extreme orient Décès du Général DELPIT Général Delpit W

Général DELPIT Rémi

Commandeur de la     Légion d’Honneur

Décédé le 27 janvier 2017 à Sibirol 82110 LAUZERTE

 

Mon cher Rémi, mon Ancien, mon Ami,

« Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont ». Confirmant cette maxime, tu nous as quittés le 27 janvier 2017, après des années d’épreuves et de souffrance partagées avec ton épouse. Nous voici donc privés d’une référence car tu étais un modèle d’exigence éthique, respectueux d’un ordre moral pérenne et, de l’avis de tous, tu fus un être exemplaire et une parfaite réplique de « l’honnête homme » du XVIIème siècle.

Magnifique soldat, apprécié par tes supérieurs, respecté et admiré par tes pairs et tes subordonnés, tu as toujours su toujours rester humble et modeste, attentif et amical. Tu étais ce chef rigoureux mais accessible mais ouvert, qu’on était prêt à suivre où que ce soit car tu inspirais confiance et tu savais éveiller la volonté de se surpasser. Tu n’avais pas besoin de dire : « Faites comme moi ». Tu rayonnais et chacun n’avait qu’un désir, t’imiter et te suivre. Tu as toujours montré un courage inflexible, une entière disponibilité, un goût prononcé du service totalement désintéressé, une volonté, une persévérance rares et une grande force de caractère. Tout cela sans bruit, en toute humilité car, n’ayant rien à prouver, tu avais la discrétion chevillée à l’âme.

Plus prosaïquement, mais cela mérite d’être dit, tu étais insensible au froid, à la chaleur accablante, à la fatigue et à la peur. Tu avais une parfaite maîtrise de ton corps, de tes sentiments et de tes réactions. « Rien ne saurait t’émouvoir, para, rude parachutiste ». L’homme qui a composé ce chant de marche devait, alors, penser à toi. Tu étais une « force qui va », au grand cœur et à la tête bien faite :

« Mens sana in corpore sano ».

J’ai le plus grand respect pour le remarquable soldat, une réelle admiration pour l’officier que chacun suivait sans hésitation sur « la piste sans fin » et une profonde affection pour l’homme et l’ami, toujours bienveillant et prêt à nous écouter.

Très tôt, j’ai connu ta réputation de chef efficace et apprécié, toujours proche de tes subordonnés, exigeant, d’abord pour lui-même, clair dans ses décisions et ses ordres, courageux au physique comme au moral et sans reproche. L’on t’obéissait de confiance et d’amitié, d’enthousiasme même.

Né en janvier 1931 d’une lignée de travailleurs de la terre et d’officiers polytechniciens, tu entres, comme plusieurs de tes frères et, plus tard, l’un de tes fils, à l’École Spéciale Militaire Interarmes de SAINT-CYR. Venant du Prytanée Militaire de la Flèche, tu as vingt ans et un immense désir de servir et de donner le meilleur de toi-même. Tu sors de l’École au sein de la promotion Extrême Orient (1950-1952). Trente trois de tes camarades mourront pour la France et deux en service commandé. Sorti de Saint-Cyr dans l’Infanterie, tu choisis les parachutistes, et tu seras pilote d’avion léger et de planeur, breveté instructeur commando et breveté chute libre.

Tu fais tes premières armes comme chef de section, puis commandant de compagnie en INDOCHINE (1954-1955), puis en ALGERIE (1956-1960). L’ennemi est rude et tu le respecte. Tu fais partie de ces Lieutenants et Capitaines courageux, peu avares de leur temps, de leur sueur et de leur sang.

Tu te distingue ensuite à MADAGASCAR où tu rencontres Colette LAGUILLE, que tu épouseras quelques années plus tard, le 19 mars 1966 à CAHORS, alors que tu sers comme officier de liaison à la Bundeswehr. À la même époque, fait rarissime, tu es nommé commandant hors tableau d’avancement : une mesure exceptionnelle pour un officier hors pair.

Chef du Bureau opérations du 8ème RPIMA,tu sers sous les ordres du prestigieux colonel GUILLEMONOT qui te prend en amitié. Cet immense « patron » ne boude pas sa chance d’avoir, dans ce poste capital, un officier de ton envergure et de ta valeur.

Tu susciteras encore l’admiration de tes subordonnés au TCHAD où tesexceptionnelles qualités de meneurs d’hommes les séduisent. C’est ensuite, trois ans à la tête d’un Bataillon au GITDM, le ZAÏRE, le TCHAD encore et la MAURITANIE ; partout, ta réussite est avérée.

De 1979 à 1981, le guerrier accompli commande « plein d’usage et raison » le Centre d’Entrainement Commando de QUELERN, où tes stagiaires se surpassent pour être dignes de ce chef auréolé de prestige.

Deux fois blessé, tu es, en effet, titulaire de sept citations et tu termines ta carrière Commandeur de la Légion d’Honneur. Tu es, pour eux, un héros, un sage et, disons le, un grand frère.

Promu général le 1er janvier 1987, tu es mis en réserve (2ième section) sur ta demande, après avoir été Attaché des Forces Armées au NIGER, puis Délégué Militaire Départemental à VANNES.

Tu te retires alors dans le QUERCY, à LAUZERTE, dans ton agréable propriété de SEBIROL. Pendant toute carrière, ceux qui ont eu le bonheur de te côtoyer ont apprécié un homme irréprochable, compétent, efficace, direct et exemplaire. Tous sont subjugués par ta profonde humilité. Un officier remarquable me disait avant-hier : « Nous avons perdu un soldat admirable. Servir sous ses ordres, au combat, était une expérience enrichissante car, toujours calme et précis, il nous formait par la seule force de l’exemple. Il suffisait de le suivre ». Et il ajoutait, soulignant un trait magnifique de ton caractère : « Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de qui que soit ». Cela, seul, mérite déjà le respect.

L’officier m’impressionnait, mais l’homme, le chrétien, l’époux, le père et l’ami étaient, eux aussi, remarquables : travailleur acharné, d’un tempérament passionné, infatigable, toujours prêt à servir et à aider, tu n’as pas fait de tes vies militaire et personnelle un long fleuve tranquille. Tu en as fait une longue passion au service des autres et de ton idéal, qui t’amenait à toujours te dépasser.

Tu as été un époux et un père attentionnés et exigeants. De votre union sont nés deux filles et deux garçons, restés très proches de vous. Vous avez, ton épouse et toi, créé une magnifique famille, profondément unie, dans le respect d’une éthique chrétienne.

Tu as aussi participé activement à la vie de la paroisse et de plusieurs associations. Je ne mentionnerai que la Saint-Cyrienne, association des élèves et ancien élèves de Sain-Cyr dont, pendant douze ans, tu as été l’efficace et dévoué délégué pour le Tarn-et-Garonne. Tu es, ainsi, resté au contact des régiments et des Saint-Cyriens du département, qui gardent de toi le meilleur souvenir.

Chacun se rappelle aussi tes brillantes interventions, dans cette même église, chaque 11 novembre.

Je souligne, enfin, ta passion pour les voitures anciennes et les motocyclettes ; tu les choyais avec la minutie et la compétence que tu mettais en toute chose. Il n’est pas un garagiste ou mécanicien capable de te faire la leçon. Là aussi, tu étais parmi les meilleurs, une étrange maladie dont tu n’as jamais su guérir.

Je rends un hommage appuyé à Colette pour l’amour, le dévouement et le courage de tous les instants dont, ces dernières années, elle a fait preuve avec une force d’âme admirable. Tu as eu bien de la chance, de l’avoir à tes côtés dans cette terrible épreuve. Elle a veillé, sans jamais défaillir, à rendre ta vie plus facile. Elle sait que, comme ses enfants, ses petits-enfants et ses proches, nous seront là pour la soutenir.

Depuis l’annonce de ton départ résonnent en moi, lancinants, deux vers d’Alfred de VIGNY, officier lui aussi. Je crois t’entendre les répéter avec insistance, impatient de quitter ton enveloppe charnelle martyrisée et de retrouver enfin toutes tes remarquables facultés dont tu as été privé par le terrible mal qui, seul, a été capable de terrasser un homme de trempe.

« Vous m’avez fait, Seigneur, puissant et solitaire,

Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre ».

Ce n’est qu’un au revoir, très cher Remi, mon ami, mon frère d’armes. Que Saint Michel t’ait en sa sainte garde. Repose en paix parmi les braves. Nous ne t’oublierons pas.

Tous ceux qui t’ont aimé te saluent.

Éloge prononcé par le Général BERTIN Jean-Claude

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