BDD 01 Presentation  DMD

Voeux des Armées 2017

Présentation par le Colonel PILETTE commandant la Base de Défense Montauban-Agen, Délégué militaire départemental de Tarn-et-Garonne et Commandant la Place de Montauban.

(Seul le prononcé fait foi)

Mesdames et messieurs les élus des représentations nationales, régionales, départementales et locales,

Mesdames et messieurs les représentants des corps constitués de l’Etat, autorités civiles et militaires,

Mesdames et messieurs les représentants des associations,

Mesdames et messieurs de la communauté Défense,

Chers amis, en vos titres, grades ou qualités, selon la formule consacrée

Merci d’avoir répondu à ce moment de convivialité, en prenant ce temps de répit et de partage avec la communauté de cette base de défense malgré un agenda qui peut être fort contraint.

Pour la deuxième fois – et vous noterez que je ne dis pas pour la seconde fois – de mon mandat de commandant de la base de défense de Montauban-Agen, assumant es qualité les fonctions de délégué militaire de ce département et de commandant d’armes de cette place, il me revient le privilège de clôturer la kyrielle des vœux institutionnels locaux.

L’an passé, je vous en avais dit que l’année à venir serait placée sous le signe d’ « une défense engagée ». Je pourrais en 2017 continuer à décliner ces vœux sur le thème d’ « une défense toujours engagée », avec une ouverture possible pour 2018 sur « une défense toujours aussi engagée. »

Mais je craindrais de lasser.

Cette année, notre ministère a décliné sa carte de vœux officielle sous le triple slogan Engagement (on y reste), Fraternité, Exigence.

Sans surprise, mes vœux pour cette année 2017 vont s’inscrire en utilisant ce triptyque comme fil rouge, tout en vous proposant en finale une ouverture sur les attendus et les perspectives des onze mois à venir.

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Dans la poursuite de 2016, l’engagement restera le mode majeur de nos actions au cours de cette année, dans cette continuité inexorable qui s’est installée depuis janvier 2015. Le contexte international et sécuritaire n’incite pas à baisser la garde. La menace militarisée des groupes terroristes armés se réclamant d’une cause pseudo-djihadiste reste une réalité prégnante. Elle le restera d’une manière durable et mobilisera dans la durée à la fois nos forces armées et celles de sécurité intérieure. Elle s’exerce dans un paysage international en pleine recomposition. La sortie programmée de la Grande Bretagne de l’Union européenne, l’arrivée d’une nouvelle administration aux Etats-Unis, le nouveau jeu qui pourrait s’établir autour de la Russie sont autant de paramètres qui pourraient avoir des incidences non négligeables sur la scène internationale.

Cet engagement nous oblige à « combattre là-bas », soit dans la bande sahélo-saharienne, dans le cadre de l’opération Barkhane, comme le fait aujourd’hui le 48ème régiment de transmissions, soit au Levant, dans le cadre de l’opération Chammal. Cette défense dans la profondeur stratégique, au-delà de nos frontières, se fait soit sous la forme des interventions classiques, soit sous celle d’une assistance militaire opérationnelle, en étroite coopération avec nos alliés. En 2017, les armées françaises participeront aussi à des opérations terrestres de dissuasion face à l’Est en déployant un sous-groupement tactique interarmes en Estonie avec les Britanniques.

Mais cet engagement, depuis deux ans maintenant, est devenu dual, même s’il reste mené par le même soldat. En effet, il nous faut maintenant aussi « lutter ici » contre cette nouvelle menace militarisée à connotation terroriste qui vient nous toucher au cœur du sanctuaire national. C’est aujourd’hui l’actualité du 17ème régiment de génie parachutiste engagé massivement sur Paris avec son chef de corps.

L’emploi des forces armées sur le territoire national a permis de mieux mesurer le rôle joué par les délégations militaires départementales. Le ministère de la défense entend à ce que les forces armées soient encore plus étroitement associées à la connaissance/anticipation de l’adversaire sur le territoire national pour mieux appréhender le continuum que cette menace militarisée fait peser sur nos forces.

Au total, et maintenant depuis deux ans, ce sont trente mille soldats qui sont engagés en première ligne dans des missions opérationnelles intérieures ou extérieures.

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Cette forte suractivité qui caractérise la vie des corps n’est rendue possible que grâce à la cohésion forgée dans la fraternité d’armes. Elle est consubstantielle de l’efficacité opérationnelle marquée par une combinaison subtile et complexe de savoir-faire individuels au service de la réussite collective. Elle unit le combattant et celui qui le soutient, militaire ou personnel civil de la défense, dans une même œuvre commune qui est celle du succès des armes de la France. Le sapeur du 31ème régiment du génie apporte ses compétences techniques pour appuyer la manœuvre du chef interarmes de sa division. Le mécanicien du 9ème bataillon de soutien aéromobile ou le spécialiste de l’équipe technique interarmées-hélicoptères contribuent au maintien à un haut niveau de la capacité opérationnelle du segment majeur que représente aujourd’hui le combat aéroterrestre pour l’armée de Terre. Il en est de même pour nos aviateurs du détachement de ravitaillement technique air au profit de leurs pilotes. Le plieur ou la réparatrice de parachutes du détachement du 3ème régiment du matériel à Montauban ou le spécialiste de la section d’expertise technique du maintien en condition opérationnelle des matériels de parachutage largage permettent à la 11ème brigade parachutiste de tenir sa place de brigade de l’intervention d’urgence. En garnison ou sur les théâtres, les hommes et femmes du groupement de soutien de la base de défense de Montauban-Agen, les informaticiens du détachement des systèmes d’information et de communication de Montauban-Agen, le personnel de l’unité de soutien de l’infrastructure de la défense de Montauban-Agen, les médecins et infirmiers du centre médical des armées de Montauban-Agen œuvrent avec le même dévouement, souvent dans l’ombre, pour que chacun dispose des meilleures conditions possibles pour remplir sa mission au quotidien.

Cette fraternité se vit aussi au quotidien par la cohabitation de populations différentes et complémentaires. J’ai déjà évoqué celle des militaires avec les civils de la Défense. Mais c’est le cas aussi entre les militaires d’active et les réservistes opérationnels. La place de ces derniers ne cessera de croître au sein d’une garde nationale, dont le périmètre dépasse celui du ministère de la défense. N’oublions pas dans ce kaléidoscope humain aux facettes multiples la réserve citoyenne de sécurité et de défense qui joue un rôle essentiel dans la préservation d’un lien armées-nation fort. Nous avons là le panorama assez exhaustif de ce qui est notre communauté de défense dont la principale caractéristique est de constituer un modèle de cohésion et d’intégration sociale assez abouti, souvent cité comme une référence. Il suffit pour s’en convaincre de lire les professions de foi de certain(e)s candidat(e)s à la présidence de la République pour s’en convaincre. Le retour à un service national, militaire ou civique, fait débat, parfois porté par des hommes qui, lorsqu’il n’était pas encore suspendu, n’ont pas montré un grand allant pour satisfaire à leurs obligations.


Ce modèle de cohésion sociale dont peuvent se prévaloir les armées conduisent celles-ci à être des forces contributrices majeures à la résilience de la nation. Le développement du service militaire volontaire, en facilitant l’insertion de jeunes issus des milieux défavorisés, mais désireux de relever le challenge de leur insertion professionnelle, en est une des illustrations.

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Si la fraternité développée dans les armées est consubstantielle de leur efficacité opérationnelle, celle-ci repose avant tout sur une nécessité d’exigence.

Cette exigence est fondamentale. Elle est liée au fait que le métier des armes est un métier qui n’est comparable à aucun autre parce qu’il suppose de celui qui l’exerce l’acceptation d’engager sa vie ou celle de ses camarades, avec ce droit exorbitant du droit commun qui est celui de tuer légalement pour protéger ses compatriotes et les intérêts de la France, « en tous lieux et en tous temps » pour reprendre la formule consacrée.

A cet égard, n’oublions pas les quatre soldats tombés en 2016, dont un Montalbanais, Damien Noblet, auxquels il convient d’ajouter les six agents du renseignement décédés dans l’accomplissement de leur mission.

On peut s’interroger sur le sens de cet engagement, sur le « Pour quoi (qui) meurt le soldat aujourd’hui ? » Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans Citadelle :

« Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre. »

Cette cause qui le dépasse se résume à ces deux mots : La France, notre pays que nous avons en partage, avec les valeurs qui lui sont attachées. C’est ce qu’exprimait le lieutenant Paul Brunbrouck, artilleur colonial mort à Dien Bien Phu, lorsqu’il disait :

« La France n’est pas un vain mot. Tout ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. ».

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Engagement, fraternité, exigence, voilà les mots d’ordre que notre ministère propose à ses ressortissants pour 2017. Mais quels sont les défis et les perspectives qui vont constituer notre paysage pour les mois à venir de ce nouveau millésime ?

Il s’agira d’abord de consolider nos effectifs au moins dans deux domaines : d’abord en ajustant le format des unités de soutien devenu trop étriqué. Il nous faut aussi gagner la bataille du recrutement et de la fidélisation. Outre les différentes unités accueillant les nouvelles recrues concernées au premier chef par la conservation de leurs effectifs, sont en première ligne dans ce combat de tous les instants les différents centres d’information et de recrutement des forces armées dans les départements.

Mais il ne s’agit pas seulement de disposer d’une ressource humaine en quantité. Il nous faut aussi instruire, puis entraîner nos soldats. Contrairement à ce que certains pourraient imaginer, nous ne recrutons pas des soldats sur étagères. Sinon cela s’appellerait des mercenaires. Nous amenons nos recrues à l’état de soldat car on ne naît pas combattant, on le devient. Cela demande du temps et consomme de l’énergie. A titre d’illustration, tous effectifs cumulés, l’armée de Terre consacre environ 7500 hommes à la formation initiale de ses soldats, soit l’équivalent d’une brigade interarmes ! Le Tarn-et-Garonne accueille nombre d’entre eux soit au centre de formation initiale des militaires du rang de la 11ème brigade parachutiste à Caylus, soit au centre d’instruction élémentaire à la conduite à Castelsarrasin, appelé à devenir le centre de référence national pour la formation au brevet militaire de conduite à la moto.

Au-delà de la bataille de la consolidation de nos effectifs, il nous faut maintenant gagner celle des équipements. Nous sommes en particulier à mi-chemin d’une véritable (r)évolution capacitaire pour l’armée de Terre avec la montée en puissance du programme de synergie du contact renforcée par la polyvalence de l’info valorisation (plus connu sous l’acronyme SCoRPIon) et celui du fantassin à équipements et liaisons intégrés (lui plus connu sous l’acronyme FELIn) qui visent tous les deux à équiper le combattant d’une gamme cohérente de matériels de mobilité terrestre de combat, d’armes et de moyens de liaison le faisant entrer dans le XXIème siècle. Les deux programmes concerneront à terme dans les deux ans qui viennent les deux régiments du génie du département. L’année devrait aussi voir l’arrivée du fusil d’assaut HKG 416 en remplacement du FAMAS, entré en service…un an après moi, soit il y a près de quarante ans ! Je sais que l’achat sur étagère de ce nouveau fusil d’assaut étranger a pu émouvoir les partisans du made in France. Mais il faut avoir bien conscience que les coûts de maintenance de notre fusil français étaient devenus excessivement prohibitifs. Avec le prix de 7 chargeurs FAMAS, vous achetez un HKG 416. Par ailleurs, le canon de ce dernier, soit 30 % du prix de l’arme, sera fabriqué par une entreprise française de Clermont-Ferrand.

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Mais au-delà de ces défis communs à l’ensemble des forces armées à l’échelle nationale, et en me recentrant sur le périmètre de mes attributions de commandant de cette base de défense, quelles sont les perspectives de 2017 ? Même si cette année est marquée d’un certain nombre d’incertitudes – Mais j’ai coutume de dire que l’incertitude est souvent aujourd’hui ce qui est le plus sûr – , certaines tendances semblent émerger.

Tout d’abord, il convient de souligner que 2017 marque la confirmation de la fin de la spirale déflationniste qui était la règle depuis de (trop) nombreuses années. Voire, au 01er juillet 2017, le centre de formation initiale des militaires du rang de la 11ème BP fusionnera avec le détachement de camp de Caylus en vue de créer une unité formant corps dont l’appellation reste à préciser.

Une autre évolution de structure est prévue : celle qui fera passer les antennes médicales des garnisons de Caylus, Castelsarrasin et Montauban sous le commandement du centre médical des armées nouvelle génération de Toulouse créé cet été et celle d’Agen sous la tutelle du CMA NG de Bordeaux, le CMA de Montauban disparaissant pour renforcer les effectifs des deux CMA NG du Sud-Ouest.

La maturité de la base de défense dans son fonctionnement est désormais stabilisé avec des budgets dans le domaine de l’administration générale et du soutien commun ainsi que dans celui de la maintenance courante de l’infrastructure qui me permettent de mener l’essentiel de mes missions dans ces domaines, même si les besoins dans celui de l’infrastructure restent énormes, dépassant les capacités mêmes de ce que pourrait absorber l’opérateur local avec ses effectifs, essentiellement en raison des impasses budgétaires de ces dernières années.

Toutefois, il est à noter que des chantiers majeurs verront leur terme cette année avec, notamment la livraison de la nouvelle zone technique du quartier La Valette à Castelsarrasin, celle du cercle mess du quartier capitaine Vergnes à Montauban. Sur cette même emprise se poursuivent les travaux importants de réhabilitation et de mise aux normes de l’infrastructure technique pour la maintenance des hélicoptères de nouvelle génération, conduits sous l’égide du pôle de mise en œuvre de l’infrastructure de Montauban. Des travaux de réhabilitation des casernements des emprises du quartier général Doumerc à Montauban, du camp lieutenant-colonel Normand à Caylus se déroulent bon gré, mal gré selon la programmation arrêtée.

Dans le domaine domanial, je formule des vœux (c’est la période !) pour que la vente par appel d’offres de l’immeuble de l’ancien centre de ravitaillement des essences de Castelsarrasin puisse se faire dans l’année avec l’appui de la DDFiP de Tarn-et-Garonne et que nous progressions sur les dossiers d’aliénation de l’ancien bâtiment d’hébergement de cadres célibataires de la caserne Pomponne à Montauban, de la caserne général Banel à Castelsarrasin dès que les travaux du quartier La Valette seront terminés (soit fin du premier semestre), des parcs des essences de Montbartier et de Boé, sur la vente d’une partie du terrain de Brax ainsi que sur la cession partielle de la caserne maréchal Bessières à Cahors.

L’ensemble de ces opérations d’infrastructure figurent dans un schéma directeur dont la validation par la direction compétente du ministère de la défense est attendue.

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Voilà les principaux amers connus qui serviront de repères dans la traversée de l’océan de 2017. Mais 2017 sera aussi une année particulière de la respiration démocratique de notre pays avec deux rendez-vous majeurs auxquels les armées ne peuvent rester insensibles. Il s’agira bien évidemment de désigner la représentation nationale qui exercera le contrôle des missions qui nous sont assignées par le pouvoir exécutif. Mais il s’agira surtout d’élire le chef des armées, celui qui, en l’absence d’exercice du droit syndical, est en charge de veiller à la préservation de nos intérêts.

Si 2017 comportera son lot d’incertitudes, il reste cette certitude fondée que la menace actuelle demeurera une réalité qui doit être prise en compte. Pour la vaincre, la lutte armée sera, certes nécessaire, mais insuffisante. Elle ne pourra être efficacement combattue que si nous arrivons à vaincre ici par nos valeurs pendant que nos soldats combattent là-bas pour elles. Pour citer Jacques de Bourbon, comte de Busset :

« La vraie France est la France invisible. La puissance n’a rien à voir avec la puissance militaire, intellectuelle et morale. Cette France invisible, la seule réelle, existe dans la mesure où elle défend les droits de l’esprit et, en premier lieu, la liberté de l’esprit, cela dans le respect des valeurs communes. »

A vous toutes et tous qui nous faîtes l’honneur d’être avec nous ce soir une belle année 2017 riche en satisfactions de toute nature. Les hommes et les femmes qui sont autour de moi vous assurent de leur indéfectible soutien pour vous défendre et défendre ce beau pays que nous avons en partage. Pour cela, ils peuvent être assurés au quotidien de de toute ma sollicitude et ma confiance. Accordez-leur la vôtre.

Que vivent nos forces armées, vive la République, vive la France !

 

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Colonel PILETTE

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