Décès de l'IGA André DUJOLS

Dujols tenue 

L'Ingénieur général de l'armement André DUJOLS est décédé le 7 juin 2014.

Il était Chevalier de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ONM 

Chère Luce,

Il est des moments particuliers dans l’existence. La première fois que j’ai rencontré André, c’est à l’occasion du festival du court-métrage qu’il avait organisé avec Pierre SAUNIÈRE, ici à Caussade, festival placé sous la présidence de Michel LANG, le réalisateur de cinéma avec lequel, pendant de longues années j’avais partagé les mêmes bancs du lycée à Paris et j’étais resté ami. Aujourd’hui André à 6 jours d’entamer sa 90° année, va retrouver Michel qui, lui, est décédé le mois dernier.

Je voudrais rapidement retracer la vie et la carrière de l’Ingénieur général de l’armement André DUJOLS, homme de conviction, de réflexion et d’action, ces trois caractéristiques étant intimement liées dans son esprit.

Né en juin 1925, fils de commerçants, bien qu’ayant perdu son père très jeune, il passe une enfance heureuse avec son frère Jean. Il fait ses études au collège de Caussade. Très actif, fait beaucoup de sport. Pendant la guerre, il passe le CAP de tourneur fraiseur, diplôme dont il était très fier. A 18 ans, il entre dans les Forces Françaises de l’Intérieur et rejoint le maquis du département. En 1944, le laboratoire central de l’Armement est décentralisé de Paris à Caussade qu’il intègre. C’est ce qui va décider de sa carrière professionnelle. Il est très rapidement remarqué par ses professeurs pour sa vivacité d’esprit. À la fin de la guerre, ses professeurs l’encouragent vivement à poursuivre ses études. Il rejoint alors Paris et l’école des Ingénieurs de l’armement. À 27 ans, il intègre le corps des ingénieurs des travaux d’armement.

Pendant 40 ans, jusqu’en 1986, date de sa retraite professionnelle, il travaille au sein de la Direction Générale de l’Armement, se spécialisant plus particulièrement dans les systèmes optiques. Il a assuré, à cet égard, le développement du gyroscope stabilisé de l’hélicoptère « Tigre », hélicoptère de combat franco-allemand de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre, l’ALAT. La reconnaissance de son travail lui vaut la médaille de l’aéronautique.

Si pendant ses années passées à la DGA il ne connaît en France que Bourges et la région parisienne, il parcourt, pour son travail, le monde en effectuant de nombreux voyages à l’étranger, en Iran, en Afghanistan, au Pakistan en Inde ou encore en Afrique du sud.

Chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur et de l’ordre national du Mérite, il choisit de revenir sur ses terres d’origine et s’installe à Caussade en 1988. Il n’envisageait pas de cultiver seulement son jardin. Tout d’abord, il n’oubliait pas tout ce que l’armée avait fait pour lui et tout naturellement il participe aux diverses activités des associations patriotiques : l’Amicale des Anciens de l’armement, l’Association Nationale des Officiers de Carrière en Retraite du Tarn et Garonne, l’Association des Officiers de Réserve, la Société des Membres de la Légion d’Honneur.

C’est ainsi qu’il s’implique aussi dans diverses associations culturelles et politiques au sens noble du terme pour développer sa commune qu’il aimait tant, son environnement proche avec en permanence une projection vers l’avenir. Le passé ne l’intéressait que comme base de départ à une réflexion pour un meilleur avenir. Avec d’autres Caussadais, il crée l’association « Caussade Accueil » qui perdure encore aujourd’hui. En 2008, il crée « Caussade Avenir » sur l’idée que le développement d’une cité comme Caussade ne peut être assuré que si l’on y trouve un enseignement supérieur de qualité permettant l’implantation d’entreprises d’où l’idée de créer, à terme, BTS et/ou classe préparatoire au lycée Claude NOUGARO.

Quand on lui disait c’est un plan à dix ans, il répondait : « oui mais il faut bien que quelqu’un commence ». Cette volonté, cette détermination étaient les marques d’André DUJOLS. Pas pour lui mais pour les autres. Il les tenait de ses parents.

Je voudrais vous citer un court passage d’un poème qu’il avait écrit en réponse à sa réception dans l’ordre de la Légion d’Honneur :

« Mais bien plus que cela, inculqué par mon père,

Le sens du dur effort et du travail bien fait,

L’amour profond du sport que Coubertin prônait,

Et le sens du devoir que m’apprenait ma mère,

Ont été les vrais guides et c’est eux qui m’ont fait. »

Tout André était là. Effort, devoir, exigeant avec lui-même comme envers les autres.

La famille aussi qui comptait beaucoup pour lui. André et toi, Luce vous êtes mariés en décembre 1956. Il a aimé et protégé sa famille toute sa vie, ses deux filles Christine et Françoise, ses deux petits-fils, Guilhem et Arthur, son gendre Dominique.

Ses amis retiendront une grande rigueur morale, sa culture, son goût pour l’art et la littérature, et malgré des abords parfois intransigeants et directifs, une réelle sensibilité.

L’Ingénieur Général de l’Armement André DUJOLS nous a quittés. Nous ne l’entendrons plus au téléphone s’annoncer : « Salut c’est M’sieur DUJOLS » Que sa mémoire demeure auprès de tous ceux qui l’ont connus et appréciés.

Si nous étions au XVIII° siècle, on dirait qu’il était un « honnête homme ». Au XXI° siècle, ma chère Luce, pour toi, ta famille et tes proches, je dirai simplement qu’André était un Monsieur. Ses amis ne l’oublieront pas.

Eloge prononcée par Monsieur ROSIUS, membre de la SMLH

 

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