Le ministre de l’Intérieur annonce un dispositif Sentinelle « plus mobile » avec 7.000 militaires

Posté dans Forces terrestres, Opérations par Laurent Lagneau Le 22-08-2017

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   Il n'est pas commun de voir le ministre de l'Intérieur, en l'occurrence Gérard Collomb, faire une annonce au sujet d'une opération qui relève de son homologue aux Armées (Florence Parly). En tout cas, c'est ce qu'il a fait ce 22 août en parlant de l'évolution du dispositif Sentinelle, qui mobilise actuellement 7.000 soldats (et 3.000 en réserve).
  

Normalement, et comme l'avait indiqué, en juillet, le président Macron, les conclusions de la réflexion « approfondie » qu'il a demandée au général François Lecointre, le chef d'état-major des armées (CEMA) seront connues à l'automne prochain. Mais, visiblement, des pistes sont donc déjà sur la table.
  

   « Nous allons redéfinir le dispositif de manière à le rendre plus mobile. C'est-à-dire qu'on n'ait pas simplement un dispositif de 7.000 personnes (...) qui soient sur des postes fixes mais peut-être 3.500 dans des postes définis et 3.500 dans des postes plus souples de manière à pouvoir garantir par exemple la Braderie de Lille », a ainsi déclaré M. Collomb. « Je crois que ce sera l'objet du prochain conseil de défense », prévu le 30 août prochain, a-t-il ajouté, avant de confirmer le recrutement de 10.000 gendarmes et policiers supplémentaires dans les 5 ans à venir, dont 2.500 à 3.000 à partir de 2018.
  

   Contrairement à ce qu'a fait le Royaume-Uni après l'attentat de Manchester (déclenchement de l'opération Temperer prévoyant le déploiement ponctuel et limité de quelques milliers de soldats de la British Army dans les rues) et malgré les nombreuses critiques, surtout après l'attaque contre 6 militaires du 35e Régiment d'Infanterie à Levallois-Perret, le dispositif Sentinelle est appelé à encore durer, comme l'a rappelé, début août, Mme Parly.

   Lors de son dernier passage devant la commission de la Défense, à l'Assemblée nationale, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d'état-major de l'armée de Terre (CEMAT), avait lancé quelques pistes pour revoir les modalités de l'opération Sentinelle.

   « On n'échappera pas, je le pense, à la présence de quelque 3.000 hommes répartis sur des points clefs de Paris. [...] Ensuite, il faut 3.000 hommes en réserve pour monter en puissance en cas de coup dur, n'importe où en France. Enfin, je souhaiterais qu'une troisième fraction de 3.000 hommes, aujourd'hui encore déployés, soit consacrée à l'anticipation. J'entends que l'on travaille sur les scénarios de crise – tels que définis par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) – comme les prises d'otages de masse, les risques industriels, les risques bactériologiques. Ce n'est pas anxiogène pour les Français qui sont capables de comprendre qu'en nous y préparant, nous nous préparons à assurer leur sécurité », avait affirmé le CEMAT.

   S'agissant de la menace terroriste, M. Collomb a indiqué qu'un tiers des personnes inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) présentaient des « troubles psychologiques ». D'où son souhait d'instaurer une collaboration entre les services de police et les hôpitaux psychiatriques.

   Sauf que, comme l'a souligné David Gourion, ancien chef de clinique à l'hôpital Sainte-Anne, dans les colonnes du Monde, « les trajectoires individuelles des terroristes sont très variées. Le fait d'avoir été soumis à des difficultés socio-économiques ou d'être passé par un circuit psychiatrique est loin d'être omniprésent. Idem pour les maladies mentales : contrairement aux idées reçues, les patients dépressifs, schizophrènes ou autistes ne sont absolument pas représentatifs des bataillons terroristes. De plus, il a été montré que les patients qui souffrent de troubles psychiques ne commettent pas plus d'homicides que la population générale (ils en sont en revanche plus souvent victimes) ».

   Quoi qu'il en soit, le ministre de l'Intérieur a aussi précisé que sur les 18.500 inscrites au FSPRT, « 12.000 » sont « suivies de manière très active. » Et d'ajouter : « Ça veut dire que la nébuleuse est extrêmement vaste. » 

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