Décès de Madame EOCHE-DUVAL Monique veuve du Colonel

Chevalier de la Légiond'Honneur

Le 2 juin 2017

ORDRE DU JOUR N°30

31 RG Officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux et sapeurs d’Afrique, nous sommes réunis ici, sur la place Port Lyautey en ce 7 juin 2017 pour faire nos adieux à notre marraine, madame Monique EOCHE-DUVAL et lui rendre les honneurs qui sont dûs aux serviteurs de la France.Toute sa vie a été animée par son amour profond de sa Patrie et de son armée. Il me semble juste et indispensable aujourd’hui d’en faire mémoire.

 Née en 1922, Madame EOCHE-DUVAL a traversé l’Histoire mouvementée de la France et s’est distinguée par une volonté inébranlable de servir. Ainsi, dès le second conflit mondial, la frêle jeune fille a humblement participé à l’effort national en devenant la marraine de guerre puis la femme de Roger EOCHE-DUVAL.

Elle a vécu à ses côtés alors qu’il était en poste à Port Lyautey, au 31e régiment du génie, de 1951 à 1954, débutant une aventure qui s’achève aujourd’hui avec les sapeurs à l’étoile chérifienne. En 1954, de retour en métropole,  son mari est affecté au 17e BGP qui était alors basé à Castelsarrasin.

En 1955, le capitaine EOCHE-DUVAL est muté à Champlain, en Algérie où il prend la tête d’une section administrative spécialisée. Femme de caractère, déterminée à participer à l’œuvre pacificatrice de son époux, notre marraine fait un séjour en 1956 en Algérie (pendant l’opération Massu) pour estimer si la situation lui permet d’y vivre en famille. En novembre 1957, malgré une situation sécuritaire dégradée, elle s’installe à Champlain puis à Médéa avec ses enfants Benoît, Joëlle, Véronique et Christophe, et  exerce, avec le soutien de son mari, des fonctions de bénévole sociale auprès de la population algérienne. Le couple œuvre avec altruisme et passion pour l’insertion des algériens dans un système de coopération étroite avec la France. La population locale reconnaissante l’adopte d’ailleurs sous le surnom de « Madame SAS » (Prononcer ‘sasse’), rendant ainsi hommage à ses qualités de cœur et de courage. Elle concourt également avec son mari, à la création du seul « regroupement » volontaire en Algérie à Sidi Naamane dans le Titteri, aujourd’hui sous-préfecture d’Algérie de 15.000 habitants. Ses éminents services rendus lui valent l’attribution de la croix de la Valeur militaire à titre civil, décernée par le Général Roy, en récompense de son action envers les populations. Cette décoration pourtant réservée aux militaires symbolise l’être exceptionnel qu’est Monique EOCHE-DUVAL.

En juin 1962, l’Algérie, devenue indépendante, son mari exerce les fonctions de chef de cabinet du préfet de Médéa. En 1966, toujours avec sa famille, elle suit son mari, envoyé à l’état-major de Mers-El-Kebir, et fin 1967 à celui de Limoges. Il quitte l’armée après la mort du général De Gaulle, à l’âge de quarante-six ans et avec le grade de lieutenant-colonel.

En 2011, à la demande du colonel Francis CONTAMIN, Monique EOCHE-DUVAL, animée de sa jeunesse d’esprit et de son inextinguible soif de servir, devient la marraine du régiment. Depuis, une relation très privilégiée s’est instaurée entre elle et le régiment de Roger devenu le sien. Jamais elle n’a manqué une cérémonie, ni l’occasion de s’immerger parmi les sapeurs et cadres d’Afrique.

C’est également en 2011, que Madame le Docteur Nora BERRA, Secrétaire d’état chargée de la santé, remet le 30 mars à Paris, au cours d’une cérémonie qui lui est exclusivement dédiée, l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur à madame Monique EOCHE-DUVAL.

Bien chère marraine, vous avez donné naissance et élevé quatre enfants dans l’amour de la France et dans le respect de sa vocation dans le monde. Vous êtes, avec le lieutenant-colonel EOCHE-DUVAL à la tête d’une admirable lignée de dix petits-enfants et dix arrière-petits-enfants, dignes fils et filles de France. Vous êtes l’aïeule d’un régiment auprès duquel vous vous êtes donnée avec ferveur.

Nombreux furent vos échanges épistolaires avec mes prédécesseurs et moi-même. Soyez assurée de notre profonde reconnaissance pour l’exemple que vous donnez à nos générations. Pour ma part, je conserve l’image de la femme énergique, de la jeune fille de 1943, de l’épouse, de la mère, de la grand-mère, de l’arrière-grand-mère dont l’influence considérable transparaît malgré la discrétion édifiante d’une auxiliaire toujours efficace et disponible.

Vive le 31e régiment du génie, Vive le souvenir de sa Marraine !

Le Colonel VENARD, Chef de corps du 31ième Génie

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