Hommage de Christian LIMONGI à ses deux frères d'armes morts pour la France
Chers amis,
   C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris la mort au combat dans une opération de libération d'otages au Burkina Faso de 2 jeunes nageurs de combat du Commando Hubert. Il s'agit des Maîtres (équivalent de sergents-chefs dans les armées de l'Air et de Mer) Cédric de PIERREPONT (cours nageurs 2012) et Alain BARTONCELLO (cours nageurs 2017).

St Michel Je ne les connaissais peu ou pas car jeunes par rapport à ma génération C'est lors d'une rencontre entre (très) anciens et jeunes "bébé nageurs" que j'ai rencontré, Cédric, parmi d'autres, à Saint-Mandrier en octobre 2017 à la Saint-Michel des nageurs de combat (section Sud).

   Pour information, je vous communique quelques éléments complémentaires sur les (trop) courtes carrières de ces jeunes membres des Forces Spéciales.

Maître Cédric de PIERREPONT :
   Né en 1986, il entre dans la Marine en 2004, au sein des Equipages de la Flotte et intègre les fusiliers-marins en 2005 et se distingue en terminant 1er sur 47 au cours de Brevet élémentaire de fusilier-marin. Un an et demi plus tard, il réussit le stage commando Il est ensuite affecté au commando de Penfentonyo ou il est promu au grade de second maitre (sergent) et obtient son brevet d'aptitude technique de fusilier-marin commando. En aout 2012, il obtient le certificat de nageur de combat et rallie le Commando Hubert. Il occupait les fonctions de Chef de Groupe commando depuis le 1er avril 2018.
   Il cumulait 15 ans de services au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d'opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel, théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier. Il était titulaire de quatre citations à l'ordre du Régiment, de la Brigade et de la Division avec attribution de la Croix de la valeur militaire et d'une citation à l'ordre de la Brigade avec attribution de la médaille d'Or de la Défense nationale. Il était par ailleurs décoré de la Médaille d'Or d'Outre-mer avec agrafes Sahel et Liban.


Maître Alain BERTONCELLO :
   Né en 1991, il entre dans la Marine nationale en rejoignant l'école de Maistrance en 2011 Il choisit en 2012 la spécialité de fusilier-marin et réussit le stage commando la même année. Après 5 années passées au commando Jaubert, il obtient le certificat de nageur de combat et rejoint le commando Hubert basé à Saint-Mandrier dans le Var ou il était affecté depuis juillet 2017. Après son entrée dans les commandos marine, maître BERTONCELLO à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel. Il cumulait plus de 7 années de services au sein de la Marine nationale. Il était titulaire d'une citation à l'ordre du régiment avec attribution de la Médaille d'Or de la Défense nationale et était décoré de la Médaille de l'Outre-mer pour le Moyen-Orient, ainsi que de la Médaille d'Argent de la Défense nationale.

 

  Ancien membre du Groufumaco et membre du Commando Hubert de 1968 à fin 1971, adhérent à l'Amicale des nageurs de combat (zone Sud) je souhaitais vous communiquer ces quelques éléments sur ces jeunes hommes courageux trop tôt disparus. On ne doit pas les oublier car on leur confie les missions les plus compliquées et les plus délicates. une élite pourtant synonyme d'anonymat pour ces hommes dont les exploits, comme les drames, sont rarement rendus publics.

   J'ai une profonde pensée pour leurs familles, proches et frères d'armes.

Christian LIMONGI

 

Limongi

Christian LIMONGI

Né le 3 décembre 1949 à Alger

Durée des services effectifs dans la Marine nationale : 16ans, 2 mois

  •  Septembre 1968 : Mutation au Groupement de fusiliers-marins commandos, Ecole de plongée et formations au Fort de Saint-Elme à Saint-Mandrier
  • Janvier 1969 : Affectation au Commando Hubert à Saint-Mandrier (Unité des nageurs de combat de la Marine).
  • Juillet 1969 : Obtention du brevet militaire de parachutisme à Pau (n° 288000). Un mois de stage.
  • Février 1972 : Scolarité à l'Ecole des fourriers (Rochefort) pour l'accès au corps des officiers-mariniers.
  • Mai à juillet 1974 : Stage à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon. Obtention du certificat d'opérateur psychotechnicien. (Major de promotion).
  • Juin 1982 : Admissible à l'Ecole Militaire de la Flotte, section « Officiers Spécialisés ». (Rang 10ème/104)
  • Mai 1984 : Admission à la retraite.

    Durée des services dans le secteur privé : près de 6 années.


    Durée des services dans le secteur public : 21 ans 5 mois

.

 

Liste des "Brèves" disponibles

 

             - Arnaque du 118-218   cliquez-ici-02

           - Les GIFS   cliquez-ici-02

           - HPPT ET HPPTTS   cliquez-ici-02

           - Les pétitions    cliquez-ici-02

               - Fausse recherche de descendancecliquez-ici-02

        - Dossier thématique (cliquer)

            - Lettre de Jean-Yves LE DRIAN(cliquer)

 

Diapo01  11 novembre 2018 Diapo00

 

Après quatre ans, trois mois, onze jours, c'est la fin de la guerre, cette guerre atroce qui, par le sang versé, laisse notre pays exsangue. Ce 11 novembre 1918 est signé, dans un wagon de chemin de fer, dans la clairière de Rothonde, près de Compiègne, l'armistice qui marque la fin des combats. (Diapo 2) Chacune de ces interminables années de guerre s'est profondément inscrite dans l'esprit de ceux qui ont vécu et espéré la fin de ce terrible cauchemar. Cent ans après que reste-t-il dans l'esprit de nos contemporains ? De la compassion, de la curiosité, de l'indifférence ou de l'oubli le plus total de ce cataclysme qui a bouleversé le monde ? Pourtant il y a 100 ans, et ce n'est pas si vieux, toutes nos familles étaient concernées par ce conflit et nous n'avons pas le droit de l'oublier. « nous avons tous notre poilu avec selon l'âge un père, un grand-père, un ou plusieurs arrière-grand-père ou arrière-arrière-grand-père » .C'est la raison pour laquelle, en 2014, la commémoration du centenaire de la guerre 14-18 a permis d' ouvrir, ici à Reyniès, le cycle d'une certaine forme de devoir de mémoire. Chaque année du centenaire nous avons évoqué les événements qui se sont déroulés durant l'année considérée et rappelé où et quand sont tombés les Reyniésiens que nous sommes venus honorer ce jour. Pour terminer ce cycle nous verrons les faits de cette année 1918 et nous essayerons d'en découvrir les conséquences. Mais avant d'ouvrir cette page d'histoire, rappelons-nous les faits marquants qui ont jalonnés cette mémorable guerre.   (Diapo 3)

2 août 1914 mobilisation générale. Le lendemain, 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et envahit la Belgique. Les historiens ont appelé cette période la bataille des frontières au cours de laquelle de furieux et sanglants combats font déjà, en ce mois d'août, plus de 300 000 morts. On compte 40 000 morts dans la seule journée du 22 où la 33° Division d'Infanterie venue de Montauban est décimée dans la forêt de Bertrix. Après le repli de nos forces, la bataille de la Marne du 6 au 17 septembre, marque un coup d'arrêt à l'avance allemande. Cette séquence s'est poursuivie par une série de combats qui se sont succédés dans ce que l'on appelé la course à la mer. Puis le front s'est stabilisé vers la mi-novembre. Il s'étire alors sur 750 km de la frontière Suisse à la Mer du Nord. (La diapo à l'écran résume l'essentiel des événements que nous venons d’évoquer : les différentes batailles matérialisées par des points rouges éclatés, la course à la mer par les deux flèches parallèles verte et bleu et la ligne de front, ligne continue en violet, de la mer du Nord à la Suisse)

L'année 1915 marque l'installation de la guerre de position. (Diapo 4) C'est la guerre des tranchées où se concentre toute l'horreur endurée par les combattants dans ces lieux. Toutes les tentatives pour percer le front se soldent par des échecs couteux en vies humaines aussi bien en Artois qu'en Champagne. (Diapo 5 Cette diapo matérialise les zones de combat qui se sont déroulés en Artois au printemps et en septembre 1915 et, en Champagne en février, mars et septembre 1915) Les expéditions aux Dardanelles et à Salonique n'ont pas été des succès voire même un échec comme aux Dardanelles. (Diapo 6 On voit ici les Dardanelles à gauche et à droite la position de Salonique en Grèce, au bas de la carte au sud de la ligne bleue matérialisant la ligne de front.)

1916 restera à jamais marquée comme l'année la plus meurtrière de l'histoire avec l'enfer de Verdun et la bataille de la Somme. (Diapo 7) Dans la mémoire collective Verdun avec ses 700 000 soldats morts (360 000 français et 335 000 allemands) reste le symbole de cette guerre. Pour un peu on oublierait le bilan pourtant plus meurtrier de la bataille de la Somme où périrent plus d'un million de soldats (200 000 français, 400 000 britanniques et 450 000 allemands). Comment peut-on oublier cette hécatombe. Ces hécatombes!

En 1917 les faits marquants sont l'entrée en guerre des Etats-Unis, (diapo 8) la Révolution Russe (diapo 9) et sur le front le sanglant échec du Chemin des Dames (diapo 10) où en 10 jours de combat 271 000 français ont été tués. Cet épisode, lourd de conséquences, a marqué les esprits et le moral des troupes à la limite de la rébellion.

Nous voici donc en 1918. En ce début d'année il ne se passe pas d'événement majeur sur le front où, si la situation n'était pas aussi dramatique, nous serions tenté de dire c'est la routine. (Diapo 11) .(Comme le montre cette diapo la ligne de front matérialisée ici par la ligne verte n'a guère évoluée depuis 1914, sauf le repli volontaire des allemands marqué par la ligne rouge en mars 1917. A noter que toutes les zones vertes le long de cette ligne de front rappellent les lieux où se sont déroulés les combats acharnés pour tenter de percer cette ligne. Du Nord au Sud on lit: Flandres 1917 – Artois 1915 – Vimy 1915 et 1917 – Somme 1916 – Chemin des Dames 1917 - Champagne 1915 – Verdun 1916 – Les Eparges 1915 – Linge 1915 – Hartmanns-Villerkopf 1915 . Autant de hauts lieux de mémoire) Au plan international on notera que ,le 8 janvier, le Président américain Wilson propose un plan de paix en 14 points dont le droit des peuples colonisés à disposer d'eux-mêmes et la création d'une société des nations.

Mais le calme apparent sur le front est trompeur d'autant que l'effondrement de la Russie a permis de dégager d'importants renforts. Mi-février, l'essentiel du transfert des divisions allemandes du front Est vers la France est achevé. Les Allemands s'étaient, en effet, rendu compte que leur seule chance de gagner la guerre était d'anéantir les Alliés avant que les Etats-Unis ne puissent déployer suffisamment de troupes en Europe pour vaincre l'Allemagne. Cinquante divisions allemandes avaient pu être redéployées sur le front occidental après la signature du traité de Brest-Litovsk avec la Russie soviétique. Ainsi une série d'offensives vont se dérouler entre le 21 mars et le 18 juillet. Chronologiquement on répertorie cinq offensives qui apparaissent sur cette diapositive à l'écran (diapositive 12)

Ces opérations allemandes portent un nom de code. Elles sont également désignées par leur localisation géographique. (Diapo 13) Cette diapo reprend la chronologie des attaques allemandes en y associant le nom de code .Ainsi Michael ou bataille de la Somme est la première offensive menée entre le 21 et le 27 mars. Georgette la deuxième ou bataille de la Lys s'est déroulée du 9 au 27 avril. Blücher-Yorck ou bataille de l'Aisne est la troisième attaque conduite entre le 27 mai et le 4 juin. La quatrième opération Gneisenau ou bataille du Matz s'est livrée du 9 au 13 juin. A noter que la cinquième offensive qui se déroule en Champagne du 15 au 17 juillet se nomme «La friedenstrum l'assaut pour la paix!»)

Michael constituait la principale attaque. Elle était destinée à percer les lignes alliées, et à déborder les forces britanniques de la Somme à la Manche.Cette vaste offensive est connue sous le nom de la bataille de l'empereur ou kaiserschlacht ; L'EM allemand sûr de la victoire avait convié l'empereur Guillaume à cette attaque la pensant décisive. Les autres offensives étaient subordonnées à Michael et ont été conçues pour détourner les forces alliées de l'offensive principale sur la Somme.

Sur les 110 divisions placées en première ligne, 50 le sont face au front britannique qui ne compte que 13 divisions de la 3° armée armée du général Byng et 16 divisions de la 5° armée du Général Gough.

Entre le 21 et le 31 mars Ludendorff lance la bataille dite de l'empereur dont l'objectif est de pénétrer en coin entre les forces anglaises et françaises. Le plan conçu est simple et brutal. Il s'agit d'un coup de massue porté avec toutes les forces disponibles en un seul point convenablement choisi. Ce point sera la région de Saint Quentin où se trouve la limite entre les forces anglaises et françaises (Diapo 14) (La poussée est très forte dans le secteur anglais comme le montre cette diapositive des différents fronts matérialisés par les lignes successives de couleur. On y voit Saint Quentin sur la ligne de front du 21 mars -en rouge- puis les différentes lignes atteintes en pointillés: les 22 , 24 et 26 mars et la dernière au 5 avril) Devant cette avance de l'ennemi, le général Foch constatant la divergence des retraites entre les Anglais qui cherchaient à garder les ports de la Manche et les Français qui tentaient de couvrir Paris, provoqua le 26 mars à Doullens une réunion au cours de laquelle il fut désigné comme coordinateur des armées alliées. Foch a tout de suite vu de quoi il s'agissait. Les Anglais se retiraient vers le nord-ouest, les Français vers le sud ; ils s'écartaient donc les uns des autres. Il s'agissait de rétablir d'abord, puis de maintenir, la soudure entre les Anglais et les Français.

En définitive le 31 mars quand la bataille s'éteint sur le dernier assaut à peu près infructueux, l'armée allemande a engagé 87 divisions qui sont toutes plus ou moins mal en point et si la poche creusée dans notre front mesure 80 kilomètres en largeur et 60 en profondeur son objectif: la rupture du front franco-britannique par la prise d'Amiens n'a pas été atteint. (Diapo 15) (Cette diapo montre les limites des fronts entre le 21 mars en bleu et le 5 avril en rouge. On remarque que la ville d'Amiens a été préservée, alors que la distance pour atteindre Paris s'est considérablement amenuisée)

Le 29 mars 1918, un obus allemand tombait sur l'église Saint-Gervais, à Paris. Il causa des dégâts considérables et fit 75 morts. Ce fut le plus meurtrier des obus lancés sur Paris par le canon surnommé la grosse Bertha. (Diapo 16) En fait il s'agissait de ce canon, appelé "l’arme de l’empereur Guillaume" ou le "canon parisien" aux dimensions démesurées: un canon de 36 mètres, et un poids de 700 tonnes pour envoyer des obus de plus de 100 kg… à quelque 130 kilomètres.

Installés début 1918 en forêt de Saint-Gobain, près de Crépy-en-Laonnois au nord de Paris, en arrière de la ligne de front, deux canons ouvrent le feu sur la capitale à partir du 23 mars 1918 à 7h du matin. Les canons étaient alors pointés sur le centre de Paris à plus de 120 km de là. Le premier jour, 22 tirs sont effectués. Finalement c’est plus de 400 obus qui furent tirés dont 351 atteignirent Paris causant ainsi la mort de 256 personnes et en blessant 620 autres.

La seconde phase de l’offensive allemande (opération « Georgette », également connue sous le nom de « bataille de la Lys »), est lancée en Flandre française le 9 avril. (Diapo 17) Pour Ludendorff, elle fait figure de « quitte ou double ». Le scénario se révèle identique au premier épisode : une percée spectaculaire sur la Lys, la prise rapide d’Estaires (9-10 avril), accompagnée de l’incendie de la ville (Ici au centre de la diapo) et de la crête de Messines(10-11 avril), (Située en haut à droite)une avance vers Hazebrouck qui vient mourir à proximité de ce carrefour ferroviaire de grande importance (12-15 avril),(située au centre gauche) la destruction et la capture de Bailleul (12-15 avril),(ici au centre) une première bataille sur le mont Kemmel (17-19 avril), (partie hachurée) un nouvel échec pour atteindre Béthune qui entraîne, de rage, le bombardement massif de tout le centre de la ville.

Si plusieurs divisions britanniques se sont efforcées d’enrayer l’attaque allemande avec des moyens souvent dérisoires – des barricades de fortune dans les rues d’Armentières ou de Bailleul, des groupes de retardement accrochés aux remblais ferroviaires –, d’autres en revanche s’effondrent sous la violence de l’impact ; il en est de même pour le corps expéditionnaire portugais, qui vole en éclats devant Neuve-Chapelle. (Ici au centre bas en bordure du Mont Kemmel)Pour venir en aide à son allié en péril, Foch décide d’envoyer des troupes françaises en renfort. Ce sont des unités françaises qui subissent le bombardement apocalyptique de la « seconde bataille du Kemmel », les 25 et 26 avril. Malgré l’ampleur de leurs pertes, les Alliés parviennent à stabiliser le front. Le 29 avril, la Kaiserschlacht s’achève par un constat d’échec. (Diapo 18 Voici un croquis de cette opération Georgette montrant les différents axes d'attaque et les lignes épaisses en noir et gris foncé qui marquent les limites du front avant et après l'attaque. Pour info les lignes rouges indiquent les voies ferrées)

Le bilan des pertes humaines est considérable, dans les deux camps, en raison du volume et de la durée de la double offensive. Les Britanniques ont perdu 236 000 hommes entre le 21 mars et le 29 avril 1918 ; la structure des pertes est très particulière : assez peu de tués (ce qui signifie quand même 20 000…), beaucoup de disparus (120 000), pour la plupart des prisonniers. Les Français ont moins de pertes en nombre (92 000), mais la proportion des tués est considérable pour les unités engagées au Kemmel. Quant aux Allemands, ils ont perdu, dans la même période, 348 000 hommes.

Le général Erich Ludendorff, chef d’état-major général adjoint allemand, (Diapo 19) lance sa troisième offensive sur le front occidental en 1918, par une attaque de diversion contre les Français qui tiennent le secteur du Chemin des Dames, sur l’Aisne. (Ici au centre de la diapo juste en dessous de la flèche)

L’objectif de Ludendorff est d’empêcher les Français d’envoyer des renforts aux Britanniques qui se trouvent dans le nord de la France, où il prévoit une nouvelle attaque.

L’assaut allemand débute par un tir de barrage de 4600 pièces d’artillerie, suivi d’une attaque de sept divisions sur un front de 15 km. Les Allemands s’emparent immédiatement du Chemin des Dames et avancent sur l’Aisne, prenant plusieurs ponts intacts. En fin de journée, les Allemands ont avancé d’une quinzaine de kilomètres.

Bien que l’offensive ait un objectif limité, ses premiers succès persuadent le haut commandement allemand de poursuivre vers Paris, qui n’est qu’à 130 km. Le commandant du corps expéditionnaire américain, le général John Pershing, va envoyer des renforts aux Français. Ils passeront à l’action le 30, quand les Allemands menaceront la Marne.

Le 4 juin le général Erich Ludendorff met un terme à sa double offensive, appelée Blücher et Yorck, commencée le 27 mai. Bien que ses unités d’assaut aient opéré une percée d’un maximum de 32 km sur une distance de 50 km, elles sont en perte de vitesse. Il doit également faire face à des contre-attaques françaises et américaines de plus en plus puissantes. Ainsi la 2e division américaine sous les ordres du général Omar Bundy attaque le bois Belleau, situé légèrement à l’est de la ville de Château-Thierry.

Les pertes allemandes s’élèvent à 125 000 hommes, et celle du camp adverse sont du même ordre. (La zone concernée par cette troisième offensive est matérialisée par la partie centrale de la diapo dans laquelle figure la ville de Soissons)

Du 9 au 13 juin la XVIIIe armée du général Oskar Von Hutier lance la quatrième série d’offensives. Ludendorff prévoit de réunir les deux saillants pris lors des précédentes attaques dans les secteurs d’Amiens, de l’Aisne et de la Marne. Hutier doit attaquer à l’ouest le long de la rivière Matz, un affluent de l’Oise, dans la direction de Noyon et de Montdidier. (Localités qui apparaissent ici en haut et à gauche de la diapo) Cependant le commandement de la IIIe armée française, le général Georges Humbert, averti par des déserteurs allemands a organisé sa défense en conséquence. Et sur son ordre, son artillerie bombarde sévèrement les troupes d’assaut ennemies peu avant leur offensive.

Cependant, le barrage ne permet pas d’empêcher les troupes allemandes d’avancer de 8 km le premier jour de leur attaque, connu sous le nom de code opération Gneisenau (La zone concernée par cette opération apparaît ici en haut et à gauche) La résistance française s’intensifie les jours suivants, et la tentative de relier les troupes allemandes d’Oskar Von Hutier et celles de la VIIe armée du général Max Von Boehn, qui ont lancé une attaque sur Soissons le 10 juin, se solde par un échec.

Du 15 au 17 juillet les forces allemandes commencent leur cinquième offensive. «La friedenstrum l'assaut pour la paix!» Le général Erich Ludendorff, prévoit une nouvelle attaque de diversion, cette fois en Champagne, le long de la Marne, afin que les réserves ennemies quittent le nord de la France ou il espère toujours percer la ligne britannique et s’emparer des ports de la Manche. Trois armées allemandes sont engagées dans l’attaque. La VIIe armée du général Max Von Boehn, doit avancer sur la Marne puis, virer à l’est sur Épernay, où il doit rejoindre la Ire armée du général Bruno Von Mudra avançant des deux côtés de Reims.( L'axe de cette attaque est matérialisé par la flèche orientée vers Epernay . Un peu plus à l'est on voit le saillant de Reims). La IIIe armée du général Karl Von Einem a pour ordre de prendre Châlons-sur-Marne. (L'axe de l'attaque est matérialisé par la flèche la plus à l'est au-dessus de Souain)

(Diapo 20 Ce schéma qui rappelle les cinq offensives allemandes illustre la volonté de réunir les saillants pris dans les attaques précédentes comme l'indiquent les doubles flèches)

A la mi-juillet voici la physionomie de la ligne de front (Diapo 21). Les cinq offensives allemandes avaient permis la réalisation d'une large percée au sein des lignes alliées mais depuis l’ouverture de la première offensive, les forces allemandes ont perdu quelque 500 000 hommes pratiquement irremplaçables; alors que les Américains débarquent au rythme de 300 000 hommes par mois. À court d’effectifs, Ludendorff prévoit un repli mesuré afin de réduire sa ligne de front. Cependant, ses adversaires prévoient de lancer une contre-offensive avant que son repli soit achevé.

A partir du mois de juillet 1918, les attaques allemandes s'enlisent et les alliées remportent la "seconde bataille de la Marne" (18 juillet 1918) permettant de sauvegarder Paris.(Diapo 22) Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, l'équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts.( qui apparaît en haut et à gauche de la diapo)Les nouveaux chars Renault FT sont employés pour la première fois et rencontrent le succès partout où ils sont engagés. En deux jours, le nombre des prisonniers dépasse 17 000 hommes et 360 canons ont été capturés. Surpris, les Allemands engagent 4 divisions de renfort au centre. Vers 18 heures, ils ont repris Vierzy, mais sans le garder. Les Alliés sont à moins de 15 kilomètres de la gare de la Fère en Tardenois, l’unique voie ferrée étant sous le feu de l'artillerie. Le 20, les Allemands prélèvent des divisions sur les armées voisines et engagent la 5°division de la Garde contre l'armée Degoutte, deux divisions et des éléments retirés de la Marne, contre l'armée Mangin.

Malgré ces renforts, le 28 juillet la gare est prise par les Alliés et le 7 août tout le terrain est repris. (Sur cette diapo les différentes lignes atteintes lors de cette reconquête du terrain sont matérialisées par les différentes lignes rouges. Trait plein la ligne de front le 18 juillet. Petits points espacés le 20 juillet.La ligne au-dessus est atteinte le 28 juillet. La ligne la plus au nord marque la limite de l'avancée au 6 août.) Les chars d’assaut ont prouvé leur efficacité (Diapo 23 le char Renault FT)

Au début du mois d'août, les conditions d'une large contre-offensive alliée sont désormais mises en place : affaiblie par ses nombreuses pertes et ses récents revers, l'armée allemande commence à battre en retraite tandis que les Alliés peuvent désormais compter sur de nouveaux armements produits en grand nombre (chars) et sur une participation désormais effective des soldats américains aux combats.

Le 8 août 1918, l'armée alliée engage une importante contre-offensive en Picardie, (diapo 24 ) au niveau de la Somme, entre Amiens et Saint-Quentin. Les Britanniques attaquent au centre et au nord, les Français au Sud. Une énorme force blindée de 530 chars britanniques et 70 chars français est engagée dans la bataille aux côtés de l'infanterie. Pour la première fois, les Alliés combinent une attaque aérienne (les avions de la RAF mitraillent les tranchées ennemies) avec une offensive terrestre menée par les chars puis l'infanterie. Avant la fin de la journée, tous les bataillons ont atteint les positions qui leur avaient été fixées : le front a reculé de plus de 10 kilomètres et les unités françaises et britanniques ont pu réaliser leur jonction. Les pertes allemandes s'élèvent en une seule journée à 27 000 victimes et 16 000 prisonniers. En quatre jours seulement, l'essentiel de l'ancien champ de bataille de la Somme est repris. (Sur cette diapo apparaissent les lignes successives du front du 8 et 9 août)

A la fin du mois d'août, les Alliés ont progressé jusqu'aux fortifications avancées de la ligne Hindenburg dont ils avaient été repoussés par l'offensive allemande de mars 1918. Ludendorff a appelé le 8 août 1918, jour où Français et Britanniques percèrent le front à Amiens, le "jour noir de l'armée allemande". A partir de cette date, l'avancée alliée ne s'arrêtera plus et la défaite de l'Allemagne devenait inéluctable.

Foch, commandant en chef des armées alliées, après avoir contenu les derniers soubresauts offensifs allemands, décide, en août, de lancer une offensive générale. Plutôt que sur des assauts massifs en un seul point, il opte pour une série de coups de boutoirs, destinés à user l’ennemi, jusqu’à la rupture. Dans la partie est du front, ces offensives en cascade sont menées par les Français et les Américains ; en Picardie, en Artois et en Flandres, par les Britanniques.

L’armée anglaise, qui comprend désormais d’importants contingents australiens et canadiens, lance sa première offensive en Picardie, le 21 août, devant Albert. (Diapo 25) Du 26 août au 3 septembre, les Britanniques livrent une « seconde bataille d’Arras », après celle d’avril 1917, le long de la Scarpe, et reprennent Monchy-le-Preux, totalement anéanti, avant d’entrer en contact avec les défenses de la ligne Hindenburg dans le secteur Drocourt-Quéant. Entre le 31 août et le 3 septembre, l’effort se porte sur le secteur de Bapaume qui a donc subi, en 18 mois, trois déplacements successifs du front (retrait allemand de mars 1917, avance allemande de mars 1918, reconquête britannique).

Le 12 septembre 1918, commence l’assaut contre la « ligne Hindenburg », qui a déjà coûté tant de sang britannique. Les assaillants, qui disposent désormais d’une écrasante supériorité en termes d’artillerie, multiplient les attaques ponctuelles ; elles permettent d’économiser des hommes et d’éprouver un adversaire dont la combativité est en train de s’émousser, comme l’atteste le nombre de plus en plus élevé de redditions spontanées. Une première tentative, où sont engagées des troupes anglaises et néo-zélandaises, est couronnée de succès à Havrincourt, le 12 septembre. Le 27, une attaque de plus grande ampleur est lancée contre le canal du Nord, par une quinzaine de divisions.

Un mot sur cette ligne Hindenburg matérialisée ici à l'écran. (Diapo 26) C’est pendant la dernière partie de la bataille de la Somme que l’état-major allemand, tirant très rapidement les leçons de l’offensive alliée en cours, prend la décision d’édifier une nouvelle ligne de défense, apothéose des techniques de la fortification allemande sur le front ouest. Cette « ligne Siegfried » (ou « ligne Hindenburg » pour les Alliés) est établie très en arrière du front existant, à une distance variant de 10 à 50 km. Structurellement, il s’agit d’un système constitué de zones fortifiées reliées entre elles par des cordons défensifs, qui doit s’étendre de la mer du Nord à Verdun.
Ludendorff a décidé que le repli sur la nouvelle ligne de défense s’accompagnerait d’une destruction systématique des zones abandonnées, afin de ne laisser aucun abri aux Alliés ; en outre, la zone devait être minée et piégée, afin de la rendre plus dangereuse. (On voit très bien apparaître sur la diapo cette nouvelle ligne de défense plus à l'est que la première et qui couvre le front de la mer du Nord à Verdun. On remarque également les limites de ce même front entre le 15 juillet et le 11 novembre qui encadrent le terrain reconquis, ici en brun)

La ligne Hindenburg est formée de zones opérationnelles (Stellungen), dont les noms sont tirés de la mythologie germanique (Diapo 27)
La plus puissante est Siegfried : (Ici au centre de la diapo ) elle relie Lens à Reims, sur 160 km. Elle est réalisée en cinq mois seulement, grâce au recours à plus de 500 000 ouvriers, des civils allemands et des prisonniers de guerre russes. Elle est constituée de tranchées profondes de 5 mètres sur 4 m de large et d’abris souterrains ; devant la première ligne, des ceintures de barbelés larges au minimum de 20 mètres. Les casemates de tir et les abris sont protégés par du béton armé et des plaques d’acier. En outre, trois kilomètres environ devant la ligne principale, a été disposée une ligne d’avant-postes, plus légèrement défendue, destinée à ralentir les troupes assaillantes. La         « zone de bataille » proprement dite, profonde de 2 kilomètres, est couverte par un véritable barrage d’artillerie et de mitrailleuses, apte à éliminer toute infanterie adverse. Ultérieurement, des fossés antichars seront creusés devant les premières lignes.

La ligne Hindenburg (Diapo 28) est doublée en arrière de deux autres lignes .La première va de Douai à Pagny sur Moselle, localité située au sud de Metz et au nord de Nancy. La deuxième va de Douai à Metz. Au total dans ce secteur il y a trois lignes contre lesquelles vont se heurter les armées alliées.

Au cours de ce deuxième semestre 1918, sur l'ensemble du front, (Diapo 29) plusieurs séries de batailles (Comme le montre cette diapo) vont se dérouler.

Nous en avons déjà évoqué quelques-unes qui ont eu lieu (diapo 30) dans les zones indiquées par les chiffres 1,2 et 3 à savoir:

En 1 la deuxième bataille de la marne du 18 juillet au 6 août qui correspond à la cinquième offensive allemande baptisée «Friedenstrum»

En 2 la bataille d'Amiens du 8 au 15 août

En 3 la bataille d'Amiens 2° phase du 21 août au 18 septembre nommée également la contre-offensive en Picardie.

En 4 la bataille du saillant de Saint Mihiel

En 5 l'offensive générale alliée qui se déroule du 26 septembre au 15 octobre

En 6 la retraite allemande entre le 16 octobre et le 11 novembre.

(Diapo 31) En septembre 1918, le saillant de Saint-Mihiel forme une hernie large de 38 km et profonde de 23 entre la Meuse et la Moselle. La réduction de ce saillant permettrer de libérer l’accès à la voie ferrée Paris-Nancy, ainsi que les voies de communication menant à Verdun.

Le Général John J. Pershing envisage alors de réduire le saillant de Saint-Mihiel par une puissante offensive qui ferait la part belle à son corps expéditionnaire, jusque-là engagé efficacement à l’échelle de divisions sur plusieurs endroits du front (Bois-Belleau, Ferme Rouge, Saint-Quentin, Bois de Fère…). Cette fois, il compte engager sa nouvelle Ist US Army

Le 30 août, Ferdinand Foch vient expliquer à Pershing que la réduction du saillant de Saint-Mihiel est devenue un objectif secondaire et que ses Doughboys seraient plus utiles en attaquant aux côtés des VIe et IVe Armées françaises entre l’Aisne et la Meuse et non plus vers Metz. Avec la contre-offensive victorieuse des Britanniques, Canadiens, Australiens et Français en Picardie, le Généralissime estime que la victoire peut être acquise plus tôt que prévu. Pour Pershing, c’est un coup dur car il tient à sa grande offensive exclusivement menée par des forces américaines (ou presque). Question de prestige. , Philippe Pétain soutient Pershing dans son vœu de lancer les forces américaines dans une opération de grande envergure. Pour le général français, Foch doit laisser l’autonomie tactique à Pershing et non pas lui dire comment utiliser ses forces et comment attaquer. Finalement, un accord est trouvé. La Ist Army réduira le saillant de Saint-Mihiel et en contrepartie, Pershing s’engage à participer à l’offensive prévue par Foch, aux côtés des IVe et IInde Armées françaises. (Diapo 32) (La diapo à l'écran montre le schéma de l'attaque) Le saillant de Saint Mihiel sera réduit les 12 et 13 septembre par les 460 000 Doughboys de la   Ist US Army (dont 250 000 maintenus en réserve), avec l’appui de 100 000 Français, 3 000 pièces d’artillerie, 419 chars (Renault FT-17 et Saint-Chamond) et 1 400 avions (dont 600 appareils français et plusieurs escadrilles britanniques). Américains et Français ont perdu 7 000 hommes en tout ; tués, blessés et disparus. Les Allemands ont perdu 2 200 tués, 5 000 blessés et doivent laisser de nombreux prisonniers.

(Diapo 33) L'offensive générale contre la ligne Hindenburg va se dérouler du 15 août au 26 septembre. Elle apparaît ici matérialisée en vert dans la zone numérotée 5

En six semaines, sans trêve, sans répits les Alliés, par des attaques répétées et conjuguées sur l'ensemble du front vont reprendre pied sur les terrains perdus. (voir la zone 6 )Au cours du mois d'octobre, les armées allemandes durent reculer de tous les territoires conquis en 1914. (Diapo 34) Les Alliés repoussèrent les Allemands sur la ligne de chemin de fer reliant Metz à Bruges (indiqué sur la carte par une ligne verte hachurée), qui avait servi à alimenter l'ensemble du front dans le nord de la France et la Belgique pendant une grande partie de la guerre. Lorsque les armées alliées atteignirent cette ligne, les Allemands furent contraints d'abandonner de plus en plus grandes quantités d'équipement lourd et de matériel, réduisant encore davantage leur moral et leur capacité de résistance.

Des combats d'arrière-garde eurent lieu à Ypres, Courtrai, Selle, Valenciennes, sur la Sambre et à Mons, avec d'autres combats qui se poursuivirent jusqu'aux dernières minutes avant l'armistice qui prit effet à la onzième heure du onzième mois de la quatrième année de la première guerre mondiale. (Diapo 35) Très exactement quatre ans, trois mois et neuf jours de combats terriblement meurtriers. Il avait été signé six heures plus tôt, un peu après 5 heures du matin, par les représentants alliés et allemands dans le wagon d’état-major aménagé du général Foch, dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne. (Diapo 36) Il marquait la victoire des armées alliées et la capitulation de l’Allemagne.

Ce 11 novembre 1918 les Reynièsiens se rappellent qu'au triste bilan des 18 morts depuis le début de la guerre viennent s'ajouter cette année 5 de ses enfants dont nous rappelons ici les noms:

Caporal Vaquié Isidore 24 ans, tué le 24 février à Belfort et lors de la contre-offensive alliée dans la Somme, Calas Alfred 23 ans le 11 juillet à Dompront, Lamothe Jean 44 ans le 18 octobre à Abbecourt. Le sergent Clamens Marius 25 ans, tombé le 31 octobre à Charleroi est le dernier tué de Reyniès au combat alors que son frère Julien en avait été le premier. Le caporal Pradines Jean 22 ans est mort de ses blessures le 30 décembre à l'hôpital de Vichy.


La nouvelle de la signature de l’armistice déclenche une vague de joie dans le monde entier et, bien-sûr, plus particulièrement en Europe et en France. Partout, dans chaque ville et village, on fait sonner les cloches, on descend dans les rues drapeau à la main et chansons à la bouche. (Comme ici à Paris) (Diapo 37) Mais toutes ces manifestations de joie n’empêchent pas le terrible bilan qui n'a épargné aucune commune, même les plus petites comme nous venons de le voir pour Reyniès. Le coût humain de la guerre est tout simplement effarant. Un million trois cent quatre-vingt-dix mille soldats tués auxquels s'ajoutent 300 000 civils. On imagine difficilement ce que représentent de tels chiffres. Afin de mieux les réaliser imaginons qu'on aligne, côte à côte tous ces morts on irait de Perpignan à Dunkerque et au retour jusqu'à Limoges. Quant aux 2 460 000 blessés sur une double file ils dépasseraient la distance de Brest à Strasbourg La guerre a également amené des bouleversements géopolitiques qui ont profondément et durablement modifié le cours du XXe siècle.

Avant l'armistice du 11 novembre d'autres armistices furent concrétisés. Ainsi le 29 septembre 1918 est conclu l'armistice de Thessalonique entre les Alliés et le royaume de Bulgarie mettant fin au conflit sur le front d’Orient.

Le 30 octobre 1918 c'est l'armistice de Moudros entre les Alliés et l'Empire ottoman allié de l'Allemagne.

Le 3 novembre 1918 est signé l'armistice de Villa Giusti (près de Padoue) entre le royaume d'Italie et l’Autriche-Hongrie alliée de l'Allemagne.

Après celui du 11 novembre les alliés (Français et Serbes) signent le 13 novembre à Belgrade un armistice avec le gouvernement Hongrois.

Pour les Allemands, l’armistice du 11 novembre 1918 est resté longtemps comme un jour de honte et d’humiliation. La demande d'armistice étant venue des représentants civils et non militaires de l'Allemagne, ces derniers échappent à l'infamie de la défaite. À Berlin, les représentants de la jeune République accueillent les combattants en ces termes «Soldats qui revenez invaincus»

Dans les mois qui suivent l'armistice, les généraux Ludendorff et Hindenburg attribuent avec aplomb la défaite militaire à un «coup de poignard dans le dos» de la part des politiciens et des bourgeois cosmopolites. L'expression est reprise avec ferveur par les Allemands meurtris et humiliés. Elle va faire le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi d'autant que le 28 juin1919, le traité de paix signé à Versailles allait leur imposer de s’acquitter de dommages de guerre considérables. Ils seraient obligés d’abandonner de vastes territoires dont l'Alsace et la Lorraine, l’intégralité de leurs colonies, et des quantités pharaoniques de matériel de guerre. Sans compter les dédommagements financiers dont les montants étaient tout simplement exorbitants.

Ce traité aurait plus tard des conséquences économiques, sociales, sociologiques et politiques absolument catastrophiques pour l’Allemagne. Il serait bientôt perçu comme une injustice insoutenable par la population allemande. Les extrémistes nationalistes en profiterait pour fermement ancrer dans les esprits l’idée que les armées n’avaient pas perdu militairement la guerre, mais que le pays avait été livré à l’humiliation et au chaos par la trahison de gouvernants libéraux faibles et corrompus.

La fin de la guerre se concrétise par un traité de paix. Pas moins de 16 traités vont remodeler l'Europe et sans aucun doute semer les germes de la seconde guerre mondiale même si ceux qui avaient survécu à l'horreur de la première clamaient «Plus jamais ça!»

Le premier traité de paix est celui de Brest-Litovsk (diapo 38) signé le 3 mars 1918 entre la République bolchévique et les Empires centraux. La Russie perd la Finlande, les Pays baltes, la Pologne, l'Ukraine et la Biélorussie au profit de l'Allemagne. Le traité devient caduc avec la victoire des Alliés en novembre 1918.

Le sort de l'Allemagne est réglé par le Traité de Versailles, le 28 juin 1919.Nous l'avons évoqué précédemment (diapo 39) mais comme le montre cette diapo outre l'Alsace et la Lorraine regagnées par la France, l'ancien empire perd des territoires au profit de la Belgique, de la Pologne et du Danemark. La Sarre est placée sous le contrôle de la Société des Nations récemment créée. Le corridor de Dantzig, qui donne à la Pologne un accès à la mer, coupe le pays en deux.

L'Empire austro-hongrois est démantelé par les traités de Saint-Germain-en-Laye et de Trianon signés respectivement le 10 septembre 1919 et le 4 juin 1920. (Diapo 40) Le vieil empire des Habsbourg se trouve éclaté en plusieurs petits pays: les frontières de l'Autriche et de la Hongrie sont drastiquement resserrées au profit de la Roumanie, de la Pologne et de l'Italie et les états yougoslave et tchécoslovaque sont créés. Si le principe de la souveraineté des peuples énoncé dans les «quatorze points» du président Wilson, est respecté, le problème des nationalités n'est pas résolu et les tensions communautaires ne feront au XXe siècle que s'exacerber. La diapo illustre cette reconstitution de l'Europe où apparaissent les états issus des traités de paix. Du Nord au Sud l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie.

L'Empire ottoman est démembré par le traité de Sèvres, le 10 août 1920. (Diapo 41) La Grèce retrouve Smyrne et le nord de l'Asie mineure (côte Egéenne de la Turquie actuelle), ainsi que la Thrace orientale jusqu'aux portes de Constantinople. La ville de Constantinople devait être démilitarisée ainsi que le détroit des Dardanelles. En revanche, Rhodes avec l'ensemble du Dodécanèse sont concédés à l'Italie. Les possessions arabes de l'Empire passent sous protectorat français et anglais ou deviennent indépendantes tandis que la France se voyait confier le contrôle de la zone arabe autour du Liban et de la Syrie la Grande-Bretagne, elle, gardait un contrôle sur la Palestine, la Transjordanie et l'Irak et légalisait à l'occasion l'annexion de l'île de Chypre faite six ans auparavant. Il est fait mention dans le traité de Sèvres d'un Etat Arménien regroupant les territoires de Russie et de Turquie, ainsi que d'un Kurdistan autonome à l'Est d'Ankara. L'Empire ottoman était réduit aux seuls territoires habités des Turcs au centre de l'Anatolie. La révolution menée par Mustapha Kemal et la guerre contre les Grecs renverse la situation et permet à la jeune république de Turquie d'imposer un nouveau traité, le Traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923, dans lequel Kemal obtient la restitution de l'Arménie turque, du Kurdistan, de la Thrace orientale et de la région de Smyrne

On ne peut clore l'évocation de cette première guerre mondiale sans en rappeler les multiples conséquences résumées sur cette diapo (Diapo 42)

-Moralement le choc des traumatismes liés aux combats marque à jamais les générations qui ont vécu cette époque. En premier les acteurs eux-mêmes et leurs familles: parents, veuves orphelins.

-Financièrement c'est un gouffre. Les pays sont endettés, il faut reconstruire des régions entières, indemniser les victimes, reconstituer les industries dont 40% sont détruites.

-Humainement la catastrophe se solde par huit millions et demi de tués, vingt-et-un millions de blessés dont huit millions d’invalide. Six millions de civils perdirent également la vie. De plus, d’autres événements majeurs comme le génocide arménien (1915-1916), la révolution russe (1917) et la terrible épidémie de «grippe espagnole» à partir de 1918 ont aggravé la détresse des populations.

-Territorialement, et nous venons de le voir avec les différents traités, c'est toute l'Europe qui est remodelée.

-Politiquement enfin si la création de la SDN tente d'apporter la paix en Europe, le traité de Versailles est loin d'être accepté par les allemands comme nous l'avons vu et le problème des nationalités reste entier.

A la lumière de ces événements on comprendra mieux pourquoi vingt ans, neuf mois, dix-neuf jours et dix-huit heures après que le dernier coup de canon de la première guerre mondiale fut donné le premier de la seconde.

Pour terminer ce cycle du centenaire il nous faut garder en mémoire que le plus petit village de France possède son monument aux morts, ses stèles ou plaques commémoratives et c'est heureux, si l'on ose dire que ces repères-témoins soient là pour nous rappeler ces sacrifices. C'est notre histoire, c'est l'histoire de notre pays, c'est l'histoire de la France. (Diapo 43) Tous ces morts ont fait leur devoir. Notre devoir, à nous, c'est de nous souvenir de ceux qui sont «morts au champ d'honneur»! C'est cela notre devoir de mémoire et c'est la raison pour laquelle nous nous devons d'être présents (en particulier les 8 mai et 11 novembre) lorsqu'on évoque les noms de tous ceux     « Qui sont morts pour que vive la France.»

Amirouche et la bleuite

Beaucoup parmi nous ont connu Alain Léger, l’un des fondateurs de notre Club, et savent avec quelle terrible efficacité il a mené une guerre originale dans le prolongement de la bataille d’Alger.

Sa « Bleuïte » a fait l’objet d’un film dont la diffusion fut limitée. Grâce à notre camarade Racouchot, du Brésil, nous apprenons que ce film est désormais accessible à tous.cliquer-11

Diapo 01

LE DEBARQUEMENT EN PROVENCE

Colonel Gilles LATTES

Diapo 00

 

Diapo 02 Anvil Dragoon » tel est le nom de code du débarquement en Provence qui s'est déroulé, à partir du 15 août 1944, entre Toulon et Cannes.

 À l'origine appelée Anvil, ce qui signifie enclume en anglais, le nom a été changé en Dragoon par Winston Churchill qui était contre ce débarquement. Il aurait préféré une percée des troupes déployées sur le front d'Italie vers les Balkans afin de prendre en tenaille l'armée allemande en Europe centrale et d'arriver à Berlin avant les Soviétiques. Il s'oppose notamment à de Gaulle qui menace de retirer les divisions françaises du front italien. Les objectifs de cette opération étaient de libérer Toulon et Marseille afin de disposer de ports en eau profonde puis de remonter le Rhône pour effectuer la jonction avec les forces de l'opération Overlord débarquées en Normandie. Le choix de la zone de débarquement est la Provence, privilégiée pour ses ports en eaux profondes et le relief accidenté de l’arrière-pays qui isole les Allemands.

Voilà donc dressé le cadre de ce débarquement que nous allons découvrir un peu plus en détail.

Diapo 03  Afin de constituer les forces du débarquement il va être nécessaire d'acheminer les troupes à partir de leur position. Les différents ports d'embarquement sont, (comme le montre la diapo à l'écran,) Naples, Tarente et Brindisi en Italie, Palerme en Sicile, Cagliari en Sardaigne, Ajaccio en Corse, Oran et Alger en Algérie.Tous ces navires forment une armada de plus de 2000 bâtiments dont 880 anglo-américains, 34 français et 1370 navires pour le débarquement. Cette flotte réunie au large de la Corse est, pour des raisons stratégiques, venue en dix convois. (Sur la diapositive on retrouve les routes suivies par ces convois et numérotées de 1 à 10) Par ailleurs, des opérations de diversion et de leurre sont prévues, telle l'opération Span qui, pour tromper l'ennemi, a prévu d’envoyer, dans un premier temps, la flotte alliée vers Gênes en Italie, avant de la rediriger le 14 août au soir vers les côtes provençales.
Diapo 04  

"Nancy a le torticolis", "Gaby va se coucher dans l'herbe", "le chasseur est affamé": le 14 août au soir, la BBC confirme aux initiés par ces messages codés que le débarquement en Provence est bien pour le lendemain. Le jour J étant le 15 août 1944

Le débarquement proprement dit va comprendre un assaut naval et un assaut aérien suivis d'une deuxième vague de débarquement.
Diapo 05  Le 15 août 1944, trois divisions du 6e Corps d'Armée américain, soutenues par nos Commandos d'Afrique et le groupe naval de Corse, vont débarquer entre Toulon et Nice dans la région de Saint-Tropez, Saint-Raphaël. Puis, à partir du lendemain 16 août, le premier échelon du gros de l'Armée française débarquera à son tour et marchera sur Toulon et Marseille, les deux môles de la résistance allemande sur le littoral méditerranéen.
Diapo 06 Voici donc le déroulement de ce débarquement.

 

En premier afin d'assurer une couverture des plages durant la nuit du 14 au 15 août les commandos français et américo-canadiens sont déposés sur les flancs du futur débarquement.

Au nord la Force Rosie, composée par le groupe naval d'assaut français du capitaine de frégate Sériot, débarque à Miramar pour couper la route aux renforts allemands venant de l’est.

Au sud, la Force Romeo, avec le groupe français des commandos d'Afrique du lieutenant-colonel Bouvet, débarque de part et d'autre du cap Nègre afin de couper la route aux renforts allemands venant de l'ouest.

La Force Sitka américo-canadienne commandée par le colonel Walker doit détruire les batteries des îles de Porquerolles, de Port-Cros et du Levant situées devant Hyères.

L'assaut aérien est confié à la force rugby du général Robert Frédérick qui avait mission de s’emparer du Muy et des hauteurs de Grimaud afin d’empêcher l’afflux de renforts ennemis depuis l’ouest.

Diapo 07 L'assaut naval sera conduit par les trois divisions américaines qui forment la Force Kodak du Général Lucian Truscott. Ces troupes d'assaut sont elles-mêmes divisées en trois forces : 

La Force Alpha du général O'Daniel, composée de la 3°division d'infanterie et de la 1ère division blindée française du général Sudre, doit débarquer du côté Ouest sur les plages de Cavalaire à La Croix-Valmer et de Pampelonne à Ramatuelle. Elle compte 29 432 hommes et 33 370 véhicules

La Force Delta du général William Eagles, composée de la 45°division d'infanterie débarquera à Sainte-Maxime (plage de La Nartelle). Elle aligne 30 900 hommes et     34 700 véhicules

Diapo 08  La Force Camel du général John Dahlquist, composée de la 36° division d'infanterie, sera débarquée du côté Est sur trois plages différentes: face à la base d'aéronautique navale de Fréjus-Saint-Raphel, au Dramont et sur la plage d'Anthéor. Elle comporte 29 820 hommes et 35 970 véhicules.
Diapo 09  La Force Garbo constituera la 2° vague d'assaut qui débarquera à J+1. Commandée par le Général Alexander Patch elle est composée du 6° corps US et de l'armée B du Général de Lattre de Tassigny. Aux côtés de l'armée B se trouvent d'autres unités françaises : le 2° CA du général de Larminat , la 1ère DMI du Général Brosset, la 3° DIA du général Monsabert et la 1ère DB du Général Vigier. 
Diapo 10  En appui et soutien de ce débarquement et des opérations qui ont précédé ou qui vont suivre on trouve les forces aériennes mises à la disposition du commandement soit 2000 appareils auxquels il faut rajouter ceux de l'aviation embarquée à bord des porte-avions alliés. (à l'écran quelques type d'appareils qui ont participé au débarquement de Provence .De gauche à droite des appareils américains: un chasseur mustang, un avion d'assaut Douglas A 26, une forteresse volante Boeing B 17. En bas à gauche des appareils anglais le chasseur Spitfire, le bombardier Avro type 694 Lincoln, un hydravion Fairey Seafox)
Diapo 11  De son côté la Marine a pris une part importante dans la mise en place de ce débarquement en acheminant depuis l'Italie, la Sardaigne, la Corse et l'Algérie toutes les troupes du débarquement et en fournissant également un appui feu lors du débarquement. Parmi l'armada des 2000 navires mobilisés pour cette opération on dénombrait 4 porte-avions et aussi une trentaine de bâtiments de guerre français.(Ici sur la diapo on note la Présence de la Marine Française intégrée dans le dispositif du débarquemen

 Face aux troupes du débarquement les allemands disposent d'environ 80 000 hommes. Ils contrôlent la façade méditerranéenne de la frontière espagnole à la frontière italienne. Depuis 1943 l’organisation TODT ne va pas cesser de construire toute une série de défenses visant à empêcher tout débarquement allié sur la côte- A l’intérieur, notamment dans les vastes plaines comme celles de la Crau, seront mis en place des obstacles destinés à empêcher tout atterrissage d’avions ou de planeurs, de même dans les plaines du Var et dans l’arrière-pays.

Diapo 12  La côte sera hérissée d'ouvrages bétonnés dotés d'artillerie lourde de tous calibres, mitrailleuses lourdes et légères, mortiers et canons de 20m/m.
Les ports comme Toulon et Marseille sont constitués en véritables forteresses, protégées par des défenses maritimes, aériennes, mais aussi par toute une série d'ouvrages les couvrant vers l'intérieur du pays.
Diapo 13  

Mais, revenons sur les actions des différentes forces engagées dans ce débarquement.

-La force Rosie  se compose de 67 fusiliers marins du capitaine de Frégate Seriot. Après de nombreux coups de main sur les côtes italiennes, les hommes du groupe naval d'assaut de Corse appareillent le 14 août à 18 heures. Ils doivent débarquer entre Le Trayas et Théoule à la pointe de l'Estrillon pour effectuer des démolitions capitales sur les routes Cannes-Fréjus et Cannes-St Raphael afin de protéger le flanc droit du débarquement. Le premier groupe, commandé par le capitaine de corvette Marche, a pour objectif les démolitions sur la route Fréjus-Cannes. Le second avec le lieutenant de vaisseau Letonturier est chargé des destructions sur l'axe Cannes-St Raphael.

 A 0h15 les bâtiments mettent en panne à environ mille cinq cent mètres de la pointe de l'Esquillon. Un avion qui lâche des fusées éclairantes les oblige à remettre les machines en marche et à faire semblant de piquer vers le sud à petite vitesse, mais la mise à l'eau des rubber-boats a lieu au point prévu à 1h15.

Le capitaine de frégate Sériot qui a embarqué sur le premier engin, atteint la terre à 1h40 et reconnaît les points d'accostage. Il ressort de la baie pour lancer les signaux lumineux prévus pour alerter les autres rubber-boats qui foncent vers le sol français. A 2 h 00, une fusée rouge et une fusée blanche montent dans le ciel de l'intérieur des terres et une longue rafale de de mitrailleuse allemande déchire le silence de la nuit provençale. Heureusement, les fusées fonctionnent mal, les Allemands, qui semblent avertis de l'imminence d'une intrusion ennemie, n'aperçoivent pas les commandos.
Pendant que le lieutenant de vaisseau Letonturier débarque son matériel de démolition, le capitaine de corvette Marche prend la tête de la colonne silencieuse. A 2h50, une mine explose sous les pas des commandos.

A noter que le champ de mines venait d'être posé 48 heures plus tôt. L'ORIC (Officier de Réserve Interprète et du Chiffre) Auboyneau est blessé en même temps que deux de ses matelots. (Sur la photo du bas on voit le point d'accostage indiqué par la flèche rouge et la localisation du champ de mines) Deux autres engins-pièges explosent quelques instants après et l'enseigne de vaisseau Servel, du groupe Letonturier, saute à son tour quelque minutes après cette deuxième explosion. Il est tué et la même explosion fauche un second-maître et deux quartiers-maîtres. C'est l'enfer; les commandos infiltrés sont en pleine zone minée. Cinq matelots sont encore blessés et, vers 4h30, c'est au tour de Letonturier de sauter. Il n'est que blessé; un matelot mortellement touché s'écroule non loin de lui. L'opération est désespérée, trois autres matelots tombent encore. Alertés par le vacarme des explosions, les Allemands barrent la route des survivants. Le capitaine de corvette Marche tente de s'échapper, il saute lui aussi sur une mine, son corps roule sur les pentes de la falaise infernale. Refusant de se rendre, risquant le tout pour le tout, les commandos de Chaffiote entraînent les blessés vers la mer. Letonturier saute une seconde fois sur une mine, il a la jambe fracturée. Les blessés ne peuvent pas être descendus sur les éboulis de la falaise. Vingt-cinq survivants seulement regagnent les rubber-boats. Deux avions alliés les prenant pour des allemands piquent et repiquent sur eux, les hommes replongent dans la mer et regagnent à la nage le pied de la falaise où les attendent les soldats Allemands. Tandis que l'ingénieur mécanicien Chaffiote est conduit sans ménagements au PC du général Allemand qui commande les défenses du secteur, les blessés sont entassés dans une villa au-dessus des champs de mines. Une unité F.F.I.,alertée par deux civils, attaque l'escorte des prisonniers valides sur la route de Grasse et une dizaine de commandos réussissent a s'évader dans la confusion de l'embuscade pour rejoindre les unités américaines qui débarquent. Au cours de cette nuit dramatique, le groupe naval d'assaut a perdu deux officiers, deux Oficiers-Mariniers et six hommes d'équipage ainsi que dix-sept blessés. Vingt-huit hommes restent aux mains des Allemands. Ce sera le plus sanglant échec du début du débarquement

La Force Roméo du groupe français des commandos d'Afrique du Lieutenant-colonel Bouvet comptait environ sept cents hommes.

Diapo 14 Diapo 15 Elle avait pour mission de s'emparer du Cap Nègre  et d'y détruire une batterie de trois canons de 155 mm qui pouvaient compromettre sérieusement la réussite du débarquement sur le flanc Ouest. Elle devait en plus s'emparer du mont Biscare, occuper le village de la Molle et contrôler la route nationale 98 entre Bormes les Mimosas et Cogolin.

Enfin elle devait s'assurer de la maîtrise de la route du littoral, la départementale 554, conduisant à Cavalaire où aurait lieu le débarquement de la 1ère Armée Française.

C'est une vedette canadienne qui indique le cap des LCA : elle se trompe de deux degrés cette erreur va mettre une pagaille incommensurable sur les plages prévues pour le débarquement.

Le capitaine Marcel Rigaud et l'enseigne de vaisseau Johnson, de la Royal Navy sont les premiers à débarquer, pour guider depuis la côte la flottille de LCA.

Rigaud, a été retenu car connaissant le mieux l'endroit : avant-guerre, il y passait ses... vacances. Il touche Le Rayol, à 00h30, après avoir compris l'erreur de navigation induite par les Canadiens.

Diapo 16 Le capitaine Ducourneau et son 1er Commando de 34 hommes est chargé de la réduction du Cap Nègre. Le sergent Daboussy,  membre du club alpin d'Alger, ouvre la voie d'une ascension verticale de 100 mètres sur la falaise. A 1 h 45, au prix d'un bref combat, le Cap Nègre est pris. Ducournau enregistre deux blessés seulement contre 20 morts dans le camp allemand.
Diapo 17 (La diapo à l'écran indique les différents points d'accostage et situe les lieux à atteindre et fixés pour leur mission : axe Bormes les Mimosas - Cogolin, le village de la Motte et le Mont Biscarre.)

L’aspirant Jeannerot débarque, lui, sur une position allemande. Il se retrouve à Aiguebelle à 4 km du Cap Nègre.

Un autre groupe commandé par l’adjudant Texier aborde plus à l’Ouest de l’anse du Rayol vers le tunnel du Canadel et se heurte à une patrouille allemande- L’adjudant Texier est tué. Il est le premier mort de ce débarquement

A 1 heure 50 les premiers éléments du gros des Commandos abordent sur la plage du Canadel soit à deux kilomètres de l’endroit prévu; rapidement à terre les commandos et malgré la distance à parcourir, coiffent leurs objectifs sur la route et la voie ferrée.

Diapo 18 Le lieutenant- colonel Bouvet  installe alors le groupe au sommet du Biscarre qui donne sur le col du Canadel ; il est ravitaillé dès le point du jour par parachutage; le 3° Commando va progresser lui à l’intérieur des terres en direction du carrefour de la Mole.
Diapo 19 La Force Sitka composée de commandos américains et canadiens a pour mission de neutraliser l'ensemble des batteries côtières installées sur les îles d'Hyères  île du Levant, Port Cros, et Porquerolles qui comptent 18 forts.
Diapo 20 Le débarquement a lieu dans la nuit sur l'île du Levant,  en vue de neutraliser la batterie du Titan et ses quatre canons de 164. L'opération est confiée à deux régiments canadiens et américains, de la First Special Service Force du Colonel Walker. Débarqués sur la côte Sud-Est, ils s'emparent de l'île, découvrent que la batterie du Titan est factice, et finalement prennent le contrôle du port.
Diapo 21 A Port Cros,  le 1er régiment débarque dans la calanque du Tuf, s'empare du poste de garde de Port Man, puis du fort de la Vigie. Les Allemands se retranchent dans les forts de l'Estissac, qui tombe le 16 août, et dans celui de l'Eminence où 46 hommes et 2 officiers, tiennent jusqu'au 17 août.
Diapo 22 Porquerolles est bombardée du 18 au 22 août en particulier le fort de la Repentance qui reçoit 121 obus, la batterie haute des Mèdes reçoit 25 obus, le mont des Salins (15 obus), la batterie du Lion (298 obus) et la pointe du Langoustier (40 obus). Les Allemands se rendent à la marine américaine le 22 août. Le premier Porquerollais à remettre le pied sur l'île est l'abbé Le Cuziat qui hisse un drapeau tricolore sur l'église.

Comme nous venons de le voir la couverture de la zone de débarquement a été assurée par les commandos mis en place au cours de la nuit.

Diapo 23 L'assaut aérien débute au cours de la nuit. C'est la Force Rugby  du général Robert Fréderick qui en a la charge.L'assaut aérien comportait un parachutage d'hommes et de matériel entre Le Muy et La Motte.
Diapo 24 Cet assaut aérien complétait de fait le dispositif de couverture du débarquement.Entre minuit et 2 heures du matin, le 15 août, 6 871 parachutistes Américains, Britanniques et quelques Français prennent place à bord de 270 avions C 47 qui décollent de 10 aérodromes différents aux alentours de Rome.
Diapo 25 Aux approches des côtes les avions sont accueillis par des tirs de la DCA allemande qui tire un peu au hasard en raison d'un épais brouillard qui recouvre la région. De nombreux incidents et des erreurs de navigation des pilotes font que des parachutistes sont largués à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs objectifs. Certains même, comme la Brigade Britannique, sont parachutée à 45 km de leur DZ initiale.
Diapo 26 En renfort aux paras, près de 500 planeurs américains de type Wacoet anglais de type Horsa partent d'Italie et apportent toute la journée du 15 août le matériel lourd, des jeeps, du ravitaillement ainsi que des unités combattantes, et des unités de logistique. Près de la Motte, 330 planeurs déposèrent en sept vagues, 2 250 soldats et des équipements cruciaux pour renforcer les parachutistes qui avaient déjà atterris près du Muy. Ce renfort est indispensable afin de permettre aux paras de garder le contrôle du Muy, point stratégique pour barrer la route aux troupes ennemies. Le bilan de l'opération reste mitigé, en effet 60% des paras US et 40% des Britanniques ont atterri trop loin de leur secteur. 92 parachutistes sont morts entre le 15 et le 19 août.
Diapo 27 L’assaut naval débute à l’aube du 15 août. À partir de 8 h la Force Kodak commence à déferler sur les plages entre Cavalaire et Saint-Raphaël, en se répartissant en 3 secteurs définis pour chacune des forces Alpha, Camel et Delta. Les trois divisions américaines sont chacune appuyée par un Beach Group chargé d’assurer la logistique après que les unités d’assaut aient conquis leurs plages assignées.
Diapo 28 Diapo 29  Voici quelques vues de ce débarquement.   (les premiers éléments touchent terre – le débarquement à Saint Tropez)

 Moins d’une heure plus tard, la Force Alpha a neutralisé les défenses côtières et dès l’après-midi les jonctions avec les autres secteurs de la Force Kodak sont réalisées. Cogolin, Grimaud, Ramatuelle et Saint-Tropez sont libérées dans la journée. Dans la soirée, la Force Delta a rejoint les parachutistes de la Force Rugby. Le soir du 15 août, la tête de pont est presque réalisée de part et d’autre de Fréjus. Aussitôt son débarquement réussi, le 6° Corps de Truscott doit assurer le débarquement de sa puissante artillerie dont 22 Bataillons d’Artillerie de campagne, 15 Bataillons de DCA, 3 Bataillons motorisés de mortiers chimiques, ses unités blindées d’appui les unités du Génie, les hôpitaux de campagne, les unités d’ordonnance, etc.


Il a notamment pour mission de participer à la conquête du Massif des Maures en rejoignant les unités parachutistes avant de se lancer vers Les Bouches-du-Rhône, les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) et le Vaucluse.

L'objectif était de débarquer et de constituer une ligne de front de vingt-cinq kilomètres de profondeur (appelée Blue Line), puis d’avancer vers la vallée du Rhône et de prendre contact avec le 2° corps d'armée français.

Diapo 30 Dès le 17 août au matin, la « Blue line » (matérialisé ici sur cette diapo) est atteinte en tout point et même dépassée.

Une petite parenthèse sur un aspect peu évoqué et pourtant capital. On parle rarement de la logistique, cependant quand on voit l'important volume des forces et des matériels engagés on a du mal à envisager ce que représente l'effort logistique d'une telle opération. En amont les calculs ont dû être réalisés et une planification rigoureuse établie pour soutenir sanitairement et nourrir plus de 300 000 hommes ravitailler en carburant plus de 500 chars (dont la consommation est de 400 l aux cents km) et des milliers de véhicules, approvisionner en munitions plus de 1000 canons pour ne citer que les principaux besoins des combattants. Le ratio généralement admis en logistique: c'est que pour un combattant il faut compter 7 personnes affectées au soutien.

Diapo 31 A J + 1 et les jours suivants les soldats de la Force Garbo dont les forces françaises et l'armée B du général de Lattre de Tassigny débarquent en baie de Cavalaire et dans le golfe de Saint-Tropez. Le premier échelon fort de 37 000 hommes et 5860 véhicules est suivi d'un deuxième échelon qui comprend 28 000 hommes et 3500 véhicules.
Diapo 32

La libération du Var se déroule en deux temps. 

Du 15 au 21 août, l'essentiel du département passe sous le contrôle des troupes américaines et de la Résistance locale. Entre le 20 et le 28 août, c'est la bataille pour Toulon et pour la libération de Marseille menées par les unités, à majorité coloniales, de l'"Armée B" du général de Lattre de Tassigny (la future 1ère Armée)

Diapo 33 L’attaque sur Toulon commence par les combats de la 1re DMI (Division de marche d'infanterie) de Brosset pour s’emparer d’Hyères qui tombe le 21 août. Le 20, de Lattre établit son PC au domicile de M. Coulet maire de Cogolin. C’est alors que l’Enseigne de Vaisseau Sanguinetti qui avait été parachuté dans le Var et s’était infiltré dans Toulon arrive au PC du «Roi Jean» pour lui signaler que les Allemands érigent précipitamment des défenses. De Lattre décide alors de prendre l’ennemi de cours avec l’aide des FFI. Il ordonne donc au Colonel de Linarès de former un groupement tactique afin d’envelopper Toulon par le nord via La Garde-Freinet et Gonfaron. Le reste des éléments est chargé d’investir la cité portuaire par l’Est.
Diapo 34

 Malgré quelques accrochages avec des groupes de soldats allemands les Tirailleurs du 3e RTA et les Spahis progressent bien et rejoignent les Maquisards du Revest à l’Ouest de Toulon.

Le débordement est bel est bien effectué. (On voit ici sur la diapo la réalisation de ce débordement à l'Ouest de Toulon) Linarès envoie alors ses hommes s’infiltrer par les routes conduisant au Revest et au Beausset.

 C’est la 1ère Compagnie du 3e RTA du Lieutenant Alland qui entre la première dans Toulon. En même temps, des éléments mécanisés atteignent Bandol. Le 21 toujours, Linarès déclenche son attaque par l’Ouest avec Tirailleurs, blindés et Bataillon de Choc. L’assaut est particulièrement violent, Français et Nord-Africains devant combattre de haute-lutte pour s’emparer de la Poudrière, de la batterie du Mont Faron et de la Porte Castigneau. Le tout avec des pertes. Mais en même temps, les FFI du Capitaine Savari passent à l’action à l’intérieur de Toulon et viennent semer la confusion chez les Allemands. Grâce à leur intervention, les hommes du 1er Choc parviennent à pénétrer dans Toulon pour s’emparer du Lycée Napoléon mais ils ne peuvent aller plus loin.

Diapo 35 Le même jour, de Lattre expédie la 1ère DFL, la 9e DIC et les Commandos d’Afrique afin d’entrer dans Toulon par l’Est. Mais les deux divisions se heurtent à une forte résistance de la part des Allemands au niveau du Massif du Touar. Si la 1ère DFL s’empare de Pipaudon, elle doit combattre durement pour s’emparer de la Garde et du Pradet. De son côté, les Tirailleurs Sénégalais et l’Infanterie Coloniale sont sérieusement pris à parti dans la Vallée du Gapeau entre Solliès-Pont et Hyères. Pendant près de deux jours, les combats sont acharnés et finalement le Fort du Coudon est pris. Le même jour, les Chasseurs d’Afrique enfoncent la défense allemande à l’Est de Toulon. Le lendemain (22 août), Chars et Tirailleurs s’emparent de La Valette mais doivent attendre que le Pradet et la Batterie de Six-Fours soient tombés.

De son côté, les Tirailleurs Sénégalais et l’Infanterie Coloniale appuyés par le 5e Chasseurs d’Afrique occupent le massif du Touar –

Le 23, la 1re DFL contrôle définitivement le Pradet et la 9°DIC entre dans Toulon pour effectuer la jonction avec les FFI et le Groupement de Linarès. Les combats font rage pendant toute une partie de la journée. Tirailleurs, Spahis, Sénégalais et Commandos font la course pour savoir qui hissera le drapeau français place de la Liberté. Durant l’après-midi, de Lattre, André Diethelm Commissaire de la République du GPRF (Groupement Provisoire de la République Française) et le Major américain Bullitt viennent assister à une cérémonie de Libération qui ne mobilise pas la population toulonnaise étant donné la poursuite des combats. Plusieurs forts et bunkers restent aux mains des Allemands. Il faut donc encore trois jours aux unités françaises pour s’emparer successivement des Forts de Sainte-Catherine, d’Artigues, du Malbousquet et du Clos Mayol.

 

Diapo 36

Le 26 août, tout est fini et l’Obest Widmann choisit de se rendre.
Enfin, symboliquement,  les Croiseurs légers «Georges Leygues» et «Emile Bertin» viennent mouiller en rade de Toulon, afin de faire oublier le souvenir du sabordage de la flotte moins de deux ans plus tôt.

Le bilan humain de la bataille de Toulon est lourd. Il n'est pas possible de chiffrer les pertes de façon précise, mais on peut donner quelques évaluations : du côté de la Résistance, on compte près de 300 tués ou blessés ; selon le général de Lattre, les pertes de l'armée française se sont élevées à 2700 tués ou blessés ; 8000 Allemands ont été tués et 17000 faits prisonniers.

Diapo 37 Dès le 20 août, l'évolution de la bataille de Toulon avait décidé le Général de Lattre à entamer sans plus attendre l'action en direction de Marseille.  II s'agit en effet de profiter des succès déjà acquis et surtout d'empêcher le Commandement allemand d'envoyer des renforts de Marseille vers Toulon. C'est pourquoi les Tabors marocains foncent dans le sillage de la 1re DB et des éléments de la 3e DIA déjà engagés sur la route des Maures en direction d'Aubagne. Alors, telle une marée, la manœuvre s'amplifie autour de la grande cité phocéenne dont les portes sont atteintes le 22.
Diapo 38 Menés entre le 19 et le 28 août1944, les combats et manœuvres pour la libération de Marseille débutent bien avant l’arrivée des forces alliées par le déclenchement d’une grève générale lancée par la CGT. 
Diapo 39 Sentant le vent tourner, les Allemands évacuent alors leurs positions du centre-ville pour se replier sur leurs points d’appuis fortifiés
Diapo 40 tandis que les Forces françaises de l’intérieur (FFI) commencent à harceler leurs positions dans les quartiers périphériques
Diapo 40 à Saint-Loup, Saint-Tronc, Sainte-Marguerite, le Merlan, Château-Gombert et Saint-Antoine.
Diapo 41 ou même en plein cœur de la ville Comme ici sur la canebière.
Diapo 42 Le 23 août, le général de Monsabert commandant de la 3e DIA établit son poste de commandement dans un immeuble de la rue Armény. (En plein centre-ville comme on le voit sur la diapo) Ses ordres sont clairs : pas de raid aérien dévastateur ni de recours massifs à l’artillerie afin d’éviter les dommages collatéraux, mais au contraire une intervention ciblée de fantassins appuyés par des blindés. Seul l’archipel du Frioul (Ici en bas à droite de la diapo) sera la cible des forteresses volantes afin qu’elle fasse taire les puissants canons de marine. Pour Montsabert, l’un des objectifs prioritaires est la colline de La Garde.

 (Là où se situe ND de la Garde) Il s’agit en effet d’un point haut à partir duquel, retranchés dans des abris souterrains, les Allemands coordonnent les tirs de leurs batteries du Frioul, de la Côte Bleue et de l’Estaque.

La bataille s’annonce pourtant des plus incertaines car, face à de Montsabert, le général Schaefer peut compter sur près de 16 000 hommes. Les allemands pour la plupart sont retranchés à la gare Saint-Charles, (en plein centre-ville) autour de la basilique de la Garde, dans les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas,

Diapo43 Ces forts se situent de part et d'autre de l'entrée du vieux port ici en bas de l'écran) mais aussi au Prado ou encore dans la base sous-marine Martha. S’y ajoutent une cinquantaine de batteries côtières. Ce même 23 août, l’hôtel des Postes alors occupé par les Allemands, est pris. 108 Allemands sont faits prisonniers. Dans l’après-midi du 25 août, le 3e RTA réduit au silence la batterie de Gratte Semelle (Ici à droite sur l'écran) capture 40 officiers et 911 hommes de troupe. Deux jours plus tard, le 27août, les tabors marocains attaquent avec succès le fort Saint-Nicolas, soutenus par des chars. Le lendemain, la forteresse du Racati est la dernière à rendre les armes, au prix de rudes combats. La reddition allemande est finalement obtenue le 28 août, à 8 heures du matin.

Le bilan humain est lourd : 106 FFI sont morts au combat mais aussi de nombreux civils qui les avaient rejoints. Quant aux résistants qui préparaient l’arrivée des forces alliées, 38 ont été assassinés les 18 juillet et 12 août dans les bois de Signes. En ville, près de 8 000 habitants ont été tués au cours de sept bombardements et 3 054 sont morts en déportation. Quant à la 3e DIA, elle déplore la perte de près de 500 hommes, officiers, goumiers, tirailleurs et cuirassiers.

Le 28 août, c'est l'épilogue: le Général allemand Schaeffer, commandant le secteur fortifié de Marseille, fait hisser le drapeau blanc sur le fort Saint-Nicolas et se rend avec le reste de ses troupes. Ainsi, dans le même temps, Toulon, objectif essentiel des opérations des Armées alliées dans le Sud de la France, aura été conquise en 6 jours, et Marseille, dont les plans initiaux n'envisageaient l'attaque que deux mois après le débarquement, sera tombée en 8 jours : la bataille de Provence est gagnée avec plus de 60 jours d'avance sur le calendrier prévu.

On ne peut évoquer le débarquement en Provence sans parler de la contribution des résistants FFI et FTP qui ont apporté un soutien non négligeable en particulier dans les parachutages et dans la libération des villes de Toulon et de Marseille. Ils ont aussi guidé différentes unités dans leur progression dans l'arrière-pays varois.

Diapo 44 Le débarquement en Provence du 15 août 1944 a été un modèle du genre, mais il a surtout fait ressortir la résurrection de l’Armée française en tant qu’entité, car cette Armée B deviendra la 1ère Armée française sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny, intégrant au fur et à mesure de son avance des groupes de résistants.

*A ce sujet une petite parenthèse. Rappelons pour la petite histoire mais aussi par devoir de mémoire que 7 Reyniésiens issus du maquis de Cabertat et, après la libération de Montauban, ont rejoint, du côté d'Orange, cette armée B où ils ont été incorporés au 3° Hussard. Il s'agit des 4 Jeannot Jeannot Bonnet, Jeannot Garcia, Jeannot Méric, Jeannot Soussirac, et d’Henri Verdu, Pierre Issard et Georges Juhaz. Ce dernier faisait partie des réfugiés accueillis à Reynies en 1940. Engagés pour la durée de la guerre ils sont revenus à Reyniès à l’issue. Georges Juhaz est resté dans l'armée.Henri Verdu suite au froid intense qui régnait dans les Vosges a eu une pleurésie. Hospitalisé à l'hôpital de Remiremont il y décéde le 24-12-44 des suites de la maladie contractée sur le front. Son nom figure sur le monument aux morts de Reyniès. (Refermons la parenthèse)

 Cette diapositive résume parfaitement l'opération Anvil Dragoon. Elle retrace l'assaut naval et l'assaut aérien, les batailles de Toulon et Marseille et simultanément la poursuite des opérations en direction de la vallée du Rhône.

Diapo 45 L’offensive menée en Provence a été le fait de nos soldats, car la conquête de Toulon et de Marseille, est due aux seules unités de cette Armée B composée de pieds noirs, de coloniaux, de sénégalais, Tchadiens, congolais, algériens, marocains, tunisiens, gabonais, guinéens, antillais, calédoniens, tahitiens, libanais et syriens, indochinois, français évadés de métropole tous sous le commandement de généraux prestigieux. Les combats de reconquête ont aussi montrés l'union entre les FFL et les FFI.

En faisant le bilan de ce débarquement, on notera que le 25 septembre, date de fermeture de la dernière plage, on dénombrait 324 069 hommes, 68 419 véhicules et 490 237 tonnes de ravitaillement débarqués. Cette opération «Anvil Dragoon» démontre ainsi le succès et la nécessité de de ce débarquement en Provence en ouvrant de fait un deuxième front pour libérer notre pays et que vive la France.

bandeau-tarnetgaronne

 

Flash-01

derniereminute

31/07/2021
HORLOGE
Heure :
Free business joomla templates