Décès du Colonel Charles DURIEUX

 

Officier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite

Décédé le 5 août 2014

         Charles DURIEUX est né le 5 août 1922 à PHALSBOURG en Moselle dans une famille de militaires. Son père, le Colonel Joseph DURIEUX, était de la promotion FEZ (1909 – 1912), celle du Général Charles DE GAULLE. Son frère, Eugène DURIEUX, mort pour la France en octobre 1944, était de la promotion AMITIÉ FRANCO BRITANIQUE (1939 – 1940). Photo Durieux - S
Insigne00 Il est entré à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr – alors repliée à AIX en Provence en octobre 1942 avec la promotion "LA CROIX DE PROVENCE". Celle-ci est renvoyée dans ses foyers le 5 décembre.Il est mis en congé d’armistice en mars 1943. EOA Durieux 00

 

Il s’engage alors aux Chantiers de Jeunesse à FRONSAC (Haute Garonne), petit village du Comminges. Étant de la classe 1942, il est prévu pour partir en Allemagne au titre du Service obligatoire du Travail (STO) ; aussi dès le mois de juin 1943, avec son père, il prépare son départ pour l’Espagne afin de rejoindre le Maroc. Après une première tentative, le deuxième départ, le 23 août à partir de PERPIGNAN, muni de faux papiers, est un succès. Une randonnée difficile de quatre jours en terrain accidenté, lui permit de franchir la frontière espagnole le 27 août 1943. À BARCELONNE, considéré comme « clandestin », mais sans avoir été en prison, il est pris en charge par le Consulat et logé dans une chambre sans fenêtre. Il profite de son temps d’attente pour apprendre l’Espagnol, découvrir la ville, rencontrer les routiers espagnols. Il attendra près de trois mois son embarquement sur le bateau Le Lépine pour le Maroc, soit le 29 novembre de la même année

Il débarque à CASABLANQUA le 1er décembre 1943 où il est nommé Sous-lieutenant. Il est alors affecté au Centre d’Organisation et d’Instruction (COI 7) de RABAT en attendant l’ouverture de la quatrième session de l’ESM à CHERCHELL. Puis, en juin 1944, il rejoint le Centre d’Organisation et d’Instruction (COI 8) de TAZA au Maroc. En août 1944, il est dirigé vers ORAN pour être embarqué vers MARSEILLE et rejoindre la 4ième Division de Marche du Maroc (DMM) pour être affecté au 6ième Régiment de Tirailleurs Marocain (RTM) Il participe à la bataille du « Bois des Trembles » près de VILLARS-les-BLAMONT(3) où le 16 novembre, « entrainant sa section sous le feu de trois mitrailleuses allemandes sous abri », il est blessé à la cuisse gauche. Cette action brillante lui vaut une citation à l’ordre du Corps d’Armée comportant l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile vermeille.

En juin 1945, il rejoint l’EMIA à COETQUIDAN où il est promu Lieutenant. Il quittera l’École en février 1946 pour rejoindre le 1er RTA à BLIDA, puis être affecté à l’École des Cadres de CHERCHELL en juillet 1946.

Désigné pour servir en Extrême-Orient, il embarque à MARSEILLE le 3 juin 1948 pour débarquer à SAÏGON le 2 juillet. Il est affecté comme Chef de section de la 5ième compagnie du Régiment mixte du Cambodge dont il prendra le commandement de celle-ci peu de temps après. Ses actions au cours de nombreuses opérations mettent en valeur « son allant, son sang froid et son sens aigu du terrain » qui sont remarqués et récompensés le 12 mars 1949 à BAYET, le 4 mars 1950 à BATHU et le 9 septembre à BATI par des citations comportant l’attribution de la Croix de Guerre des T. O. E. avec étoile d’argent. Son séjour indochinois prend fin le 20 novembre 1950.

De retour en France, il prend le commandement de la 6ième compagnie du 14ième Régiment d’Infanterie de Parachutistes de Choc (RIPC) en avril 1951.

Il est nommé Capitaine le 1er octobre 1951.

Avec le Bataillon de marche du 14ième RIPC, il embarque à MARSEILLE sur le MS CAMPANA en janvier 1952 pour débarquer à Philippeville et faire mouvement sur la Tunisie pour stationner à EL BATHAN puis à BOU-FICHA. Le séjour du Bataillon se termine en juin 1952.

En février 1953, il est désigné pour suivre un stage d’armes blindées. À l’issue, il rejoint la 1/14ième RIPC à TOULOUSE, puis la 2/14ième à MONTAUBAN en décembre1954.

Le 18mai 1955, il épouse Mademoiselle Lucette RESSIGUIER, domiciliée à MONTRICOUX, avec qui il aura deux filles, Mireille et Françoise, et sept petits-enfants.

Il est admis à l’École d’État–major de PARIS en juillet 1954. À l’issue, en 1955, il est affecté à l’État-major de la Division de Constantine. Il participe, en septembre et octobre1955, à l’opération « Timgad » dans le secteur de KENCHELLA, en novembre 1957, à des opérations dans le secteur de BIR-EL-ATER et en février 1958, dans la région de SOUK-ARRAS. « Son esprit méthodique et son sens du réel mis au service des multiples besoins de Unités et à la répartition judicieuse des renforcements mis à la disposition du Corps d’Armée » lui ont valu une citation à l’ordre de la Brigade comportant l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze. Il termine son séjour en Algérie en août 1958 pour rejoindre l’État-major du Commandement en Chef des Forces Françaises en Allemagne (CCFFA).

Il est promu Chef de bataillon en juillet 1960 et reçu la même année à l’École Supérieure de Guerre avec la 74ième promotion. Titulaire du Brevet d’Études Militaires Supérieures (BEMS), il est affecté au 152ième Régiment d’infanterie motorisé en Algérie (RIM) où il prend le commandement de l’État-major tactique, puis de la 2ième compagnie. Il quitte l’AFN en juillet 1963 pour rejoindre le 9ième RCP à TOULOUSE avec lequel il participe à l’exercice ALLIGATOR III en Côte d’Ivoire en 1967. Il est promu Lieutenant-colonel en janvier 1967.

En septembre 1971, il est désigné comme assesseur militaire auprès de l’armée argentine à BUENOS-AIRES ; poste qu’il assurera jusqu’en juin 1974 et où il sera nommé Colonel en janvier 1974. En rentrant en France, il est Chef d’État-major de la 44ième Division militaire à TOULOUSE

Après un stage de reconversion de trois mois, il est placé en position de retraite par la limite d’âge en mai 1979 après 37 ans de service actif dont plus de 15 ans en campagne.

Il se retire alors à MONTRICOUX (Tarn-et-Garonne) et participe activement aux différentes associations militaires : SMLH, ANONM, AOR, anciens combattants. De même, il s‘investit totalement dans la vie du village et de la Paroisse de Montricoux comme le rappellera l’abbé CHAUCHEFOIN lors de ses obsèques.

Le Colonel Charles DURIEUX était décoré :

- Officier de la légion d’Honneur et de l’O. N. M.,

- Médaille des Évadés,

- Croix de Guerre 1939-1945,

- Croix Guerre des T. O. E.,

- Ordre royal du Cambodge,

- Croix de la Valeur Militaire avec agrafe « Algérie ».

Général (2 Son) Alain GAUTIER

 

Intervention de l’abbé CHAUCHEFOIN lors des obsèques le 7 août à MONTRICOUX

Charles Durieux que nous accompagnons ce soir avait fondé sa foi et son espérance en Jésus-Christ. Avec les chercheurs de Dieu, les croyants, il venait rencontrer son Seigneur ici même dans cette église de Montricoux.

Il était un personnage incontournable du village et de la Paroisse de Montricoux.

Après sa carrière militaire, le temps de la retraite arrivé, il s’était mis au service de la paroisse. Régulièrement, il accompagnait les enfants de l’école pour découvrir les sentiers autour du village. Combien de jeunes ont marché avec lui en montagne dans les Pyrénées. Il était un guide sûr.

Pendant plusieurs années avec les catéchistes il a accompagné les enfants pour les aider à grandir dans la foi.

Fidèle à l’Eucharistie, il participait à la préparation des messes et le dimanche il avait le souci de répartir les tâches pour l’animation des célébrations.

Chaque vendredi, il venait faire son marché et participait à la messe, c’est précisément un vendredi que nous l’accompagnons.

C’était un homme de devoir, curieux de tout, il était une véritable encyclopédie, la mémoire vivante du secteur, il connaissait tous les sentiers de la région et il aimait partager ses connaissances.

Il va nous manquer et ce soir c’est un grand merci que nous pouvons lui adresser.

Merci Monsieur Durieux, mon Colonel, Charles pour les intimes.

C’est avec les mains pleines de la richesse d’une longue vie bien remplie qu’il rencontre Celui auquel il avait donné toute sa confiance.

Je suis certain qu’à son arrivée dans la maison du Père, il a dû entendre cette parole du Seigneur : « Viens, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Père ».

Guy CHAUCHEFOIN,curé de Montricoux.

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