoir. Notre devoir, à nous, c'est de nous souvenir de ceux qui sont «morts au champ d'honneur»! C'est cela notre devoir de mémoire et c'est la raison pour laquelle nous nous devons d'être présents (en particulier les 8 mai et 11 novembre) lorsqu'on évoque les noms de tous ceux     « Qui sont morts pour que vive la France.»

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